Bon, on ne va pas encore parler de l’inépuisable héritage musical de Detroit, si ? Une fois de plus, parler d’Alice Cooper, du MC5, des STOOGES, de Bob Seger, de Nugent, ou Kid Rock et Eminem pour les plus Hip-hop d’entre nous ? Je sais bien que tout ça mériterait une anthologie en dix volumes rédigée par les spécialistes, mais contentons-nous d’admettre une fois pour toutes que Detroit, comme Nashville, L.A ou New-York fut un réservoir de talents pas forcément comme les autres, et surtout, un épicentre de l’agitation musicale des 60’s/70’s/80’s, et puis, acceptons ceci comme conclusion ultime.

On pourrait.

Sauf que Detroit ne s’est pas arrêté de produire des artistes comme General Motors a stoppé ses chaînes de montage il y a quelques années. Les robinets musicaux continuent de tourner, et nous inondent régulièrement d’une nouvelle coulée de Rock, qu’il soit alternatif, Hard-Rock, Rap ou je ne sais quelle tendance à la mode. Et encore une fois, la hype déborde de je ne sais quel container abandonné près d’une usine désaffectée, fuite que personne n’a remarquée au début puisque son flux fluet n’inquiétait pas le grand public, mais titillait la paranoïa de quelques connaisseurs, un peu plus attentifs que la moyenne.

Aujourd’hui, Detroit se replace sous les feux des projecteurs, qui éclairent de leurs tonalités chatoyantes et fluo un quintette pas forcément comme les autres.

Et l’opération est simple à poser finalement. Christina Chriss (chant), Joey Fava (batterie), Cody Morales (basse), Ronnie Rosolino & Zach Bolling (guitares), une fois additionnés donnent le total KALEIDO, jeune groupe qui ne semble pas pouvoir se résoudre à être cantonné dans un style bien précis, et qui rend hommage à la légende de sa ville d’origine d’une façon plutôt fraîche et subtilement rebelle dans un sens. Un sens plutôt festif d’ailleurs… 

 

Les KALEIDO se voulaient au départ simple et honnête mélange entre le Rock de stade direct des early GUNS N’ROSES, et la folie urbaine métissée de Rock et de Ska du NO DOUBT des débuts. Et histoire de bien brouiller les pistes pour ne pas dévoiler la surprise trop vite, les cinq jeunes chiens fous ont pris grand soin de dissimuler leur véritable nature sous une montagne d’influences aussi disparates que complémentaires. En citant sur leurs différentes pages officielles des références comme FOO FIGHTERS, FOXY SHAZAM, TAKING BACK SUNDAY, THE USED, NO DOUBT, THE STARTING LINE, THE BLACK KEYS, Kid ROCK, Eminem, PARAMORE, IMAGINE DRAGONS, LED ZEPPELIN, LYNYRD SKYNYRD ou Tom PETTY, ils ont bien sûr renoncé à se découvrir entièrement, puisque leur premier album mise quand même sur l’effet de surprise pour vous prendre à revers, et vous prouver que le Rock d’aujourd’hui, peut être aussi ludique qu’efficace, et aussi sauvage que dansant. Dans les faits, Experience en est-une, et plutôt très bonne d’ailleurs, et si les allusions à GUNS N’ROSES sont plutôt rares dans le rendu, les effluves de Gwen Stefani et ses acolytes viennent souvent vous chatouiller les naseaux auditifs au détour d’une emphase vocale prononcée ou d’un refrain sautillant et branché.

Pour être plus précis, si cela s’impose, on pourrait aussi dire que Christina Chriss et les siens ont aussi bien écouté Fefe Dobson que Skye Sweetnam, et qu’ils ont retenu bien des leçons de la scène Néo Rock Californienne des années 2000, qui semble particulièrement leur manquer en ces jours sombres d’autotune et de fake R’n’B facile et aussi radiophonique qu’une blague de Chris Rock.

Sauf que, et je tiens à établir ce point comme dogme incontestable, leur premier album fait preuve d’une maturité et d’une spontanéité en tous points professionnelles, et qu’une fois calé entre vos esgourdes, il fait le job en vous contaminant de ses hits incroyablement énergiques et mélodiques, qui vous replongeront dans vos vingt ans, pour peu que vous les ayez passés sur les bancs d’une faculté quelconque ou la glande était plus importante que les révisions.

