Oh toi thrasheur, que fais-tu ? Encore en train de dépoussiérer ta vieille collection de vinyles ou de recoudre tes patches…

Saines activités, mais au lieu de vénérer ad vital aeternam tes anciennes idoles du passé, pourquoi ne jetterais-tu pas un coup d’oreilles sur celles du présent histoire de voir si ta musique favorite est toujours aussi mordante ? Hum ?

Bon choix, bon garçon, mais enlève quand même cette frange de ton front.

Alors, le présent du Thrash, c’est quoi au juste ? A moins d’être complètement étourdi et d’avoir occulté les soixante chroniques de Revival Thrash de ces six derniers mois, tout le monde est conscient qu’il est assez « présent » justement, et sacrément productif.

Les preuves s’accumulent et les turbulences turbulent, et un autre exemple de la bonne vitalité de la scène Thrash old-school nous en est donné aujourd’hui (enfin plus précisément au mois de janvier) par l’entremise du dernier EP en date des Danois d’IMPALERS, Styx Demon : The Master Of Death.

Ce même EP fait suite à un single du presque même nom sorti l’année dernière, et si le lettrage de son titre pille sans vergogne le graphisme des Indiana Jones, on peut facilement lui pardonner cet emprunt puisque la musique même du groupe s’abreuve aussi à la fontaine de créativité d’autres groupes bien connus.

Mais la carrière de ce quatuor (Søren Crawack – guitare et chant, Kenneth Frandsen – basse, Rasmus Kjær – batterie et Thomas Carnell – guitare lead) ne date pourtant pas d’hier non plus, puisque depuis sa transformation de RIGOR MORTIS en IMPALERS, dix ans se sont écoulés, transformant leur parcours en voie pavée de sorties chamarrées, dont deux LP conséquents, Power Behind The Throne en 2013 et God From The Machine deux ans plus tard.

Ils l’admettent eux-mêmes, leurs racines sont à chercher du côté de la Ruhr, dans ce Thrash germain si peu empathique et fin. D’ailleurs, ils ne prennent même pas soin de préciser quels groupes locaux les ont le plus influencés, puisque le mouvement Européen en général semble avoir été leur bona fide personnelle depuis leurs origines. Alors n’hésitons pas à citer pour eux les sempiternels SODOM, KREATOR, DESTRUCTION, LIVING DEATH, DEATHROW et toute la clique des métallurgistes rapides Allemands, mais surtout, les PROTECTOR, dont le Thrash violent et virulent semble avoir eu le plus d’impact sur nos amis Danois. D’ailleurs, le fait que les barbares germains responsables de Misanthropy et Urm The Mad aient fini leur carrière du côté de la Suède n’est peut-être pas étranger à cet état de fait…

Mais attention, puisqu’il faut bien vous prévenir, attaquer les quatre cavaliers d’IMPALERS de front via Styx Demon : The Master Of Death n’est sans doute pas la meilleure idée qui soit. Loin d’être un maxi digital standard, il représente plus une récréation en attendant le prochain long qu’un véritable effort de création. On y trouve en effet qu’un seul inédit, le très méchant « Megalodon », dont le Thrash vicieux fait directement référence à cette espèce éteinte de requins préhistoriques de taille et agressivité très respectable.

Très bon morceau au demeurant, et relativement symptomatique de la démarche sans relâche des Danois qui comme ils l’avouent eux-mêmes pratiquent un Thrash « sans prise de tête », permettant à tout bon thrasheur qui se respecte de headbanger comme il se doit, soit, comme un damné. Production compacte et typique, rythmique qui cavale bon train dans un style germain bien bourrin, riffs saccadés et supersoniques dans la droite lignée des PROTECTOR, comme je le disais, autrement dit, une affaire qui tourne rond, sans chercher le thème le plus long.

En cadeau, le précédent single « Styx Demon », calqué sur la ligne impartie du parti DESTRUCTION, avec ses guitares circulaires et son chant à la Don Doty des DARK ANGEL. Mélodie, riffs méchamment sertis, et beat soutenu pour une charge bien velue, digne des meilleurs moments du Thrash Allemand des 80’s.

Deux surprises vous attendent sur ce format court, sous la forme de deux covers, l’une et l’autre assez étonnantes, quoique pas tant que ça…

La première se souvient de la fascination de METALLICA pour les MISFITS, et reprend le même principe en s’accaparant le «Death Comes Ripping » de l’ex-bande à Glenn Danzig, de façon plutôt convaincante d’ailleurs. En accommodant le morceau à une ambiance Thrash bien costaud, la reprise est d’hommage mais pas dommage, puisque l’énergie qui s’en dégage est assez convaincante, sans même parler du chant qui singe les intonations morrissoniennes de Glenn avec flair.

Deuxième petite attention, une appropriation de l’incunable « Prowler » d’IRON MAIDEN, dans une version hyper respectueuse, qui reprend à la lettre le style des Anglais, et encore une fois, avec l’élégance d’un chant de caméléon qui nous surprend de sa fidélité envers Paul Di’Anno.

Guitares à la tierce, mélodie et basse unies, c’est une belle démonstration de style qui permet à cet EP de prendre de la valeur, en osant une des meilleurs covers de la vierge de fer. Oui, les thrasheurs connaissent leurs classiques et les restituent avec délice, le nôtre bien sûr, mais le leur aussi tant leur joie de jouer se fait largement sentir.

En somme, une petite parenthèse qui vaut largement le coup d’être téléchargée sur le site du label, en attendant d’avoir plus consistant à se mettre sous la dent.

Mais pour le moment, sachez vous aussi apprécier cet EP mi-figue originale mi-raisin dominical, qui vous offre un autre visage des IMPALERS, plus nuancé que d’habitude.


Titres de l'album:

  1. Megalodon
  2. Styx Demon
  3. Death Comes Ripping
  4. Prowler

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par mortne2001 le 08/04/2017 à 14:49
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