Voici un nom qui ne dira certainement pas grand-chose au plus grand dénominateur commun, mais qui réveillera des souvenirs chez les fans de Hard Mélodique les plus pointus…Et la lecture de ce nom fera chanter dans leur mémoire les louanges d’une musique riche, pleine et si caractéristique d’une Amérique qui n’a jamais renoncé à ses trésors les plus précieux. AOR bien sûr, par essence, mais Rock mélodique par décence, et voici donc un comeback qui fait méchamment plaisir et qui ramène la série B US la plus fameuse au centre des débats. Pour en savoir plus sur ce groupe somme toute assez mystérieux, il faut remonter au Denver de la fin des années 80, lorsque les CAUGHT IN THE ACT remportaient les tremplins et autres concours locaux, pour devenir une référence incontournable de la scène Hard mélodique locale. Alors que la scène internationale semblait effectuer une translation du Hard-Rock MTVien au Grunge Seattleien, le Hard mélodique gardait le soutien d’un public indéfectible et de structures fidèles en Europe, et c’est ainsi que le combo pu compter sur le coup de pouce du label scandinave Empire Records. Un premier album vit donc le jour, Act 1: Relapse Of Reason, qui fédéra pas mal de suiveurs amoureux des harmonies puissantes, avant que des problèmes de line-up ne retardent les choses, sans empêcher la mise sur le marché de Heat Of Emotion en 1996. Et comme les problèmes sont telle la misère, et aiment la compagnie, ce sont à des soucis juridiques que les américains durent faire face, se retrouvant au tribunal en face d’un Boys Band leur reprochant l’utilisation d’un nom qu’ils avaient eux-mêmes déposé…Passant de CAUGHT IN THE ACT à l’acronyme CITA, puis décidant de changer radicalement d’appellation pour adopter celle de GUILD OF AGES, les musiciens continuèrent leur parcours en signant trois LP supplémentaires, One en 1998, Vox Dominatas en 1999 et Citadel en 2001, avant de se séparer en 2002…

Le temps fit son affaire, et c’est évidemment à l’occasion de multiples invitations à des festivals que le combo remit le couvert, découvrant que les années écoulées n’avaient pas entamé leur enthousiasme ni émoussé leur précision, et c’est donc en toute légitimité qu’ils décidèrent de se reformer pour offrir une digne suite à leur histoire qui n’a jamais connu de véritable point final. Nous voilà donc face au quatrième album studio des GUILD OF AGES, mais au sixième du parcours de certains de ses membres, et découvrant douze nouveaux morceaux enregistrés en décembre 2017. Les mêmes morceaux que Khalil Turk d’Escape Music écouta en janvier 2018 et qui le mirent en appétit. Dès lors, la machine de distribution se mit en branle, et ce Rise permit donc à la fanbase du groupe de s’accrocher au présent au lieu de déplorer le passé, passé qu’on retrouve pourtant en tranches fines durant les cinquante minutes de cette nouvelle aventure qui ne ménage pas ses efforts pour nous persuader de sa validité. Et il est certain que le retour des américains mérite votre attention, même si quelques points faibles viennent en émailler la surprise…Si la plupart des morceaux tiennent largement la comparaison avec le répertoire historique, on notera un affaiblissement progressif de la tension, pour une œuvre qui finalement se décompose en deux parties, la première étant largement plus probante que la seconde. Mais en tant que demi-part copieuse, cet alignement initial vaut largement le détour, même si on regrette que les GUILD OF AGES n’aient pas fait preuve de plus de recul pour se rendre compte que certaines chansons auraient mérité plus de soins, voire d’être écartées pour être retravaillées un peu plus tard. Mettons ceci sur le dos de l’enthousiasme généré par un collectif enfin rassemblé, et satisfaisons nous des réussites que Rise comporte, et qui sont en nombre suffisant pour en faire une réalisation de premier plan…ou presque.

Toujours à cheval entre plusieurs genres, les GUILD OF AGES (Danny Martinez Jr - chant/guitare, Anthony Trujillo - guitare/claviers/chœurs, James Lostetter - basse et Steve Stuntz - batterie/chœurs) n’hésitent pas à frotter leur Hard mélodique à un AOR de grande classe, tout en admettant de légères accointances progressives les rapprochant d’un Steven Wilson light ou d’un RUSH en version presque Pop. Si les traces patentes des trois premiers albums sont notables, on sent que le groupe a voulu se tourner vers l’avenir, n’hésitant pas à provoquer les DREAM THEATER de Falling Into Infinity sur leur propre terrain (« Awaken »), tout en gardant sous le coude des capacités AOR toujours aussi manifestes (« Around The Sun », arrangements lyriques pour énergie mélodique). Le Crossover ainsi développé est toujours aussi fascinant, et si « Deep In Heaven » en mise en bouche ose les sept minutes bien tassées, il représente une reprise de contact marquant ses ambitions. On replonge dans des eighties que personne n’a pu oublier, et la juxtaposition d’un riff saignant et d’harmonies séduisantes opère toujours à plein régime, à tel point que la question du « meilleur album » se pose d’entrée. Et en se basant sur les premières vingt-cinq minutes de l’entreprise, la réponse semble se conjuguer au présent, jusqu’à ce que la seconde partie des évènements marque le pas, et cède à la facilité du pilotage automatique. Sans non plus rebuter les plus passionnés, il est certain que le classicisme de ce second volet et beaucoup moins hypnotique que le premier, même si des morceaux aussi charmants et délicatement techniques que « Love Rules All » et ses airs de MAGNUM new-age ou « I’ll Keep Burning » et sa rythmique échevelée savent encore remporter l’adhésion, malgré un formalisme de propos assez déroutant.

Mais il est certain qu’en atteignant des sommets sur le ciselé « Every Road Leads Me Home », le groupe devait s’attendre à voir la pression retomber, ce qui arrive avec le final assez passe-partout et maladroit de la ballade « Hearts Collide », qui n’incarne pas vraiment l’épilogue que nous étions en droit d’espérer. Mais au lieu de déplorer une inflexion du talent, toujours intact, mieux vaut se concentrer sur les moments de bravoure de Rise, « Addicted » en tête de liste, aussi Heavy qu’il n’est léger, aussi mordant qu’il n’est caressant, pour mieux apprécier le comeback d’un groupe que l’histoire avait sans doute oublié, mais pas ses plus fidèles défenseurs. De fait, prenons Rise pour une reprise de contact en partie probante, qui nous permet de retrouver les GUILD OF AGES non au sommet de leur forme, mais sur la voie d’une réhabilitation artistique qu’ils méritent amplement.             

       

Titres de l'album:

                         1. Intro

                         2. Deep In Heaven

                         3. Around The Sun

                         4. Addicted

                         5. Every Road Leads Me Home

                         6. All Fall Down

                         7. Awaken

                         8. Love Rules All

                         9. I’ll Keep Burnin’

                        10. Rise Another Day

                        11. Hearts Collide

                        12. Outro

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par mortne2001 le 15/07/2018 à 14:20
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Pas mal du tout en effet ! Old-school, brutal, bas du front. Combo !


chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


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Soutenons UADA !


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Cet album est absolument fantastique !!!


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J'ai jamais vraiment écouté Cancer, pourtant je fais partie de cette génération des 90's qui a découvert( le death metal avec ces sorties majeures. Très efficace ce titre , va falloir que je rattrape quelques lacunes.


commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


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Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


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