Je n’ai jamais vraiment compris le concept des musiciens qui se séparent pour garder le même nom. YES, QUEENSRYCHE, des tournées qui à part quelques nouveautés présentent les mêmes classiques, joués comme si le groupe d’origine n’avait jamais eu de bisbilles et se présentait encore comme une famille unie…On connaît la situation d’ENTOMBED depuis quelques années, avec la séparation d’Alex Hellid, parti jouer Clandestine avec ses potes Nicke et et Ulf, et Lars Goran décidant d’enregistrer un album dans son coin avec son propre clan…La suite est habituelle, querelles sur la propriété du nom, jugement de tribunal, première instance et partage à quatre parts, puis nouvelle sentence avec les trois premiers se retrouvant héritiers légitimes de la légende. Qu’à cela ne tienne, Lars, toujours aussi opiniâtre a trouvé le biais, et a ajouté deux lettres au baptême mythique pour pouvoir continuer son chemin et célébrer la naissance d’ENTOMBED A.D. Au vu et au jugé des œuvres dispensées, je ne suis pas certain que nous ayons besoin des deux moutures, puisque le Death des suédois sera toujours cryogénisé dans la réputation de ses deux premiers albums, les seuls suffisamment référentiels pour justifier la réputation d’un créateur qui n’est plus que l’ombre de lui-même depuis longtemps. A l’image de DARKTHRONE laissant tomber son Black pour tremper son nihilisme dans le Black N’Roll, ENTOMBED a depuis longs rangé ses prétentions dans le placard de la dérision, et si certains disques (une poignée, Same Difference, Wolverine Blues et Serpent Saints pour être plus précis) méritaient quand même un minimum d’attention, autant jouer franc jeu. Seuls Left Hand Path et Clandestine battent encore le haut du pavé trente ans plus tard, le reste n’étant qu’une agréable récréation et la seule façon de s’accrocher aux branches de la violence.

      

Ce qui n’a pas empêché le père Goran Petrov de tracer sa route avec cette fausse résurrection, qui depuis 2014 nous livre ses vues sur le Death Metal des origines, tentant par là même d’unir dans un même élan de cruauté le souffle originel de NIHILIST et les conceptions plus souples de la seconde partie de carrière. Back To The Front et son titre révélateur nous avait plus ou moins diverti en 2014, Dead Dawn avait enfoncé le clou deux ans plus tard, et c’est aujourd’hui Bowels of Earth qui tente de panser définitivement les plaies, en corrigeant quelques approximations et en enfonçant la pédale à fond. Le but avoué ? Revenir à un son plus cru, plus dur, et enregistrer l’album définitif, de ceux qui soldent le passé pour se tourner vers l’avenir. L’adjonction du brésilien Guilherme Miranda a semble-t-il insufflé une nouvelle énergie au quatuor de départ (LG Petrov  - chant, Victor Brandt - basse, Nico Elgstrand - guitare et Olle Dahlstedt - batterie), ce qui a permis à ENTOMBED A.D. se de laisser aller à plus de crudité, et ainsi se rapprocher de sa glorieuse histoire. Et il semblerait en effet que le quintet ait désormais trouvé sa vitesse de croisière en se souvenant de ses performances d’antan, la HM-2 à fond la caisse, l’envie retrouvée, et l’appétit décuplé. On se retrouve donc face à un album qui ne tergiverse pas, et qui fonce droit devant, retrouvant l’impulsion de la transition entre des débuts purement Death et un milieu de carrière plus nuancé. Ceci expliquant cela, la production de l’album a été supervisée par le vétéran Jacob Helmer (RAMMSTEIN), et les guitares ont été enregistrées en toute quiétude sur du matériel de fortune après que les pistes de batterie aient été fixées. Une méthode à l’ancienne donc, qui permet justement aux guitares de sonner plus roots qu’une démo de NIHILIST, et c’est avec un plaisir certain que nous retrouvons ce son si particulier, celui qui a défini la classe glauque de l’école suédoise de la fin des eighties et que des centaines de groupes internationaux essaient en vain de copier aujourd’hui. Et croyez-moi, pour comprendre vraiment quelque chose, autant s’adresser aux principaux concernés, les maîtres.

