Rencontre et interview avec le groupe de Black/Death Metal de Montréal, DEATHBRINGER. Entretien avec le groupe au complet, Pat (guitare), Étienne (chant), Matthew (guitare), Gab (batterie), dans leur antre qui leur sert de salle de répétition.

Metalnews.fr : première question, un peu bateau, mais obligé d'y passer, pouvez vous nous présentez le groupe ?

Étienne : Le groupe est né il y a deux ans, en 2015. On ne s'était pas donné de style, on ne voulait pas se dire "on va jouer dans telle catégorie, pour tel public". On a vraiment regroupé les idées de chacun. Ça a très bien fonctionné entre nous. Tout est composé dans une intentions d'ouverture d'esprit musicale. On ne veut surtout pas se mettre de barrière. 

Pat : On a déjà eu ce genre d'expérience dans le passé avec nos autres groupes, être bloqué dans un style de musique. Que se soit du Black Metal, du Hardcore... 

Étienne : Pour les compos, Mat arrive avec une idée, un riff, quelque chose qui vient des tripes, souvent en lien avec une humeur du moment que tu as besoin d'extérioriser.

Gab : Notre style lui est partit d'un Black/Doom à nos débuts puis une influence Death Metal est arrivée, puis Rock'n Roll.

Pat : Il ne faut pas se mettre de barrière, on est plus dans l'optique de faire ce qui nous fait triper, du moment que ça sonne.

Vous pratiquez un Black/Death Metal lourd et sombre, pourquoi ce style ? Quelles sont vos influences musicales dans le groupe ?

Moi je n'ai jamais été Black Metal, à la base je viens du Death Metal, avant même le Hardcore, je suis un fan du Death des années 90. OBITUARY, CANNIBAL CORPSE, etc... j'ai appris à aimer le Black grâce à Mat, mais ma base c'est le Death Metal.

Étienne : On a beaucoup d'influences très diverses qui vont d'un extrême à l'autre dans le groupe, Mat par exemple tu es fan d'IRON MAIDEN, mais tu es aussi un passionné de Black Metal. De mon côté,  j'ai pas mal exploré tout les styles de Metal, du Power au Black Metal, mais mon style de prédilection avant d'intégrer le groupe c'est le Brutal Death Metal.

Gab : Moi j'ai un parcours un peu spécial, j'ai eu quelque chose comme 7 groupes, j'ai fait du Ska, du Indie-Rock, du Metal, que j'avais un peu abandonné avant de rentrer dans le groupe quand Mat m'a contacté. J'ai accepté, après un énième groupe qui ne marchait pas, parce que le style est très ouvert, très large... Et parce que les gars ne cherchaient pas une "machine" qui ne fais que blaster. J'avais vraiment une liberté pour faire et apporter ce que je voulais.

Mat : Pour en revenir à la question, pourquoi ce style, je pense que c'est naturel c'est notre façon de composer, Pat écrit des riffs lourds, sombres et agressifs, moi je compose plus des riffs catchy... mais qu'on le veuille ou pas la musique est une question d'émotions, qui vient des tripes, et on a tous un bagage... sombre, dans le groupe, donc je pense que c'est un genre de musique qui convient bien à tout le monde, parce qu'on joue avec nos émotions.

De quoi parle vos textes ? Quels sont les thèmes abordés ? 

Étienne : sur notre premier EP le thème c'était les cavaliers de l'apocalypse, le nom du groupe même, DEATHBRINGER, vient d'ailleurs de ce thème, tout parlait de mort, de maladie... aujourd'hui quand je choisis un thème j'essaie de l'illustrer le plus possible, j'essaie d'imager au maximum mes concepts morbides. La personne qui lit mes textes doit voir ce que je veux exprimer. Je parle de famine, de guerre nucléaire, etc... J'essaie toujours de pousser l'image le plus loin possible. Sur notre nouvel sortie, nous n'avions pas vraiment de thème choisi. Je me suis basé sur l'introversion de l'être humain, l'anxiété, les pensées ruminées, les gens qui se créent leur propre enfer en s'enfermant eux même, la dépression... je me base beaucoup sur mes propres expériences en fait... je ne peux pas dire que j'ai touché le fond, mais je l'ai visualisé. Je me base aussi sur des choses réelles, des choses qui sont arrivées comme dans "Massacre A La Tondeuse", ou je raconte l'histoire d'un père qui a tué accidentellement sa fille de 2 ans en lui passant dessus avec sa tondeuse. Je me suis mis à la place du père,  je me suis senti tellement mal, ça venait juste d'arriver, j'avais lu ça dans le journal... ça m'a mis à l'envers d'écrire ces paroles, c'est que j'étais sur la bonne voie !

