Elements

Duality

15/05/2020

Autoproduction

Dualité : Caractère de ce qui est double en soi ou composé de deux éléments de nature différente.

 

La fameuse dualité de l’être humain, cet être capable des plus grandes preuves d’intelligence mais aussi des pires témoignages de stupidité. Une créature capable d’inventer le futur, de décupler le plaisir, mais aussi de détruire son environnement et de faire preuve d’une cupidité sans limites. Nom fortement connoté donc choisi par ce groupe parisien dont le premier album, 140 Waves trahit déjà quatre années d’existence. Après avoir fortement secoué la scène française, le groupe aurait justement pu se reposer sur ses lauriers, mais ce serait sans compter sur sa créativité et son appétit de composition. Un EP fut ainsi lâché en mars 2017 (Archeology), puis quatre singles entre 2018 et 2019, avant de mettre à disposition un clip pour illustrer le morceau « Fluffy Cloud » que l’on retrouve sur ce nouvel EP. Musicalement évidemment, les instrumentistes sont pointus, ce qui ne les empêche nullement de soigner leurs concepts, puisque celui d’Elements est bien sûr basé sur les quatre éléments fondamentaux, mais pas seulement. D’ailleurs, DUALITY définit sa thématique en ces mots :

« D’un homme malade qui retrouve ses jambes et danse libéré sous le soleil à un vagabond en quête d'espoir, en passant par un voyage dans les méandres du passé, cet EP amènera le personnage de chaque tableau à une introspection. »

Si les personnages des histoires racontées finissent par se remettre en cause pour trouver leur moi profond, l‘auditeur aura plus ou moins la même réaction à l’écoute des cinq morceaux de cet EP. Promu par Ellie Promotion, toujours à l’affut d’un bon plan au niveau national, DUALITY profite d’un bon soutien pour propager ses idées et sa musique, elle aussi à cheval entre plusieurs éléments. Elle a la fluidité de l’eau, la volatilité de l’air, la chaleur du feu et la fertilité de la terre. Concrètement, et pour utiliser des parallèles plus prosaïques, elle se propose de synthétiser tous les courants contemporains d’un Metal en vogue et bien dans son époque, maniant habilement les codes du Hard-Rock moderne, la technique du Djent, les ambitions du Progressif, et les mélodies d’une Pop pas vraiment assumée, mais plutôt admise en filigrane. Se comparant volontiers en termes de créneau à TESSERACT et TEXTURES, voire FIRE FROM THE GODS, les parisiens placent la barre assez haute, et suscitent des attentes. Et sincèrement, ces attentes sont atteintes et satisfaites dès les premières notes. On sent que le quintet (Julien - chant, Jérémy & Logan - guitares, Max - basse et Clément - batterie) vise la perfection dans la préparation de son second longue-durée (« qui plongera l’auditeur dans un univers de divinités évoquant cinq cultures du monde : japonaise, mongole, scandinave, noire africaine et égyptienne. » dixit le groupe), et que cet EP est plus qu’une mise en bouche : un avertissement. Un avertissement amical évidemment, un avertissement musical, qui juxtapose des rythmiques issues du Metalcore, des riffs hérités du Djent, des progressions mélodiques symptomatiques du Progressif moderne (PERIPHERY), pour un résultat hybride, mais terriblement homogène.

Courtes, les compositions débordent d’idées qui se percutent en toute logique, et la fameuse dualité suggérée par le nom du groupe prend forme dans l’opposition entre la violence et la délicatesse, entre la rage et la finesse mélodique, comme pour mieux illustrer les contradictions de l’espèce humaine. On trouve trace de ces contraires/complémentaires sur tous les titres d’Elements, qui s’ils partagent bon nombre de points communs, parviennent à mettre en avant leur nature propre. Une écoute rapide vous aiguillera sans doute vers « Fluffy Cloud », le véritable hit de l’album que vous pouvez déjà connaître pour en avoir regardé la vidéo, et il est certain que cette chanson est en quelque sorte l’acmé de la démarche du groupe, avec ses énormes riffs Core, son chant partagé entre growls et clarté, ses inserts harmoniques en deux guitares scindées mais associées, et ces soudaines montées de colère qui se rapprochent d’un Djentcore progressif, si vous m’excuser le terme. Mais si ce morceau se pose évidemment en single parfait, il ne parvient pas à éclipser la complexité du long « Ship », qui de ses six minutes regroupe toutes les influences des parisiens, avec son déroulé complexe et dense, ses parties individuelles témoignant d’une technique imparable, et ses humeurs qui se succèdent pour former un tout logique et disons le…humain. Doté d’une production évidemment adaptée aux ambitions, puissante, aux graves qui rebondissent et à la dynamique très active et contrastée, Elements est donc un excellent moyen de rentrer dans l’univers de DUALITY, mais aussi de patienter en attendant la sortie l’année prochaine de leur second longue-durée qui à n’en point douter capitalisera intelligemment sur l’expérience acquise.        

