Degenerations

Diskord

13/08/2021

Transcending Obscurity

Coucou les revoilou, non Michel Polnareff et ses lunettes, mais les norvégiens fous de DISKORD, qui daignent enfin nous donner de leurs nouvelles biscornues. Neuf ans pour accoucher d’un album, c’est un temps de gestation relativement long, et sans échos depuis Dystopics en 2012, nous nous demandions tous si les originaires d’Oslo étaient encore valides et pas en HP. Pour les néophytes, sachez que les DISKORD animent l’underground du froid depuis la fin des années 90, et que leur premier long, sorti huit ans après leur naissance, avait fait du bruit dans les couloirs des webzines. Doomscapes et son titre en D comme l’instaurait la tradition développait de très beaux arguments avant-gardistes, et rappelait la scène des PUNGENT STENCH, DISHARMONIC ORCHESTRA et toute la fange de tarés qui refusent de traverser le Death par le passage piéton.  

En clair, fans de Chris Barnes, d’ENTOMBED, de Martin Van Drunen, passez votre chemin, vous risqueriez de vous sentir seul et apeuré dans ce monde étrange. Fidèles à des préceptes qui n’appartiennent qu’à eux, les musiciens d’Oslo nous ont encore pondu une œuvre qui nécessitera des heures d’écoute pour être appréhendée, mais qui se révèlera dans toute sa richesse après des jours de patience et de décorticage en règle. Construit une fois encore sur une succession de plans tous plus dingues les uns que les autres, maniant la rythmique à faire pâlir PRONG et les KILLING JOKE, renvoyant parfois les MESHUGGAH à leurs chères études impaires, les DISKORD mordent dans la pomme comme ce pauvre Adam, mais se sont fait jeter du jardin d’Eden il y a fort longtemps. D’ailleurs, ils n’avaient pas grand-chose à y foutre, en jugeant de la distorsion de leurs propos qui privilégient les stridences, les cassures, les dissonances aux riffs morbides et à l’atmosphère confinée.

Mixé et masterisé par la référence Colin Marston (GORGUTS), Degenerations n’est pas si éloigné que ça de son modèle canadien, bien que les expériences les plus poussées de GORGUTS soient encore trop impénétrables pour nos amis norvégiens. Ici, c’est la déconstruction qui se fait reine, l’expérimentation rythmique, les bruits blancs, les ralentissements déformés, et le tout à des allures de conte de fée qui tourne très mal.

Death parce qu’il faut bien les caser quelque part, éminemment violent, sinueux, cambré et tergiversant, ce troisième album tient toutes ses promesses et permet d’oublier la presque décennie passée dans la tristesse et la déconvenue.  Hans Jørgen (batterie/chant), Dmitry (guitare/chant), Eyvind (basse, thérémine, synthés, chant), soit deux membres de DEFECT DESIGNER et le batteur du Muppet Show restent donc calés sur la ligne du parti, et nous envoient valser dans toutes les directions. Pour avoir un petit aperçu de leur « musique », il suffit de s’envoyer n’importe quel titre au hasard, du plus court au plus cauchemardesque, mais en se tassant l’improbable « The Endless Spiral », la vision est claire et les options déviantes.

Difficile toutefois de situer la démarche des norvégiens qui prennent un malin plaisir à décoller toutes les étiquettes. Si leur Bandcamp conseille leur art aux fans de DEMILICH, CARCASS, MORBUS CHRON, VOIDCEREMONY, CADAVER, ATHEIST, CYNIC, ATROCITY, PHLEBETOMIZED, CRYPTIC SHIFT, ou DEFECT DESIGNER, faites le tri vous-même dans les références pour ne pas vous tromper. CARCASS est en effet totalement hors-sujet (même les chirurgiens n’auraient jamais placé une cowbell ludique comme sur l’évident « Dirigiste Radio Hit »), ATHEIST complétement fantaisiste (ça va pas non ? Trop cru !), CADAVER beaucoup trop sommaire et tartare, et il est donc important de ne pas se laisser emporter par l’enthousiasme de connaître quelques noms soi-disant affiliés à ces marsouins.

Ceci dit, avec ses moins de trois minutes, la glace à trois boules « Loitering in the Portal » vous mettra très vite au parfum. Grosse basse Indus à la SWANS, batteur qui se croit dans MR BUNGLE et ATROCITY, chant sourd et à peine audible, catapultages en règle, riffs qui ne sont que prétextes PRIMUS à mettre en avant l’élasticité de l’axe basse/batterie, les éléments sont en place, dans le désordre, pour vous rendre maboule avant l’heure. « .Bionic Tomb Eternal », change complètement de tonalité, et rappelle les fulgurances de Christian Fetish, mais aussi le sadisme du NOLA sud des ACID BATH. Catchy comme un hit improbable, dansant comme une gigue joué par des rednecks, on nage en plein nauséeux, et ça n’est que le début.

La suite ?

La même.

Des morceaux qui ne s’éternisent que très rarement, quelques mélodies malmenées et baffrées d’une sauce d’arrangements en écho sous-marins (« Clawing at the Fabric of Space »), un jeu de cymbales précis, des cris, des labyrinthes de rythmes, et un test de Rorschach auditif pour savoir si vous aviez envie de sodomiser votre père en étripant votre mère (adoptive).

