Les connaisseurs se souviendront avec délice de la richesse underground du légendaire catalogue Wild Rags. On y trouvait à boire et à manger, mais surtout à thrasher, puisque cette maison de disque US abritait en son sein des formations aussi cultes que BLOODCUM, CRUCIFER, GAMMACIDE, HEXX, IMPETIGO, NUCLEAR DEATH, ORDER FROM CHAOS ou les séminaux RECIPIENTS OF DEATH. On trouvait aussi parmi leurs dizaines de références, en vinyle bien sûr, les deux EP d’un obscur groupe de Corpus Christi, Texas, publiés entre 1988 et 1989, qui furent quasiment leurs seuls témoignages musicaux avant séparation.

C’est ainsi que les ANIALATOR (à ne surtout pas confondre avec les ANNIHILATOR de Jeff Waters, sous peine d’y perdre son JUDAS PRIEST) nous proposèrent via ce label Anialator en 1988 et Anialator II un an plus tard, avant que la route des musiciens ne se sépare et qu’ils empruntent des chemins différents, certains convergeant vers SUFFERANCE, combo qui eut la chance de sortir un LP en 1997.

ANIALATOR connut donc une brève carrière dans la seconde ou troisième division Thrash US de 1986 à 1990, année qui fut honorée par Two in One, qui recoupait déjà leur deux uniques EP.

2017, un peu comme si le temps s’était arrêté, l’histoire se répète, et c’est aujourd’hui à une compilation de luxe que nous avons droit, via les services minutieux du label espagnol Xtreem Music, qui se propose de vous faire redécouvrir à un prix modique la musique des texans. Mais avec Mission of Death, c’est à une intégrale que vous êtes confrontés, qui non seulement nous balance de nouveaux les deux fameux EP, mais aussi les deux démos du combo, celle éponyme de 1987, et la 3+2 enregistrée en 1989.

Ainsi, inutile de fouiner dans les arcanes les plus sombres du net pour survoler le parcours du quintette/quatuor (trois line-up entre 86 et 90), puisque tout est ici, emballé dans un joli paquet presque cadeau, puisque les neuf euros demandés sont quand même très raisonnables. Mais puisqu’il est fort possible que nombre d’entre vous soient passés à côté de ce groupe au rayonnement somme toute assez intime, précisons un peu ce qui vous attend en termes de Thrash sur les seize pistes de cette recollection

Si les ANIALATOR n’ont jamais pu graver leur nom sur le Thrash of fame de l’histoire, il y a sans doute une raison. D’une, le groupe a toujours manqué de stabilité, et par ailleurs, sa musique semblait toujours avoir au minimum deux trains de retard sur la tendance. Inutile donc d’attendre un Thrash fortement technique comme le voulait l’usage à la fin des années 80, ni un Thrash paillard et bestial à la sud-américaine de la même époque. Ici, le médium et médian est roi, même si quelques réminiscences bien fatales animent certains morceaux avec fougue.

Le tempo général varie selon les publications, tout comme le son. Même si la production a été légèrement homogénéisée sur cette édition, on parvient sans peine à saisir les sauts dans le temps, qui sont encore plus accentués par les variations de style et d’approche, qui sont patents entre Anialator et Anialator II. Le premier n’hésitait pas à se la jouer chien fou, avec ses rythmiques en coup de fusil, et tutoyait d’ailleurs le radicalisme d’un RECIPIENTS OF DEATH, leurs camarades de chambrée. C’est sans doute - si vous me permettez une intrusion subjective - le meilleur à retirer de cette quadruple redistribution des cartes, à cause de son côté « débridé », qui frisait d’ailleurs le Thrashcore, tout en respectant à la lettre les commandements du Thrash furieux à la VIOLENCE ou SEXTRASH, en moins approximatif que ces derniers.

