Rien depuis Ahead en 2002. Ah si, une réédition de ce même album par les Polonais de Metal Mind. Mais sinon, rien, un long hiatus, et puis une implication dans LEPTOSOME, histoire de gonfler le Noise avec un peu de Grind. Mais ça nous manquait tout ça, ce Metal si bizarre, un peu bancal, un peu Death mais Heavy, un poil déviant mais sympathique.

Alors lorsque le trio autrichien a lancé sa campagne Kickstarter, les fonds et dons se sont accumulés, histoire qu’ils donnent quand même une suite à leur histoire.

Cette histoire, elle a commencé en 1987, et à l’époque les choses étaient un poil différentes. Le Metal n’en avait alors que pour le Thrash régnant et le Death naissant, et comme les DISHARMONIC ORCHESTRA n’étaient ni l’un ni l’autre tout en étant un amalgame des deux, tout était plus compliqué.

Car ce trio d’iconoclastes autrichiens a toujours joué le rôle de chien bruitiste dans un jeu de quilles nombriliste. Alors, trente ans après leur débuts et après un silence de quatorze ans, que pouvaient-ils proposer de neuf ?

Pas grand-chose, mais parfois, avec du vieux, on arrive quand même à refaire la déco.

La preuve en étant ces neuf nouveaux morceaux, attendus comme un messie avant-gardiste qu’il n’est plus forcément.

On retrouve sous cette pochette à l’artwork superbe signé par l’artiste Alvaro Tapia Hidalgo, un disque produit par Thomas Tannenberger et mixé par Manuel Bundschuh, et interprété par les deux tiers de l’ossature classique de DISHARMONIC, Martin Messner (batterie) et Patrick Klopf (chant/guitare), accompagnés depuis 2008 par Hoimar Wotawa, à la basse.

On retrouve aussi un disque beaucoup moins surprenant que tout ce que le trio a pu sortir jusqu’à présent, plus stable que leurs débuts évidemment, âge oblige, et même moins aéré que Ahead, pourtant déjà bien assagi à l’époque. On y trouve en fait du Metal libre, affranchi de toute dette, et qui part un peu dans toutes les directions qu’ils souhaitent, menant à une vallée paisible malgré le volume sonore ambiant. En tout cas, un havre de presque paix ou les expérimentations et autres délires n’ont plus vraiment droit de cité.

Non que les ORCHESTRA se soient assagis au point de rentrer dans le rang, ce qu’ils ne feront jamais, mais ils ont toutefois compris que la cohésion parfois, ça a vraiment du bon.

Et du coup, cet album financé par les fans se veut l’un des plus percutants de leur carrière, tout en étant le moins frondeur. Paradoxe ? Non, logique d’évolution. Mais attendez…Tout ça ne veut pas dire que la banalité guette les autrichiens pour les asservir. Non, juste qu’ils ont appris à composer des chansons qu’on est presque en droit de reprendre de son côté sans avoir à déchiffrer des équations mentales de schizophrènes incurables.

Fear Of Angst, contrairement à ce que son titre laisse augurer, n’a pas peur de la colère. Cette colère est bien présente, mais souvent larvée, maîtrisée, sous couvert, et parfois, débordant un peu de structures très carrées et mesurées.

Globalement, nous avons droit à une adaptation de la philosophie des DISHARMONIC à un contexte purement puzzle Metal, avec des allusions à l’Industriel New-yorkais, des clins d’œil aux PRONG, au JOKE, mais aussi à SONIC YOUTH, sans les dissonances et autres blagues internes, mais surtout, à un catalogue de déconstruction rythmique assez impressionnant de versatilité.

Peu de vitesse, mais beaucoup d’intensité, et surtout, un genre de groove bizarre qui s’accompagne très bien de riffs posés et coulés, comme le démontre « Proton Radius », incapable de se poser sur un pattern régulier.

En ouverture, le morceau éponyme annonce le monochrome à venir, mais profite d’une redondance bienvenue pour nous faire dodeliner de la tête au déhanchement du phrasé si particulier de Patrick, tandis que la basse de Wotawa se fraie un chemin à coup de notes claquées. C’est du beau travail, un peu plus prévisible qu’avant peut-être, mais qui fait le lien entre le SUICIDAL de 88 et le PRONG des nineties.

