Alors, chers lecteurs, dites-moi tout. Vous êtes plutôt Tom Cruise ou Val Kilmer ? Plutôt looping sauvage ou baroud d’honneur ? Réglo ou costaud ? Héros ou rebelle sans héraut ? Parce que là, il va falloir choisir votre camp…Non, vous ne pouvez pas rester entre les deux ou proposer un compromis, puisque nos musiciens du jour eux, affichent une franchise de ton. Moi, perso - et sans vouloir vous influencer - j’ai toujours eu un faible pour le sourire typiquement américain de Tom Cruise, ces jaquettes presque translucides de blancheur immaculée, cette allure décidée, ce patrimoine US revendiqué…Alors, oui, en bon fan de Top Gun que nous sommes tous, je l’avoue sans détour, je suis MAVERICK. Et ça tombe très bien ma foi, puisque c’est aussi le patronyme choisi par ce combo irlandais qui depuis l’orée des années 2010 nous distille un Hard-Rock aux tonalités modernes, incisif, délicatement agressif, mais mélodique et réceptif. Pour ceux qui ne connaitraient pas encore ces originaires de Belfast, MAVERICK a été formé par une paire de frangins, David et Ryan Balfour, respectivement chanteur et guitariste. Après un premier album, Quid pro Quo, qui leur permit d’ouvrir la scène pour les POODLES, et un second, Big Red qui leur débloqua les portes de celle des TREAT, les deux frères nous en reviennent avec un flamboyant Cold Star Dancer sous le bras, et un nouveau line-up pour l’occasion. Depuis le second LP, Terry McHugh s’est fait la malle pendant la phase de production, et le duo a accueilli un nouveau batteur, Jonathan Millar qui remplace donc Mike Ross aux baguettes. Mais en dehors de ces quelques considérations d’organisation interne, pas grand chamboulement à signaler entre les deux longue-durée, même si on note un assouplissement et quelques pirouettes supplémentaires de ci et là.

Car si les MAVERICK ont pu participer à des festivals d’envergure comme le H.E.A.T Festival en Allemagne,  le ICEROCK et le ROCKNACHT TENNWIL en Suisse et le ROCKINGHAM anglais, ça n’est absolument pas dû au hasard, même s’il fait souvent bien les choses. Mais d’une, autant dire qu’ils ont largement l’envergure pour figurer sur de telles affiches, et de deux, leur musique est suffisamment abordable pour leur permettre de la jouer dans ce genre de conditions. Et en négociant à merveille le virage serré du troisième album, les irlandais s’ouvrent un boulevard qui devrait leur permettre d’agrandir encore plus leur auditoire. Car autant le dire avec objectivité, Cold Star Dancer est bon, très bon même, voir excellent par moment, et se place un léger cran au-dessus de son prédécesseur en termes de professionnalisme mélodique. Avec une marge de manœuvre qui était pourtant assez réduite, les frangins Balfour ont mis le paquet, et nous servent encore bouillants une grosse douzaine d’hymnes aussi concis que variés, qui couvrent un spectre allant de l’AOR bien velu au Heavy salement charnu. En gardant toujours cette optique mélodique qui leur permet de placer en exergue des refrains mémorisables enchaînés à des couplets parfois bien relevés, le groupe aux membres renouvelés se repose toujours sur la complémentarité génétique entre les deux frères, dont le talent individuel et bilatéral commence à sérieusement pencher dans la balance. Si les riffs de Ryan sont du genre hautement accrocheurs, ses soli en font un tricoteur de premier plan, lui qui n’est jamais avare d’un petit shred au passage, sans pour autant tomber dans les travers usuels des guitar-heroes en clinic permanent. De son côté, David chante comme jamais, assurant dans les grandes largeurs en mid, et explosant en high range, histoire d’asseoir sa réputation de chanteur typé à l’occasion.

