Vous connaissez MADAM X parce que :

  • Vous adoriez leur look sophistiqué et esthétiquement subtil.
  • Vous êtes tombé par hasard dans les années 80 sur leur premier album We Deserve The Right, et avez aussitôt pensé que vous aviez enfin déniché l’album de Heavy Metal définitif de l’époque.
  • Vous êtes tombé par hasard dans les années 80 sur leur premier album We Deserve The Right, et avez aussitôt pensé que vous aviez finalement déniché un album de Heavy US plutôt moyen pour l’époque.
  • Vous êtes au courant qu’un certain Sebastian Bach a brièvement officié comme chanteur pour le combo.
  • Vous êtes au courant qu’une certaine Roxy Petrucci, futur VIXEN, occupait le poste de batteuse en porte-jarretelles.
  • Vous collectionnez les albums de sœurs rockeuses depuis la sortie du premier HEART
  • Vous habitiez Detroit dans les années 80, et gravitiez dans la sphère musicale et artistique de la ville.
  • Non, finalement, vous ne connaissez pas MADAM X.

Sans vraiment prétendre vous connaître tous, chers lecteurs, je pense pouvoir affirmer que la plupart d’entre vous auront coché les réponses deux, quatre ou cinq. En effet, back in time, les MADAM X étaient donc un groupe pur Heavy Metal de Detroit, constitué des deux sœurs Petrucci (Roxy – batterie et Maxine – guitare), et de deux autres olibrius affublés de coiffures improbables, et faisant de leur mieux pour trouver leur place. On trouve au palmarès de ce quatuor somme toute légèrement oublié dans les arcanes du temps un seul album, celui déjà cité, qui soyons honnête n’avait pas vraiment révolutionné la planète Hard-Rock il y a plus de trente ans. Depuis, chacun a suivi ses propres plans avec plus ou moins de bonheur, et nous étions peu à nous douter qu’ils nous en reviendraient un jour avec une nouvelle offrande sous le manteau. Mais une rencontre fut donc à l’origine de ce comeback des plus incongrus, celle que firent Maxine et Roxy en tombant sur Mark Slaughter, pour un titre hommage à MOTORHEAD dans le cadre de leur VIP Aftershow. Le chanteur de SLAUGHTER les introduisit donc au responsable d’EMP Label Group, Thom Hazaert, qui fut fort heureux d’apprendre que les deux frangines fomentaient un retour sur le devant de la scène via un second LP, que plus personne n’espérait. Je l’avoue, je n’avais que brièvement écouté le premier album de la bande en son temps, et je n’avais pas vraiment craqué sur ce son assez désuet qui se contentait de répéter des recettes Heavy largement éprouvées par des groupes plus inspirés. Je n’espérais donc pas grand-chose de ce Monstrocity qui risquait de répéter les mêmes travers en plus moderne, mais heureusement pour nous, les années passant, les sœurs P ont fini par trouver un angle d’approche un peu plus accrocheur, sinon inédit pour son heure.

Produit par le groupe lui-même, au Metro 37 studios de Rochester Hills, Michigan, et mixé par la pointure Michael Wagener (MEGADETH, METALLICA, SKID ROW, OZZY OSBOURNE) himself, avec un coup de patte de Mark Slaughter, Monstrocity possède le son de ses ambitions, et nous explose à la gueule dès ses premières mesures. Il faut dire que le quatuor renouvelé (Bret Kaiser – chant, Maxine Petrucci – guitare, Chris Doliber – basse et Roxy Petrucci – batterie) a mis le paquet pour nous persuader du bien-fondé de son entêtement, en plaçant d’emblée les pépites Heavy les plus relevées. Le ton s’est durci, et le Thrash est presque farci, dès « Resurrection » qu’un JUDAS PRIEST période Painkiller ou qu’un PRIMAL FEAR n’auraient certainement pas renié. Sifflantes hystériques, riff dynamique, rythmique à propulsion épique, cette entrée en matière pur Power signe du sang un retour des enfers de l’oubli, et son refrain fédérateur et rageur saura convaincre les plus true des plus Metal d’entre vous. Le chant de Bret est salement puissant, modulant, lyrique et envoutant, et Roxy n’a pas oublié comment frapper son kit, laissant de côté ses caresses de toms de l’époque VIXEN. Le single « Monstrocity » et son jeu de mot bien senti enfonce encore un peu plus le clou, à grands coups de percussions vaudou, avant de virer Heavy pas vraiment mou, toujours strié des interventions lacérées de Maxine, qui elle non plus n’a pas perdu son médiator et son talent au fond de son sac à main. C’est brutal, mais mélodique, violent mais sympathique, et on sent bien que le combo avait salement envie de retrouver la lumière après être resté si longtemps cryogénisé dans l’ombre tamisée.

