Blood

A Ghost Orchestra

10/03/2017

Firestarter Distribution

En Australie, on ne passe pas son temps à chasser des razorback en vieux pick-up ou à jouer du Hard-Rock embourbonné, histoire de garder la tradition intacte.

Sus aux clichés, le continent Austral peut aussi être une terre de contrastes, et abriter en son sein des formations différentes, plus en phase avec les scènes Hardcore/Chaotic Core US et européennes, sans pour autant leur devoir toute son inspiration.

Alors, respiration.

A GHOST ORCHESTRA pourrait bien se présenter comme le candidat idéal à un leadership du bout du monde en matière de Hardcore vénéneux et rageur, et pour avoir attentivement écouté leur musique, je peux vous garantir qu’ils n’ont rien d’une assemblée de fantômes. Comparons-les plutôt à une bande de ninjas qui sortent de nulle part, frappent fort (très), vite (très) et s’en vont comme ils sont venus, laissant la lande rase et les mines satisfaites.

Mais d’où et quand sortent-ils au fait ?

La formation du groupe remonte à l’année 2012, mais en cinq petites années, ce quatuor acharné (Adam / Sean / Shane / Tim) a su se faire un trou dans sa terre d’adoption, et a même franchi des frontières, histoire de bien asseoir son nom.

Premières parties de valeurs sûres comme NORMA JEAN, EVERY TIME I DIE, THE AMITY AFFLICTION, IN HEARTS WAKE, PROTEST THE HERO ou SILVERSTEIN, premier EP histoire d’en devenir une aussi (Vile Hymns, en effet, tout ça ne sentait pas forcément l’amabilité), participation au Soundwave festival, puis préparation de ce premier longue durée, pour entériner les bonnes opinions générées par leur première démo et leur premier EP.

Bons sur format court, mais bons sur format long ?

On sait le Hardcore violent et chaotique assez capricieux sur la distance et difficile à aérer, mais la multiplicité des influences de ce quatuor Australien leur a permis d’éviter l’écueil du pamphlet en démarcage des DILLINGER et autres CONVERGE, tout en admettant leur importance sur la scène, et notamment la leur.

Alors, onze morceaux, tous différents mais reliés par un même allant, une puissance dévastatrice et une volonté créatrice, Blood est au final un véritable festival de poudre qui explose et des projectiles qui implosent, et qui vous ramonent les oreilles sans vous les laisser en sang.

La chose est complexe et pourtant simple comme un prétexte. En se basant sur des fondations Hardcore profondes, les quatre comparses ont érigé des murailles de son renforcées par des accents Indus, tout en assumant une surcouche Metalcore discrète, histoire de rester dans l’air du temps. Mais pas de jeunisme ou de modisme à craindre, l’affaire est solide, bien charpentée, et reste sur une terre Core bien aride, séchée par un soleil Austral sans pitié.

On sent bien sûr des réminiscences des combos avec lesquels les A GHOST ORCHESTRA ont tourné, mais en poussant plus loin l’analyse, leur personnalité propre émerge avec évidence, et les pose comme une future référence.

Production signée Julian Renzo et le groupe lui-même, qui ont su capter l’agressivité du quatuor en live, et la demi-heure passe très vite en alternant les rythmiques, tout en gardant le rabot en main pour affûter des riffs tranchants et malins.

Combinaison fatale pour ambiance radicale, qui se permet quand même quelques modulations plus qu’intéressantes, comme en témoigne l’ambivalent « Gutterslang », aussi empreint de Post-Hardcore que d’Indus light, pour un hymne total qui déchire ses convictions d’un chant vraiment carton.

Et si « Precursor », en bon précurseur, aiguille très tôt sur la piste d’un DILLINGER lookalike, de par ses heurts et ses contretemps permanents,  « Bad Blood » remet les pendules de l’indépendance à l’heure, et joue avec nos nerfs en assurant une patine tribale sur fonds de dissonances du diable.

Duo basse/batterie en pleine crise d’épilepsie, guitare instable et d’humeur de motifs changeants, chant qui survole le tout de ses intonations colériques, c’est un bon coup de trique qui nous remet sur la bonne piste.

Celle d’un combo à part, qui refuse de voir cloisonné au hasard.

En choisissant d’opposer les formats, les A GHOST ORCHESTRA sont tout autant capables de passer par un intermède énorme et Indus étouffant, dans la plus grande tradition NAPALM DEATH (« Delving »), pour dériver vers un long pamphlet qui impose une mélodie amère sur fond de Metal austère, qui suit sa thématique sans changer d’optique, en laissant une basse gigantesque et ronflante se taper le plus gros du boulot, tandis que la guitare tricote en arrière-plan des motifs discrets à la UNSANE. Instrumental qui en impose, « Panspermia » est assez symptomatique de la démarche des Australiens, qui passent du kangourou au kiwi sans prévenir, mais en gardant une cohérence indiscutable.

Hymnes choc qui vous plaquent contre le parquet (« Heroin In Heaven », encore une basse omniprésente et une rythmique imposante, très BREACH version omnipotente), accélérations soudaines qui brisent les chaînes (« The Wormhole », deux minutes et quelques de saine haine), compressions oppressantes et équilibrisme de circonstance (« Lovers Of Valdaro »), pour un final qui nous laisse la dalle (« Evacuate, No Farewell », circulez, y’a rien à voir, mais un gros Hardcore bétonné à écouter).

Avec son premier album, les membres d’A GHOST ORCHESTRA jouent la dualité. Puissance à décorner les bœufs nuancée de subtilité, et aisance Hardcore chaotique qui ne rechigne pas à se poser pour plus d’efficacité. Des titres qui sentent l’anarchie et d’autres qui osent le médium en furie, pour un ensemble qui ne laisse pas le temps de souffler et qui vous chauffe la nuque encore plus qu’un soleil plombé.

