The Agony of Affliction

Leaving Eden

16/08/2019

Dark Star Records

Vous savez un peu comment ça fonctionne, lorsqu’on chronique autant d’albums, on n’attend pas forcément que les labels vous donnent la béquée. Je pourrais éventuellement me cantonner aux mails que je reçois, mais je préfère aller à la cueillette moi-même de quoi trouver ma pitance, et arpenter les vergers musicaux pour trouver une bonne pomme. Et en me promenant du côté de Boston, ou plutôt d’un site listant dans ses colonnes un groupe de Boston, je suis tombé sur ce fruit étrange, d’un rouge flamboyant, pas forcément alléchant, mais qui m’intriguait…Et pour faire fi des métaphores et autres images un peu foireuses, autant dire que j’y suis allé au culot en glissant cet album de LEAVING EDEN dans mes oreilles…Et pour de bonnes raisons, car avec une pochette aussi vilaine, et un titre aussi évident que « The Agony of Affliction » en lecture aléatoire, il y avait de quoi craindre pour mon intégrité artistique…Persuadé d’être tombé sur un énième combo alternatif au charme aussi évident qu’un pack de yaourts en promo, j’abordais l’écoute de ce que je pensais être un premier album anonyme l’esprit légèrement absent, avant de me rendre compte que le groupe en question avait beaucoup plus de qualités que ce morceau et cette pochette ne le laissaient supposer. Première erreur, The Agony of Affliction n’est pas un premier album, et loin de là. Ce groupe en est en fait à son septième longue durée, produisant effectivement depuis 2011 et la sortie de Tied & Bound, et n’ayant jamais connu de période de disette. Depuis, Between Heaven and Hell en 2012, Welcome to my World en 2014, Pinnacle en 2016, Out of the Ashes en 2017, Descending en 2018, soir un album par an ces dernières années, ce qui en dit long sur la productivité. Mais la productivité de qui au juste ? Principalement d’un musicien/compositeur/réalisateur se cachant derrière ce jardin d’Eden abandonné pour une terre moins stérile et surveillée…

LEAVING EDEN c’est d’abord un esprit créatif, Eric Gynan à la guitare, basse et chant, secondé par Ryan PM à la batterie, aux synthés et à la programmation, plus la jolie Eve au chant. Accompagnés la plupart du temps, du moins depuis un moment par Alyssa Bailey White aux claviers et Adam Bohlen à la basse, ces trois musiciens se livrent donc à l’exercice périlleux de la pluralité artistique, mélangeant allègrement les genres, mais savourant surtout une vie passée sur la route, pour de nombreux concerts, leur ayant permis d’acquérir une réputation live enviable, et surtout, d’ouvrir pour des artistes de la trempe de LACUNA COIL, IN THIS MOMENT, BLACK SABBATH, RONNIE JAMES DIO, ROB ZOMBIE, 5 FINGER DEATH PUNCH, DISTURBED, MARYLYN MANSON, ALICE COOPER, LYNYRD SKYNYRD, ZZ TOP, PUDDLE OF MUDD, KORN, KILLSWITCH ENGAGE, BUCKCHERRY, BIG BROTHER AND THE HOLDING COMPANY, COUNTRY JOE, 10 YEARS AFTER et de nombreux autres aussi prestigieux, lors de festivals et gigs en Angleterre, aux USA et au Canada. C’est donc à un groupe largement établi auquel nous avons affaire, mais un groupe qui n’a pas oublié l’enthousiasme de ses premières années, ce que ce septième album studio prouve de ses chansons variées et séduisantes, qui titillent autant la fibre du Post Grunge que le cabaret, tout en gardant une assise de Rock alternatif savoureux et tout sauf prévisible. La surprise, voilà le moteur majeur de cette réalisation, qui multiplie les ambiances, les atmosphères, tout en gardant en vue la cohésion et la qualité. C’est ainsi que dix chansons, des vraies, nous sont proposées, toutes possédant une identité propre, et cachant un concept pour le moins surprenant, qui nous est révélé par Eric Gynan lui-même…

