Certes, c’est bientôt Noël. J’en suis conscient, vous aussi, alors pourquoi ne pas faire un cadeau du genre utile et agréable ? Il est évidemment plus de tradition de chanter en canon « Vent Frais, Vent du matin », ou « Petit Papa Noël » en famille, mais après tout, qu’est-ce qui vous empêche de hurler à quatre voix « Rien à Perdre », « Isolées Technologiques » ou encore de beugler comme des damnés sous la cheminée un tonitruant « Tant de Haine » ?

Hum ? Rien ?

Nous sommes sur la même longueur d’ondes. Laquelle ? Celle des Barcelonais de BUTRÖN, qui vous proposent en ce mois de décembre leur seconde exaction, El Legado de la Barbarie, trois ans après Lanza Termica, paru en 2013.

En en parlant de cadeau utile et agréable, les ibères n’ont pas fait les choses à moitié. Disponible en dématérialisé depuis février 2016, ce second LP se voit distribué sous des formats divers par les petites mimines de labels multiples, dont Broca Records, Sengaja Records, Theia Records, Kremon Records, Noise Of Hell et bien d‘autres, dont Pumpkin Records que j’ai choisi à cause de l’analogie de la citrouille et de Noël qui n’ont donc rien à voir.

Musicalement ? Bonne question, que je vous remercie d’avoir posée. Dans un créneau à facettes diverses, les BUTRÖN excellent, et se font une joie bruyante de mixer Powerviolence, Hardcore, Punk bien sûr, et Crust évidemment, le tout balancé à la sauce high energy par un quatuor qui n’a pas non plus sa plume revendicatrice et dénonciatrice dans la poche.

Les thèmes sont bien sûr inhérents au style, et abordent le cas des injustices, de la corruption gouvernementale, des nouvelles technologies qui nous isolent petit à petit, et tutti quanti, thèmes mis en pratique avec une rage toute espagnole et une débauche de décibels assez joyeuse.

Difficile de résister aux onze pistes de ce second album qui sait se montrer aussi euphorique que sombre, et aussi véloce que féroce.

Sur une trame de Powerviolence crue, les quatre Barcelonais (Guillem – chant, Lluis – basse, Pablo – guitare et Sergio – batterie) brodent des motifs Hardcore très serrés, et n’hésitent pas à appuyer sur le Heavy sale et dru pour relancer une machine Crust bien velue.

On pourrait d’ailleurs trouver X analogies avec la scène D-Beat scandinave, à ceci près que la violence espagnole est beaucoup moins froide et plus exubérante…Mais niveau vitesse, rien à envier aux URSUT et consorts, même si des morceaux diablement mid et accrocheurs comme « Más Brillante Que Mil Soles » permettent aux BUTRÖN de se distinguer de la masse grouillante de brutalité ambiante.

Rien à jeter sur ce second effort qui présente des musiciens au potentiel certain, qui connaissent leur instrument aussi bien que leur boucan. Alors ça valse, ça irrite, ça concasse, ça pique et ça provoque sous un tapis de slogans chocs, et finalement, ça passe tellement vite qu’on n’a pas le temps de s’en remettre facilement.

Comme en plus les bougres font preuve d’une inventivité certaine au niveau des arrangements (l’intro terrible de « Aisladxs Tecnológicxs », un des trucs les plus furieux et créatifs que j’ai pu entendre dans le créneau, à la limite du Crustcore et même les deux pieds dedans), l’affaire est très vite dans le sac qui finit dans la rivière voisine.

Pas du genre à psalmodier dans le vide nos compères, et ils prennent même le temps d’appuyer leurs sermons d’un Punk Hardcore du meilleur ton («Horizonte De Sucesos »), et de terminer sur une ultime attaque brillamment élaborée qui permet à la basse de briller et de claquer, et aux guitares de tenter le coup fourré (« Arjé », dans le genre « on lâche tout parce que c’est la fin », on a rarement fait mieux ou plus haineux).

D’ailleurs, loin des canons lapidaires du genre, le quatuor sait distiller ses ambiances et ses déviances au travers de morceaux qui ne se contentent pas d’une poignée de secondes pour faire les comptes.

On dépasse souvent la barre des deux minutes, sans pour autant qu’un motif ne se répète à l’infini, bien au contraire.

Ce qui n’empêche nullement ces pistoleros de dégainer parfois plus vite que leur ombre sans laisser une chance à leurs adversaires (« Nada Que Perder », on ne les contredira pas, « La Volundad », la leur laisse admiratif, ainsi que cet énorme riff saccadé et redondant en intro), et sur ce terrain-là, ils excellent tout autant et nous laissent pantois.

Mais en gros comme en détail, il n’y a aucun reproche à formuler à l’encontre des BUTRÖN qui signent là un des meilleurs albums de Crust/Powerviolence de l’année.

Difficile en effet de faire mieux que cette petite demi-heure de colère pure que rien ne vient calmer, et qui se veut l’image du cri de peuples qui en ont assez de se faire mener par le bout du vote et du nez.

Un disque peut-être annonciateur d’une révolution à venir, comme celle qui a secoué l’Espagne ces dernières années, et qui se ferait la bande-son idéale d’un soulèvement des plus démunis, qui eux non plus, n’ont plus rien à perdre depuis longtemps.

 Mais le plus percutant des discours en tout cas, de ceux qu’on retient parce qu’ils sont vrais et sincères. Et quand la barbarie d’état atteint ses limites, c’est le peuple qui verse le sang des élites.


