Guitariste italien de talent, Stefano VIANA est un pur enfant des années 80, et s’est emparé pour la première fois d’une guitare après avoir entendu Randy Rhoads jouer. C’est alors l’âge d’or du Hard Rock des eighties, et le jeune instrumentiste restera marqué à vie par la découverte de WHITESNAKE, BON JOVI, DEF LEPPARD, Ozzy OSBOURNE ou Y&T. Et peut-on lui en vouloir lorsqu’on est soi-même un enfant des années 80 ? Bien sûr que non, spécialement lorsqu’on est conscient du potentiel du musicien, qui depuis une poignée d’années nous rassasie d’une musique mélodique et nostalgique, et pourtant bien dans son temps. C’est simple, en jetant une oreille sur ses travaux les plus récents, et en prenant note de sa nationalité, on serait en droit de croire que le prodige a été signé sur le label Frontiers, et pourtant, c’est bien chez les concurrents d’Escape Music que son deuxième album est hébergé, ce qui ne change rien au fait que ce Forever Free a largement de quoi séduire les amateurs d’harmonies musclées et toux ceux qui regrettent que l’AOR ne truste plus les premières places du Billboard comme à la grande époque de JOURNEY ou Richard MARX. Et après un premier LP éponyme, qui avait attiré l’attention sur lui, le guitariste de Novara revient donc à la charge sans vraiment chambouler les plans, mais en ayant pris soin de réunir auprès de lui une équipe de mercenaires quatre étoiles, venus lui prêter main forte. Et c’est encore une fois sous la houlette de son grand ami Alessandro Del Vecchio, qui s’est chargé du mixage et du mastering que Stefano nous enchante les oreilles avec ses chansons simples mais débordant de joie de vivre, histoire d’égayer un peu notre quotidien morne et violent…Pas de craintes à avoir donc au moment d’aborder ce second chapitre, mais plutôt une grosse dose d’espoir, de soli en sourires Ultrabrite, et de refrains en soleil levant sur une famille de soap-opera américaine. Car même s’il n’est pas né du bon côté de l’Atlantique, ce cher Stefano a bien appris de ses aînés, au point de leur faire la nique sur leur propre terrain, confirmant que depuis l’orée des années 2000, les européens ont bien appris la leçon.

Pour ce second LP, VIANA, le groupe, a pu s’enorgueillir de participations fameuses, à l’instar du premier tome éponyme. C’est donc après avoir contacté Bryan Cole (GIANT, STEEL CITY), chanteur et producteur de son état, que Stefano s’est mis au travail pour élaborer un nouveau répertoire. Prenant donc la place encore chaude de Del Vecchio au micro, Bryan s’est manifestement fait très plaisir à interpréter ces chansons débordant de bonheur et de mélodies, qui collent à la peau de leur compositeur et de leur interprète. Mais Bryan n’est pas le seul invité de marque de cette réalisation de luxe, puisqu’on retrouve aussi au casting les noms connus de John Roth (WINGER, STARSHIP) aux soli sur trois morceaux, celui de Terry Brock dans les chœurs, ainsi qu’Anna Portalupi (HARDLINE) à la basse, Adam Ernst à la batterie, Francesco Marras à la guitare et Pasquale India aux claviers. Et c’est ainsi que dix nouveaux titres sont nés, respectant l’esprit général du projet, et la nature propre du compositeur et guitariste principal qui n’a rien changé à sa façon de voir les choses, tentant toujours de recréer cette ambiance magique qu’il a connu étant adolescent, et frémissant à l’idée de combiner une fois de plus la science Hard-Pop de BON JOVI et l’art imparable des refrains homériques de JOURNEY. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’entreprise est encore une fois couronnée de succès, puisque Forever Free est un véritable hymne à la liberté, et un voyage sur les autoroutes du Rock le plus nuancé, mais aussi le plus sincère dans les faits. On retrouve donc ces couplets qui roulent sur du velours, ces chorus entonnés à plusieurs voix, ces guitares qui mordent tout en caressant dans le sens du poil, et ces arrangements qui nous replongent avec bonheur dans les années 80, lorsque les permanentes étaient une figure imposée, et que les productions se devaient de sonner comme des génériques de films.

