Attention, pas de méprise. Nous connaissions déjà les SUM 41, mais ces ALL 41-là n’ont rien à voir. Certes, ils sont aussi américains, aiment les mélodies, et certainement le soleil, mais ne jouent pas de Néo-Punk autour d’une piscine et ne font pas non plus de blagues potaches dans les vestiaires.

Il y a donc peu de chances qu’on les retrouve sur la BO d’un teen-movie à la mode, mais il y a fort à parier qu’ils s’intègreront fort bien à la playlist des amateurs de Hard-Rock léché et d’AOR caressé. D’ailleurs, c’est simple, leur premier album pourrait incarner l’archétype du disque parfait dans les deux domaines. Bien équilibré, interprété avec la sagesse de vieux briscards et la fougue de jeunes loups, et concis dans l’approche, puisque l’éventail de nuances est développé dès les quatre premiers morceaux. Difficile de faire plus franc et honnête, mais rien de surprenant de la part d’instrumentistes de ce calibre. Car comme toute sortie des usines Frontiers, World's Best Hope n’a pas été assemblé de pièces disparates par des inconnus sur une vulgaire chaîne de montage…

Serafino Perugino, président du label italien, est connu pour aimer les supergroupes. La plupart du temps, il attend dans son bureau qu’on lui apporte sur un plateau, et parfois, il les forme lui-même, en passant quelques coups de fil.

Mais attention, la bio des ALL 41 se veut très précise et pointilleuse. Le groupe n’a pas été imaginé le cigare à la bouche en Italie, mais bien les instruments en main du côté ricain de l’océan Atlantique.

Et un petit coup d’œil au casting permet de comprendre très vite pourquoi le niveau est si relevé…

Quatuor, ALL 41 s’articule autour de Terry Brock au chant (GIANT, STRANGEWAYS), Robert Berry à la basse (THREE, ALLIANCE), Gary Pihl à la guitare (BOSTON, Sammy HAGAR, ALLIANCE) et Matt Starr au kit (Ace FREHLEY, MR BIG). Quatre fortes personnalités, et quatre musiciens au background en or, pour une association placée sous l’égide d’un Hard-Rock mélodique, mais pas mielleux pour autant. D’ailleurs, Gary Pihl ne tarit pas d’éloge sur le projet dont il fait lui-même partie…

« Tout ça a commencé avec une démo assez brute de quelques très bonnes chansons, mais à chaque fois qu’une nouvelle mouture arrivait avec la participation de chacun, j’étais bluffé ! Nous amenons tous notre bagage de « classe » dans le groupe, et je n’en peux plus d’attendre de pouvoir jouer avec ces mecs ! Robert et moi, nous connaissons depuis un bail, et Terry et Matt sont les meilleurs dans leur domaine ! »

Certes, discours promotionnel oblige, le dithyrambe est de mise. On voit mal un des musiciens mettre à mal son ensemble avant même que l’album soit sorti, mais force est de reconnaître à l’écoute de cet initial World's Best Hope, que les ALL 41 sont effectivement le meilleur espoir sur lequel le Hard-Rock et l’AOR puissent compter ! Et malgré un inévitable classicisme de composition, celles-ci dont vraiment d’un niveau époustouflant, tout en gardant cette approche humaine qui empêche le concept de plonger dans les eaux tourmentés des accouchements de géants de studio robotisés. Mais je vous en prie, la musique vous attend…

Onze morceaux, et quasiment autant de hits. C’est l’effarant constat que l’on peut dresser après quarante-cinq minutes d’écoute, constat déjà patent après une poignée de morceaux qui s’abreuvent à la source même du passé de chacun des musiciens.

Si l’empreinte d’ALLIANCE est terriblement profonde (mais avec deux membres, le contraire eut été étonnant…), les noms de STRANGEWAYS, JOURNEY ou autre TEN et HAREM SCAREM pourraient être cités comme repères, tout comme MAGNUM, SHY, et quelques monstres sacrés de la scène harmonique électrique.

