Là, je pense que les choses sont claires. Les gus sont trois, posent hilares la canette de bière à la main à côté d’une poubelle, arborent des moustaches et des t-shirts de VOÏVOD et MUNICIPAL WASTE, viennent d’Allemagne, et jouent un Speed Thrash des plus accrocheurs. Je pourrais même m’arrêter là, puisque je pense que vous avez en votre possession intellectuelle tous les éléments pour juger de ce premier album qui ne cache en rien son jeu. Je pourrais à la rigueur dire que le monsieur chevelu du milieu ressemble à une version Thrash de Geddy Lee, et que finalement, les germains restent les rois d’un style qu’ils ont eux-mêmes inventé. Alors, on énumère, DESTRUCTION, LIVING DEATH, et puis voilà, vous avez la quintessence, alors pourquoi perdre du temps avec une chronique de deux pages quand quelques lignes suffisent à se mettre au parfum ? Parce que la musique de ces marsouins mérite quand même plus qu’un pauvre paragraphe de feignasse. Pourtant, aucune déstabilisation dans leur entreprise de quasi démolition, juste des riffs qui tournent comme les premiers vinyles du cru sur une platine fatiguée, une bonne humeur contagieuse, et des hymnes à la pelle à bière qu’on ingurgite moussus, mais savoureux et qui laissent repus.

Ça vous va, je peux aller faire ma gym ? Non, toujours insuffisant ? Ok, je vous en mets un peu plus, parce qu’il y a forcément du rab’.

Les PSYCHO MANIA viennent de Buchloe, ont publié un EP/Démo en 2016, et se sont directement plongé dans le grand bain du LP un an après. Subliminal Brainwash, leur premier grand œuvre se cache donc sous une des pochettes les plus moches de ces dernières années (mais ça aussi, ça fait vintage, même si celles de l’époque étaient quand même mieux dessinées…), mais à vrai dire, on finit quand même par la trouver sympathique malgré son trait grossier, puisqu’elle se veut l’aveu d’une musique beaucoup moins simpliste qu’il n’y paraît.

En concédant sur leur page Facebook un amour immodéré pour le Speed/Thrash old-school, les PSYCHO MANIA jouent franc jeu, et admettent d’évidentes accointances avec les cadors de leur enfance, les DESTRUCTION des premiers albums, mais aussi des références plus modernes, dont celle de MUNICIPAL WASTE, dans une version/adaptation somme toute beaucoup plus modérée. Pas question ici de jouer les tarés débridés incapables de freiner, le trio préfère progresser, à son rythme, et parfois faire preuve d’une délicieuse audace qui leur permet de friser des durées déraisonnés, à l’occasion d’une poignée de morceaux vraiment bétons. Si l’on pense parfois à une version très personnelle de VENOM mâtinée d’un MOTORHEAD allumé (« Maimed Humanity », qui ose la redondance d’un Heavy vraiment gras mais accrocheur), ou plus globalement, à des allusions plus ou moins directes aux WARFARE et ARTILLERY (le côté technique en moins), les trois acolytes disposent quand même d’arguments très personnels qui leur permettent de noyer le poisson Speed dans un Heavy/Thrash que l’on prise (« Crysis », basse en avant à la OVERKILL pour un Crossover très malin aux soli très fins).

Du bon donc, mais surtout, de la variété qui évite de se prendre les pieds dans le tapis mal déroulé. Bons musiciens, Flo Fait (guitare/chant), Maik Teschner (basse) et Tom Dworsky (batterie), sont aussi de redoutables compositeurs qui n’ont pas oublié les plans accrocheurs près du pack de Lager, et nous troussent des trucs qui fonctionnent au premier comme à douze degrés (« Fear » et son intro venteuse de rigueur, qui dégénère en fête municipale de riffs en fondue infernale, se crashant sur un refrain qui ne détonne pas dans le paysage musical germain). Trivial, mais non dénué d’ambition, ce premier album est aussi frais et instinctif que réfléchi et intuitif, et collectionne les figures imposées pour les adapter à ses propres devises. On tourne et vire entre la tradition et l’allant contemporain de raison, pour un délire professionnel qui valide les idées et capitalise sur l’énergie. Loin d’être bas du front, nos amis à la pochette hideuse s’avèrent beaucoup plus malins sur sillons que sur cliché promo, et prennent le temps d’imposer leur marché, nous mettant les arguments en main pour qu’on puisse les soupeser.

Ceci et cela nous donne des morceaux de bravoure bien tassés, comme ce cavalant « Take A Walk » qui profite encore d’une basse qui sait s’affirmer pour aller à bonne allure retrouver les légendes du Speed qui durent. Plus carrés que la bande à Schmier dans ses primes années, plus solides que VENOM ne l’a jamais été, les trublions du Thrash cajolé n’hésitent pas à en rajouter à l’occasion d’un final salement développé, qui vient fricoter avec les sept minutes bien pesées.

