Un mariage silencieux ? Voilà en effet qui tient de l’énigme éternelle…Généralement, les banquets de noces sont plutôt du genre bruyants, histoire d’accentuer l’esprit de fête et d’union, mais après tout pourquoi pas, puisque le silence est d’or, comme toute relation…

Sauf que ce mariage silencieux-là ne l’est pas vraiment, et qu’il célèbre plutôt l’union entre un Heavy Metal racé et délicieusement agressif, et un allant progressif qui transcende des compositions pas si simples qu’elles n’en ont l’air.

So, THE SILENT WEDDING, un peu d’éclaircissements peut-être ? Cette célébration maritale nous en vient de Grèce, pays très réceptif à la chose Heavy, qui depuis quelques années comble son retard sur ses voisins européens de la façon la plus probante qui soit.

Au line-up, un quintette (Marios Karanastasis – chant, Jim Katsaros – guitares, Johnny Thermos – claviers, Tom K Wood – basse et Renos Lialioutis – batterie), formation typique d’un HM aux velléités mélodiques prononcées, pour un parcours évolutif qui suit son cours sans se presser, mais en affirmant tout de même sa volonté.

Fondé en 2006, premier EP éponyme deux ans plus tard avec en cadeau une reprise plutôt bien sentie du « Sleeping In The Fire » de WASP, participation à diverses compilations, et premier LP en 2013, Livin’ Experiment, qui leur permet une signature/distribution par le label belge FYB Records, sur lequel on les retrouve aujourd’hui, visiblement satisfaits du partenariat.

Scènes partagées avec quelques noms fameux (SAXON, FATES WARNING, FIREWIND, TYGERS OF PAN TANG), ouverture d’esprit, et surtout, une volonté farouche de ne pas se laisser cloisonner dans un espace trop confiné, en s’autorisant des incartades multiples dans des univers souples et propices à une fusion entre un Heavy Metal de tradition, un Progressif de raison, qui nous ramène autant aux racines d’un SAVATAGE des 80’s qu’à celles plus emphatiques d’un MEAT LOAF qui aurait fait ses adieux à Jim Steinman pour se rapprocher d’un MYRATH en plein doute existentiel le privant de ses arabesques orientales.

Comme vous le constatez, la chose est complexe, mais rassurez-vous, la musique est limpide et très personnelle, malgré toutes ces comparaisons qui tiennent plus de ficelles rhétoriques que de balises précises et restrictives.

En l’état, et en restant sur une base sensorielle et non intellectuelle (ce qui est le plus important lorsqu’on écoute un album), Enigma Eternal est un LP aux multiples couches, qui ne se révèle que par étapes, et qui finit par emporter l’adhésion de sa richesse mélodique et de ses quelques digressions techniques. A l’écoute des douze pistes de ce second album, on sent bien évidemment des traces inconscientes d’une forme très primale de DREAM THEATER expurgé de ses ambitions labyrinthiques trop envahissantes, mais aussi un attachement à une forme très saine de Heavy mélodique qui n’a d’autre ambition que de vous entrainer dans un sillage presque onirique, sans pour autant vous imposer des images de nuit.

Une nuit de noce intimiste et pourtant magnifiée entre un Hard Rock précieux et ciselé et un Heavy évolutif à la QUEENSRYCHE/CRIMSON GLORY, avec quelques accès de puissance Power assez remarquables qui dopent les coups de reins sur le matelas au petit matin.

Adjonction d’arrangements synthétiques pour faire monter la pression, sans jamais se départir d’un instinct harmonique incrusté dans l’ADN (« The Endless Journey », véritable petit opéra Heavy en format concentré qui déroule une mélodie somptueuse qu’on se surprend à reprendre en chœur), pour un grand écart entre respect de la légende et aspirations contemporaines qui place les THE SILENT WEDDING en décalage constant, sans pour autant atténuer leur pertinence musicale.

Si la base instrumentale est classique, avec un clavier et une guitare qui se partagent l’espace vital à parts presque égales, il convient de souligner le travail vocal phénoménal de Marios Karanastasis, dont la voix puissante et chaude reste à des années lumières des tics les plus faciles de la cohorte de chanteurs pseudo-lyriques qui confondent souvent démonstration irritante et incarnation modulante.

C’est souvent lui qui tire l’ensemble vers le haut, même si ses comparses ne sont pas exempts d’idées assez intéressantes (« A Dream Of Choices », juste milieu troublant entre le Rock exubérant de MEAT LOAF, le progressif prenant de SAVATAGE, et l’acuité technique d’un PERIPHERY). D’ailleurs, bien que reliés ensemble par un fil d’Ariane thématique, les morceaux font toujours preuve de curiosité pour capitaliser sur des envies assumées, sans trop se répéter dans les demandes agenouillées.

Cinquante minutes, c’est assez long, mais le temps passe très vite lorsqu’on aime, même lorsque les déclarations prennent leur temps pour donner le ton.

Ainsi, l’épique « Under The Veil Of Grey » se donne plus de six minutes pour résumer ses conceptions sur le Heavy Progressif puissant et à l’orée d’un Power dilué, et change la donne pour s’épanouir dans des horizons plus sombres, mais toujours aussi harmonieux.

Efficacité de riffs simples, volutes de clavier discrètes mais présentes, breaks coulés et ruptures rythmiques disséminées, c’est du travail d’orfèvres, et si certaines incarnations se contentent de répéter les astuces déjà divulguées (« Catharsis », le plus faible de l’ensemble, bien que d’une indéniable qualité, ce qui en dit long sur la moyenne globale), d’autres se montrent plus aventureuses et osent les motifs mordants et les arrangements ombrageux (« What Lies Beyond »).

Power ballad sur laquelle le talent époustouflant de Marios rayonne (« Loneliness », aux mixage toutefois un peu déséquilibré), démonstration de syncopes et alternance de tempo pour une valse qui étourdit la mariée dans un ballet de sensations brûlantes (« Closer To The End »), et dernier dédale Heavy (« Silence »), avant une splendide outro fantomatique et symptomatique d’un petit matin brumeux qui symbolise le premier jour du reste de ta vie (« Hands of Fate »).

Non, décidément, rien à reprocher à ce groupe Grec qui sait se montrer audacieux quand il le faut sans être tendancieux, et qui a parfaitement réussi à garder prise avec les différentes époques et styles pour mieux définir le sien.

THE SILENT WEDDING avec Enigma Eternal ne pose pas d’équation insoluble, mais fait un très joli cadeau aux amateurs d’un Heavy Metal affiné et raffiné, qui a parfaitement su allier la puissance et la préciosité.

 A vous maintenant de décider si vous acceptez leur proposition, mais rassurez-vous, tout ça ne vous engage qu’en termes très limités d’intérêt musical et non de célébration ad vitam aeternam.


Titres de l'album:

  1. A Living Expriment
  2. Shadows Dust
  3. What Lies Beyond
  4. Insanity
  5. The Endles Journey
  6. A Dream of Choices
  7. Loneliness
  8. Under The Veil Of Grey
  9. Catharsis
  10. Closer To The End
  11. Silence
  12. Hands Of Fate

Site officiel


par mortne2001 le 25/03/2017 à 16:16
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