Ils sont trois, dont deux très velus, viennent de Melbourne, et jouent franc jeu. A partir de là, impossible de ne pas les aimer et d’avoir envie de les câliner tant ils ont l’air doux sous des auspices peu engageant pour qui ne connaît pas la cause Crossover. On le sait, ces animaux-là font semblant de sortir les dents, et mordent dans des cous en plastique pour faire comme si, mais au fond ce sont de grands tendres qui adorent leur maman et qui ne pratiquent cette musique que comme exutoire à une violence intérieure qu’ils refusent de formaliser autrement qu’en prenant leur pied. Alors, comme en plus ils nous aiment bien, les ATOMIC DEATH SQUAD nous envoient une nouvelle cargaison de bisous sous la forme d’un premier LP officiel, qui au vu de sa durée serait plutôt à ranger dans la catégorie des EP, mais ne soyons pas mesquin et acceptons ces vingt-deux minutes comme un large signe de la main. Fondé en 2012, ce trio iconoclaste connaît ses classiques, et leur a déjà rendu hommage via une bordée de sorties. Une première démo en 2013, puis un EP éponyme en carte de visite 2014, avant une surprenante compilation l’année suivante, puis un split aux faces partagées avec les DISINTEGRATOR, CYCOSIS et KATSUYAMA I.D., en hommage à l’hilarant Billy Milano de S.O.D./M.O.D. D’ailleurs, à cette occasion, les trois larrons constamment en foire s’étaient fendus de deux fendards tribute, l’un à SLAYER et l’autre à MOTORHEAD, dans la plus pure tradition des « ballades » si chères au cœur de S.O.D. Mais depuis, ils ont repris plus ou moins leurs esprits, et ont décidé de travailler, ce qui nous permet d’apprécier ce Brain Dead, qui loin d’avoir un électro-encéphalogramme plat affiche une belle vitalité de façade et une tonitruante vélocité de tatane. Mais comment eut-il pu en être autrement avec des oiseaux pareils, qui manient le verbe pluriel à merveille et qui le conjuguent à la mode violent/fun, pour le plus grand plaisir des nostalgiques du Crossover ?

Habillé d’une sublime pochette au vert fluo prononcé, Brain Dead est l’archétype même du coup de savate qu’on adore se manger. Enregistré et mixé par Chris Themelco aux Monolith Studios, et enrobé d’un artwork signé Oscar Bonin, ce dix titres passe aussi vite qu’une blague bien troussée, mais le genre de blague travaillée et non du simple gag qui ne fait rire que ses auteurs. Et en parlant d’auteurs, il est toujours utile de nommer ceux qui ont composé ces hymnes à la brutalité souriante, Kevin Thrash/Gene Simmons (basse/chant), Dos Morris/Ace Frehley (guitare) et Pecckles The Drummer/Eric Carr (batterie), qui se sont véritablement défoncé pour nous permettre d’apprécier cette tranche de vie transformant la routine en épiphanie. Eux qui n’hésitent pas à piocher dans tout ce que l’extrême peut leur offrir, jonglant Thrash pour mieux roter Hardcore, et trépignant Death pour nous faire jouir encore. Des références ? Oui, en classiques influences, les éternels SUICIDAL, BAD BRAINS, NUCLEAR ASSAULT, S.O.D, MUNICIPAL WASTE, D.R.I, CARNIVORE, soit la crème des mélangeurs Metal/Hardcore, qui trouve ici un écho hargneux à ses commandements classieux. Sans vouloir rentrer dans un détail qui de toute façon en restera un, ce premier LP n’a qu’un seul défaut, sa brièveté. On aurait apprécié que les marsouins se désapent un peu plus pour nous rassasier, puisque vingt minutes en leur compagnie passent quand même beaucoup trop vite. Pourquoi ? Parce qu’ils jouent juste, simple, euphorique, les riffs en avant et les chœurs rageant, la rythmique en bataille et le chant en ripaille, parce que leurs morceaux ne font pas semblant de s’éterniser pour recaser la même idée, et parce que le parallèle avec les magnifiques S.O.D est un peu trop patent pour être négligé.