« Awkward Assembly », le titre en question fait montre d’une indéniable ambition, même si les passages les plus fragiles pâtissent de quelques faiblesses de production. La guitare en solo semble implorer un traitement plus clément, mais heureusement, la basse vient combler certains manquements, tandis que le kit fait ce qu’il peut pour boucher les blancs. Mais en version augmentée, PSYCHO MANIA ne manque pas d’ingéniosité, au point de rappeler nos DEATH ANGEL tant aimés, ceux qui sur The Ultra Violence n’hésitaient pas à jouer la montre sans lasser. Les riffs s’empilent mais jamais ne rempilent, le chant devient plus véhément, et l’énergie globale bénéficie d’un surplus de watts pour résumer une entreprise qui évite toute méprise en n’opposant que des arguments de premier choix aux chalands.

Du Heavy Speed donc, mais le meilleur, un peu artisanal et chargé en beurre, mais qui délecte les oreilles de son empreinte vintage pas trop poussée pour ne pas lasser.

Et malgré cette vilaine pochette qui fera peur même à ceux qui ont connu la terreur des graphismes des eighties massacreurs de pinceaux, Subliminal Brainwash n’est rien de moins qu’une solide affaire de passion tout sauf bateau, qui nous laisse augurer d’un futur loin d’être idiot. Révérencieux, mais irrespectueux, marrants mais sérieux, les allemands sonnent donc la retraite aux flambeaux, et sans se prendre pour Rambo, nous assomment d’une musique au trait beaucoup moins pataud qu’un live de RUNNING WILD capté sur un chariot. Vous voyez bien que quelques lignes ne suffisaient point…


Titres de l'album:

  1. Psychomaniac
  2. Bruning Down
  3. Subliminal Brainwash
  4. Maimed Humanity
  5. Crysis
  6. Fear
  7. Take A Walk
  8. Awkward Assembly

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 09/09/2017 à 14:52
72 %    73

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Pink Mass

Necrosexual

Eyestral

Beyond

Virgil

Initium

Watchcries

Wraith

Midnight

Sweet Death and Ecstasy

Blood Freak

Total Destruction Of The Human Form

Veilside

Eclipse

Full Of Hell, The Body

Ascending a Mountain of Heavy Light

Feast!

Feast!

The Erkonauts

I Shall Forgive

War Possession

Doomed To Chaos

Sweet

Unified

Corpsia

Genocides in the Name of God

Baneful Storm

Invocations

Boycott

The Mighty

Naeramarth

The Innumerable Stars

Nephren-ka

La Grande Guerre De L'Epice

Warcall

Invaders

Ailafar

Heartbeat

Savage Annihilation + Nephren-Ka + Geniteur + Inseminate Degeneracy

Jus de cadavre / 21/11/2017
Brutal Death Metal

Interview de l'asso La Vonologie

Jus de cadavre / 17/11/2017
Festival

Lezard'Os Metalfest 2017

Simony / 13/11/2017
Post Hardcore

Concert Metal

Simony / 07/11/2017
Djent

Concerts à 7 jours

+ Solstafir + Myrkur

21/11 : Antipode, Rennes (35)

Stolen Memories + Black Widow's Project + Mother And Pearl

24/11 : Warm Audio, Decines-charpieu (69)

Seeds Of Mary

24/11 : Espace El Doggo, Limoges (87)

Dying Hope + Desperhate

25/11 : Alex's Tavern, Rennes (35)

Volker + Adx + Lurking

25/11 : Espace René Fallet, Crosne (91)

Solstafir

26/11 : Jas'rod, Pennes Mirabeau (13)

Photo Stream

Derniers coms

belle affiche , les bretons sont veinards, félicitations


Ben pour beaucoup, BEHEMOTH c'est le groupe froid et clinique de The Apostasy par exemple alors que pour d'autres c'est aussi un groupe de Black comme il l'était à ses débuts. Dans le cas de VIRGIL l'influence est clairement dans le chant mais aussi certaines parties de guitare.
Mais je sui(...)


Même si le style n'est pas pour moi, ça tient la route. C'est fou en tout cas le nombre de groupe de deathcore qui cite BEHEMOTH comme grande influence... Ça donne du crédit auprès des metalleux de base ? :D


Ouais, balèze cette annonce ! Pour une première "vraie" édition fallait oser !


Belle affiche pour ce festival, Manilla Road fait partie des groupes que j'aimerai bien voir une fois quand même !