Groupe fondé en 1995, une démo en 1996, un premier EP en 1998, et soudain, le hiatus, le trou noir, l’oubli. On ne sait pas grand-chose sur ce duo étrange venu d’Athènes, si ce n’est qu’il fait plus ou moins partie de la seconde vague de BM grec, et qu’il est constitué de deux membres, Mantus (claviers, piano) et surtout Necrolord (chant, guitare et basse).

Est-il toujours en activité ou bien mort et presque enterré depuis longtemps ? Impossible d’obtenir des infos autrement qu’en se fiant au label éditant ce We Will Be Watching - Le Cultes De Satan Et Les Mystères De La Mort au titre interminable et aux compos aussi alambiquées que son appellation.

Le Bandcamp de Zazen Sounds reste justement très allusif, et ne fait que traiter du cas de ce premier longue durée, qui manifestement a vu le jour il y a longtemps, mais a dû rester coincé sur les étagères du temps pendant un bail…

Alors, que dire de plus ?

Que les morceaux du LP ont été composés et écrits par Necrolord entre 1995 et 1999, qu’il a été enregistré aux studios Underground d’Athènes en juin et juillet 2000, que la batterie jouée par Warhead a été fixée sur bande durant l’hiver 2002, et qu’il a été produit et mixé par Necrolord lui-même.

Ajoutons que sa pochette emprunte les œuvres de Luis Ricardo Falero (« Witches On The Sabbath », 1878, « Festival of The Witches », 1880), et nous avons là tous les détails techniques disponibles…

Visiblement, nous sommes donc face à une œuvre éditée post-mortem, puisque j’ai du mal à croire que le projet a encore une quelconque activité contemporaine. Si tel est le cas, ils se montrent très discrets, mais après tout, nul n’est besoin d’avoir des nouvelles fraîches d’un groupe pour parler de sa musique.

Et de ce côté-là, il reste encore pas mal de choses à dire.

Visiblement, et en constatant l’effervescence sur Facebook générée par la sortie de ce disque, les WAMPYRINACHT ont une solide fanbase, qui s’est réjouie il y a quelques mois de la sortie de ce tant attendu premier LP, qui effectivement, a de quoi satisfaire les fans de BM à tendance symphonique et progressive. Si les premières influences qui se dégagent des pistes fleurent bon les émanations BM des nineties, et le Black très ambitieux d’EMPEROR, mâtiné d’obsessions gothiques à la CRADLE OF FILTH, la production un peu nostalgique confère à ce disque une patine assez envoutante qui échappe à toute classification, mais qui sert surtout à merveille des compositions complexes et longues, qui n’hésitent pas à dépasser les neuf ou dix minutes en trois occasions.

Est-ce pour autant que We Will Be Watching mérite de voir son cas traité dans un webzine? Oui, sans contestation possible.  

Si le son global trahit l’ancienneté du projet, l’atmosphère est travaillée, et reste dans des balises analogiques assez appréciables. Construits sur une succession d’idées complémentaires et logiques, les titres naviguent sur un océan de mélodies amères, et rappellent parfois les digressions acides du meilleur DISSECTION, avec une grosse emphase mise sur l’âpreté des guitares qui laminent en arrière-plan des harmonies vénéneuses. Point de technique exacerbée ici, même si le niveau global est respectable, mais plutôt des thèmes qu’on laisse évoluer naturellement et librement, et qui se reposent sur un ou deux licks principaux, qui évoluent selon la tonalité désirée.

Le chant très raclé de Necrolord évoque bien évidemment Dani Filth, mais aussi Varg Vikernes, sans que l’instrumental ne tombe dans les excès de gimmicks des premiers (malgré quelques arrangements gothiques typés TYPE O’ du plus bel effet sur « She Lets The Flames Embrace Her »), ou la sècheresse nihiliste du second.

Le rythme global se contente de suivre les pistes dessinées, et instaure une alternance de blasts furieux et de mid et downtempi sentencieux, pour permettre une efficacité maximale dans les reprises et les attaques rythmiques.

Autrement dit, Le Cultes De Satan Et Les Mystères De La Mort a des airs d’album du passé exhumé pour obtenir la reconnaissance qu’il mérite, et qui a de fait échappé à la standardisation des modes et coutumes en vogue sur la scène BM européenne de ces dix dernières années.      

Tous les titres possèdent une patte qui leur est propre, et un ADN qui dérive naturellement du Heavy Européen des années 80/90 (« The Old Abbey », un peu MERCYFUL FATE, un peu Folk Metal), et du BM scandinave de la même époque.

La musique est très riche et bénéficie d’une orchestration travaillée, et les changements d’humeur assez fréquents garantissent une écoute à rebondissements, jamais lassante et souvent surprenante. On pouvait craindre au vu de la durée de certains segments une redondance tout à fait légitime, pourtant, Necrolord s’est arrangé pour moduler son inspiration, qui ne se répète guère, même sur le final homérique « Faust (Opera Der Satanpakts) », délire de près de douze minutes qui représente le pinacle d’un disque fondamental dans l’histoire du BM hellénique.

WAMPYRINACHT laisse les éléments s’installer doucement, avant qu’une violence rude ne nous emporte dans un tourbillon de blasts, accélérés par des riffs circulaires typiques de l’art de Jon Nodtveidt et/ou Euronymous.

Lorsque le rythme se stabilise, on retombe dans des ambiances harmonieuses symptomatiques de la période de transition entre les années 90 et 2000, qui évitent le piège fatal de la niaiserie mélodique, et qui parviennent à garder la puissance à niveau.

Il est même parfois possible lors de ce dernier titre de penser à une union contre nature entre IRON MAIDEN et DISSECTION, notamment lors des passages très chaloupés à la Steve Harris, ombragés par des chœurs désincarnés typiques du BM de la fin du siècle précédent.

Les deux premiers segments du LP n’échappent pas aux mêmes constatations, avec toutefois une emphase particulière sur les dérivations douces durant « The Predator Of Humans » qui parfois, tombe dans le Pagan Folk avec un certain flair.

Mais au final, cet album anachronique au développement qui a pris son temps, séduit par sa démarcation temporelle involontaire, et nous rappelle que le BM des origines (ou presque) était encore libre et audacieux, et loin de sombrer dans la dérive d’un Post qui parfois ressemble à une impasse.


Titres de l'album:

  1. Under The Ruined Bridge
  2. The Predator Of Humans
  3. She Lets The Flames Embrace Her
  4. The Old Abbey
  5. Faust (Opera Der Satanpakts)

Lien album Bandcamp label


par mortne2001 le 17/06/2017 à 17:50
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