Close to Complete Darkness

Morgue

24/05/2024

Godz Ov War Productions

Alors comme ça, c’est bientôt la fête des mères ? Il est donc temps d’aller chercher des fleurs, des cadeaux plus ou moins appréciés, et de développer des intentions affectives. Mais vous savez quoi ? Je donnerais n’importe quoi pour connaître une mère exigeant de son engeance le dernier MORGUE. Cette personne mériterait d’être connue, et de se voir couvrir de présents, si possible extrêmement bruyants et à la limite de la cacophonie la plus impie. Parce que MORGUE, c’est beaucoup plus qu’un simple duo d’Alès. C’est même beaucoup plus qu’une appellation d’origine contrôlée brutale. C’est un art de ne pas vivre, une vision d’un après qui n’a certainement pas grand-chose à offrir, une façon d’envisager la musique sous son angle le plus vicieux et caverneux.

Une philosophie à laquelle j’adhère depuis des années, sans avoir à aller profaner des cadavres entassés dans des tiroirs en aluminium.

Jérôme Blandino (basse) et Max Lobier (guitare, chant, batterie) nous offrent avec ce nouvel album un concentré de bestialité clinique, un rapport libidineux sur les activités post-mortem les plus condamnables. Deux ans à peine après le massacre de Lowest Depths of Misery, le binôme reprend du service pour nous donner des nouvelles du deuxième sous-sol. Un étage pas comme les autres, mal éclairé, presque à l’abandon, sur lequel des médecins louches pratiquent des autopsies ne l’étant pas moins.

Close to Complete Darkness est donc parfaitement en adéquation avec son titre. Proche des ténèbres absolues. Ces ténèbres que l’on subit lorsqu’elles nous enveloppent de leur linceul noir de jais, et qui nous entraînent dans un univers de vice, d’immondices et autres déviances en ice. Toujours à bras le corps avec un Death Metal cryptique et éminemment puissant, les deux musiciens ne dévient en rien de leur trajectoire et appliquent toujours les mêmes principes. Une rythmique boostée, des guitares laminées, des mélodies maltraitées, et une gravité à faire trembler les murs d’une cathédrale défroquée.

En neuf morceaux, Jérôme et Max nous expliquent le comment du pourquoi de ces liquides funéraires qui tombent sur le sol en flaques visqueuses. Une basse qui gronde plus qu’elle ne joue, un chant sous-mixé provenant de la caverne la plus proche, mais un enrobage monstrueux qui confère aux morceaux une aura malsaine, effrayante, et même tétanisante.

Pas de surprises, le savoir-faire se bonifie avec le temps. Les gus connaissent maintenant mieux que quiconque les travers de leur auditoire, et lui offrent un déroulé de boucherie plus fine qu’il n’y paraît. Loin du Brutal Death qui confond massacre stérile à la mitrailleuse et purification à la machette aiguisée comme une feuille de boucher, MORGUE distille, dose, en met parfois un peu trop, mais laisse le rab’ sans augmenter le prix. On se plonge alors dans une tranche de fange usée par des gorets qui grognent toute la sainte journée, et on en ressort maculé d’excréments, de boue, mais heureux d’avoir pu plonger le visage dans le marigot de l‘humanité.

Le principe est simple, se mettre dans la peau d’agents du nettoyage public pour drainer les égouts qui charrient chaque jour des tonnes de saloperies. Le tout est donc un journal de bord ou un rapport de fin de journée sur le travail accompli, et la tâche est acquittée avec un professionnalisme hors-pair. Difficile de dire quel épisode est le plus traumatique ou le plus sale, puisque tous les morceaux se concentrent sur les aspects les plus rudimentaires du Death d’homme des cavernes.             

        

Deux titres de plus de quatre minutes prenant en sandwich sept autres de plus de trois minutes, histoire de ne rien négliger et de tout faire briller dans la mesure du possible. On notera évidemment que cette propension à tout exagérer reste prépondérante, et le mix sur-mesure permet d’apprécier les passages les plus marquées par le Doom/Death cadavérique et rigide.

MORGUE ose même parfois le groove à doses homéopathiques, via le final « Speculative Fall Of The Human Race » qui balance comme un cœur à l’agonie avant trépas. Si les blasts sans pitié rythment la narration avec une célérité éprouvante, la finesse de certaines idées, plus fluides que les autres permet d’atteindre un équilibre entre les tendances Noisy et l’envie catchy de séduire un public plus vaste que celui des charcutiers et des vendeurs de tripailles sur le marché.

Alors, la fête des mères, ça s’annonce comment ? En mode « c’est aujourd’hui dimanche, pour ma jolie maman » ou en version « Rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrhhhhh », les têtes tournant à l’unisson dans le néant ? Rien, de tel qu’une bonne séance de headbanging mère/fils pour resserrer les liens familiaux. Après tout, le chaos n’a pas d’âge, sauf celui de nos artères.

         

Titres de l’album :

01. Upon The Altar

02. Doorways In Crimson Red

03. Blemish

04. Sacrificial Blood

05. Disobedience

06. Towards Complete Darkness

07. Sulphurous Fire

08. Death In Communion

09. Speculative Fall Of The Human Race


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par mortne2001 le 24/05/2024 à 19:20
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