L'antre noire de la bête empestait la mort, nous le savions tous ! L'odeur, la vision de cette noirceur à peine dissimulée venaient renforcer le marasme psychologique dans lequel nous nous trouvions. Et pourtant, nous allions pénétrer dans cet abri qui n'en serait pas un pour nous, valeureux inconscients ! Les cris de ce ceux qui nous précédaient nous précipitaient un peu plus dans la torpeur et l'effroi, ne distinguant plus les cris de leurs échos, la confusion règne dans notre esprit et pourtant... et pourtant...
Et pourtant, quelque chose nous attirait invariablement, était-ce notre perte, était-ce de la magie ou peut-être, finalement, aimions-nous cette ambiance poisseuse, nauséabonde, noire, puante... C'est que la répétition des cris a quelque chose d'attractif, comme un côté psychédélique qui nous piège et qui nous berce, comme pour mieux nous apprivoiser. Et cette première étape qui nous menait à travers ces galeries sinueuses était truffée de ces cris psychédéliques, à dire vrai, lorsque nous nous engageâmes dans la deuxième étape, ces cris résonnaient encore dans nos têtes alors qu'une ambiance plus froide commençait à se faire sentir. Le noir ambiant se faisait plus menaçant encore, quelques harmonies dissonantes raisonnaient au loin comme pour nous guider.
Indivisible, aucune échappatoire, le voyage se faisait de plus en plus dur, un long trajet torturé que Deha se fit un malin plaisir de nous baliser. On reconnait au passage son univers et on comprend comment il a pu se laisser happer par cette mélopée noire infiniment sale qui agit par vagues. Des vagues épaisses qui trouvent quelques moment de calme et c'est à la faveur d'une de ces accalmies qu'une petite lumière se montra. Était-ce déjà la fin ? Salutaire filet lumineux qui nous guide vers un arche clarteuse. Le passage sous cet arche ne se fera pas sans encombre, la lame aiguisée tranche nette et la menace que nous avions senti poindre se révéla plus féroce encore. Les enfers se déchaînent à la faveur de percussions rapides et une reprise des cris dans une ambiance indescriptible, nos yeux ne peuvent plus nous transmettre ce qui se déroule devant eux. Alors, nous tentons de nous servir de notre ouïe qui distingue plusieurs sources de cris, de mornes ambiances, avec toujours ces tambours qui raisonnent au loin et ces bruits que l'on croirait extirpés d'une activité industrielle du sud de Manchester.
Le Domaine Sans Étoile portait bien son nom, aucune chance de se laisser aller à rêvasser, nous nous retrouvons la tête dans la boue, asphyxiés que nous sommes par l'air chargé en souffre et aucune étoile ou autre source lumineuse pour nous repérer. Que faire ? Rebrousser chemin ? Quelle distance avons nous parcouru, combien reste-t-il devant nous ? Y a-t-il seulement une fin à ce voyage ou mettons nous fin à ce dernier par notre simple volonté ? Le temps de nous poser ces questions, nous n'avions pas perçu que les cris s'étaient éloignés, laissant de nouveau place à une ambiance plus chaude comme une guitare acoustique peut l'être. Nous sentîmes l'odeur du bois, quelques odeurs familières de plus en plus présentes et on en oublierait presque que le Domaine Sans Étoile possède cette facette noire toujours prête à se déchaîner. Si nous voulions savoir au devant de quoi nous allions, il allait falloir l'affronter, nous mettre face à nos peurs et nos certitudes, trembler une fois pour que l'on puisse refaire ce trajet et naviguer plus aisément à travers ces galeries poisseuses, nauséabondes, noires, puantes...
Cet amas rocheux ! Ne sommes nous pas passés devant lorsque nous avons pénétré cet antre ? Ce Domaine serait-il en fait une boucle qui vous ramène sans cesse sur le chemin qui vous a conduit vers lui. De nouveau ces cris... de nouveau ces percussions qui se font de plus en plus proche, de nouveau cette ambiance froide et industrielle décrite plus tôt.
Si le voyage est animé, ce bloc monolithique difficile à appréhender aura raison de bien des aventuriers et ceux qui oseraient s'aventurer avec ALMA n'y retrouveraient pas la même ambiance. A dire vrai, Le Domaine Sans Étoile aura su brouiller les pistes pour ne pas être catégorisé et il faut avouer que l'effet et réussi même si on sent tout de même que l'ambiance prime sur le reste et que c'est peut-être là la limite de l'exercice. Car il y a plein d'autres sens, d'autres facteurs d'émotion qui sont laissés de côté avec EOS pour que le chaos et la noirceur priment, peut-être goûterons nous à ces plaisirs dans la suite du voyage que STARLESS DOMAIN nous proposera par la suite.

Tracklist :

  1. EOS I
  2. EOS II
  3. EOS III
  4. EOS IV

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par Simony le 15/01/2020 à 12:00
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