Les fans d’AOR musclé et de Rock peaufiné seront aux anges, tant les mélodies sont pures et chantées de voix d’airain, parfois en duo, souvent en solo, mais toujours avec une foi indéniable en un style simple et direct, qui pourtant sait parfois s’aventurer en terrain plus escarpé, ou dans des plaines plus dégagées.

« After The Rain », met les choses au point dès le départ de son riff typiquement US, que Harry Hess et Pete Lesperance aurait pourtant pu délier de leur Canada natal, riff que l’on retrouve tout aussi dru et pointu sur « Cyanide », qui ajoute quelques claviers discrets au mid tempo pilonné, et qui sonne aussi pro et frais qu’un inédit de DIO joué par les STRANGEWAYS.

Mais pas d’inquiétude, l’ambiance change dès « Down Life’s Pages », qui transpire d’émotion, et qui nous offre la première intro soyeuse de l’album. Piano/clavier subtil et velouté, chant qui ne l’est pas moins, avec son vibrato poignant, et soudaine accélération qui ose une rythmique plus agressive, pour un tube énorme que les BALANCE auraient pu composer pour le KISS de 86/87.

« Mother Don’t Cry » n’hésite pas à plaquer la sensibilité sur le cuir de la virilité Rock, et nous berce de ses harmonies sublimes que les voix entremêlent dans une brise romantique qui contourne la mièvrerie avec beaucoup d’intelligence, et via un solo homérique flamboyant qui allume même les chandelles sur la table. Pourtant, si chaque musicien reste une référence dans son domaine, aucun n’en rajoute ou n’en fait trop, et les morceaux s’en ressentent, préférant offrir des évolutions logiques et naturelles plutôt que des démonstrations stériles et superficielles.

Dès lors, n’importe quel titre saura vous contenter, selon votre sensibilité bien sûr. Les ALL 41 jouent parfaitement le jeu de l’alternance, et font trembler les enceintes, vaciller les murs, mais aussi rassurer les âmes plus fragiles. Le jeu de construction est bâti sur un équilibre stable, proposant de ci de là un solo de wah-wah chaleureux et ludique (« Walk Alone », et son riff en cocottes funky audacieux), une ruée saignante et suintante sur Sunset lorsque le samedi soir chante ses propres louanges (« Never Back Down Again »), un rappel pour mémoire des hits du vendredi, lorsque le Billboard était envahi d’AOR et de Rock anobli (« Who Knows », oui en effet, ça peut encore marcher…), pour un film auditif qui nous ramène à notre jeunesse sans que nous réfutions notre âge…

La production, qui ne souffre pas des travers fréquents des traitements made in Frontiers, reste claire et puissante, sans vous écraser de son emphase, et s’adapte à son contenu, qui visiblement a plus que satisfait chacun des musiciens impliqués, puisque Matt Starr avoue « avoir pris beaucoup de bon temps à enregistrer cet album, qui contient pas mal de sons surprenants »

Et si rien ne l’est vraiment sur World's Best Hope, tout est quand même d’une très grande qualité, et d’une fraicheur que le professionnalisme n’a pas flétrie. Un LP qui se veut aller-retour entre les 80’s et notre époque, pour un passage en revue de tous les atouts d’un style qui n’en finira jamais de nous faire plaisir. Alors, un pour tous, tous pour un ? Oui, mais surtout, ALL 41 et one for the worldand the road !


Titres de l'album:

  1. After The Rain
  2. Cyanide
  3. Down Life's Pages
  4. Mother Don't Cry
  5. Show Me The Way
  6. Walk Alone
  7. Don't Surrender (To Love)
  8. Hero In Your Life
  9. Never Back Down Again
  10. Who Knows
  11. The World's Best Hope

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par mortne2001 le 30/07/2017 à 14:20
78 %    332

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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

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Excellente nouvelle


Arrêtez, merde, je me prends un sale coup de vieux à cause de vous ! ^^


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AH AH AH !!!
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