The Barrier

May The Force Be With You

05/12/2019

Autoproduction

Début 2020, amusez-vous à chercher des informations sur un groupe qui s’appelle MAY THE FORCE BE WITH YOU, je vous laisse deviner sur quels résultats vous tombez…Merci la franchise Star Wars de me pourrir la vie en ce début d’année, surtout que le groupe en question n’est pas du genre disert quand il s’agit de se dévoiler. Alors on fouille, parce que ça en vaut la peine, on finit par dégoter une page Facebook, et même un label, sauf que le dit label est inactif depuis…au moins 2012 si j’en juge son site. Côté sites référentiels, pas plus d’aide, puisque même la bible Discogs ne recense rien à propos du combo après 2011…Alors les MAY THE FORCE BE WITH YOU, on aime la discrétion et l’ombre ? Dommage, parce que l’intensité dégagée par votre musique mériterait beaucoup plus d’exposition qu’un simple lien Spotify lâché en news pas forcément voyante sur votre page. En faisant un bilan succinct, j’ai cru comprendre quelques trucs quand même que je m’empresse de vous refiler. Le groupe nous en vient donc de Selm, ville allemande de l'arrondissement d'Unna en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, s’est visiblement formé en 2005, n’a pas patienté longtemps avant de se faire remarquer discographiquement en lâchant un split avec les JASON en 2006, avant de voler de ses propres ailes l’année suivante avec le EP Discometal Youth. Quatre ans plus tard, c’est enfin le premier long qui trouve le chemin du marché, et The Flood de représenter la dernière trace de vie du combo qui a ensuite plus ou moins disparu des écrans radar. Et c’est ce long silence et l’absence d’informations qui rendent le traitement de The Barrier assez difficile, puisque si les allemands ont longtemps été hébergés par le label Horror Business Records, ils semblent aujourd’hui en totale autoproduction, et seule leur page Facebook atteste encore de leur existence.

Dommage, mais peut-être n’ai-je pas assez fouillé dans les arcanes de la toile. Nonobstant ce manque de pistes, ce second longue-durée (du moins si l’on en croit le net, pas toujours super fiable) est d’une solidité exemplaire, et une sorte de parangon à lui seul. Le parangon d’une théorie de métissage, puisque sous des atours purement Hardcore se cache l’un des efforts les plus pluriels de 2019. Le quintet (Théo - chant, Dave & U - guitares, Malte - basse et Chris - batterie, encore une fois sous réserve de changements non indiqués) prône donc des valeurs de violence et d’efficacité, mais sans pour autant tomber dans les travers du Metallic Hardcore moderne qui ne jure que par la brutalité et l’immédiateté. On trouve dans la musique des allemands de sévères traces de mélodie, ce qui leur permet même parfois de se rapprocher de la scène Core suédoise, avec toujours en emphase cette lourdeur héritée des combos américains. L’exemple le plus frappant en reste « Draggin` On », qui oppose un refrain purement alternatif et des couplets d’une virilité impressionnante. Ce qui l’est aussi, c’est la production, vraiment énorme et servant à merveille ce cocktail de nuances plus prononcé qu’il n’y paraît. Les débats étaient pourtant entamés de la manière la plus véhémente possible, avec en ouverture un tonitruant « Warm Blood, Cold Hands », qui après une lourde intro presque néo-Death s’écarte du droit chemin pour s’aventurer en terre southern et NOLA, offrant ainsi une évolution très intelligente et symptomatique d’une démarche pas si raide qu’à l’ordinaire.

