Suède, nostalgie, Hard-Rock, Sleaze, refrains fédérateurs et son à décorner un cocu. Merci, avec de tels arguments, je suis certain d’avoir attiré votre attention, et je vais donc pouvoir vous annoncer que les scandinaves permanentés et excités de CRAZY LIXX ont sorti leur sixième album studio, et qu’il est évident que la plupart d’entre vous vont craquer une fois encore. Bon sang mais c’est bien sûr ! On sait le peuple du froid le plus à même de nous rappeler au bon souvenir d’eighties que nul n’a pu mépriser ou occulter, mais avouons que ces marsouins-là sont les meilleurs dans leur catégorie, qui justement ne supporte pas la supercherie. Et sans dévier de leur trajectoire de départ, Danny Rexon, Joél Cirera, Jens Sjöholm, Chrisse Olsson et Jens Lundgren nous entraînent une fois de plus dans un voyage passé vers l’avenir, en troussant non des groupies, mais des riffs, des mélodies, et en accommodant leur sauce d’une touche de savoir-faire qui leur est propre. Et après Heroes Are Forever (2006), Loud Minority (2008), New Religion (2010), Riot Avenue (2012), Crazy Lixx (2014) et Ruff Justice (2017), c’est donc ce Forever Wild, qui de son titre en profession de foi vient nous enthousiasmer de son énergie typiquement rétro, et de son envie décuplée par le talent collectif. Toujours sauvages les CRAZY LIXX ? Oui, car celui qui parviendra à les apprivoiser n’est pas encore né, mais pas seulement, puisque l’émotion a aussi le droit de cité sur ce nouveau-né, qui parvient à ménager quelques instants de tendresse spontanés. Au programme de ce baptême, du Glam bien sûr, du Sleaze évidemment, mais aussi une grosse dose de Hard-Rock mélodique comme seuls les suédois savent encore le faire, et des refrains qu’on garde en tête bien au-delà du lendemain.

Pour la seconde fois produit par le vocaliste Danny Rexon, qui s’était fait les dents sur Ruff Justice il y a deux ans, Forever Wild est une nouvelle mine de hits venus du froid qui soufflent le chaud, mais à la différence de ses aînés, ce petits dernier joue plus la carte de la variété, et nous propose un éventail bien écarté. Toutes les facettes du Hard grand public des années 80 est passé en revue, de la ballade intimiste à l’hymne anthémique (« Wicked »), en passant par l’incursion en territoire plus modulé, via le Hard FM/AOR de « Silent Thunder », single avant-coureur, qui réussit la gageure de synthétiser le meilleur de BONFIRE, WINGER, NELSON et SLAUGHTER, sans leur pomper leurs idées. Evidemment, tout ça ne sent pas vraiment la nouveauté, encore moins l’inédit élaboré, mais le tout dégage un tel parfum d’exubérance et d’aisance qu’on serait presque tenté de dire que le quintet a atteint la perfection dans l’excellence, si leurs albums précédents ne l’avaient pas déjà fait. En tant que connaisseur, et pour avoir chroniqué par le passé des disques de la trempe de New Religion ou Crazy Lixx, je dois avouer que Forever Wild place la barre encore plus haut, et parvient à éclipser les moments de gloire passé. Pourtant, en osant les cinquante minutes de timing, les cinq musiciens ont fait un gros pari, celui de parvenir à nous divertir sans nous faire bailler ou regarder notre montre. Mais très sincèrement, et sans savoir où les gus sont allés chercher leur inspiration, aucun morceau de ce sixième LP ne montre de signe de faiblesse ou de tendance au remplissage, même si « Eagle », la semi ballade de rigueur passe les six minutes de ses harmonies délicates.

D’ailleurs, plus que d’une ballade, il convient de parler de blue-song, dans un élan proche d’un résumé de la sensibilité de DEF LEPPARD, WHITESNAKE, WINGER et tous les rois de l’exercice. Magnifique morceau à l’emphase dramatique mais aux mélodies légères, cette chanson est le parangon d’un art totalement scandinave de l’exercice de mimétisme, sauf que les CRAZY LIXX sont beaucoup plus que de simples imitateurs appliqués. Sinon, comment expliquer une tuerie en règle de la trempe de « (She's Wearing) Yesterday's Face », qui nous en colle une justement dans le plus pur style EXTREME de Pornograffitti, avec une fois encore des chœurs à la DEF LEP en exergue, le tout saupoudré d’un glaçage Sleaze n’édulcorant pas la pâte salement Heavy et épaisse. Et minute après minute, chapitre après chapitre, Forever Wild déroule le tapis rouge de Malmö à la Californie, avec des tubes qu’on reprend à tue-tête, oscillant entre Heavy FM peaufiné mais sauvage (« Terminal Velocity », un machin que le HAREM SCAREM le plus joueur aurait pu nous pondre sur le miraculeux Mood Swing), et le pur jus Hard à faire trembler la mousse du Billboard (« It's You », BON JOVI et les BRIGHTON ROCK sont au Roxy, qui a droit à un verre gratuit ?). Le sceptique attend en vain le faux pas, l’harmonie un peu mièvre, le coup de mou dans le médiator, mais las, il finit par abandonner, même s’il reste accroché à la tendresse de « Love Don't Live Here Anymore », arguant du caractère classique du slow qui tue. Manque de chance, loin de s’engluer dans la guimauve, cette pause nous rappelle une fois encore le meilleur d’une décennie ou l’amour faisait loi ailleurs et ici, et loin d’une erreur, ce titre est en quelque sorte le repos du guerrier bien mérité.

Alors, on reproche quoi à ce sixième album qui doit quand même bien avoir un ou deux défauts ? Justement, rien, puisque entre une pochette hyper flashy, une production aux chromes polis, et des chansons qui mettent au tapis, Forever Wild incarne ce que vous pourrez écouter de mieux dans le style rétro ce premier semestre, voire cette année. Catégorique ? Oui, mais avec objectivité, car cette passion dont font preuve les suédois met encore plus en relief leur talent imparable pour trouver l’accroche qui vous colle au plafond, que ce soit de façon discrète mais palpable (« Weekend Lover »), ou de manière explosive, en nous achevant d’un dernier burner qui sent bon l’adolescence vécue à fond et qui remonte par les naseaux (« Never Die (Forever Wild) », au même niveau que le « Rock N’Roll Kid » des BRIGHTON ROCK ou le « Wild in the Streets » de BON JOVI). Donc, et après écoute fouillée, attentive et impliquée, nul besoin de tergiverser. Forever Wild est aux années 2010 ce que des albums comme 1987, Young, Wild & Free ou Hysteria furent aux années 80, distillant la rage des BACKYARD BABIES dans le nectar des NIGHT FLIGHT ORCHESTRA. L’écart entre les deux vous semble excessif ? Alors prenez la moyenne, et vous comprendrez de quoi je veux parler.    

    

Titres de l’album :

                            1.Wicked

                            2.Break Out

                            3.Silent Thunder

                            4.(She's Wearing) Yesterday's Face

                            5.Eagle

                            6.Terminal Velocity

                            7.It's You

                            8.Love Don't Live Here Anymore

                            9.Weekend Lover

                            10.Never Die (Forever Wild)

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par mortne2001 le 02/06/2019 à 15:02
95 %    252

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Phil
@90.113.171.92
20/08/2019 à 19:32:56
Chronique sacrément bien torchée. Chapeau !

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Très belle pochette.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.


Excellente nouvelle


Arrêtez, merde, je me prends un sale coup de vieux à cause de vous ! ^^


Il était meilleur dans VIO-LENCE, c'est clair...


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AH AH AH !!!
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