Freedom

Journey

08/07/2022

Frontiers Records

Je ne vous propose pas une chronique ce matin, mais bien un voyage. Mieux qu’un voyage, une évasion, loin de toute frontière, dans un pays merveilleux où les claviers et la guitare règnent à parts égales, où les communiqués se font d’une voix d’or à travers les haut-parleurs de la liberté, pour diffuser une révélation, une arrivée céleste, une sorte d’éclipse qui laisse le soleil se cacher derrière un halo d’ombre. Ce voyage, cette évasion, cette arrivée sont proposés par le seul groupe américain capable de nous faire bouger d’un point A à un point B sans remuer un orteil, juste par le pouvoir de la pensée, et disons-le, de l’amour que l’on peut porter à un musique qui depuis les années 70 nous berce non d’illusions, mais d’images magnifiques, et de chansons éternelles.

Any way you want it

That's the way you need it.

Il y avait plus de dix ans que nous étions sans nouvelles studio du plus grand groupe US d’AOR, dix ans depuis cette Eclipse que l’on pensait fatale, mais qui n’était qu’une plongée dans les ténèbres provisoires. Soyez donc heureux, rangez vos antidépresseurs, remisez vos mouchoirs dans le placard, et accueillez comme il se doit le quinzième tome d’une des aventures les plus passionnantes de la musique moderne, JOURNEY. JOURNEY est donc de retour après une longue absence à travers les étoiles et se pose sur notre mange-disques avec de nouvelles mélodies à nous soumettre. Evidemment, immaculé comme la robe virginale d’une jeune mariée, ce nouveau disque va faire chavirer les fiancés de l’Amérique, et laisser les autres de marbre. Mais je vous prends à témoin devant l’autel, Freedom vous séduira d’une manière ou d’une autre. Ou alors, j’en avale mes promesses faites à ce Rock mélodique qui a tant fait trembler les charts à une époque où le peuple comprenait encore la vraie musique.

Pendant la pandémie, il n’y avait pas grand-chose à faire. J’ai passé beaucoup de temps dans mon petit studio à la maison, à apprendre à jouer des claviers et à monter des boucles. Certaines de ces idées ont fini par devenir des chansons. Donc c’est un peu sorti de nulle part.  

 

Sorti de nulle part pour arriver dans toutes les chaumières, et avec un line-up de rêve pour mieux reconquérir ce public si versatile qui oublie parfois les plus grands héros passés de mode. Heureusement, le langage musical de JOURNEY a toujours été universel, et non lié à un mouvement quelconque, malgré toutes les récompenses platine des années 70. Entre les deux tauliers, Jonathan Cain (claviers) et Neal Schon (guitare), s’est glissé un mercenaire revenant, le monstrueux bassiste Randy Jackson (qui jouait sur Raised on Radio, l’un des disques les plus cultes de JOURNEY), qui fait donc équipe avec le poulpe Deen Castronovo (batterie), le tout sous la supervision de la voix incroyablement suave d’Arnel Pineda, plus grand sosie micro de Steve Perry. Et à l’image de TOTO, les compagnons de route des seventies, JOURNEY se plonge dans ses propres souvenirs pour signer l’un des albums les plus longs de sa carrière, mais aussi l’un des plus émouvants.

Emouvant parce que « Live To Love Again », l’une des ballades les plus somptueuses que Schon a pu signer depuis très longtemps. Emouvant parce que longuement attendu, et donc écouté fébrilement, presque religieusement par les fans les plus endurcis, peu amènes à pardonner le moindre faux-pas. Mais si Freedom ne figurera sans doute jamais au panthéon des plus grandes réalisations du groupe, il restera ancré dans la mémoire collective comme étant l’un des retours les plus sincères et addictifs de la légende US.