Dix morceaux pour trente-six minutes, Bowels of Earth ne tergiverse pas et fonce vers l’essentiel. Encore frais dans les mémoires, il frappe pourtant très fort, et semble reléguer ses deux aînés au stade de plaisantes anecdotes, ce qui risque fort d’en faire l’étape majeure de cette renaissance. Les riffs sont morbides, gras, avec cette patine venue du froid, et évidemment, le chant de Lars en rajoute dans le créneau hurleur depuis l’adolescence, mais en dehors de ces constatations qui pouvaient déjà être émises dans les dernières années du groupe encore uni, on sent une vraie fraîcheur dans ce disque qui n’ose pas sortir de sa zone de confort, mais qui s’y sent terriblement bien. De fait, les chansons en sont vraiment, se reposent sur des thèmes porteurs, et nous ramènent à l’époque où le nom d’ENTOMBED était une véritable institution, et pas une simple icône d’un passé trop fameux pour ne pas être révéré. En allant à l’essentiel, le quintet joue la sécurité, mais avec flair et brio, ce qu’on sent évidemment dès l’explosion dantesque de « Torment Remains » que les petits frères de DISMEMBER envieraient l’écume aux lèvres. Nous n’avions en effet pas senti depuis longtemps une telle rage chez les ENTOMBED A.D. qui ont sciemment accéléré la cadence et empesé les guitares, aux volutes les plus graves de la carrière du groupe. Et commencer son troisième album post-mortem par une telle déclaration d’intention en dit long sur l’envie de revanche de Lars Goran et les siens, qui étaient là avant tout le monde et qui souhaitent encore qu’on le sache. Mais tout l’album est construit sur le même moule, Olle Dahlstedt retrouvant même les blasts des années 90 sur l’impitoyable « Elimination », alors que le mortel « Hell Is My Home » cavale bon train avec ses chœurs étranges en arrière-plan. Le gros choc de la première partie de cet album est évidemment le title-track « Bowels of Earth », qui après une intro en forme de citation reprend les codes les plus écrasants du Death scandinave des origines, et renoue avec l’esprit sombre et glauque de To Ride, Shoot Straight and Speak the Truth et Wolverine Blues.

Vocalement très en forme, l’ami Lars rappelle quel unique vocaliste il est, surfant sur le grain des guitares sans se brûler les cordes vocales, et les séances de massacre s’alignent à la fête foraine de la mort, avec le très Crust « Bourbon Nightmare », le lapidaire « Fit for a King » et le pesant « To Eternal Night », intelligemment placé en final pour ouvrir les perspectives. Rien de fondamental, encore moins de novateur, mais une envie vraiment retrouvée, et un LP qui sans forcer, replace les survivants sur le tableau de la bataille, pour prouver une bonne fois pour toutes que les déserteurs sont de l’autre côté de la ligne.     


Titres de l’album :

                         1.Torment Remains

                         2.Elimination

                         3.Hell Is My Home

                         4.Bowels of Earth

                         5.Bourbon Nightmare

                         6.Fit for a King

                         7.Worlds Apart

                         8.Through the Eyes of the Gods

                         9.I'll Never Get Out of This World Alive

                         10.To Eternal Night

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par mortne2001 le 28/09/2019 à 14:52
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Très belle pochette.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Excellente nouvelle


Arrêtez, merde, je me prends un sale coup de vieux à cause de vous ! ^^


Il était meilleur dans VIO-LENCE, c'est clair...


Achat obligatoire !! Même si je l'ai en vinyle d'époque, hé, hé...


AH AH AH !!!
Superbe vanne de quarantenaires effectivement...


Buck Dancer + 1.