Sacré mélange, goûtu et impromptu en bouche. Salé, mais doux au palais.

Quarante minutes pour un retour après quatorze ans d’absence, ça passe très vite, et c’est un peu court ma foi. Pourtant, durant ce laps de temps, nous avons droit à des finesses apportées sur un plateau de table rouillé, comme ce plat de résistance « Rascal In Me » qui s’offre une mise en bouche à la Lemmy avant de repartir traîner dans des labyrinthes rythmiques à la NOMEANSNO. Car la musique des autrichiens est toujours aussi progressive en l’état, bien que moins avant-gardiste, et beaucoup plus raisonnable dirons-nous. Raisonnable, mais pas moins jouissive pour autant. Car après tout, le trio n’est plus cette meute de chiens fous qui mettaient la lande à feu et à sang comme au bon vieux temps décalé du split avec PUNGENT STENCH, ou du séminal et biscornu Expositionsprophylaxe.

Non, ce temps-là est révolu, et la tonalité globale est plus sombre et compacte. Et même si par fulgurances, la folie d’antan remonte à la surface via le Thrash véloce et féroce de « Aura », les exemples sont quand même rares. Oui, les DISHARMONIC ORCHESTRA vont mieux, et se focalisent sur la puissance brute plutôt que sur l’ambivalence abrupte. Mais que voulez-vous, on murit…

En tout cas, les financiers ne se sont pas trompés en accordant du crédit à cette cinquième réalisation longue durée. Car ils ont permis au trio d’approcher les mécanismes froids et sourds du HELMET le plus rigoureux sans abandonner leur nature propre (« Flambition », avec son break interne assez bien vu et ambigu), et d’aller jusqu’au bout de la déconstruction linéaire en se perdant parfois dans les dédales d’antan (« Down To Earth », le seul à faire la jonction avec le passé tout en déballant une mélodie prononcée et disons-le, « mature »).

Et ils nous ont permis aussi de savourer une fois de plus la voix si étouffée de Patrick, tellement atypique dans l’extrême qu’il convient de la déguster comme il se doit.

Alors, oui, quatorze ans de hiatus, ça vous change une donne. Ça l’équilibre en somme. Mais en fait, il est difficile de dire qui de Ahead ou Fear Of Angst incarne le mieux l’esprit de l’orchestre.

Les deux en fait.

Mais même en stabilisant quelque peu leurs accès de fureur, les autrichiens ne sont pas devenus plus dociles pour autant. Disons qu’ils cachent mieux leur jeu de dupes.

Alors, achetez le superbe vinyle édité pour l’occasion. Les vrais artistes sont rares, alors autant encourager leur travail.

 Qui finalement, résulte d’une colère comme une autre…


Titres de l'album:

  1. Fear Of angst
  2. Flushing The Primary
  3. Innamorato
  4. Aura
  5. Proton Radius
  6. The Venus Between Us
  7. Rascal In Me
  8. Flambition
  9. Down To Earth

Site officiel


par mortne2001 le 04/01/2017 à 14:17
75 %    435

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Jefflonger
membre enregistré
24/01/2017 à 22:47:18
encore une sortie à ne pas louper

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Très sympa, j'aime beaucoup !


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Merci pour le report, vieux Jus, ça donne presque envie :)
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Exactement le même avis que toi concernant REVENGE et MGLA sur scène !
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Je te rassure : le "désormais" n'existe pas pour moi puisque je n'ai jamais aimé Korn et consorts (hormis durant ma prime adolescence... donc au temps jadis).


Par contre, Lisa, elle est malade ou quoi ? A la vue des vidéos sur YT, on dirait qu'elle a pris 30 kilos.


Merci pour ce papier, DCD fait partie des grands, et j'imagine les poils se hérisser aux sons de "Xavier" ou l'intemporel "Anywhere...". Ca a dû être de grands moments.


Ce qu'il faudra donc retenir de cette discussion de bon aloi entre Satan et JDTP, c'est que le terme Néo Metal (qui est effectivement une des influences flagrantes de ce groupe) est désormais perçu de façon totalement péjorative...
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