Vous chantez en anglais, mais aussi en français.  Pourquoi ce double choix ? Dans quelle langue vous sentez vous le plus à l'aise ?

Pour moi c'est important de chanter en français, c'est ma langue natale et puis je trouve que c'est quelque chose qui n'est pas très exploité au Québec. Le français est donc important pour moi, même si je n'ai jamais été rebuté de chanter en anglais, mais là c'est plutôt un choix pour l'international. Ces choix représentent aussi l'identité du groupe...

Pat : Il faut être honnête c'est rare les groupes chantant uniquement en français qui marche à l'international. Et en plus dans le groupe on a un anglophone, Mat, est de l'Ontario. 

Gab : Puis on ne s'en cache pas, on veut percer à l'international, donc l'anglais c'est logique aussi, ne serait ce que pour la page Facebook, les réseaux sociaux. Après avec les textes peu importe la langue pour moi, tout le monde s'y retrouve, personne ne nous a fait de réflexion avec le titre en français de notre dernière demo L'Enfer C'est Nous. Les gens l'acceptent sans soucis.

Étienne : Une des raisons pour laquelle j'aime chanter en français aussi, c'est que les groupes qui chantent dans leur langue natale tu ressens l'émotion, les norvégiens par exemple, tu comprends absolument rien à ce qu'ils disent, mais ça sonne super bien ! Écrire en français ça force une autre sonorité parce que les mots ne finissent pas de la même façon.

Mat : Je ne sais pas si c'est arrivé par hasard mais toutes les chansons en anglais c'est moi qui ai écrit les paroles, ou Gab, mais c'est nos morceaux les plus catchy, les autres morceaux en français sont plus brutales, plus agressifs.

Sur scène vous n'avez pas de bassiste, c'est un choix ? Quand n'est-il du studio, qui se charge de la basse ?

Étienne : En studio la basse a été enregistré par nos 2 guitaristes. Sur notre première sortie nous avions encore un bassiste mais il a quitté le groupe juste avant l'enregistrement de L'Enfer C'est Nous.

Pat : On cherche donc un bassiste, mais on ne se met pas de pression dans le sens où on attend d'avoir le bon feeling. On ne va pas prendre un bassiste juste pour avoir un bassiste. A deux guitares ça sonne, c'est sur que ça manque de basses, mais ça sonne quand même... On attend le bon gars, on veut un gars qui s'investisse. 

Vous avez sortie votre premier EP et votre seconde démo en autoproduction, est ce un choix ou cherchez vous un label pour le futur ?

Gab : On cherche un label.

Pat : Encore une fois on attend, on presse pas le truc pour l'instant, ça a bien marché comme ça pour le moment. Mais clairement oui pour la suite on cherche un label. On veut monter d'un cran. Notre prochaine sortie on vise l'album, enregistrer dans un bon studio, donc effectivement on cherche un label pour tout ça, mais sans se précipiter.

Quel est votre but avec Deathbringer ? Avez vous des objectifs précis à atteindre ?

Étienne : Se faire écouter. 

Pat : Tourner et être au top, j'y vais pas par 4 chemins mais c'est ça pour moi. Y aller à fond, de façon carré, on est chaud et paré. Il y a de l'ambition. On veut pas faire des tournées juste pour faire des tournées. On prend le groupe très au sérieux, on répète 2 fois par semaines sans quasiment jamais en rater une. 

Gab : Le groupe nous prend beaucoup de temps. Il y'a tellement de concurence aujourd'hui, tu peux pas juste faire ton truc dans ton coin, avoir un Facebook et voilà. Faut y aller.

