Le Thrash italien des années 80 n’a jamais fait dans la dentelle ouvragée, qu’elle fut de Calais ou de Douvres. Entre un BULLDOZER paillard et peu à cheval sur les principes de solfège, des NECRODEATH un peu plus fins mais pas moins bourrins, et…c’est à peu près tout, pas de quoi pavoiser ni faire trembler les illustres modèles germain et ricain. Depuis, heureusement, les choses se sont arrangées, et l’Italie fait aujourd’hui office de pourvoyeur majeur de combos avant-gardistes, Black Metal, et toute autre extension qu’ils maîtrisent beaucoup mieux que leurs aînés. Seulement, à l’instar de la scène brésilienne, il subsiste encore quelques ardents défenseurs d’un Metal moins timoré, moins peaufiné, et entièrement voué à la célébration d’un passé que nul ne semble avoir envie d’enterrer. Et vous pouvez compter sur des labels underground de la trempe de Hells Headbangers pour ne pas les ignorer, et au contraire, pour les mettre en avant avec force métaphores et autres qualificatifs enjôleurs. C’est ainsi que cette estimée maison de disques m’a mis au défi de chroniquer le quatrième album des terrifiants BARBARIAN, qui se veulent plus ou moins l’équivalent musical occulte des personnages de fiction que l’on a connu dans les années 80 (si, souvenez-vous, les jumeaux champions de la gonflette Peter et David Paul, et « mis en scène » par le cannibale Ruggero Deodato, produit par la Cannon. Ça marque ça non ?), et qui sont à peu près aussi nostalgiques qu’un éconduit pleurant son amour perdu. Sauf que leur amour à eux ne l’est pas, et qu’il est resté coincé en 1984, ce que précise avec beaucoup de fermeté leur biographie Facebook. Ok, je ne suis pas contre, mais les choses se gâtent lorsqu’on parcourt les éléments promotionnels fournis, puisque cette bande de barbares s’apparenterait à un mélange complètement fou des premiers RUNNING WILD et MANOWAR, le tout agrémenté d’une grosse louche de CELTIC FROST, et joué à la VENOM.

Logiquement intrigué par ce mélange aux allures de cocktail imbuvable, l’auditeur éventuel se demandera quand même et très justement ce qui l’attend, avant de découvrir hébété qu’on ne lui a nullement menti…Et « Obtuse Metal » de résonner effectivement comme un inédit de la vague Heavy-Speed allemande du milieu des eighties, repris à son compte par le CELTIC FROST de Morbid Tales, pour le plus grand bonheur des adorateurs d’étrangetés approximatives et de crudité Metal servi bouillante sur un plateau d’acier. Il faut dire que ce trio de bestiaux (Borys Crossburn - Evocation of ancient riffs, shouts at the devil and record stores pillaging, Blackstuff - Bass of spades and brawls, Sledgehammer – Drummageddon, le tout laissé dans la langue de Shakespeare pour l’amour de la formule) a largement eu le temps de roder sa recette, puisque To No God Shall I Kneel est déjà leur seconde offrande longue-durée à leur nouveau label, après un Cult of the Empty Grave publié il y a déjà trois ans. La perfection dans la grossièreté pour résumer l’entreprise, et dix ans d’existence pour ces originaires de Florence, qui après un premier jet éponyme en 2011 et Faith Extinguisher en 2014 ont donc très judicieusement choisi le label le plus à même de défendre leur cause, qui ma foi paraît assez noble et juste à l’écoute de ce quatrième long, non exempt de défauts, mais assez bardé de qualités dans la variété.