Les nouveaux STORMTROOPERS OF DEATH ces ATOMIC DEATH SQUAD ? Encore un peu trop tôt pour le dire, même si leur histoire prend les mêmes virages, et même si leur humour fréquente les mêmes rivages. Sauf qu’à contrario de Charlie, Billy, Dan et Scotty, les australiens ont un son très épais, et très Metal, purement Thrash qui rappelle évidemment l’école américaine, et qu’ils ne se répandent pas en blagues fulgurantes. Sinon, le reste est à peu près similaire, et se classe dans une excellente moyenne S.O.D./M.O.D. tout en assumant ses accointances avec la vague old-school actuelle. On retrouve donc au menu moult saccades, des bravades, mais surtout, des chansons efficaces, qui si elles se ressemblent encore un peu, restent éminemment sympathiques et potaches, tout en abordant le sens de la composition avec sérieux. Car comme je le disais, inutile de compter sur eux pour faire le plein de private jokes vite torchées, puisque les trois olibrius considèrent leur art avec le sérieux nécessaire. De là, pas grand-chose à rajouter, si ce n’est qu’on s’en prend plein la poire de « « Identity Crisis » à « Rejoice in Death (The End) », que la technique n’est pas aux abonnés absents, et que l’ensemble dégage une bonne humeur décapante. C’est certes formellement très classique, dans le fond et la forme, et malgré une patine un peu sourde, la production tient la distance et sert un repas conséquent aux oreilles. Au gré des morceaux, les souvenirs affluent, celui des SUICIDAL sur « Identity Crisis », revu et corrigé MUNICIPAL WASTE, celui de M.O.D sur « Brain Dead » que le gros Billy aurait pu nous refourguer gratos, celui de WEHRMACHT sur « Connoisseurs of Crossover » qui accélère la cadence pour flirter avec le Thrashcore, celui des D.R.I pour les fulgurances de « Grey Life », ainsi de suite, puisque tel est quand même le but du jeu.

Des emprunts donc, mais fameux, et exécutés avec classe et respect ce qui ne gâche rien, pour un premier LP qui sonne comme un faux best-of d’une jeune carrière à peine lancée. Et après tout, ces ingrédients étant tombé dans le domaine public depuis longtemps, il n’y a aucun mal à les recycler lorsqu’on le fait si bien, et qu’on est en plus capable de mosher sans se briser les reins (« Bongrat Blues »). Rien à jeter évidemment, ce qui eut été dommage au vu de la brièveté du métrage, mais largement de quoi headbanguer, en attendant que les gus se fendent pour passer la demi-heure. Une grosse basse qu’on prend parfois comme une rouste, une guitare qui ne faiblit jamais, un batteur qui maintient la cadence, mais surtout, ce qu’il faut de folie pour faire passer le projet du stade de décalque appliqué à œuvre personnelle déjantée. Crédible comme les S.O.D remettant le couvert pour une tournée au Japon, Brain Dead n’est pas de ces œuvres qui nous prennent pour des cons, mais bien un magnifique hommage rendu à la scène new-yorkaise des années 80, via une carte postale envoyée de Melbourne. Par contre, faites gaffe où vous mettez les doigts parce qu’ils ont bien léché le timbre ces sagouins.