Histoire de bien blinder leur passage à l’acte, les cinq compères ont troussé deux magnifiques hits presque estivaux, « Die Tryin’ » et « Trouble In Paradise », dont les virevoltantes vidéos sont disponibles à la vision sur Youtube et qui en juxtaposant l’image et le son finissent de nous mettre à genoux.

Mais il faut dire que les KALEIDO ne sont pas les premières bleusailles venues. Entres les multiples prix remportés (Meilleur groupe de Detroit en 2013 et 2014 selon le Real Detroit Weekly, titulaires d’un Detroit Music Award en 2015 en tant que « meilleur groupe Rock/Pop » et « meilleur enregistrement Rock » pour leur second EP Unbreakable), et les tournées/concerts en compagnie/aux côtés d’AEROSMITH, Slash, Kid ROCK, THE OFFSPRING, Sammy HAGAR, EVANESCENCE, HALESTORM ou Ace FREHLEY, les cinq musiciens ont eu le temps d’affuter leur vision et de peaufiner leur Rock juvénile sans pour autant lui faire perdre de sa candeur ou de sa naïveté mélodique.

D’ailleurs, ces deux qualités sont omniprésentes sur ce premier album qui risque fort de casser la baraque, tant il déborde d’exubérance alternative et de joie mélodique. Tous ses morceaux s’imbriquent et finissent par former une symphonie à la gloire de l’hédonisme sain de notre époque, refusant les excès et les facilités, pour se concentrer sur un art qui n’a pas forcément conscience qu’il en est un.

Pourtant il faut bien du talent pour écrire, composer et interpréter des chansons aussi variées que cohérentes, et de passer du jeune coq en pleine crise de testostérone entonnant un tonitruant « Blue Collar Delight », à l’âne romantique et sentimental hennissant un « All Together » dégoulinant d’amour et de tendresse électrique.

Alors, finalement, GUNS+NO DOUBT égal KALEIDO ? Non, l’équation est fausse dès le départ, puisqu’à aucun moment, on ne retrouve la fougue et la street credibility d’Axl et sa bande sur ce premier album encore un peu trop Pop et tendre pour pouvoir nous accueillir dans la jungle de Detroit. Cette dernière semble un peu moins violente que celle d’Hollywood, et beaucoup moins transgressive aussi, bien que les clins d’œil sarcastiques et autres méchancetés féminines n’en soient pas totalement absents (« No More Little Miss Nice Bitch », explosif et percussif comme une pyjama party qui vire au règlement de compte).

Et outre les deux singles déjà cités, vous pourrez aussi compter sur quelques déliés de riffs amples sur nappes de vocaux subtilement ragga (« On One », refrain up tempo, speed comme il faut), mais aussi sur des évocations assez éloignées de nos centres d’intérêt (« Trouble In Paradise », qui suggère plus NO DOUBT et le crossover Reggae/Rock que David Lee Roth), et si tout se finit sur un morceau assez étrange et en demi-teinte (« The End », qui finalement annonce plutôt un début, avec son ambiance progressive assez éthérée), la franchise domine sur Experience qui reste un des disques les plus frais à avoir émergé des usines de Detroit depuis fort longtemps.

Alors certes, nous avions connu la ville plus âpre et rude musicalement, mais les temps changent, et les inspirations aussi. Et d’ailleurs, les KALEIDO  sont en ce moment en pleine tournée, jusqu’au 10 juin, en compagnie des SEETHER, alors que leur premier LP a déjà investi toutes les plateformes légales de téléchargement. 

Chopez les live si vous en avez l’occasion, il paraît que ça en vaut la peine. Mais a-t-on déjà vu originaires de Detroit nous décevoir on stage ?


Titres de l'album:

  1. Intro
  2. Blue Collar Delight
  3. No More Little Miss Nice Bitch
  4. I
  5. On One
  6. Die Tryin'
  7. II
  8. Trouble In Paradise
  9. III
  10. Balcony
  11. Love & War
  12. All Together
  13. The End

Site officiel


par mortne2001 le 10/06/2017 à 17:00
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https://wickedmetalreview.wixsite.com/wickedmetalreview/post/reptilium-adrenochromacy?fbclid=IwAR3mQiBqH-HFePj2K1w3WrzchVjL2mABPa-drsZ2slIrmbxKotYt1qe3r6g


Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


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