La reprise après la trêve des fêtes est plus ou moins longue selon les années. Cette fois, ce sera par une affiche purement française, assez homogène, que sera égayée ce dimanche soir froid et pluvieux dans cette bonne vieille Secret Place, aussi indémontable que son pilier central.


GEOSTYGMA avait déjà bien entamé son set quand j'arrivai. Avec un membre de la tête d'affiche comme co-guitariste, les cinq Yvelinois envoyaient sans timidité un Death brutal et groovy de niveau débutant plein d'envie, cherchant à varier les plans sans s'égarer et osant ainsi un riff final complexe syncopé et ralenti, totalement dans le premier style de Gojira, pour achever un titre. Hélas au-delà d'une production franchement basique desservant une interprétation acceptable dans l'ensemble le mixage mettait la basse trop en avant au détriment de l'une des guitares et peut-être aussi du growl, assez naturel. Un très vieux long titre de Dying Fetus était déterré pour se couler à l'aise dans l'ensemble, avant un titre final à eux. Il y a une bonne marge de progression pour un groupe qui a encore toute sa carrière devant lui et se place dans un style que j'apprécie particulièrement.


L'affluence moyenne était dans la fourchette prévisible, malgré un prix plus que raisonnable. Il y avait du merch', mais j'ai privilégié les retrouvailles avec les habitués pour échanger des dates et des souvenirs.


En s'installant, les Avignonais de CEILD, font un peu Black Indus à la Wheelfall avec leurs tenues noires sobres et leurs bannières tout aussi noires à lune blanche. Leur Metal strictement instrumental joué à quatre ne s'avérait pas si extrême, cependant. Il est plus accrocheur et atmosphérique, avec un son équilibré, propre où les toms roulent très fréquemment. Le groupe compensait l'absence d'expression vocale par une agitation sans simagrées, dans une froide lumière bleue. On pensait évidemment à feu leurs compatriotes comtadins de Mudbath dans la démarche, à un Psygnosis moins cérébral ou un Hypno5e plus lourd qui limiterait les notes claires à quelques breaks ou finaux cristallins. Malheureusement la tour d'enceintes à droite de la scène lâcha en cours de set, sans l'interrompre, gâchant le plaisir par une réparation un peu laborieuse. Comme toujours avec ce style de groupe instrumental ménageant le groove et l'atmosphérique, la sauce prit à mesure et emballa patiemment, titre après titre et plan après plan, le public resté au chaud. Là encore Ceild a encore tout un chantier devant eux pour se faire connaître, mais je pense qu'ils pourraient intéresser pas mal d'auditeurs aux profils différents.


Je connaissais déjà les Bordelais d'EXOCRINE qui évoluent dans mes terrains de prédilection et j'étais curieux de voir ce qu'ils donnaient sur scène. Les dégaines et le son ne laissent aucun doute aux innocents : il s'agit clairement de Death Metal, mais exactement dans le style technique et dans sa direction la plus moderne, avec beaucoup de ponts et solos en moulinets, de passages plus planants et de grosses syncopes brutales et parfois deux de ces éléments ensemble. Sagement, aucune concession hasardeuse au chant clair n'est tentée. Si l'ombre de Gorod recouvre fatalement ce collectif encore assez nouveau (cela doit être lourd par moments, en venant de la même ville), j'ai songé aussi à Beneath the Massacre ou the Faceless – référence certes soufflée par le t-shirt de l'un des guitaristes. Les solos de l'autre guitare, un drôle de petit modèle étêté, rappelaient Nocturnus ou Mithras, surtout quand ils étaient posés sur l'un de ces tempos plus planants avec parfois un petit sample vaguement cosmique comme faisait Mike Browning en son temps. Cependant le riffing penchait souvent vers des structures non euclidiennes. Mis bout à bout avec tout le reste, il devenait ainsi incontestable que s'ils ont clairement choisi de faire du Death technique, ils écoutent aussi beaucoup de Djent et cela déteint fortement sur l'écriture des morceaux les plus anciens du répertoire. Ils essayèrent bien de nous faire pogoter, mais le froid était trop dissuasif et je ne crois pas non plus que le style pousse tellement à plus qu'un gigotement partiellement headbangué en suivant des plans relativement complexes.


Longtemps j'ai considéré PITBULLS IN THE NURSERY comme les Coprofago français, leur mixture entre Death technique et influence de Meshuggah étant très apparentée. Pour autant, je n'avais encore jamais vu un groupe de Metal s'installer avec un sitar pour les morceaux du début de set. Ces premiers titres y prenaient évidemment une sonorité tout à fait particulière, le contrepoint de cet instrument indien sur les riffs de plomb déstructurés et le chant crié donnait un mélange tout à fait original, exotique peut-être mais surtout pionnier. Cela exige une interprétation carrée et malgré de multiples galères qui font que le groupe n'a pas – encore – eu la reconnaissance que son ancienneté justifierait, ils ont la maîtrise à la hauteur de leurs ambitions. Après quelques titres sous cette formation, le joueur de sitar rangea son jouet pour prendre une seconde guitare et ramener le débat à des termes plus classiques. Hélas là encore, le micro du chant lâcha peu après entraînant avec lui l'ensemble du dispositif, obligeant le groupe à meubler le temps de résoudre la panne par quelques mesures de bossa nova, trahissant au passage le type d'influences transgressives que l'on rencontre fréquemment chez beaucoup de projet de ce genre. Cette seconde partie de set déroula une suite de morceaux plus proches d'un Death technique aux influences Jazz à la Atheist ou Martyr, sur un chant façon vieux Voïvod. Mais les riffs brisés, l'accordage et le chant rappelaient bien assez les fous Suédois pour ne pas rompre les étiquettes. Comme on avait commencé assez tôt, le retard causé par les pannes n'interdirent pas un petit rappel d'un titre.


Les conditions climatiques ne poussaient pas à prolonger indéfiniment une soirée pourtant sympathique. Prochainement, il faudra se déplacer plus loin que ça.



par RBD le 25/01/2019 à 08:17
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Commentaires (2) | Ajouter un commentaire


ben
@5.51.198.62
01/02/2019 à 04:35:39
LE REPORT DU MEC QUI MANGE SA BITE

grinder92
membre enregistré
01/02/2019 à 09:54:16
Quel chanceux ! Mais il doit être très souple !

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Gros respect pour Slayer même si j'ai seulement 2 mauvais souvenirs de concert (sur plus d'une quinzaine) Pour moi aussi decade reste le meilleur live , ne serait ce que pour l'intro de hell awaits qui plante le décor pour tout le reste de l'album.


Ah bon, pas le dimanche ?!


Qu'il revienne en 2021 pour les 40 ans et des dates en France et on en parle plus.


@Jus de cadavre ;

oui pour Decade of Aggression auquel je juxtapose Dance of the Dead, bootleg enregistré au Zénith le 22/11/1991.

Ca tombe bien, j'y étais :p


Ach !
Vous n'êtes peut-être pas assez trve pour brûler leur stock, mais dénoncez nous ce groupe si dégueulasse...
On veut un nom et le pourquoi du comment bordel !

(#Closer #Public #Voici)


@king : nan, le meilleur live de l'histoire c'est Decade Of Aggression !!! ;)
Concernant la violence de ce groupe, je me suis toujours demandé d’où venais leur colère et même cette haine palpable. Surtout à leur débuts : King est un premier de la classe à l'école, aucun dans le grou(...)


Je me retape le Still Reigning en ce moment.

LE MEILLEUR LIVE DE L'HISTOIRE.


+ 1000.

Le plus grand groupe de Metal de l'histoire tout simplement...