Que font un danois et un suédois lorsqu’ils se rencontrent ? Simple, s’ils sont musiciens, ils se racontent des histoires de Hard-Rock mélodique, évoquant indirectement leurs anciens faits d’armes, pour voir si ensemble, ils ne seraient pas encore plus forts et compétents qu’isolément. C’est en tout cas ce qui est arrivé lorsque l’infatigable Serafino Perugino, CEO de Frontiers Records a mis en relation deux figures du Metal mélodique nordique, construisant de fait un pont entre la Suède et le Danemark, et scellant le destin de deux des instrumentistes les plus doués de leur génération. Générations subtilement décalées temporellement, puisque quelques années séparent les deux acteurs majeurs de ce nouveau projet, né en 2015 sous l’impulsion du tempétueux leader de label, toujours à la recherche d’une combinaison fatale entre ses poulains. De fait, il y a trois ans, lorsque Serafino suggéra à Erik Martensson, petit prodige de W.E.T. et ECLIPSE de travailler avec l’extraordinaire vocaliste de PRETTY MAIDS, Ronnie Atkins, il s’attendait sans doute à un résultat explosif, ce que les fans des deux bonhommes espéraient sans doute aussi. Et c’est exactement ce qui s’est passé, puisqu’après avoir reçu des démos peaufinées venues de Suède, Ronnie le danois se mit immédiatement au travail vocal, pour que les deux hommes puissent proposer un premier LP sous le nom de NORDIC UNION, à la hauteur des attentes génériques. Et connaissant les capacités de compositeur d’Erik et les aptitudes d’interprétation de Ronnie, nul ne fut surpris de constater que Nordic Union, le premier effort du duo remplissait toutes les conditions pour être élu album de Hard mélodique de l’année en 2016…Dès lors, impossible d’arrêter l’aventure en si bon chemin, et les deux récents collaborateurs se remirent donc au travail, de façon plus étroite cette fois-ci, pour accoucher d’une suite au titre aussi classique que sa musique n’est classieuse.

Ainsi, c’est avec un plaisir non dissimulé que nous accueillons en 2018 ce second avènement, sobrement baptisé Second Coming, et qui entérine donc le partenariat entre Ronnie et Erik. On y retrouve évidemment pas mal d’ADN de leur premier jet, mais ces éléments n’ont justement servi qu’à poser des jalons et des bases pour travailler un matériau et lui donner une forme différente, dans un travail de sculpteur assez admirable de précision. C’est donc un album plus dur et moins facilement assimilable qui vous attend, combinant le génie mélodique du guitariste stakhanoviste et le talent vocal versatile du chanteur danois, épaulés pour la circonstance d’un autre cador des studios et de la scène, Magnus Ulfstedt, comparse d’Erik au sein de W.E.T et ECLIPSE. Alors, pour les néophytes, l’équation est-elle aussi simple qu’elle n’en a l’air sur le papier ? Soit, W.E.T.+ECLIPSE+PRETTY MAIDS=NORDIC UNION ? Il y a de ça en effet, puisqu’il est fondamentalement impossible d’aller contre sa nature pour tenter de jouer quelque chose ne vous ressemblant pas, mais les deux principaux partenaires du concept ont eu l’intelligence de fondre leur talent individuel dans un creuset différent pour nous proposer une musique totalement inhérente à leur nouveau projet, sans forcément réutiliser des ficelles déjà éprouvées. Il est certain qu’avec la fréquence à laquelle travaille Erik, il lui est impossible de lâcher de l’inédit à tout va, et que les onze morceaux de ce Second Coming sont tous empreints des différents groupes dans lesquels il s’investit, mais aussi certains qu’il produit aussi, mais autant dire qu’une troisième voie diplomatique s’est dégagée pour faire de NORDIC UNION un groupe à part entière, et non pas un simple récréation pour deux artistes en mal de pause officielle. Et dès « My Fear & My Faith », on se rend compte que l’ambiance générale s’est durcie, pour se rapprocher d’un PRETTY MAIDS des dernières années, sans perdre cette patine mélodique collant à la peau du fantasque multitâches suédois. Toujours aussi harmonieuses, les chansons semblent se vouloir aussi plus nostalgiques, et nous offrent donc des harmonies moins facilement assimilables, et moins facilement ancrables dans une tradition d’AOR à la scandinave, même si les refrains sont toujours aussi addictifs et entêtants. Une totale réussite donc ? Dans un créneau de Heavy Metal abordable nuancé de Hard-Rock adorable, oui, c’est un fait indéniable.