Mais ces quatre premiers titres sont les plus intenses des deux EP, et font preuve d’une implication totale et légèrement brouillonne, dans un style DARK ANGEL bricolé at home, et pas vraiment capable de rivaliser avec les maîtres, niveau technique. On pense aussi aux allumés d’EXUMER, et pourquoi pas aux allemands de DARKNESS, en gros, à pas mal de références de deuxième zone. Mais il n’y a aucun mal à les apprécier, bien au contraire, puisque la scène aurait été beaucoup plus terne et trop professionnelle sans eux. Soli hystériques à la Kerry King, accélérations foudroyantes, saccades plaisantes et chant un peu geignard, tel était le menu de ce vinyle qui constitue donc l’introduction et qui scelle les présentations avec les membres d’ANIALATOR

Beaucoup plus carré, pro et disons-le, raisonnable, Anialator II bénéficiait aussi d’une production un peu plus propre, quoique très sourde, et malmenant la batterie qui voyait sa grosse caisse largement étouffée. Musicalement, le groupe avait fait beaucoup de chemin depuis leur forfait précédent, et leur Thrash se voyait salement bridé. Il se rapprochait à ce moment-là de la vague d’outre-rhin, qui avait tendance à mieux maîtriser sa musique et son instrumental, et se voulait plus posé, mais pas forcément moins puissant. Certes, l’aspect allumé du EP précédent manquait un peu, mais impossible d’en vouloir à un groupe de désirer progresser…

Une fois les deux sorties officielles égrenées, on tombe dans le grésillement de la seconde et dernière démo de 1990, juste avant le split, qui arrache les tympans de ses guitares branchées sur un transistor fatigué. Difficile en effet de tenir le coup eut égard à la torture sonore infligée, ce qui est d’autant plus dommage que le Thrash d’ANIALATOR devenait sacrément performant, et de plus en plus abouti. L’accomplissement est patent dès le fatal « The Unexpected », qui méritait bien son nom, et qui nous faisait (re)découvrir un combo au sommet de son potentiel, qui aurait pu connaître une fort belle carrière.   

Le voyage se termine sur la première démo des texans, qui pâtit d’un son encore plus catastrophique, et assez symptomatique des bandes enregistrées dans des garages avec les moyens du bord. Mais le plaisir de retrouver les jeunes flingués avides de vitesse compense cette perte de dynamique, et les quatre derniers morceaux passent assez vite, et nous ramènent à nos jeunes années de tape trader chevronné, qui correspondait avec d’autres passionnés du monde entier pour récupérer des tapes usées et salement fatiguées.

On sent sur ces enregistrements l’investissement de musiciens qui voulaient y croire, et qui mettaient toute leur âme et leurs tripes dans leur musique, au mépris des convenances et des influences un peu trop apparentes.

En définitive, Mission of Death est un sacré cadeau que nous fait Xtreem music, qui nous permet avec cette compilation de nous replonger dans un pan de la scène US que trop ont fini par occulter par manque de visibilité. En prenant le parti de ne pas toucher à la prod’ ou au mix, ils ont privilégié l’authenticité au détriment du confort, mais finalement, l’option était certainement la meilleure.

Rappelons que cette sortie est disponible pour 5 euros sur le Bandcamp du label en dématérialisé, ou pour 9 (en soldes) en CD sur leur site officiel. A ce prix-là, même en été, c’est Noel.


Titres de l'album:

  1. Anialator
  2. Nuclear Destruction
  3. Extermination By Death
  4. Mission of Death
  5. Filicide
  6. No Future
  7. Fatal Decision
  8. Anialator (live)
  9. Mission Of Death (live)
  10. The Unexpected
  11. Decimation
  12. The Suffering
  13. Anialator (demo1987)
  14. Feel The Pain (demo 1987)
  15. Nuclear Destruction (demo 1987)
  16. Mission of Death (demo 1987)

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par mortne2001 le 07/08/2017 à 14:00
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Excellente nouvelle


Arrêtez, merde, je me prends un sale coup de vieux à cause de vous ! ^^


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AH AH AH !!!
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