Il n'y a rien que nous ne puissions vraiment jouer. Il y a un morceau que j'ai composé avec Narada l'autre jour. Je l'ai envoyé à Arnel et il paniquait. Il m’a dit : « Cela ressemble à un nouveau [Jimi] Hendrix ou Prince ». Et je ne faisais que déconner ! C'était juste une jam que nous avons faite et cela s'est avéré être monstrueuse. Nous créons. Nous n'avons pas peur d’explorer de nouveaux territoires. Il est facile de rester dans sa zone de confort et d'écrire ce que nous avons toujours écrit. Nous y restons pour ne pas effrayer tout le monde, mais en même temps, c'est un nouveau chapitre de JOURNEY. Je veux aller là où nous ne sommes jamais allés auparavant.

 

Si Neal Schon se laisse plus ou moins emporter par son enthousiasme, force est de reconnaître que certains morceaux restent assez éloigné du canapé confortable dans lequel le groupe s’est assis il y a des années. Je pense notamment à ce rageur et subtilement Hard/Funk « Come Away With Me », que l’on aurait pu trouver sur un album de LOVE/HATE ou d’EXTREME, ou encore à ce très poppy et DEF LEPPARD « All Day All Night », déhanché au maximum, et symptomatique de cette attitude consistant à repousser ses propres limites (et en cadeau, une ligne de basse énorme de Randy Jackson…)

Avec près d’une heure et quart de musique et pas moins de quinze titres, JOURNEY n’a pas joué la facilité, et a provoqué la redondance en duel. Duel duquel le groupe sort grand vainqueur, puisque la variété des morceaux terrasse les erreurs et reproductions trop fidèles, et autorise même des incartades dans le passé le plus glorieux de l’institution, via le tubesque « Don't Go » qui rappelle évidemment les hits seventies, mais aussi un morceau aussi éternel que « Higher Place ». Joie d’offrir, plaisir de recevoir comme le disaient ces pochettes surprise de notre enfance, et avec un tel répertoire, pas surprenant de prévoir que les fans vont être aux anges. Et pour cause, puisque les fausses ballades sont lourdes et sublimes à la fois, avec cette patine Heavy des années 70 et ce son d’orgue si caractéristique (« Let It Rain », qu’on imagine très bien chanté par Glenn Hughes), tandis que les incartades Hard/Pop empiètent sur le territoire de TOTO, avec une partie de batterie digne du grand Simon Phillips (« Life Rolls On »).

En fait, j'ai hâte que nous nous réunissions et que nous commencions à « monter le spectacle »  

 

Travaillant par tous les moyens possibles, (Zoom, démos, envois, mails), JOURNEY a retrouvé sa jeunesse perdue en se laissant aller à ses instincts naturels. Le résultat est là, sous vos oreilles, et se veut merveilleux autant que simple et honnête. Freedom est un témoignage de liberté d’un des mastodontes les plus jalousés de l’histoire de la musique Rock américaine, et le quinzième chapitre d’une saga qui se lit comme on se retrouve en famille après des années de « chacun chez soi ».

Une petite merveille, qui pardonne toutes ces années de silence, et qui nous emmène ailleurs, alors que le « ici » est de plus en plus prévisible et effrayant.

  

        

Titres de l’album :

01. Together We Run

02. Don't Give Up On Us

03. Still Believe In Love

04. You Got The Best Of Me

05. Live To Love Again

06. The Way We Used To Be

07. Come Away With Me

08. After Glow

09. Let It Rain

10. Holdin On

11. All Day All Night

12. Don't Go

13. United We Stand

14. Life Rolls On

15. Beautiful As You Are


Site officiel

Facebook officiel


par mortne2001 le 22/07/2022 à 17:44
85 %    121

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Kingeddie
@92.184.108.190
03/08/2022, 10:58:33

Pour ma part, je suis beaucoup plus réservé sur ce Freedom pour au moins deux raisons : d'abord la production est très médiocre et indigne d'un grand groupe comme Journey ( seuls les claviers tirent leur épingle du jeu !) et le jeu de Neal Schon ne me surprend plus, les solis ( mais pas que!) sont du déjà entendu, les mélodies suivent un peu le même chemin...au final, c'est plutôt le "bof" qui l'emporte...et puis 15 morceaux pour 1h15, c'est un peu long, ( en encore la version japonaise a un titre supplémentaire !)à ne pas écouter d'une traite si on veut éviter l'overdose...