                                                                                                

Titres de l’album :

                       01. In the Sun

                       02. Ship

                       03. Buried

                       04. Fluffy Cloud

                       05. Solace

Facebook officiel

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 15/05/2020 à 17:41
78 %    194

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Derniers articles

Licence to Kill

mortne2001 04/06/2020

Mood Swings

mortne2001 02/06/2020

Wintersun

JérémBVL 01/06/2020

Songs For Insects

mortne2001 30/05/2020

Solstice

mortne2001 28/05/2020

The Triumph Of Steel

JérémBVL 27/05/2020

The Gathering 2006

RBD 26/05/2020

End Of Society's Sanity

mortne2001 25/05/2020

Concerts à 7 jours
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Amazing Copy

Les Cro-Mags doivent être contents. :-)

06/06/2020, 20:48

Jus de cadavre

"Les premiers numéros sont parus fin 1992 et nous venons de sortir notre n°87 en février dernier."
Eh ben... Chapeau ! C'est ce qui s'appelle la passion.

06/06/2020, 12:39

RBD

Excellent ! Je les avais vus il y a dix ans pile, bonne claque de Sludge Stoner pur, propre, bourru et très en place, qui sortait pourtant des sentiers battus du style côté bayou ou côté asphalte.

06/06/2020, 12:19

KaneIsBack

Jamais vu le groupe en live, en grande partie à cause de leur réputation catastrophique. Mais j'adore sur album, et ce disque, malgré ses défauts, reste une de mes références (il faut dire qu'il fait partie des premiers albums que je me suis payé). Par contre, je tiens à dire ici haut et for(...)

05/06/2020, 21:41

poybe

Perso je les ai vus il y a une dizaine d'années à la coopé de Clermont (tournée avec Moonspell, Turisas et Dead Shape Figure (là j'ai du rechercher le nom du groupe ^^)), je n'en garde pas un mauvais souvenir. Le son était bon, la prestation correcte, sans être non plus transcendante ... j'av(...)

05/06/2020, 18:45

Hair-dressing Curiosity

@ Humungus :
:-)))))

N'empêche que pour ceux qui avaient biberonné aux 4 Horsemen dans les 80's, devoir subir des curetages du prose comme Load/Reload/St Anger... bordel ! la cicatrisation des sphincters a pris du temps. C'est un peu comme les rhumatismes, ça se réveille mêm(...)

05/06/2020, 17:05

Reading Bouquinerie

Naaa, c'est de la petite série, réimprimé par paquets de 12. :-D

Raaa n'empêche j'ai hâte de lire ça ! Ca va raviver des souvenirs !
(mode "vieux con", avec ses demo tapes sous le bras)

05/06/2020, 16:51

Lifting Catastrophy

J'en viens à penser que le récit d'un BON concert de Cradle ça permet finalement de démasquer à coup sûr un pseudo spectateur qui en fait ne les a jamais vus live. :-))))))




Non allez, pas tapé !! c'était juste pour faire du mauvais esprit. :-)))))

05/06/2020, 16:47

Goughy

Je n'ai que cet album et "Beauty", vu 5 ou 6 fois, toujours en festival ou "gros concert" dons ils n'étaient pas tête d'affiche, je n'ai jamais entendu pareille bouillie sonore pour aucun groupe, même du grind de squat.
On en parle parfois avec mon pote qui me dit que je ment, qu'on les a v(...)

05/06/2020, 15:57

Humungus

4ème réédition putain !?!?
Musso n'a qu'à bien se tenir !

PS : A quand dans la Pléiade ???

05/06/2020, 13:12

Humungus

Bah écoutes, j'ai fort bien fait de ne faire aucun commentaire hier soir car tu as (d)écrit en mille fois mieux qu'elle était mon ressenti sur le sujet...
Merci Professeur Hair-dressing Curiosity.

05/06/2020, 13:10

Hair-dressing Curiosity

Je pense que c'est un tout.
S'ils n'avaient pas à ce point retourné leur veste, il y aurait eu une meilleure acceptation du look, parce qu'ils avaient un tel capital sympathie et affectif avec le public que les fans auraient évoqué ça 6 mois plus ce serait passé crème.
Mais quand (...)

05/06/2020, 12:27

Reading Bouquinerie

maLin

05/06/2020, 12:20

Reading Bouquinerie

C'est main, je viens de me délester de 46 balles. :-))))

(merci MetalNews !!)

05/06/2020, 12:20

Arioch91

Excellent ouvrage que je recommande !

05/06/2020, 07:09

Humungus

Sachant que j'ai dû les voir 3 ou 4 fois, j'ai donc eu l'immense malchance de tomber à chaque fois sur une de leurs 5 mauvaises prestations live.

The Trve Humungus.

05/06/2020, 05:22

Satan

Deux choses :
1) C'est "Whore" en non "Wore".
2) De plus, c'est le nom de l'opus qui prend des petits points (au nombre de 5) et non le titre éponyme qui s'écrit d'une seule traite.
Désolé d'être pénible mais on se doit de respecter les chefs-d’œuvre jusque dans les moindr(...)

04/06/2020, 23:18

Satan

Il est parfaitement risible que l'argument number 1 de l'époque était "ils ont coup leurs cheveux". Ça en dit long sur le degré d'immaturité de bon nombre de métalleux malheureusement.

04/06/2020, 23:05

lolo

pas mal le chat planqué dans les gradins!

04/06/2020, 15:55

Humungus

"Age tendre et têtes de con" voulais-tu dire non ?

04/06/2020, 13:07