Car plus qu’un simple LP de plus à ajouter à la discographie, The Agony of Affliction est aussi la bande son d’une comédie long-métrage, The Nitwit, dont Eric a jeté les bases du scenario dans l’Iowa, avec Ray Van Blarcom et Matt Moody, membres de l’équipe de production d’un tournage, autour d’un verre de scotch. Les deux hommes trouvant l’histoire assez cocasse, ils ont décidé de se lancer avec Eric dans la réalisation, Matt Moody devenant même l’acteur principal de cette comédie, sous la direction d’Eric, qui ayant déjà dirigé bon nombre de clips trouva la transition assez facile. Sans savoir si nous pourrons un jour voir ce film dans nos contrées (mais le teaser est disponible par ici : https://youtu.be/Z9EoPgXgf6k), nous pouvons au moins en apprécier la B.O en écoutant cet album, qui lui aussi réserve son lot de figures surprenantes. Débutant sous des auspices assez classiques, avec une entame NU qui rappelle une version assez cool de la vague des LINKIN PARK, sans les automatismes millimétrés assez flagrants (« Pacing Dogs »), mais qui s’avère en fait être une introduction Hard-Pop alternative du meilleur goût, The Agony of Affliction  place dès ses premiers instants ses auspices sous ceux de la découverte amusée, puis du plaisir savouré. Avec une chanteuse au timbre versatile et à la voix délicieusement acidulée, souvent secondée par Eric au chant masculin, cet album détonne clairement dans la production aseptisée actuelle, et nous charme de son côté bricolé, avec sa production pas forcément immaculée, et son envie d’essayer autre chose qu’une poignée de chansons formatées pour fonctionner sur scène. Le travail de guitare est assez notable, mais ce sont ces changements d’humeur qui fascinent, puisque « The Agony of Affliction » durcit le ton pour imposer un énorme riff Post Grunge, et signer un tube radiophonique tout à fait délicieux. « The Man I Want to Be » continue d’explorer l’héritage laissé par les nineties et le retour à la réalité Rock, avec son lick redondant et sa dualité vocale, se rapprochant des ALICE IN CHAINS et autres STONE TEMPLE PILOTS, mais alors qu’on pensait suivre le fil rouge avec aisance, une reprise totalement incongrue de la scie circulaire « Take On Me » des suédois d’A-HA nous cueille à froid pour nous avertir que rien ne va vraiment être logique…

Cette reprise d’ailleurs, très fidèle à l’originale est assez plaisante à l’oreille, avec sa grosse guitare se substituant aux synthés dégoulinant, mais elle n’est qu’une petite récréation au milieu des cours de compositions plus personnelles. Et « Shame Disgrace » d’imposer un groove assez pataud, décalé comme un show de French can-can en plein concert des DIABLO SWING ORCHESTRA, tandis que « Deep » impose un peu d’émotion seventies dans les débats agités. Et entre couplets rugueux et refrains plus fédérateurs, accès de sensibilité et groove hypnotique, le groupe parvient à nous embarquer dans son délire, modestement mais effectivement, et entre la Pop-Rock ouverte de « Wicked Mind » et le chaloupé de crooner un peu sombre du final « The Shadows of Darkness », ce septième album studio fait figure de bouffée d’air frais dans un univers vicié, sans viser la perfection (qu’il n’atteint évidemment pas), mais en proposant une approche différente et assez délicate. Comme quoi, une pochette plus que ratée et une discographie encore trop discrète dans nos contrées n’empêchent pas le talent d’éclater un jour, pour peu qu’on prenne le temps d’aller au-delà des apparences…

 

Titres de l’album :

                         01. Pacing Dogs

                         02. The Agony of Affliction

                         03. The Man I Want to Be

                         04. Take on Me

                         05. Shame Disgrace

                         06. Deep

                         07. Wicked Mind

                         08. Pothead

                         09. Take Me out of Here

                         10. The Shadows of Darkness

Site officiel

Facebook officiel


par mortne2001 le 02/11/2019 à 18:40
75 %    340

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Fear Factory + Misery Index 2006

