On vous l’a déjà dit, mais entre Metalnews et le Grind, c’est une vieille histoire d’amour. Enfin, pour être plus précis, entre moi et le Grind, c’est une très vieille histoire d’amour. A vrai dire, je me souviens encore avec émotion de mes années 80, lorsque mes yeux se penchèrent sur le tracklisting d’un album sorti de nulle part, dont j‘ignorais tout des tenants et aboutissants, mais qui osait plus de vingt compositions dans un timing très resserré. Depuis Scum, je n’ai jamais lâché l’affaire, mais j’ai compris depuis très longtemps que ce style si absolu était en quelque sorte ma catharsis ultime, au point d’y revenir régulièrement y chercher les pansements moraux dont j’avais besoin. Alors, certes le Grind n’est pas vraiment l’apanage de la variété et de la diversité, et pourtant, de par le monde, des groupes continuent d’en propager les enseignements lapidaires, histoire de nous offrir le plus bel exutoire qui soit, à grands coups de blasts, de cris porcins, de riffs sommaires et de textes souvent politiques, mais parfois bien crétins. Et si l’Angleterre et les Etats-Unis (en rude compétition depuis quelques années avec les Philippines, la Colombie et les pays de l’est) se partagent depuis trente ans le leadership, admettons quand même que nos amis australiens ont tendance à rattraper leur retard, et à le combler petit à petit. Ainsi, au hasard des sorties et productions, je suis tombé sur le nouvel EP des flingués de CUMBOMB, qui ont une façon bien à eux d’accueillir le public dans les salles de concert, jouant volontiers en sous-vêtements pour ne pas s’encombrer d’une armure dispensable. Mais au-delà de ce gimmick somme toute assez sympathique, c’est surtout leur musique qui attire l’attention, puisqu’elle nous propose un voyage dans le temps, à une époque où le Grind se voulait encore analogique et délicatement dangereux, gentiment provocateur et globalement heureux.

Se revendiquant des éternels références velues, Jay (guitare/programmation/chant) et Mike (chant/basse) se voient eux-mêmes comme un mixeur géant éclaboussant d’un cocktail relevé au jus ANAL CUNT/AGORAPHOBIC NOSEBLEED/THE MEATMEN/NAPALM DEATH, ajoutant à leur purée une bonne dose de piment ASSUCK, WORMROT, INSECT WARFARE, NASUM, PIG DESTROYER, et autres chanteurs de comptines pour désaxés du bulbe. Légèrement portés sur la gaudriole, nos deux amis austraux proposent donc leur quatrième sortie depuis leur récente création en 2017, après les deux premières éjaculations rigolardes et longue-durée Forced Waste Consumption et Capitalism Is Pretty Cool, tous deux jutés en début d’année 2018. Does This Look Offended ? est donc leur troisième exercice de style en 2018, et autant dire que malgré leur productivité, les deux gus maintiennent un haut niveau de qualité. Il est certain que composer des hymnes Grind à la pelle ne nécessite pas d’attendre que les feuilles mortes tombent, mais autant dire que composer du bon Grind n’est pas donné à tout le monde. Et les CUMBOMB font partie des bons ju(s)tement, puisque les dix pistes qu’ils nous balancent en forme de giclée dans la gueule garantissent un orgasme auditif assez intense. Découpé en deux parties bien distinctes, ce troisième LP des originaires de Perth (blanche, bien sûr) nous offre donc deux visages distincts, aussi différents que similaires, et ce sont donc neuf morceaux lapidaires qui nous attendent en premier lieu, et un ultime segment de plus de dix minutes qui referme les débats. Aucune raison de craindre la redondance donc, mais bien un motif de plus de fêter l’épiphanie bruitiste que représente le Grind intelligent, et si les titres brefs s’accommodent parfaitement d’intitulés paillards, ils n’en sont pas pour autant des excuses à un défouloir à peine agencé.

Et si le sens gentiment provocateur d’ANAL CUNT a visiblement fait des émules (« Tu es une Féministe », « Tu vas à l’Eglise Baptiste de Westboro », « Tu es un Combattant Social », « Aime Ça pour Sauver un Enfant »), le barouf produit ne vise pas les débordements bordéliques indigestes, mais agence les idées pour mieux propulser la folie de ces deux animaux hors de leurs frontières. Je l’admets, leur nouvel effort m’a méchamment séduit, et rappelé les meilleurs instants des AGATHOCLES, d’AGORAPHOBIC NOSEBLEED, mais aussi les pires exactions nihilistes des BRUTAL TRUTH, de NAPALM DEATH et même de GODFLESH. Si les premières dix minutes s’avalent d’un trait comme le final d’un Bukkake rondement mené, les dix dernières passent comme dans un cauchemar, et nous prouvent que Jay et Mike sont un peu plus que de vulgaires amuseurs publics avides de pets de fouffe et autres blagounettes à base de déjections et de papier toilette. D’une parce qu’ils sont vraiment drôles, et de deux, parce qu’ils ont le talent indispensable pour tailler des riffs poilus et violemment accrocheurs, histoire de se replacer dans les contextes les plus anglais et belges de la thématique. Alors, après, vous n’avez plus qu’à faire votre marché dans les neuf premières compositions qui divulguent les secrets les plus enfouis du Grind AOC, avant de vous plonger dans le marigot Indus final de « Cunt Isn’t a Derogatory Term », qui de ses dix minutes s’évertue à propager les enseignements dissonants de Justin Broadrick et MEATHOOK SEED, traitant le tout comme un pamphlet définitif des FETISH 69. Ça pulse, ça blaste, ça rythmique en lard fumé, ça grogne hurle et couine comme un orang-outang coincé dans le cul d’un goret, mais ça défouraille comme pas deux, et ça se déguste comme une lichette de liquide séminal oublié dans un préservatif abandonné. Alors oui, le Grind et Metalnews, c’est une vieille histoire d’amour. Mais un amour bestial qui vous laisse la rondelle en éventail.


Titres de l'album:

     1. You Are A Feminist

     2. Sound Of Cucks Crying Makes Me Hard          

     3. Like This Post To Save A Child              

     4. You Attend The Westboro Baptist Church     

     5. Are you in your safe space? 

     6. Offended By The Mean People On The Internet       

     7. You Are A Social Justice Warrior         

     8. Fucking Under The Cross       

     9. Snowflake Season    

    10. Cunt Isnt A Derogatory Term

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par mortne2001 le 31/05/2018 à 18:18
80 %    160

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Obscenity

Summoning the Circle

Psy-no-ark

Nodvs Gordivs

Stranguliatorius

Rope Soap Tabouret

Nebula Orionis

Starthrone

Valiant Bastards

Harbingers of Chaos

Samarium

Right to Get Violent

Split/cross

Rise of Discontent

Executioner

Bone Collector

Northern Light Orchestra

Greatest Hits

Ploughshare

In Offal Salvation

Conjure

Releasing The Mighty Conjure

Death Chaos

Bring Them to Die

Atomic Death Squad

Brain Dead

Blackwater

Good As Evil

Scorcher

Systems of Time

Virginia Hill

Makin' Our Bones

Psython

The Last Days of the Good Times

Nacht Und Gnosis

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