Des qualités qui ne sautent pas forcément aux oreilles dès les premiers morceaux, malgré une intro bien troussée et diaboliquement pluvieuse, mais qui finissent par devenir une évidence une fois l’écoute achevée. Et si ce fameux « Obtuse Metal » vous entraîne sur la piste de HELLHAMMER et de CELTIC FROST, ne pensez pas pour autant être tombé sur un énième clone à la WARHAMMER, puisque c’est bien l’exception qui confirme la règle, et la seule étant de jouer le Metal tel qu’il fut conçu dans les sphères extrêmes de la première moitié des eighties. D’ailleurs, « Birth and Death of Rish'Ah », malgré son emphase grandiloquente, vous ramènera sur la bonne piste, celle de la première vague de Heavy/Speed/Thrash européenne, avec ses tierces héritées de la NWOBHM, ses couplets heurtés et scandés d’une voix caverneuse, soudainement adoucis par des accalmies mélodiques assez ingénieuses. Une grosse basse à la Lemmy pour compléter le tableau, un rythme un peu enlevé, et c’est « Hope Annihilator » qui prend le relais en moins de quatre minutes, pour nous ramener dans le giron rassurant du Heavy Metal le plus classique et syncopé. En trois titres, les italiens font montre d’une indéniable maîtrise dans l’éclectisme, rappelant tout autant VENOM que leurs grands frères de DEATH SS, avec ces arrangements lyriques sombres qui teintent le tout d’une patine gentiment ténébreuse. Sans jouer les as du volant, les trois instrumentistes ont largement les moyens de leurs arguments, et se satisfont de plans simples, mais accumulés, ce qui tendrait à les rapprocher d’une sorte de Heavy un peu épique sur les bords, mais pas prétentieux pour autant.

Et le tracklisting s’égrène, ne laissant aucune place à l’ennui, alternant les montées en puissance et les déroulés de vélocité, pour finalement, dépeindre un tableau assez fidèle des débuts de l’extrême tel que la génération 80 les a connus. Gros riffs bien gras que Rock N’Rolf ou Tom Warrior auraient pu pondre, rythmique percussive et persuasive, arrangements discrets mais malins, et sept morceaux seulement pour ne pas trop fatiguer dès le matin. Un timing bien vu, puisque la voix de Borys Crossburn, bien que méchamment velue reste assez monocorde, mais parfaite dans le contexte, ce que le final dantesque et quasi opératique de « To No God Shall I Kneel » confirme de son dramatisme. C’est bien sûr à ce moment-là que l’ombre de MANOWAR se fait la plus présente et pressante, lorsque les musiciens bombent le torse et bandent les muscles, et qu’ils jouent leur va-tout sur une marche guerrière que Joey et les siens pourraient adouber. Guitare toujours aussi corsée dans les médiums, distorsion à fond sur la basse, et coups de caisse claire mesurés mais affirmés, pour une dernière litanie Heavy à la lisière du Blackened Heavy, qui une fois encore célèbre l’héritage des DEATH SS et leur sens de l’emphase théâtrale. Avec en sus une production adaptée à ce genre de consommé, To No God Shall I Kneel permet aux BARBARIAN de nous offrir un quatrième album aussi relevé que diversifié, et d’incarner un versant de la vague old-school que l’on n’entend que trop rarement. Pas si grossiers que ça les italiens, et surtout, maîtres de leur sujet, pour une musique aux atours barbares, mais aux contours polis au blizzard.     

                     

Titres de l'album :

                            1.Obtuse Metal

                            2.Birth and Death of Rish'Ah

                            3.Hope Annihilator

                            4.Sheep Shall Obey

                            5.The Beast Is Unleashed

                            6.The Old Worship of Pain

                            7.To No God Shall I Kneel

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par mortne2001 le 07/07/2019 à 14:08
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"J'vous ai d'jà dit que j'prêtais d'l'argent à des taux pas dégueulasses ?"


La pochette, c'est un peu ce qui reste sous mon cerisier à une certaine période.


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Comme vous je vais me pencher sur cet album. Par contre je n'ai jamais bouder ke groupe lors de ses prestations live. Leur chanteur est un très puissant frontman


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En effet pas mal du tout dans le genre. Même si déjà entendu 1000 fois. Plus Grave que Grave !


Ca sent vraiment la fin du bal, là.


Le pire la dedans, c'est que tout le monde serait d'accord pour qu'il dise stop. Mais malgré son statut de star, ses thunes etc... Il ne sait faire qu'une chose, c'est chanter sur scène. Dans ce sens, la célébrité c'est moche. Ozzy est mort vive ozzy !


Excellente nouvelle ! Hâte de les voir à Toulouse avec Holt.