Sur la cover de L'Enfer C'est Nous vous utilisez une croix de Lorraine inversée (symbole de la résistance française entre autre). Quelle est la signification ? 

Pat : Je suis français, mon arrière grand père a fait parti de la résistance française, ma famille est gaulliste, on trouvait ça cool de la mettre sur notre pochette et puis on l'a retournée, ça avait de la gueule ! Alors on l'a gardée comme ça.

Étienne : Et puis ça change de la simple croix chrétienne inversée qui est surexploitée... En plus j'ai réussi à rentrer dans cette croix le nom du groupe et "blasphème du nord". Ça bûche, voilà (rires) !

Si demain vous pouviez partager une scène avec 1 ou 2 groupes de votre choix, des groupes que vous vénèrez, ce serait qui ?

Pat : Ceux avec qui je voudrai jouer, ils sont tous morts ! Mais ce serait RAGE AGAINST THE MACHINE pour moi. C'est pas le même style mais voilà...

Étienne : J'aimerais partager la scène avec les français de REGARDE LES HOMMES TOMBER.

Mat : Pour moi c'est sur et certain c'est WATAIN. C'est un groupe qui a une énorme influence sur moi, qui me touche profondément. C'est un des rares groupes encore "dangereux" sur scène. En backstage c'est quelque chose aussi, c'est différent.

Gab : Pour moi CONVERGE et de façon un peu moins réaliste METALLICA... idéalement les 2 ensembles sur une tournée tant qu'à faire (rires) !

Étienne : J'en rajoute un pour moi : CANNIBAL CORPSE ! (Tout le groupe acquiesce).

Vous êtes de Montréal où il y a une scène underground assez importante. Est ce que vous avez des relations avec les autres acteurs de la scène ici (labels/groupes, etc...) ? Avez vous des groupes de votre ville à nous conseiller ? 

Gab : Oui : MONTREAL PATENT, un groupe de Grindcore qui fait un truc original vraiment cool, avec un mélange de Jazz...

Étienne : Mat est très impliqué dans la scène ici...

Mat : J'ai eu pas mal de groupe en effet, WATCHER entre autre qui a pas mal marché, on donnait dans le doom, un mélange de VENOM et de BLACK SABBATH. Je travaille aussi dans une grosse boîte qui s'occupe de groupes Metal (NAILS, SABATON, OBITUARY...), je travaille à la production scénique... donc pas mal de contacts...

Étienne : Un autre bon groupe de Thrash/Death d'ici : CANCERIC. Sinon PHOBOCOSM, du Death Metal très sombre... OBSOLETE MANKIND aussi en Death Metal.

Gab : SPECTRAL WOUND aussi, du Black Metal, avec qui on a joué. Ils sont vraiment solides.

Mat : CAUCHEMAR, un groupe assez connu, du Heavy/Doom entièrement chanté en français. 

Avez vous des projets à court terme ? Des endroits où vous aimeriez jouer ?

Gab : On a 2 shows de prévu pour bientôt, un à Ottawa et un autre à Longueuil. 

Pat : Mais plus généralement, là on vise l'Europe. C'est la prochaine étape. Ce qui nous branche c'est l'Europe, clairement.

Le mot de la fin pour les lecteurs de Metalnews.fr !  Donnez envie au français de vous découvrir ! Tribune libre !

On espère que les gens vont aimer notre musique et si ils aiment ça et bien on arrive bientôt ! On a hâte de jouer devant un bon public, de passer du bon temps.

Étienne : moi j'aimerais que la personne qui nous écoute, autant en live que sur album, se connecte sur la même vibe que quand nous on joue ensemble. Que la personne ressente la même chose que nous quand on la joue. Je veux qu'il la vive notre musique. Et puis aussi on veut générer le chaos (rires) !

Gab : c'est vraiment en live que notre musique prend son sens, venez nous voir en live, amenez nous en Europe et vous verrez !


Metalnews.fr. nous voilà prévenu ! Un grand merci à Deathbringer de nous avoir accordé leur première interview. Bonne continuation à vous !



par Jus de cadavre le 23/05/2017 à 14:12
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