                      

Titres de l'album :

                        1.Identity Crisis                   

                        2.Brain Dead            

                        3.Connoisseurs of Crossover                     

                        4.Grey Life               

                        5.Bongrat Blues                   

                        6.Final Flash            

                        7.Ghoul                     

                        8.Nosferatu               

                        9.Reapers                 

                       10.Rejoice in Death (The End)

Facebook officiel

Bandcamp officiel 


par mortne2001 le 13/02/2019 à 15:45
80 %    244

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Acid Reign

The Age Of Entitlement

Babymetal

Metal Galaxy

Numen

Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko

Mister Misery

Unalive

Goatess

Blood And Wine

Laetitia In Holocaust

Fauci Tra Fauci

Vhs

We're Gonna Need Some Bigger Riffs

Municipal Waste

The Last Rager

Magic Pie

Fragments of the 5th Element

Metallica

S&M 2

Spread Eagle

Subway To The Stars

Eggs Of Gomorrh, Sarinvomit

Encomium of Depraved Instincts

Klone

Le Grand Voyage

The Neptune Power Federation

Memoirs of a Rat Queen

Hatriot

From Days Unto Darkness

Throes

In The Hands Of An Angry God

Enforced

At The Walls

Exhumed

Horror

Sekkusu

Satyromania

Soren Andersen

Guilty Pleasures

Violent Instinct

Simony / 15/10/2019
Roman

Bloodshed Fest 2019

Mold_Putrefaction / 13/10/2019
Crust

British Steel Saturday Night VIII

Simony / 13/10/2019
Heavy Metal

Interview ABBYGAIL

JérémBVL / 11/10/2019
Abbygail

Concerts à 7 jours

Chaos E.t. Sexual + Moonskin + Barabbas

19/10 : Le Klub, Paris (75)

+ Gutalax + Spasm

21/10 : Le Glazart, Paris (75)

Photo Stream

Derniers coms

Oui, superbe album. Surtout que c'est le vieux fan que je suis qui parle. Certes, c'est moderne et différent mais la réussite est totale !!


Sur les extraits clippés présentés, je leur trouve un (gros) côté AVATAR aussi, non ? En tout cas, c'est efficace, aussi bien visuellement que musicalement !


Pareil que Kerry King, je reste sur Burn My Eyes (vus pour ma part avec Emtombed début années 90) et The Blackening qui reste un excellent disque. Pour le reste, je passe mon tour, mais live, ça sonne différemment en fonction de l'orientation de l'album en promotion. La tournée Locust fut bien (...)


Pareil vinyle d'époque et compile d'Agressor sortie il y a peu pour la version CD. Bon, les morceaux inédits, ce sont les démos ?


Ils ont pas dû aimé Secondé B...


C'est parce que j'ai loupé cette tournée à l'époque que j'ai la motivation dès que le Flynn Band passe dans mon périmètre.

Machine Head est en pleine refondation. C'est un moment très ressemblant, en plus important, à la période de gestation de "Through the Ashes...". Ce titre(...)


Morceau pas terrible voire assez ridicule, mais je serai à Lyon et pourtant j'ai bien plus de 25 ans. Ça me rappellera leur tournée avec meshuggah et mary beats jane.


J'aime et j'aime pas Machine Head suivant les albums, mais en live c'est très bon.


Très belle pochette.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Excellente nouvelle


Arrêtez, merde, je me prends un sale coup de vieux à cause de vous ! ^^


Il était meilleur dans VIO-LENCE, c'est clair...


Achat obligatoire !! Même si je l'ai en vinyle d'époque, hé, hé...


AH AH AH !!!
Superbe vanne de quarantenaires effectivement...


Buck Dancer + 1.


J'ai jamais aimé, ni même en encadrer Machine Head et j'ai pourtant essayé. En plus Robb Flynn me paraît insupportable sur scène.... Mais 3h30 de concert et ça sur quasiment toute les tournées c'est RESPECT.


Merci pour la piqûre de rappel sur la sortie de ce nouvel album, dont j'étais passé à côté. A l'écoute du titre sorti il y a quelques semaines, Chritus manquait, mais le côté un peu plus direct du morceau n'était pas fait pour me déplaire. J'espère, en tout cas, un aussi bon album que le(...)


Mon bientôt futur pays d'adoption ! ( 3615 My life) J'espère y faire quelques concerts bien cool. Ça risque d'être intense