Difficile de ne pas voir en VIANA un concept contemporain aux PALACE, SPACE ELEVATOR, et à une bonne partie de l’écurie Frontiers/AOR Heaven, tant les points communs sautent aux oreilles dès les premières notes de « Forever Free ». Même sens de l’emphase harmonique, même bonheur de jouer des morceaux enthousiasmants, même énergie déployée à bonne escient, pour un résultat qui a de sérieuses allures de Greatest Hits déguisé d’un combo capé. Stefano n’a rien perdu de son savoir-faire, et sa dextérité à la guitare brille encore de mille feux, lui qui pourtant n’en rajoute pas dans la démonstration. C’est à ce point parfait qu’on a parfois la sensation d’écouter des inédits de JOURNEY ou de REO SPEEDWAGON remis au goût du jour, et la comparaison n’a rien d’anodin eut égard au pedigree des deux groupes cités. Evitant avec flair le sentimentalisme dégoulinant, Stefano n’en cède pas moins de temps à autres aux sirènes de l’émotion, permettant à son vocaliste de nous hisser vers les étoiles, à l’occasion d’un sublime « Do You Remember ». Mais ce petit infléchissement ne doit pas faire oublier que les trois quarts de l’album débordent d’allant, recopiant avec fidélité les recettes du beau Jon Bon Jovi, celui qui nous émerveillait les tympans de son diptyque Slippery When Wet / New Jersey (« Friday Night », « In the Name of Love »), sans pour autant sombrer dans le pastiche ou la reproduction un peu trop fidèle pour être louée. On tombe aussi régulièrement sur des traces de pas du trottoir du Sunset, mais aussi sur des réminiscences de la scène européenne des MAGNUM et de DEF LEPPARD, avec cette petite touche très italienne des années 2000 qui a su élever le recyclage au rang d’art majeur. Si certains trouveront le tout un peu trop poli et lisse pour être encore du Rock, les autres, et ardents défenseurs de la cause mélodique jubileront à l’écoute de ces morceaux aux refrains à applaudir des deux mains, qui parfois laissent place à des choses plus ambitieuses.

Ainsi, « Heart Of Stone » permet aux seventies héroïques de s’unir aux 80’s hédonistes, dans un élan presque progressif, mais surtout, efficace en diable. Le feeling n’a donc pas été oublié dans le placard des souvenirs, mais il est très difficile de faire son choix parmi cette foire à la joie, et si certains chapitres se mettent naturellement en avant, les critères de qualité sont maintenus sur la durée, permettant d’apprécier des singles de la trempe de « I Wanna Tell You » que les WHITE LION et KING KOBRA auraient pu co-composer du temps de leur grandeur. Et pour bien prouver son allégeance totale à un Hard Rock vital, VIANA nous sert sur un plateau un final de héros, accélérant le tempo pour faire glisser la sueur et nous faire vibrer de chaleur. Et « We Will Never say Goodbye » d’exploser comme un plaisir trop longtemps contenu. Libre à vous de refuser tout ceci sous des prétextes fallacieux de purisme et de trop grande ouverture, mais ceux qui comme moi n’ont pas oublié l’exubérance d’une décennie qui nous a tout appris (ou presque) sauront reconnaître un musicien vraiment passionné, qui ne fait pas les choses à moitié, et qui assume l’apprentissage de ses jeunes années tout en acceptant d’avoir vieilli. Et le bonheur se faisant rare aujourd’hui, autant en profiter lorsqu’il est offert de si bon cœur. 


Titres de l'album :

                       1- Forever Free

                       2- In the Name of Love

                       3- Heart of Stone

                       4- We Can’t Choose

                       5- Who do you Think You are

                       6- Live Free or Die

                       7- Do you Remember

                       8- Friday Night

                       9- I Wanna Tell You

                       10- We Will Never say Goodbye

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par mortne2001 le 26/03/2019 à 18:05
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pas le 27 Avril mais c est le 17 Avril voir site;
https://wickedmetalreview.wixsite.com/wickedmetalreview/post/reptilium-adrenochromacy?fbclid=IwAR3mQiBqH-HFePj2K1w3WrzchVjL2mABPa-drsZ2slIrmbxKotYt1qe3r6g


Ah, effectivement : la pochette est terrible !!


merci pour ton report
Je n'ai pas pû me déplacer pour cette affiche monstrueuse, ce qui rend la lecture douce et cruelle à la fois.


Un produit plastique crée de toutes pièces, sasns identité ni âme. Merci Nuclear Blast de cracher sur le patrimoine.


Seul le premier album était excellent, les 2 autres dont celui-ci de moins en moins bons.