Qu’attendre d’un album dont le premier réel morceau s’intitule « Metal is Me » ? L’évidence même, et lorsqu’on sait parfaitement où on met les pieds, inutile de reprocher une quelconque absence de paillasson. Veuillez excuser cette métaphore un peu triviale, mais après écoute du premier long des OUTLINE, mes neurones ont fondus, et mon esprit critique à rompu les ponts. Car ici, point de finesse, point de tergiversation, point d’évolution, mais du Metal, en fusion bien sûr, de régulières allusions au vécu, et de la franchise de ton, pour un trip immergeant totalement dans le passé au détriment d’un futur qui de toute façon n’offrira rien de bien bon. Si pour beaucoup le nom d’OUTLINE n’évoquera rien, ce n’est pas sans raison. Pourtant, en fouillant bien au niveau de la bio, le néophyte remarquera que le nom de Constanza Godoy Díaz y figure, ce qui permet de trouver quelques indices assez flagrants. En redonnant à la demoiselle son pseudo originel de Tanza, certains fans d’extrême reconnaîtront de suite l’ancienne figure de proue de DEMONA, combo nous ayant travaillé au corps pendant quelques années. Après un nombre assez conséquent de démos, de EP’s et de LP’s, la musicienne se trouva fort dépourvue de constater que la bise fut venue, et splitta son combo d’origine pour se mettre à la colle avec un de ses anciens acolytes, J.Hammer, ex-membre de DEMONA en live. Fort joyeux d’être à nouveau deux et heureux, les deux bardes optèrent pour des sobriquets de rigueur, et se transformèrent en The Hammer et The Speed, pour continuer leur travail de déconstruction de la musique moderne au sein d’un nouveau concept.

Et soyez rassurés, seul le concept est nouveau. Car il ne fallait pas compter sur un retournement de veste de la part de Tanza, qui aime son Metal pur et sur mesure. Il n’est donc pas étronnant de constater que Fire Whiplash pue au moins autant le Speed Metal de papy que les précédentes œuvres de DEMONA, sans vraiment chercher à pousser plus loin la non expérimentation globale. Alors, soyez ravis fans des exactions passées de la belle Constanza, et soyez honnis amateurs de perfection musicale outrée, car OUTLINE à les mêmes défauts que les qualités de DEMONA, et continue d’explorer les obsessions Heavy & Speed de cette musicienne somme toute assez sympathique. Elle mène toujours les débats en matière de composition et d’interprétation, et c’est avec un plaisir non feint que nous retrouvons sur ce premier (pas vraiment) longue-durée ses riffs tranchants, son chant fluctuant, et sa poésie de l’étang. Pas de dérivation, pas d’affabulation, juste du Speed qui se souvient sans effort des prêches de VENOM, d’EXCITER, de RAZOR, et toute la clique allemande qui avait trop peur de tremper ses orteils souillés dans un Thrash trop prononcé. Pourtant, de temps à autres, l’ombre d’un POSSESSED semble faire éclipse au soleil noir des OUTLINE, lorsque le ton se durcit et que les cris se multiplient, comme à l’occasion de ce « Black Eyed Devil », qui empeste le Speed/Death paillard qui fait fuir les trouillards. Mais la tutelle des DESTRUCTION est aussi patente, comme pour tout exercice Speed qui se respecte, et finalement, la référence que l’on retient le plus est celle de Tanza herself, fidèle à elle-même, qui suit sa route sans se soucier du qu’en dira-t-on.

Pas vraiment étonnant dès lors de retrouver ces deux olibrius au catalogue de Hells Headbangers, toujours à l’affut d’une trouvaille ventrue, et qui ici frappe un grand coup. Car depuis leur initiale démo éponyme, les deux instrumentistes ont progressé, et s’offrent ici un son quasiment parfait pour le genre. Avec ses médiums qui frisent, ce chant qui reste un peu en retrait, ces graves aplanis et ces fréquences pas vraiment arrondies, Fire Whiplash n’est rien d’autre qu’un gigantesque brasero de Speed de héros, bestial comme on l’aime, et saignant comme un tartare dans une gamelle. Un peu cannibale sur les bords, le tout joue le jeu de l’abord, et nous séduit parfois d’une sensualité dépravée, lorsque la voix de Tanza dérive le long d’un stupre Heavy qui se plaît à mélanger la gaucherie grossière d’un MADAM X et la rythmique d’enfer des LIVING DEATH (« Away from You », sorte de slow pour psychopathes qui soudain laissent leur nature déviante s’exprimer). Classique, mais bien bordélique, ce premier LP n’est pas dénué d’un charme suranné, et se montre la plupart du temps très efficace à défaut d’être original. Il faut dire que les riffs de Constanza sont du genre brut de chez brut, et que sa voix se rapproche parfois des accents les plus sataniques de Jeff Becerra (« The Assasin », qu’on croirait tout droit sorti de sessions oubliées de Seven Churches), d’autant plus que son assurance est soutenue par la solidité rythmique de The Hammer, qui mérite bien son nom et cogne comme un démon. Le duo passe donc en revue tout son savoir-faire, et trousse des hymnes entièrement dédiés à l’enfer, oscillant constamment entre Heavy bien méchant et Speed aux grandes dents (« Fire Whiplash », qui évoque de loin les premières démos du style), mais en acceptant aussi de s’aventurer en terrain plus mouvant. Ainsi l’album se termine par une déflagration assez impressionnante, plus proche d’un Thrash possédé que d’un Heavy maîtrisé, et « Hell Squad » de titiller le souvenir des DARKNESS, de DARK ANGEL et autres POSSESSED, subissant quand même une sévère baisse de régime au niveau du son.

En huit morceaux et à peine vingt minutes, OUTLINE frappe aussi fort qu’il le peut, et s’incruste dans nos mémoires de metalleux en pratiquant un Speed farouche aux entournures un peu louches. Tanza renouvelle donc son bail de fidélité sans vraiment changer, et nous offre une fausse suite aux aventures de DEMONA sous la forme d’un LP aux proportions d’un EP. Aucun étonnement, aucune surprise à l’avenant, juste du Speed, du Thrash, et du Metal de façon plus générale, mais du bon, et du brutal.       

   

Titres de l'album:

                         01 Intro         

                         02 Metal is Me          

                         03 Lady Teaser         

                         04 Black Eyed Devil 

                         05 The Assassin        

                         06 Away From You  

                         07 Fire Whiplash       

                         08 Hell Squad

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par mortne2001 le 26/07/2018 à 14:27
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Pas mal du tout en effet ! Old-school, brutal, bas du front. Combo !


chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


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Ben oui, normal. Déjà assimiler "vegan" et "antifa" est hors sujet.
Soutenons UADA !


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Non.


Cet album est absolument fantastique !!!


Ravi de lire un report sur Aura Noir


J'ai jamais vraiment écouté Cancer, pourtant je fais partie de cette génération des 90's qui a découvert( le death metal avec ces sorties majeures. Très efficace ce titre , va falloir que je rattrape quelques lacunes.


commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


Candlemass c'est pourris depuis la première séparation des années 90...Avant c'était génial et sombre.


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Les antifas sont effectivement aussi fascistes que ceux qu'ils dénoncent. Pitoyable histoire...


Si Jeff est aussi insipide dans MDB qu'il ne le fut dans Paradise Lost, ça promet de sombres catastrophes. Je me souviens encore de la manière dont il détruisait "As I die" sur scène...


Très très curieux d'entendre ça, surtout avec le retour de Langqvist.