Je me souviens très bien de la première fois où mes oreilles se sont crashées sur la démo Thy Kingdom Come de MORBID ANGEL. A l’époque, le line-up avait évolué depuis les débuts, et le groupe fêtait l’arrivée à la basse et au chant de David Vincent, le hurleur SM de luxe, au corps d’apollon et au visage de démon angélique. Pete Sandoval ne s’occupait pas encore des futs, mais je notais à l’époque un changement d’orientation patent, et surtout, la progression technique du quatuor. Back to 1987, je savais déjà que ces floridiens iraient très loin, et qu’ils allaient définir à eux-seuls une nouvelle variation du style, plus basée sur la pratique instrumentale et le foisonnement de breaks à l’étouffé. Mais je n’aurais jamais pu croire qu’Altar Of Madness allait être aussi énorme, et avoir un impact aussi conséquent sur la scène globale…Nous avons été nombreux à subir ce traumatisme, en temps et en heure, ou avec quelques années de décalage. Et gageons que Jolyon Dagon lui non plus n’est pas ressorti indemne de ce choc frontal. La meilleure preuve en est son premier EP sous le nom de BANEFUL STORM, au titre évocateur, qui semble se complaire dans l’hommage à peine déguisé à ce grand admirateur devant l’éternel de Mozart et Nietzsche qu’est Trey Azagthoth. Pour un peu, et si trente ans ne s’étaient pas écoulés, Incantations pourrait aisément passer pour la cinquième démo de MORBID ANGEL avant lancement officiel chez Earache, et ce légendaire premier LP dont personne ne s’est vraiment remis…

Je n’ai pas grand-chose à vous apprendre sur ce mystérieux musicien parisien, se cachant derrière un pseudo, mis à part qu’il s’est débrouillé seul pour enregistrer cet EP, qui du coup en devient presque une œuvre d’art tant son professionnalisme dans le mimétisme est déroutant. Certes, et j’en conviens sans problème, pour certains, l’écueil du plagiat n’aura pas été évité, et des riffs aux rythmiques en passant par le chant, l’hommage prend des allures de repique parfois intégrale des plans d’Altar ou de Blessed Are The Sick, mais tout ceci est fait avec tellement d’amour et de hargne qu’on ne peut s’empêcher de rester admiratif face au travail accompli. L’homme a poussé le vice jusqu’à parvenir à retrouver le son si typique de l’époque, un peu sourd, laissant le chant relégué aux arrières-postes, et bombardant la batterie au même niveau que la guitare pour parvenir à synthétiser le mal à l’état pur…Aucune déviation à attendre, même si Jolyon aime à citer d’autres références, comme DEICIDE, DEATH, NOCTURNUS, TERRORIZER ou SODOM, mais qui selon mon humble avis sont utilisées pour baliser le spectre des affinités personnelles de l’instrumentiste plutôt que sa musique, concrètement parlant. Car de « Baneful Storm » à « Sulphur », la patte de Vincent/Azagthoth/Sandoval est patente jusque dans le moindre fill de batterie, sans même parler des riffs qui s’emberlificotent dans les cordes de Trey jusqu’à singer ses soli hystériques et dévoués au malin…

Et au-delà de ces emprunts plus ou moins (plutôt plus) flagrants, Jolyon Dagon a vraiment soigné sa première sortie, et nous offre un produit fini très complet, avec intro et outro, dans la plus pure tradition des albums des années 80. Et lorsque les trompettes et percussions de « Sang » s’évaporent dans des airs suffocants, « Baneful Storm » s’écorche de son riff barbelé et de sa débauche de décibels, pour soudainement verser dans la brutalité la plus crue et technique, à l’image sonore d’un croisement « The Ancient Ones »/ « Immortal Rites », plus vrai que nature. La voix très en retrait, peine à s’imposer, mais les soli rattrapent parfaitement cette discrétion, en se montrant aussi frondeurs que le plus floridien des shreds. Absolu musical, déchirement vocal, pour une ode à la bestialité la plus ouverte, qui nous ramène quelques décennies en arrière, lorsque le Death s’ouvrait à des perspectives fascinantes que les SUFFOCATION, IMMOLATION et autres ATHEIST allaient explorer à loisir. Alors, si évidemment les clins d’œil très appuyés vous gênent, Incantations risque de vous donner des crampes, tant son affiliation crève les tympans…Mais pour engloutir des dizaines de plagiats plus ou moins avoués par semaine, j’ose dire que ce premier EP à les qualités de ses qualités, et qu’il ne cache en rien son message de fascination pour des artistes qui constituent les fondations de l’extrême depuis sa création. Alors autant accepter cette franchise, et apprécier ce premier EP de BANEFUL STORM pour ce qu’il est, à savoir une fantastique démarcation d’un péché originel, un exercice de style incroyablement bien réussi, et une performance hors norme dans la révérences des grands anciens.

Et j’adresse mes plus vifs encouragements à un artiste qui s’est débrouillé seul pour relever ce défi, ce musicien qui a la gentillesse de nous faire partager sa passion, que nous serons certainement très nombreux à comprendre au plus profond de nos tripes. Espérons quand même qu’il parvienne à dessiner son propre univers en s’éloignant un peu de certaines tonalités un peu trop calquées, et qu’il nous offre un futur LP qui lui aussi, peut-être, deviendra une véritable pierre de rosette pour les générations à venir.

C’est tout le mal/bien que je lui souhaite…


Titres de l'album:

  1. Sang
  2. Baneful Storm
  3. Thushazotho
  4. Damned To Fire
  5. Blasphemy
  6. Sulphur

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 14/11/2017 à 14:05
80 %    396

Commentaires (3) | Ajouter un commentaire


L.F
@81.14.44.105
15/11/2017 à 19:18:59
Cet EP est énorme, Baneful Storm joue la musique qu'on reverait que Morbid Angel joue encore.

Jus de cadavre
membre enregistré
17/11/2017 à 18:23:33
C'est juste énorme ce truc...

alan
@78.192.38.132
18/11/2017 à 21:09:56
thanks god nous allons avoir un album de Morbid Angel bientôt

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