Je précise d’emblée à tous les pervers de la création que le titre de cet album est bien Culś et non pas Culs. Alors, si vous en cherchez une histoire, vous êtes prié d’aller voir ailleurs. Ce qui n’empêche pas ce premier LP de faire preuve d’une certaine perversion dans l’attitude, et de prôner des valeurs déviantes dans le rendu. Mais dès lors qu’on note une signature en bas de page, de celles qui mentionnent des labels comme Iron Bonehead, Sentient Ruin, Blood Harvest ou Nuclear War Now !, on sait à qui on risque d’avoir affaire, et le cas d’école en est encore un aujourd’hui. Sortant son stylo plume pour parapher la distribution d’un énième combo underground, les américains de NWN nous ont encore gâtés en nous offrant l’un des cadeaux les plus fétides de leur existence, emballé dans un papier kraft en sachet de superette US. Nous pouvons faire confiance à ce label de dégénérés qui nous a déjà présenté les travaux d’ABOMINATOR, BLASPHEMY, PERVERTED CEREMONY, REVENGE et MORBOSIDAD pour nous inciter à nous enfoncer encore plus profondément dans le marigot de l’inhumanité, et assurément, SANGUE ne fera pas tâche dans leur catalogue de bestiaux tous aussi déviants et violents les uns que les autres. SANGUE dans les faits, est une aventure italienne pas vraiment comme les autres, fuyant la lumière pour mieux se vautrer dans les ténèbres, et déjà responsable d’une première démo éponyme faisant étalage d’un certain sadisme occulte. Concrètement, cette nouvelle entité est censée se répandre en effluves Death Metal, mais leur approche est tellement obscure et malicieuse qu’on se demande parfois si le BM le plus âpre n’est pas aussi invité aux agapes, ce que les sonorités étouffées de ce premier longue-durée semblent confirmer. Difficile toutefois de se faire un avis précis sur la question, le quintet romain n’étant pas vraiment disert sur son passé et ses envies d’avenir, ne disposant même pas d’une page officielle pour disserter sur la question.

Tout au plus pouvons-nous faire mention d’un line-up (MeTa - basse, Rector Stench - batterie, Valerio Scissor & Welt - guitares et Mirko "Offender" Scarpa - chant), de quelques groupes antérieurs ou actuels (THE TEMPTER, PUNGENT STENCH, LAWA, CARNAGE, LOS TRES HOMBRES, ON/OFF, SPINE, MORBO, VII ARCANO, OMICRON, THROAT VIOLENCE pour Rector et Mirko), mais surtout, de ce Culś qui repousse les limites de la violence en prônant une sorte d’alternance entre la vitesse et la lourdeur pour parvenir à ses fins. Ce qui intrigue au prime abord, c’est cette intro, composée et interprétée à la demande par l’illustre Claudio Simonetti des GOBLIN, qui pose les jalons, et plante l’ambiance glauque et poisseuse. Nationalité oblige, les artistes ont tendance à se filer des coups de main, mais on se demande quand même comment un petit groupe aussi underground a pu convaincre le grand maître des B.O de Dario Argento de collaborer à un disque aussi extrémiste…Toujours est-il que cette entame est une jolie plus-value à une réalisation se plaçant sous des auspices de Death Metal étrusque (ça n’est pas moi qui le dit, mais leur label), et décrivant « les rites anciens d’une civilisation qui a cherché les faveurs des Dieux ayant créé le chaos en interférant avec les hommes » (là aussi, le tout vient d’une accroche publicitaire futée). Mais concrètement, en en aparté de ces gimmicks certes vendeurs, mais légèrement flous, que faut-il attendre de ce premier LP qui en quelque sorte, présente les SANGUE à un monde intrigué ? Une forme très larvée et étouffée de Death Metal, grossièrement teintée de BM occulte, qui sans concourir pour le titre de champion du monde de la brutalité, parvient quand même à titiller la moiteur la plus éprouvante via des astuces de composition remarquables.

Difficile toutefois de situer ce groupe autrement qu’en affirmant qu’ils ont parfaitement leur place dans l’écurie Nuclear War Now. Mais pour plus de précisions, référez-vous au premier vrai morceau de l’album, ce « They Do Not Rest (Clock of the Giants) » qui ose des guitares redondantes au possible sur fond de lignes vocales graves et régurgitées. C’est très gras, rapide mais emphatique, oppressant autant que le Death le plus primaire peut l’être, mais l’affaire va plus loin qu’un simple succédané de tradition perpétrée. On sent clairement que les cinq romains ont voulu adapter des thèmes à leur vision, mélangeant donc le Black norvégien des origines à une vision du Death très européenne, glauque mais ambitieuse, parsemée de chœurs grégoriens morbides, et d’aplatissements dignes du Néo-Doom des nineties. Les plans alternent, se différencient, et rendent donc l’écoute assez fascinante, offrant une versatilité dans la cohérence. La segmentation des morceaux est aussi très intrigante, les italiens se partageant entre des morceaux longs et évolutifs et des charges brutes plus concises, très symptomatiques de la vague centre-européenne de Death Metal de l’orée des années 90 (« Eerie Murmuring / Infinity Abysmal »), mais aussi caractéristiques de la mouvance Noisy actuelle, à cheval entre Death old-school et BM chaotique. Plus fins que la moyenne dans la grossièreté instrumentale, Culś sait imposer une ambiance morbide et fascinante, et profite d’un timing très resserré pour choquer, alternant les passages en mid qui freinent les élans bordéliques de blasts assez fréquents. Le mixage de l’album, assez homogène, place la voix en arrière-plan, pour laisser la rythmique et les guitares se fondre dans un même creuset, et il devient alors complexe de comparer les SANGUE à toute autre entité existante.

Les morceaux passent, accrochent l’oreille et salissent l’âme, interrompus régulièrement par des inserts en interludes qui accentuent la patine gothique et horrifique de l’ensemble. Loin de n’être que des artifices de composition, ces intermèdes sont ludiques et utiles, et achèvent de transformer ce premier LP en bande son d’un film d’épouvante pour les oreilles, entre un démarquage de la Hammer façon fumetti, et un scénario prétexte vite écrit sur un coin de nappe par Aristide Massaccesi. Mais on sent que les SANGUE ont une solide culture alternative qui leur permet d’adapter les préceptes Death des années 80 dans un contexte de Metal sombre et limite gothique (« Shifting into Necrocosmos »), et de dériver le long d’une inspiration dissonante à mi-chemin d’un BM rauque et viscéral (« The Rite of Cosmic Void »). Parfois, quelques gimmicks nous étonnent (cette basse proéminente sur l’intro de «When the Magus Whispers to the Skies »), mais le tout est largement assez crédible et solide pour attirer dans ses filets une frange du public un peu lassée des automatismes vintage actuels. Une découverte intéressante, qui demande à être approfondie et surveillée, histoire de voir où les délires cauchemardesques des italiens nous emmèneront la prochaine fois.    


Titres de l'album :

                        1.In the Church

                        2.They Do Not Rest (Clock of the Giants)

                        3.Eerie Murmuring / Infinity Abysmal

                        4.Interlude / Call of the Gorgon

                        5.Shifting into Necrocosmos

                        6.Her Cold Breath

                        7.Interlude / Tuchulcha

                        8.The Rite of Cosmic Void

                        9.When the Magus Whispers to the Skies


par mortne2001 le 15/06/2019 à 17:40
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Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


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