Chant grave et rauque, doublé lui aussi, pour des riffs d’une épaisseur conséquente, des réflexes Metalcore et Deathcore, light pour ne pas gâcher, et la machine avance à bon rythme, mettant parfois en avant une basse claquante et brillante, pour aérer un peu cette atmosphère oppressante et gluante. Sans se montrer révolutionnaires, les MAY THE FORCE BE WITH YOU s’appuient sur une longue expérience pour composer des morceaux accrocheurs et volontaires, la plupart du temps bien Heavy (« Days On The Prowl »). C’est bien sûr une démonstration de force classique, en exact rapport avec le nom de baptême choisi, mais il y a de la finesse là-dedans et surtout, beaucoup d’intelligence, pour faire sonner des morceaux purement Hardcore comme des hymnes modernes subtilement Néo. Loin de la baston de rue, The Barrier respecte le codes du Hardcore tout en les agrémentant de variations moins figées, sans laisser la violence et la vitesse au placard. L’alternance entre les morceaux construits et les saillies plus immédiates est fameuse, et des brûlots de la trempe de « Scraped Knees » font montre d’un instinct belliqueux, comme une revanche qu’on prend sur un destin trop capricieux. Aussi efficaces et convaincants en mid qu’en up, les allemands proposent une collection de riffs assez conséquente, et nous chatouillent les tympans pour nous transporter en terre du milieu, entre Berlin la nuit et New York au petit matin (« Hourglass »). Certes, les automatismes sont parfois un peu flagrant, comme ce désir de casser la vilénie ambiante avec de discrètes harmonies, mais avec une section rythmique inventive et solide, et une paire de guitaristes qui ne parlent pas pour ne rien dire, le quintet ose, fracasse, ramasse, et nous éclate d’une furie à toute épreuve (« The Rain », plutôt acide la pluie quand même), pour mieux nous laisser sur une image contrastée (« Dm-Youth Is Dead », aussi Core que Metal, les deux, mais lourd et poisseux quand même).

Trente-trois minutes pour un tir de barrage savamment dosé, des parpaings lancés à la volée (« Foul Mouth »), et un album qui rompt enfin avec ce long silence pas forcément justifié. MAY THE FORCE BE WITH YOU mérite donc amplement toute exposition dont ils pourraient bénéficier, et The Barrier est le genre de manifeste dont le groupe a besoin pour se faire remarquer. Alors propagez la bonne parole, et mangez-vous ce vilain pain dans la tronche. Son écoute est toujours plus enrichissante que la vision d’une énième suite d’une saga qui s’est essoufflée depuis trop longtemps. Et inutile de leur souhaiter. La force est déjà avec eux.       

                   

Titres de l’album :

                             01 - Warm Blood, Cold Hands

                             02 - Days On The Prowl

                             03 - Scraped Knees

                             04 - Hourglass

                             05 - The Longest Final Line

                             06 - Splint!

                             07 - Draggin` On

                             08 - The Rain

                             09 - Withered

                             10 - Foul Mouth

                             11 - Dm-Youth Is Dead

Facebook officiel


par mortne2001 le 26/04/2020 à 14:57
85 %    512

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Fange + Pilori + Skullstorm

RBD 25/10/2021

Live Report

Voyage au centre de la scène : SUPURATION

Jus de cadavre 17/10/2021

Vidéos

Déluge + Dvne

RBD 29/09/2021

Live Report

Blood Sugar Sex Magik

mortne2001 25/09/2021

From the past

Benighted + Shaârghot + Svart Crown

RBD 22/09/2021

Live Report

Use Your Illusion I & II

mortne2001 18/09/2021

From the past

Witchfuck : le contre-pouvoir en Pologne

Simony 14/09/2021

Interview

Voyage au centre de la scène : CATACOMB

Jus de cadavre 29/08/2021

Vidéos
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
LeMoustre

Clair que c'est pas leur point fort, les pochettes, la dernière étant particulièrement moche. A part celle du premier album, et à la limite Anomaly, par son côté épuré, beaucoup de mauvais choix, c'est vrai.Par contre la musi(...)

25/10/2021, 10:58

LeMoustre

Excellent disque, en effet

25/10/2021, 10:55

Humungus

"Imago" une pochette à sauver ?!?!Tous les goûts sont dans la nature, mais là tout de même... Le vieux "papillon-visage" digne d'apparaître sur une chemise all print vendu en foire du premier mai... ... ...Sincèrement, (...)