Certes, le propos a changé, mais plus dans la forme que le fond. Celui-ci reste ancré dans une tradition Metal que les titres les plus faibles ou rétro restituent sans complexes. Nous avons donc droit parfois à un travail de réactualisation assez concret, qui fait même penser par instant à des allusions au STRYPER le plus dur en frissons (« Nitrous », dont le mimétisme du chant est assez intéressant…). Mais dans sa version 2017, le concept MADAM X est beaucoup plus captivant, et surtout, dans l’air du temps. En tâtant du riff Néo sans mettre de déo, le quartette se montre bien plus saignant qu’à l’avenant, ce qu’un morceau au groove suintant comme « Freak Parade » démontre sans prendre de gants. Les refrains sont plus travaillés, comme les arrangements et les couches de chant qui se superposent avec flair. Certes, tout n’est pas parfait loin de là, et la madame retombe parfois dans ses travers les plus symptomatiques, en privilégiant des thèmes synthétiques, qui semblent résumer trente ans de Hard-Rock en une ou deux idées (« Die Tryin’ »). Mais nous sommes quand même assez loin de l’époque leather n’silk, et le mauvais goût visuel s’est transformé en inspiration sinon spirituelle, du moins assez efficace pour nous envoyer au ciel. Ou en enfer, comme Roxy se plaît à le dire, elle qui sait très bien de quoi elle parle, et sur quoi elle frappe, tant sa poigne a gagné en puissance tout comme son mouvement de cheville qui maltraite une double grosse caisse qui frétille. Et si les lyrics n’ont pas vraiment gagné en profondeur (« Big Rock Rolls Heavy »), ils accompagnent un Metal assez freaky, qui trépigne et rugit.

Petits clins d’œil pour initiés de la cause qui n’ont rien oublié (« Hello Cleveland », à voir en concert in situ, « Detroit Black », plus convenu, mais au gimmick central charnu), auto promo pour mélodies rebattues mais toujours velues (« Good Stuff », plus léger mais énervé), et ballade sentimentale histoire de pouvoir câliner sa compagne (« Wish You Away »), le panorama est presque exhaustif, et fait se dresser quelques tifs, sans avoir besoin d’abuser de laque. Au passage, le combo en profite pour nous livrer une nouvelle version de son seul hit, « High In High School », qui retrouve une seconde jeunesse et permet de replacer le contexte et les antécédents. Le tout s’écoute donc sans déplaisir, tant MADAM X ne nous a pas pris pour des billes en jouant la carte de la nostalgie débile. Le groupe a soigné son retour en signant un album complet et homogène, qui ne révolutionnera pas plus les mouvances actuelles que son aîné ne l’avait fait il y a tant d’années, mais cette fois-ci, le professionnalisme a parlé, et la sueur à perlé. Vous pourrez maintenant dire que vous les connaissez parce qu’ils ont publié un second LP assez corsé, et plus seulement pour les raisons déjà énoncées dans un avant-propos énuméré.


Titres de l'album:

  1. Resurrection
  2. Monstrocity
  3. Nitrous
  4. Freak Parade
  5. Die Tryin'
  6. Big Rock Rolls Heavy
  7. Hello Cleveland
  8. Detroit Black
  9. The Rise
  10. Good Stuff
  11. Wish You Away
  12. High In High School
  13. Bride Of Frankenstein

Site officiel


par mortne2001 le 23/11/2017 à 14:59
75 %    215

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