Et celle-ci fait le larron, puisque sur quarante-quatre minutes de musique, il n’y a pas grand-chose à jeter, voire rien. En admettant des influences aussi larges et usuelles que les KISS, IRON MAIDEN, SKID ROW, ALICE COOPER, RORY GALLAGHER, WARRANT, AEROSMITH, WINGER, DEF LEPPARD, WASP, ou les GUNS N' ROSES, les irlandais ne prennent aucun risque et ratissent large, sans se montrer trop précis pour ne pas jouer le jeu serré des comparaisons osées. Mais on sent toujours dans leur musique ce désir de rendre hommage à toutes les décennies passées tout en restant les deux pieds ancrés dans un présent assumé. Et c’est pour cette raison que leurs chansons ont ce petit parfum si particulier qui sent le classique instantané tout autant que le moderne relifté. A cheval entre un Hard-Rock formel et estampillé 80’s et un Heavy moderne aux contours polis, Cold Star Dancer alterne, étonne, détonne, et parvient parfois à évoquer simultanément QUEENSRYCHE, les POODLES, H.E.A.T et WINGER (« Magellan Rise »), sans paraître pique-assiette ou cover-band en goguette. Et avec une intro aussi torride et syncopée que « Cold Star Dancer », les résidents de Belfast mettent les petits plats dans les grands, nous offrant même une rythmique aux percussions tonitruantes découlant sur un refrain suggérant quelques réminiscences de la vague FM/Sleaze californienne d’il y a trente ans. On pourrait parfois croire que les musiciens tergiversent, et n’arrivent pas à faire leur choix entre Heavy puissant et Hard séduisant, mais ce juste milieu est leur propre camp, et ils s’y sentent très bien. Lyrisme et efficacité, emphase et concision, simplicité et sophistication, tous les ingrédients sont réunis pour célébrer des morceaux qui servent de trait d’union, et qui injectent des riffs saccadés purement Hard à des harmonies progressives marquées du sceau d’un AOR méchamment musclé (« Myrmidon »).

On ne perd pas de temps, et on balance les meilleurs plans, citant DOKKEN et les POODLES pour mieux sonner PURE INC (« Kiss Of Fire »), ou se déhanchant sur un rythme que les LOCAL BAND auraient pu imposer à une fausse reprise new-wave made in MTV (« Goodbye »), pour mieux jouer avec les limites de vitesse et dégainer les sextolets et les chœurs déchaînés (« Viper », NITRO, SHOTGUN MESSIAH et DRAGONFORCE sont dans un bateau, les cordes de guitare et de gosier craquent, qui sort en premier la tête de l’eau ?). Petite pause sur un Hard-Rock teenage et gentiment séduisant (« Kings », le trône est à leur portée), avant un ultime pied de nez en forme de reprise tout à fait incongrue du hit imputrescible de l’éternellement jeune Rick Springfield (« Jessie’s Girl »), très plaisante mais tellement calquée sur l’originale qu’elle gagne à n’être qu’un bonus-track. Après avoir dégusté cette petite friandise finale, on se dit d’ailleurs que le répertoire original développé par les MAVERICK sur ce Cold Star Dancer est largement supérieur à ce petit emprunt, ce qui est toujours très bon signe. Mais en continuant sur leur lancée, les irlandais s’affirment d’album en album comme des figures de proue d’un Hard-Rock moderne mais au fait des traditions usuelles. Un disque qu’on écoute nonchalamment, qu’on réécoute plus attentivement, et qu’on finit par se repasser indéfiniment, puisqu’il s’insinue en vous comme une mélodie magique s’échappant de la bouche veloutée d’une sirène du pacifique. Du soleil à Belfast ? Et comment !


Titres de l'album:

  1. Dusk
  2. Cold Star Dancer
  3. Myrmidon
  4. Kiss of Fire
  5. Goodbye
  6. Ex Machina
  7. Magellan Rise
  8. Seize The Day
  9. Viper
  10. Kings
  11. Devil's Night
  12. Jessie's Girl (Rick Springfield cover)

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par mortne2001 le 08/05/2018 à 14:38
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