N’étant pas totalement sûr d’avoir compris le délire de « Raging Berzerker in the Universe Rigid », mais complètement emballé par le final « Beyond the Grime », j’accorde donc une note tout à fait arbitraire à cet album, histoire de goût et de subjectivité. Les vrais tarés talentueux sont rares, alors autant les cajoler, mais avec précaution. On ne sait jamais vraiment ce qui peut leur passer par la tête.

  

                                                                                                                                                                                                        

Titres de l’album:

01. Loitering in the Portal

02. Bionic Tomb Eternal

03. Abnegations

04. The Endless Spiral

05. Dirigiste Radio Hit

06. Lone Survivor

07. Dragged for Coronation

08. Clawing at the Fabric of Space

09. Atoms Decay

10. Raging Berzerker in the Universe Rigid

11. Gnashing

12. Beyond the Grime


Facebook officiel

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 30/08/2021 à 15:43
85 %    492

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Jefflonger
@86.227.211.199
02/09/2021, 21:16:53

J'aime 6 feet Under et entombed mais aussi Atheist.ou disharmonic...

Et ce Diskord me plaît beaucoup, un peu moins death que le dernier hateful sorti aussi chez TOR.



Ajouter un commentaire


Derniers articles

Sélection rédaction Metalnews 2021 !

Jus de cadavre 01/01/2022

Interview

Devildriver

Baxter 26/12/2021

From the past

Voyage au centre de la scène : PENETRATOR

Jus de cadavre 19/12/2021

Vidéos

Unspkble + Rank

RBD 16/12/2021

Live Report

Anna von Hausswolff

RBD 08/12/2021

Live Report

Igorrr + Horskh

RBD 07/12/2021

Live Report

Fuzz in Champagne - épisode 2

Simony 27/11/2021

Live Report

Voyage au centre de la scène : Archives MORTUARY

Jus de cadavre 14/11/2021

Vidéos

Chiens + Unsu + BMB

RBD 09/11/2021

Live Report
Concerts à 7 jours
Nightmare + Existance + Rhapsody Of Fire 24/01 : Le Petit Bain, Paris (75)
Existance + Rhapsody Of Fire + Manigance 25/01 : Le Ferrailleur, Nantes (44)
Nightmare + Rhapsody Of Fire + Manigance 26/01 : Rock School Barbey, Bordeaux (33)
Nightmare + Rhapsody Of Fire 28/01 : Le Metronum, Toulouse (31)
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Tétard Véloce

21/01/2022, 12:06

Vinnie Logan Paul

La blague continue et ça ne s'arrange pas.

21/01/2022, 11:53

Gargan

Clip moche et ça manque cruellement de riffs.

21/01/2022, 11:01

RBD

Je ne connaissais pas et je crois que ça va me plaire.

21/01/2022, 00:31

Kerry King

Les pochettes Old School ouais !Mon vinyle de Blackout je l'adore. 

20/01/2022, 19:04

eyziel

La cover est totalement insane.

20/01/2022, 17:53

Humungus

"Ils ont toujours des pochettes à chier"?!?!?!?!?!Alors oui, "Fly to the rainbow" est imbuvable, mais toute la série des "In trance", "Virgin killer" (la pochette la plus malsaine de tous les temps !), "Taken by force" (...)

20/01/2022, 11:16

Gargan

Erf, les claviers font un peu trop pouic pouic, dommage.

20/01/2022, 09:46

Gargan

Ils ont toujours des pochettes à chier, mais on leur pardonne. Je suis resté scotché sur taken et surtout fly to the rainbow (un parfait exemple de pochette horrible) et rien que pour ces deux albums (bon, ok, jj'avoue, j'adore aussi le radio-tubesque crazy world) i(...)

20/01/2022, 09:45

Capsf1team

SCORPIONS, c'est presque fini. Le groupe s'arrêtera après une longue tournée, avec 200 dates prévues étalées sur 2 à 3 ans tout de même, pour son 22ème et dernier album, "Sting in the tail". (Papy Cyril)(...)

20/01/2022, 09:10

Jus de cadavre

Ils nous enterreront tous ces cons là ! Même Drucker fera pas le poids !

19/01/2022, 19:20

foja

masters. jamais vraiment

19/01/2022, 19:15

Simony

J'avoue qu'elle est pas de moi, c'est Jus de cadavre qui avait proposé ce style pour SCORPIONS et j'ai trouvé que ça leur allait bien

19/01/2022, 18:10

pierre2

"Never Retired Hard Rock Masters, Allemagne"J'avoue, j'ai ri - merci !

19/01/2022, 15:11

Humungus

Merci grin.(sic)

19/01/2022, 13:36

grinder92

@humu : tu cliques sur le tag "Druid Lord", ça te proposera cette chronique et également celle-ci : http://www.metalnews.fr/chroniques/grotesque-offerings 

19/01/2022, 10:35

Simony

C'est un des groupes dont j'attends leur nouvel album, le titre partagé m'avait beaucoup plu, à creuser car la chronique donne clairement envie.

19/01/2022, 08:12

Humungus

Comment fait-on pour retrouver ta chronique de leur deuxième galette ?

19/01/2022, 07:29

Humungus

Une de mes découvertes de l'an dernier...Hâte de foutre une oreille sur cet album putain !

19/01/2022, 07:26

Simony

En rappel avec The Number Of The Beast, The Evil That Men Do, Iron Maiden et Sanctuary....   

18/01/2022, 23:20