Titres de l'album:

  1. Nada Que Perder
  2. Medallas De La Vergüenza
  3. Tanto Odio
  4. Peones
  5. La Voluntad
  6. Golpe Tras Golpe
  7. Mismos Tiempos
  8. Más Brillante Que Mil Soles
  9. Aisladxs Tecnológicxs
  10. Horizonte De Sucesos
  11. Arjé

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 07/01/2017 à 17:56
90 %    384

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Jus de cadavre
membre enregistré
07/01/2017 à 19:52:44
Excellent ! Du crust comme j'aime l'entendre... Très suedois je trouve, avec riffs épiques par moment.

Ajouter un commentaire


Hellsodomy

Morbid Cult

Anal Slave Of Satan

Anal Slave of Satan

Detherous

Hacked to Death

Grand Slam

Hit The Ground

Lindemann

F & M

The Dead Daisies

Locked and Loaded (The Cover Album)

Sun

Brutal Pop

Sleep Token

Sundowning

Pretty Maids

Undress Your Madness

Morbid Cross

Disciples Of The Goat

Blood Incantation

Hidden History Of The Human Race

3rd From The Sun

3rd From The Sun

Agnostic Front

Get Loud!

Spoil Engine

Renaissance Noire

Lightning Born

Lightning Born

Sapiens

Sapiens Project

Nitrate

Open Wide

(echo)

Below The Cover Of Clouds

Exylle

Exylle

Goodbye June

Community Inn

Godspeed You ! Black Emperor

RBD / 25/11/2019
Drone

BEHIND THE DEVIL #12 Interview avec David de SHARE YOUR PAIN RECORDS

L'Apache / 20/11/2019
Depressive Black Metal

Birds in Row

RBD / 13/11/2019
Emocore

The Murder Capital + Whispering Sons

RBD / 07/11/2019
Gothic Rock

Concerts à 7 jours

+ Verdun + Nornes

13/12 : Circus, Lille (59)

Photo Stream

Derniers coms

Belle découverte pour moi, j'aime le côté thrashy de certains riffs.


Excellente chronique !


Old school cette pochette ???
La thématique oui, mais la réalisation pas du tout. On dirait un comic Marvel récent...


On dirait du Pestilence la pochette.


Cet artwork très "old-school death metal" !


La musique me replonge directement dans les années 90' cassage de nuques et headbanging, mais j'ai plus de mal avec le chant.


L'intro de "Hell Awaits" sur Decade... M. A marqué à vie !


Gros respect pour Slayer même si j'ai seulement 2 mauvais souvenirs de concert (sur plus d'une quinzaine) Pour moi aussi decade reste le meilleur live , ne serait ce que pour l'intro de hell awaits qui plante le décor pour tout le reste de l'album.


Ah bon, pas le dimanche ?!


Qu'il revienne en 2021 pour les 40 ans et des dates en France et on en parle plus.


@Jus de cadavre ;

oui pour Decade of Aggression auquel je juxtapose Dance of the Dead, bootleg enregistré au Zénith le 22/11/1991.

Ca tombe bien, j'y étais :p


Ach !
Vous n'êtes peut-être pas assez trve pour brûler leur stock, mais dénoncez nous ce groupe si dégueulasse...
On veut un nom et le pourquoi du comment bordel !

(#Closer #Public #Voici)


@king : nan, le meilleur live de l'histoire c'est Decade Of Aggression !!! ;)
Concernant la violence de ce groupe, je me suis toujours demandé d’où venais leur colère et même cette haine palpable. Surtout à leur débuts : King est un premier de la classe à l'école, aucun dans le grou(...)


Je me retape le Still Reigning en ce moment.

LE MEILLEUR LIVE DE L'HISTOIRE.


+ 1000.

Le plus grand groupe de Metal de l'histoire tout simplement...


@JDC : j'aurai pas dit mieux ! J'ai eu la chance de les voir pour la tournée Divine Intervention en 94 au Zénith de Paris (Machine Head en 1ère partie). Effectivement, le concert le plus brutal que j'ai jamais fait. Les morceaux sur scène et sur album sont d'une intensité rare. Est-ce du aux ry(...)


J'aurais vraiment aimé les voir une dernière fois. Mais on connaît l'histoire, Hellfest tout ça ....

Jusqu'à maintenant je pensais aussi qu'un jour ils seraient de retour, mais maintenant je suis moins convaincu.

Dommage que Lombardo n'ai pas participé à la fête, m(...)


@Humungus :
Araya, ça m'étonnerait tout de même.

Veut profiter de sa retraite durement gagnée :p

Pis sans déconner, tune ou pas tune, le genre de zique pratiquée par Slayer + la vie en tournée + loin de chez soi au bout d'un moment, ça doit vraiment peser lour(...)


Arf, un pincement au cœur, pour un Label que nous avons crée il y a fort longtemps, et que d'autres ont repris par la suite. Merci à vous de votre dévouement et votre professionnalisme. Un estie de bon Label en Tabarnak, je ne pourrais en dire moins ... Bonne route.


Je plussoie tout les coms ici. Un groupe à part, d'une intensité rare sur scène comme sur album. Le Metal extrême ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui sans Slayer. Reign In Blood sera à jamais un des albums les plus extrême, violent et intense jamais sorti. Slayer aura marqué au fer rouge n(...)