25/10/2021, 08:45

RBD

Colin Richardson est plus âgé. Sa première production Metal était si je ne me trompe l'EP de Napalm Death "Mentally Murdered" en 1989, et il avait déjà presque dix ans de carrière dans le Rock. La lassitude doit venir facilem(...)

24/10/2021, 23:46

Arioch91

Même pour la thune, Jeff Loomis ne devrait pas rester dans un groupe pareil, bordel !Avoir sorti des albums aussi classe du temps de Nevermore pour finir en second couteau chez Arch Enemy, putain la loose.C'est devenu un exécutant. Quel gâchis.

24/10/2021, 18:45

totoro

Super producteur effectivement, malheureusement passé de mode. C'est dommage. Un peu comme Colin Richardson, des mecs qui ont façonné le son d'une scène et qui tombent dans un oubli un peu ingrat. Même si les productions des deux ne vieillissent pas, je(...)

24/10/2021, 13:30

totoro

C'est assez vrai. "Room 7" avec lequel j'ai découvert le groupe est peut-être mon disque préféré de SUP, mais sa pochette est douloureusement ignoble. Quelques unes sont néanmoins à sauver, "Hegemony", "Angelus&quo(...)

24/10/2021, 13:26

totoro

C'est vrai que Loomis dans Arch Enemy, c'est un putain de gâchis... C'est doublement con car je suis persuadé que s'il participait à la composition, le groupe en sortirait grandi. Mais bon, c'est le truc de Mike Amott qui préfère resservi(...)

24/10/2021, 13:18

RBD

Fredrik Nordstöm est surtout connu pour avoir produit toute la scène mélodique suédoise en ordre de marche mais aussi collaboré avec de gros groupes de styles plus ou moins voisins comme Dimmu, Opeth, Old Man's Child, Septic Flesh, Powerwolf, Architects... m&(...)

24/10/2021, 13:17

totoro

Quel sacré bon disque !!! Je suis tombé dessus par hasard, je ne savais pas que le groupe existait encore. Je suis passé directement de "The Stench Of The Swelling" avec Arno Strobl à celui-ci et me suis pris une énorme claque. L'électro Sy(...)

24/10/2021, 13:10

Simony

@Humungus / @Bones vous avez mis le doigt sur ce qui m'a freiné à succomber à ce groupe pendant de très nombreuses années. A chaque fois que j'entendais un titre, je me disais "Allez cet album, c'est l'occasion de découvrir" (...)

24/10/2021, 11:01

Bones

@ Humungus : Mais complètement ! à l'époque de la sortie d'Anomaly, je faisais du fanzinat dans un projet mort-né. J'ai reçu un exemplaire promo du digi : hallucination devant la nullité absolue de la pochette. Clairement il y a(...)

23/10/2021, 23:35

Humungus

Tracasses RBD !Moi vivant, ils ne tomberont pas dans l'oubli !Pour tout ce que tu viens d'évoquer...PS : Seul bémol à SUPURATION et SUP : La quasi totalité de leurs pochettes !

23/10/2021, 21:39

RBD

Merci car je connaissais très mal les débuts de Supuration (à part que S. Buriez leur avait donné un coup de main). C'est l'un des premiers groupes de Death que j'ai vu, c'était l'un des plus originaux avec son univers particulier. S&apo(...)

23/10/2021, 20:50

Medrawt

En concert avec Konvent le 19 avril à Paris. Ca va être un bon moyen de découvrir le groupe. j'aime plutôt bien les 3 titres proposés en écoute.

23/10/2021, 18:36

Baltringue

@seb : des sous

23/10/2021, 14:20

Bones

Pour moi, dès que Johan Liiva s'est barré, c'était déjà une affaire terminée ce groupe.

23/10/2021, 14:08

Kairos

original le clip quant même... le groupe qui joue seul dans un hangar, du jamais vu!

23/10/2021, 11:55

Seb

putain mais qu'est ce que Jeff Loomis fait dans ce groupe ...

22/10/2021, 19:25

Invité

Un titre bien trouvé, ça fait longtemps que ce groupe est décevant...

22/10/2021, 17:52