RBD 28/10/2020

Live Report

Antibody

mortne2001 19/10/2020

From the past

Les archives de la Mort 1984 - 1994

grinder92 14/10/2020

Livres

Livre TAPE DEALER / Chronique par David Martin

Jus de cadavre 11/10/2020

Vidéos

W.A.S.P, Bataclan 2012

grinder92 09/10/2020

Live Report

Demanufacture

Baxter 06/10/2020

From the past

Hanger Abortion

RBD 30/09/2020

Live Report

Night Of The Masks

Simony 26/09/2020

Live Report
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Baxter

Janvier étrangement ça encore le flop hélas. Tant que ce virus persiste dans la civilisation et sans un moyen miracle, hélas concert et autres ça sera encore pas avant quelques temps. 

28/10/2020, 22:30

Kerry King

En meme temps que le nouveau Soulburn, ah ah.Et Soulburn c'est comme Asphyx mais penchant vers le Black, double ration ! 

28/10/2020, 19:06

Humungus

AAAAAAHHH !!! !!! !!!En voilà une bonne news !!!

28/10/2020, 15:34

NecroKosmos

Oui, là aussi, groupe sous-estimé à l'époque. Trop violent pour les fans d'HELLOWEEN et trop soft pour les fans de KREATOR (comme RAGE, par exemple). Dommage car LIVING DEATH avait une empreinte qui lui était propre. Personnellement, j'adore surto(...)

28/10/2020, 09:50

NecroKosmos

Groupe original, totalement sous-estimé. Achat indispensable.

28/10/2020, 09:43

NecroKosmos

Groupe chiant. Jamais compris l'intérêt qu'on pouvait y porter.

28/10/2020, 09:42

Humungus

Jamais réellement accroché à ce groupe qui pour moi ne propose jamais rien d'innovant ni même d'un tant soit peu accrocheur...Idem donc à l'écoute de cet album.PS : mortne2001 enculé !

27/10/2020, 20:29

Jus de cadavre

Pas encore écouté attentivement, mais ça me semble très bon en effet !

27/10/2020, 18:12

Simony

Voilà qui confirme quand même que 2021 va être très compliquée pour les acteurs du monde artistique, tout art confondu, et de la culture. 

27/10/2020, 13:14

Humungus

Mouuuuuuuh que c'est bon ça !Riffs binaires... Voix de porcasse...J'achète !!!

27/10/2020, 09:37

Humungus

Leur meilleure galette effectivement.

27/10/2020, 09:22

Humungus

Malgré le Covid, cela bouge encore foutrement de la guibole à l'EHPAD !

27/10/2020, 09:21

Hipparion33

Fan de metal depuis les années 80 , je suis tombé semaine dernière dans un magasin Cash sur cet album en vinyl . Je ne connaissais absolument pas et je me suis dit " tiens un album de heavy , je prends".Arrivé chez moi , direct dans la platine. Quelle (...)

26/10/2020, 17:57

Simony

Après maintes écoutes de la bête, franchement pas déçu. C'est du pur FUNERAL ORCHESTRA ! Dans le genre glauque, sombre et franchement abyssal, difficilement égalable ces mecs là.

26/10/2020, 17:22

Raumsog

Ah on les voit les anciens crevards de VS!   

26/10/2020, 10:13

Betrayed

Je ne savais pas que ça existait encore ce truc.Souvenirs de VS...   

25/10/2020, 09:26

KaneIsBack

Haha, Shaka écrit des news ici, maintenant ?   

24/10/2020, 17:03

Solo Necrozis

Pas de nibards mis en évidence. Voilà, je fais gagner du temps à certains.

24/10/2020, 11:40

Humungus

Ca sonne effectivement à mort CANNIBOUL.Très bon donc.Pis j'adore cette pochette.

23/10/2020, 19:51

Saddam Mustaine

Il y a 8 mois il n'y avait de pandémie, et tout le monde s'en foutait les stades étaient pleins comme les concerts...Donc dans 8 mois impossible a dire, et les plus pessimistes ne vous laissez pas décourager par la dictature sanitaire de ce pauvre monde de fo(...)

23/10/2020, 19:41