La chaleur dégagée par ce premier LP tient plus de la fournaise que du rayon de printemps apprécié, et pas étonnant que les Australiens soient déjà craints et respectés en leurs terres.

Gageons qu’après leur passage, les oiseaux cessent de chanter, et que le ciel commence à se refermer. Une vraie bombe venue du bout du monde qui éclate et vous fait trembler malgré les kilomètres qui s’obstinent à vous éloigner.


Titres de l'album:

  1. Platform- 13216
  2. Precursor
  3. Bad Blood
  4. Heroin In Heaven
  5. Delving
  6. The Wormhole
  7. Gutterslang
  8. Panspermia
  9. Lovers of Valdaro
  10. Queenhell
  11. Evacuate, No Farewell

Facebook officiel


par mortne2001 le 27/03/2017 à 18:31
78 %    611

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Voyage au centre de la scène : ASSHOLE

Jus de cadavre 17/01/2021

Vidéos

Eluveitie + Korpiklaani 2010

RBD 08/01/2021

Live Report

Sélection Metalnews 2020 !

Jus de cadavre 01/01/2021

Interview

Welcome To My Nightmare

mortne2001 26/12/2020

From the past

IXION : entretien avec Julien

JTDP 16/12/2020

Interview
Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Kairos

Ouais dsl j'ai été un peu sec, mais l'autre andouille est venu gratuitement me baver sur les rouleaux... J'aurais dû employer l'adverbe "cordialement" à la fin de mon précèdent post. 

26/01/2021, 16:03

Bones

Mouais, mais par contre je vais rapidement le réécouter pour voir si mon approche a évolué. C'est vrai qu'il est réputé...  j'ai sans doute raté le coche.

26/01/2021, 13:14

Arioch91

@Humungus : SIC... And Destroy !   Comme disait Coluche : la politique ? C'est quand on est poli et qu'on a(...)

26/01/2021, 10:45

Arioch91

@Humungus : je confirme pour The Rack. Plusieurs fois j'ai essayé mais sans jamais accrocher.Y a des albums comme ça

26/01/2021, 07:56

Humungus

Toujours "intéressant" (SIC !!!) quand la politique s'insère ici... ... ...

26/01/2021, 07:38

Humungus

Ne pas "rentrer" dans "The rack" ?!?!Bizarre étant donné la monstruosité de cet album...Quoi qu'il en soit, je plussoie sur HAIL OF BULLETS !Pis n'oublions pas le merveilleux GRAND SUPREME BLOOD COURT non plus hein !!!(...)

26/01/2021, 07:35

Arioch91

@Bones : merci pour l'idée, vais m'écouter les trois albums de Hail of Bullets, juste histoire de rattraper mon retard concernant le père Van Drunnen.

25/01/2021, 20:12

Bones

Ce dernier Asphyx n'est pas une montagne de nouveautés mais il est super efficace. On sent les vieux briscards qui connaissent parfaitement leur affaire.Etant un gros fan de Van Drunen, je vais décortiquer ses paroles en ne doutant pas que les morceaux vont s'en tro(...)

25/01/2021, 18:39

Jus de cadavre

Ouais, ils frappent fort les anciens avec cet album ! 

25/01/2021, 18:17

LeMoustre

Chez Accuser, en période récente, c'est Demoniac qu'il faut écouter. Plus violent, sorte de Testament sous amphétamines, il est à mon humble avis le meilleur de ce que Thoms  a produite depuis Who Dominates Who. Ah, si, le premeir album est aussi (...)

25/01/2021, 17:03

LeMoustre

Opposer les casseurs qui seraient bons à expédier aux bagnes de Cayenne pour casser des cailloux et les envahisseurs du Capitole n'est pas une bonne idée. L'objectif est pas le même, les casseurs sont souvent des racailles de délinquants multiréc(...)

25/01/2021, 11:47

Stench

Très étrange à dire mais sur le titre "Tree years of famine", j'entends Overkill de "Skullkrusher". Sinon, excellent album, bien sûr !

25/01/2021, 11:46

Arioch91

Je suis fan du timbre vocal de Van Drunnen depuis le Consuming Impulse de Pestilence mais j'avoue n'avoir jamais accroché au The Rack d'Asphyx et ne me suis jamais penché sur les sorties du groupe. Pas plus pour Hail of Bullets (si je me gourre pas).Mais &ccedi(...)

25/01/2021, 11:04

Solo Necrozis

Piñata of Pus, Necro Thicc, Uteronecrotic Descent of the Divine...Haha ces titres de merde, j'en ris comme un con devant mon PC.

25/01/2021, 10:12

Simony

En tout cas, le livestream proposé samedi était une boucherie totale. Avec ou sans public, les mecs se donnent, Martin plaisantent entre les morceaux et v'là comment ça défouraille sévère. Total respect pour ces mecs qui en imposent, vraiment (...)

25/01/2021, 08:17

POMAH

L'ambiance est chaude par ici...

25/01/2021, 08:06

Humungus

J'en suis déjà à ma troisième écoute consécutive...ACHAT OBLIGATOIRE BORDEL !!! !!! !!!PS : Martin je t'aime.

25/01/2021, 04:25

Pozo (bass)

Thanks for the review!I'll put our spotify link if you wanna follow ushttps://open.spotify.com/artist/0QwY3TM6Lvo6Ba8VGC67YL

25/01/2021, 01:07

Chemikill

Parler de la musique serait déjà un gros morceau.

24/01/2021, 22:59

jtdef

Avec Joe Bidon et l'imposteur Harris ils sont mal barrés.

24/01/2021, 21:11