Après tout, quand le présent t’ennuie et que l’avenir ne te réjouit pas plus que ça, il n’y a aucun mal à se replonger dans le passé, histoire d’être heureux une poignée de minutes. Si ?

Non, je ne trouve pas.

Alors, si je me souviens bien, Bryan ADAMS chantait « Summer of 69’ », mais les COUNT'S 77 eux préfèrent entonner un « Summer Of '77 ». Chacun son époque, mais c’est assez marrant, parce que si je me souviens bien, 77, c’était l’année du Punk non ?

Pas très Rock’n’roll tout ça pourtant. Enfin si, mais pas le bon en tout cas. Mais 1977, c’est aussi l’année de The Grand Illusion de STYX, de Queens Of Noise des RUNAWAYS, de Cheap Trick, Next de JOURNEY, de Foreigner, de Let There Be Rock des frangins Young, de 38 Special, Lights Out d’UFO, Cat Scratch Fever, Love Gun, Foghat Live, Bad Reputation, Street Survivors, et puis des dizaines d’autres…Alors le Rock, oui, il était bien vivant aussi, et pas seulement malmené par des gamins hirsutes crachant sur les passants et vitupérant des slogans à épingles à nourrice sans vraiment savoir ce qu’ils voulaient vraiment dire…

Mais à la base, saine interrogation, qui sont donc ces COUNT'S 77 qui nous promettent un joli album de famille, souvenir d’une époque ou des guitares et un piano suffisaient pour prétendre faire un Rock à tendance dure ?

Un sextette (Danny Koker – chant, John Zito et Stoney Curtis – guitares, Barry Barnes – basse, Paul Disibio – batterie et Tommy Paris – claviers) nous en venant de la cité du vice et du jeu de Las Vegas, complètement traumatisé par le Hard Rock des seventies au point de lui consacrer sa carrière et son énergie.

Rien de bien nouveau me direz-vous, puisque les combos vintage fascinés par cette décennie d’intense créativité sont légion depuis quelques années…

Mis à part le fait que les COUNT'S 77 ont une approche bien différente de la plupart de leurs homologues, et ne restent pas campés sur un Rock ombrageux et soufflé d’amplis orange directement branchés sur les cieux, mais plus par un Hard à tendance Bluesy aussi empreint de Rock Soft que de Southern Rock délicat à la 38 SPECIAL, ALLMAN BROTHERS BAND, et finalement assez éclectique et varié dans le fond et la forme, avec cette très légère touche de psychédélisme qui ne tombe jamais dans le délire de jams interminables et finalement plutôt minables.

Non, ici, c’est le Rock qui parle, un peu BLUE OYSTER CULT dans les faits, mais assez personnel pour rester frais. Une musique simple, portée et jouée par des instrumentistes passionnés, qui ne font pas les choses à moitié. Autrement dit, une oasis de fraîcheur dans un désert de chaleur, qui vous offre la dernière goutte de la gourde pour ne pas que vous y restiez d’insolation.

THIN LIZZY, le CULT, tout ça est très tangible sur un morceau à la rythmique élastique comme « Soul Transfusion », qui rappelle le meilleur des bandes à Buck Dharma et Phil Lynott, sans perdre prise avec la réalité d’un Hard-Rock old-school qui ne renie pas son époque.

Soli incendiaires, duo basse/batterie en insert, et volutes de chant délicates qui savent moduler pour ne pas hurler ou couiner, mais bien chanter, histoire d’assurer aux mélodies suffisamment d’espace pour respirer.

Et d’ailleurs, ils l’affirment sans complexes, ils sont un « Hard Rock Band », un peu BLACK CROWES, un peu LYNYRD, un peu KISS, en gros, la quintessence des seventies, authentiques, sans les tics insupportables de tribute bands qui ne font pas la différence entre révérence et déférence, mais qui assument très bien leurs influences.

Motifs simples, guitares qui rugissent de déchirements bluesy, just an american band, mais le meilleur, puisque le plus honnête.

De là, que vous cherchiez un gros piano bastringue digne des plus grandes interventions viriles de Bob Seger (« My Detroit », que le chanteur à moustache aurait pu composer aux alentours de 73/74 pour revenir vers ’72), ou un binaire collant et gluant à la Malcolm/Angus, mâtiné de soft Rock lisse et planant de l’école Suédoise de maintenant (« Do You Feel Me », rampant, coulant et séduisant comme un essai solo d’Ace Frehley enfin à la hauteur de ses excès), tout est là, à disposition sur ce Soul Transfusion qui en effet, insuffle un gros supplément d’âme qui permet de ne pas le classer directement sur les étagères de la nostalgie pépère entre le prochain…et l’ancien…

Ça joue, plutôt smooth mais toujours avec le cœur et les souvenirs, et ça se veut parfois un peu plus sensible qu’un simple tribute libre pour tribune free, comme en témoigne le très délicat et FOREIGNER like (le meilleur, celui de 4 bien sûr) « Evil You Could Do », aux joues Blues à la Gary Moore, pour un énième flashback vers une décade qui n’en finit pas d’inspirer les anciens comme les nouveau-nés.

Tout ça respire bon les FOGHAT, les BLUE OYSTER CULT comme déjà précisé (« Weight Of The World », grâce à eux, le poids est plus léger à porter), mais aussi le gros Boogie qui fait transpirer, genre STATUS QUO sous speed RUNAWAYS, avec un Lynott déchaîné qui frotte sa basse à la guitare d’un Billy Gibbons inspiré et aspiré (« Sin City Boogie Man », ou comment délocaliser Las Vegas au Texas), sans oublier l’intimisme de fin de soirée, lorsque les flight-cases sont bouclés, que les visages sont fatigués et que la route attend que vous continuiez à l’avaler (« Find My Way Home », rideau tirés dans un bus aux lumières tamisées, et blues qui vous prend alors que s’achève la tournée).

Je pense que vous avez saisi le message, et j’espère que vous avez compris que ce Soul Transfusion est tout sauf un album de Hard Rock vintage de plus ou de moins.

Il va en effet beaucoup plus loin que ça, et se permet de retrouver le véritable esprit de cette époque, en faisant fi d’une quelconque authenticité, pour se concentrer sur des compositions racées et fignolées, qui respirent pourtant le feeling de l’instant à plein nez.

Comme quoi, on peut s’épanouir dans la cité du vice et du jeu sans rentrer dans celui de l’hommage trop pieux, et proposer un second album aussi valable que le premier, qui nous présente un groupe honnête et sincère, qu’on aime écouter et qu’on aime…aimer.

 A vous de voir si cette approche n’est finalement pas plus appréciable que les démarches sans cesse plus casher de combos qui traquent l’ampli d’occase et le jack torsadé pour faire plus vrai que les vrais. Moi, j’ai choisi mon camp ce matin, celui des COUNT'S 77, qui m’ont fait entrevoir d’autres lendemains. Et un sacré hommage à tous ces bar bands qui écument les salles des USA pour jouer jusqu’au petit matin.


Titres de l'album:

  1. Summer Of '77
  2. Hard Rock Band
  3. Do You Feel Me?
  4. My Detroit
  5. Soul Transfusion
  6. Evil You Could Do
  7. Heebies Jeebies
  8. Weight of the World
  9. Sin City Boogie Man
  10. Low Baller
  11. Find My Way Home

Site officiel


par mortne2001 le 28/03/2017 à 17:29
80 %    353

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