Si d’aventure, pour les fêtes de la nativité, vous cherchiez pour offrir à votre petit-neveu Jean-Gaston une petite chainette de cheville orné du logo le plus incompréhensible de la création, ne cherchez plus, tonton Mortne l’a trouvé pour vous. Et nonobstant votre mauvais esprit aux idées déjà figées, il ne s’agit pas de celui d’un obscur groupe de Raw BM underground, mais de celui d’un duo batave au lettrage grossier et touffu comme l’herbe sous mes pieds. Content ? J’espère, parce que si en sus du bijou, vous souhaitiez l’album l’accompagnant, l’euphorie sera totale après lecture de cette chronique. Oui, le Death peut encore se montrer aventureux, en tout cas plus que le dernier MORBID ANGEL en date, tout en lui empruntant une partie de son vocable histoire de garder prise avec un minimum de musicalité. Peu à raconter sur ces nouveaux flingués du bulbe rachidien, si ce n’est que les esthètes de Sentient Ruin ont jugé pertinent de leur offrir asile, et qu’ils ont eu grandement raison, une fois de plus. Alors, niveau infos, je vous dirai simplement que les musiciens de cette aventure globale sont deux, qu’ils jouent déjà dans des formations tout aussi décalées (DEAD NEANDERTHALS et CELESTIAL BODIES pour les connaisseurs), et que cet éponyme est leur introduction à leur monde bruyant et brouillon, faisant office simultanément de démo et de EP carte de visite. Et si vous souhaitez en savoir un peu plus sans avoir à tendre vos oreilles fragiles sur le produit en question, dites-vous que sa pochette est à l’image du son. Abstraite, explicite sans l’être, terriblement cryptique, et déviante autant que possible. Ceci étant dit, parlons musique, tant qu’il en reste.

Leur label, une fois encore, nous facilite le travail en jouant le jeu des comparaisons sans qu’on leur demande. Ainsi, les CRYPTAE se voient recommandés aux fans de PORTAL, ALTARAGE, MITOCHONDRION ou AUROCH, ce qui suffira largement aux addicts des combos en question pour savoir ce qui les attend. Quant aux autres, les néophytes, qu’ils comprennent ceci. Cryptae est aussi bordélique qu’il n’est agencé, aussi efficace qu’il n’est tordu, et aussi psychopathe qu’il n’est bienveillant. Pour en apprécier les méandres inextricablement agencés, il faut être rompu à l’exercice du Death le plus brutal, mais aussi à celui de l’Indus létal, et s’y connaître un minimum en expérimental. Une fois ces données établies, comment apporter quelques précisions sans passer pour un troufion ? Difficile, puisque rythmiquement, le duo parvient à se caler sur un beat énorme, laissant alors la part belle aux arrangements instrumentaux, aussi robotiques qu’analogiques, un peu comme si les SUFFOCATION s’en allaient joyeusement aux champs avec leur main dans celle des MORBID ANGEL, période Techno-bourrin si décriée. On pourrait aussi envisager une union contre nature entre THE BERZERKER et MORTICIAN, forts en joie de constater qu’ils font plus de chaos en duo que chacun sous son toit. Il suffit pour le piger d’écouter l’introductif et traumatique « Glubroneous », strié de dissonances, de percussions en partance et de hurlements de grizzly en rupture de vacances. C’est éminemment bruyant, un peu le foutoir de temps en temps, mais c’est intense, et ça fait mal à la panse, autant qu’aux trois neurones qui vous restent une fois le tout ingurgité. Indus-Techo-Death expérimental, sur le papier, ça sonne mal, mais finalement, ça s’écoute sans avoir la dalle puisque derrière le bordel ambiant, on sent le background de musiciens qui savent quand même lire une portée sans les mains.

Et dans un registre Death Free-jazz de l’apocalypse selon Saint-Noise, ça se tient. Certes, il faut faire un effort pour ne pas se passer de mercurochrome sur les tympans, spécialement lorsque « Ventrum » nous la joue « son de batterie de Lars Ulrich sur St Anger » contre « son de guitare à la REVENGE », en combat arbitré par la production « Indus des forêts norvégiennes en plein marasme écologique » par les studios White Noise. Tiens, d’ailleurs, les deux lascars n’auraient pas pu choisir nom/endroit plus approprié pour leur musique, qui évoque les bizarreries d’EINSTURZENDE NEUBAUTEN autant que les ignominies de CANNIBAL CORPSE en pleine digestion d’après-midi. On peut aussi penser à une version extorquée des tripes d’INCANTATION après une opération de greffe d’un rein de dISEMBOWELMENT, le tout pratiqué par un chirurgien pas vraiment pressé d’en finir, et se passant un bon vieux SWANS en 78 tours. L’image vous sied ? Tant mieux, parce que je n’en ai pas d’autre. Mais sachez quand même que la durée plus que raisonnable d’un quart d’heure frappé vous la secouera suffisamment pour que la dernière goute d’espoir ne reste pas dans votre slip mental, et que « Cryptae », en moins de cent-vingt secondes, fout plus la merde que la discographie intégrale de GNAW THEIR TONGUES. Ceci pointé du doigt, « Maze » n’est pas mal non plus dans son rôle de trublion de dégustation, qui vomit son Death par une énorme bouche Jazz-Grind grande ouverte. Les amateurs apprécieront, les autres rendront. Tout.

Alors, entre ce logo indéchiffrable même par un champion de l’écriture en poirier à l’aveugle, cette musique tout aussi indéfinissable qui semble chercher à tout prix à vous taper sur le système en restant créative, cette production gigantesque qui donne encore plus d’écho à des instruments torturés à la Saw, et une voix délicieusement dégueulasse, le bilan est vite établi.

C’est énorme, j’adore, et vous aussi. Et je ne parle pas des bonds que fait Jean-Gaston. Quel bon garçon…


Titres de l'album:

  1. Glubroneous
  2. Ventrum
  3. Cryptae
  4. Maze

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 17/12/2017 à 18:20
78 %    405

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C'est le Ptiot qu'on voit à la basse? C'est pas Jean Noel qui a enregistré l'album?


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Ca sent vraiment la fin du bal, là.


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