Sans vraiment dévier d’une trajectoire classique qui fait partie de leur patrimoine, les deux hommes ont choisi de bifurquer, et de livrer une copie moins immaculée. Toujours élaboré dans un désir de séduire les amateurs de puissance et de mélodie, Second Coming évite les pièges de la facilité radiophonique sans tomber dans ceux d’un Hard-Rock un peu trop marqué, et parvient à trouver un équilibre entre les deux mouvances sans rester flou ou un peu trop consensuel. Même la production, plus rêche et moins polie aiguille sur la piste d’un Heavy mélodique incroyablement malin, sur lequel la voix toujours aussi unique de Ronnie fait des merveilles avec ce grain inimitable témoignant de longues années passées en studio et sur scène. Bien sûr, les refrains sont toujours aussi efficaces, mais on sent en filigrane des intentions plus sombres, qui se manifestent parfois par des inspirations à la ZEP fondues dans des élans mordants typiquement scandinaves des 80’s (« The Final War », qui peut même passer pour un crossover ANGRA/PRETTY MAIDS, avec cette petite touche ECLIPSE sur le refrain truffé de chœurs accrocheurs), et l’écart qui sépare ce second pamphlet de Nordic Union est aussi conséquent que celui qui éloignait Winger de Pull, sans aucune prétention opportuniste d’aborder une nouvelle décennie avec le son adapté. Non, ici tout respire le professionnalisme spontané, expression antinomique qui décrit pourtant à merveille la façon de travailler des deux bonhommes, s’appuyant sur leur expérience pour tenter de rester frais et directs, sans abuser de gimmicks mais en restant suffisamment précis sans en avoir le choix, leur nature parlant inconsciemment…Erik a donc abattu encore une fois un boulot titanesque, soignant les compositions, mais aussi la réalisation, et si la production globale s’est musclée, elle n’en met pas moins en valeur des titres qui sont parfois opposés, à l’image de la suite « Because Of Us » / « It Burns », qui joue sur l’ambivalence d’un Hard-Rock populaire et d’un Heavy Metal fédérateur. Des aspects plus marqués donc, qui ne nuisent aucunement à la cohésion d’ensemble, toujours aussi frappante.      

La versatilité provoquée permet même à Ronnie et Erik se tenter le coup du clin d’œil 80’s appuyé, avec des allusions au RAINBOW le plus grandiloquent (« Rock's Still Rolling »), et des digressions sur des thèmes romantiques sans la mièvrerie découlant généralement de ces apaisements (« Die Together », symptomatique de la nostalgie envahissante qui pourtant se déguste avec délice). On retrouve donc tout ce qui avait fait du premier album une réussite majeure, sans les redites pénibles mais avec un réel désir de transformer le projet NORDIC UNION en véritable groupe. Méthode de travail en proximité, réelle fusion des personnalités, et de fait, Second Coming sonne comme un véritable effort de groupe, et non l’inclusion de performances extérieures sur un travail individuel, aussi magnifique soit-il. On se demande juste à son écoute si Erik Martensson dort parfois la nuit, ou s’il élabore en studio d’autres répertoires pour des concepts à venir….


Titres de l'album :

                         1. My Fear & My Faith

                         2. Because Of Us

                         3. It Burns

                         4. Walk Me Through The Fire

                         5. New Life Begins

                         6. The Final War

                         7. Breathtaking

                         8. Rock's Still Rolling

                         9. Die Together

                        10. The Best Thing I Never Had

                        11. Outrun You

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par mortne2001 le 24/11/2018 à 17:42
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chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


Humungus : +1
Ben oui, normal. Déjà assimiler "vegan" et "antifa" est hors sujet.
Soutenons UADA !


KaneIsBack + 1.


Nefarious + 1.


Non.


Cet album est absolument fantastique !!!


Ravi de lire un report sur Aura Noir


J'ai jamais vraiment écouté Cancer, pourtant je fais partie de cette génération des 90's qui a découvert( le death metal avec ces sorties majeures. Très efficace ce titre , va falloir que je rattrape quelques lacunes.


commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


Candlemass c'est pourris depuis la première séparation des années 90...Avant c'était génial et sombre.


Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


Donc Ici on ne peut pas être anti-fa, et vegan sans être aussi une cible...


Les antifas sont effectivement aussi fascistes que ceux qu'ils dénoncent. Pitoyable histoire...


Si Jeff est aussi insipide dans MDB qu'il ne le fut dans Paradise Lost, ça promet de sombres catastrophes. Je me souviens encore de la manière dont il détruisait "As I die" sur scène...


Très très curieux d'entendre ça, surtout avec le retour de Langqvist.


Faut voir le résultat, je suis très méfiant avec CANDLEMASS qui n'a rien proposé de bandant depuis fort longtemps ! Mais sur le papier... oui c'est la classe ultime !


C'est exactement ce que je me disais... La classe !


"Mais aussi que Toni Iommi (ex-BLACK SABBATH) apparaissait sur le titre "Astorolus - The Great Octopus" le temps d'un solo".
Si ça c'est pas la grande classe... ... ...