Ajouter un commentaire


Derniers articles

Obscene Extreme 2022

Mold_Putrefaction 16/08/2022

Live Report

J'irai Mosher chez vous ! Episode 4 : Seattle

Jus de cadavre 12/08/2022

J\'irai mosher chez vous

Suffocation + Kharkov

RBD 08/08/2022

Live Report

Hysteria

mortne2001 04/08/2022

From the past

Voyage au centre de la scène : DEATH POWER

Jus de cadavre 31/07/2022

Vidéos

Incantation + Akiavel + Horror Within

RBD 30/07/2022

Live Report

Appetite For Destruction

mortne2001 21/07/2022

From the past

100 Albums à (re)découvrir - Chapitre 3

mortne2001 18/07/2022

La cave
Concerts à 7 jours
Gang + Balls Out + Overdrivers 20/08 : Place Du Rietz, Burbure ()
Tags
Photos stream
Derniers commentaires
Albatard

Cool le report bien détaillé, ça donne envie d’y retourner!

18/08/2022, 21:09

Seb

j'avais eu de l'espoir avec un morceau qu'il avait mis en ecoute mais le reste, c'est de la merde.Comme d'hab...

18/08/2022, 10:29

Fleur de cannibal

C’était mieux à 3 qu’à 4 ? Sans doute mais Angelripper au fond de lui ne veut pas se l’avouer … 

18/08/2022, 08:27

l\'anonyme

C'est fade et très convenu. Ca surf sur la vague actuelle, comme tous les albums de Machine Head d'ailleurs qui surfaient sur la vague du moment. Et, à force de vouloir faire des albums différents les uns des autres, ils perdent leur identité.Le seul poin(...)

18/08/2022, 08:02

Humungus

Mon dieu, mon dieu... ... ...

18/08/2022, 07:37

Humungus

Idem.(Et cela m'attriste de le dire au vu de ma vénération pour ce groupe...)

18/08/2022, 07:13

Kijgo

Et tout aussi ininteressant

17/08/2022, 21:45

Kijgo

Toujours aussi intéressant ce groupe.

17/08/2022, 21:44

Kijgo

Toujours aussi intéressant ce groupe.

17/08/2022, 21:44

Arioch91

Pas mieux.

17/08/2022, 20:11

Eliminator

Oui je crois qu on peut dire que c est vraiment pas terrible.Machine head, Fear Factory, Sépultura... Ces groupes de mon adolescence qui aujourd hui disparaissent dans cet océan de chiasse qu est devenue l industrie musicale.Cette prod sans âme avec un son de bat(...)

17/08/2022, 19:26

KaneIsBack

Toujours un bon moment, ces reports de l'OEF, même si je ne suis pour ainsi dire jamais d'accord avec toi. Au passage, merci pour Escuela Grind, dans le genre, c'est franchement chouette. 

17/08/2022, 17:35

KaneIsBack

Pas mal. J'aurai sans doute oublié ce groupe demain, mais en attendant, je suis toujours client pour ce genre de Black/Death suédois à la Dissection. 

17/08/2022, 17:30

Humungus

Bah voilà...Cela ne révolutionne effectivement rien dans le genre, mais quoi qu'il en soit, cela faisait trèèèèèès longtemps qu'un groupe de Black 90s ne m'avait pas autant fait de l'œil.Dommage qu&apo(...)

17/08/2022, 16:00

Humungus

Un fest que je voulais faire quand j'étais encore jeune et plein d'entrain...Plus du tout le cas maintenant donc. Même si l'affiche beaucoup plus éclectique désormais me plait bien plus...PS : A te croire, malgré l'aur(...)

17/08/2022, 15:43

Jus de cadavre

La taille du report   Merci ! Un fest que je rêve de faire !

17/08/2022, 13:42

Gargan

C'est lØve.

17/08/2022, 10:59

Gargan

On dirait un générique de séries 80s US en boucle   

17/08/2022, 10:56

pierre2

On a le droit de dire que c'est pas terrible ?? mmmh....

17/08/2022, 08:37

Simony

Mouais... c'est pas fou fou...

17/08/2022, 08:30