Le but, c’est quoi finalement ? Surfer sur la vague, jouer les opportunistes pour engranger des sous et gagner en notoriété ? A part quelques fumistes et des groupes montés de toute pièce par des maisons de disque, je n’ai pas beaucoup d’exemples à mettre en avant. Non, je pense que depuis le début, du moins j’ai la naïveté de le croire, tout le monde cherche à être honnête et à jouer la musique qu’il aime, et si les modes sont ce qu’elles sont, c’est uniquement parce que les labels traquent le gibier une fois le premier loup sorti du bois. C’est à chaque fois le même processus, un groupe sort de (presque) nulle part, fait un carton planétaire, et chaque boite veut avoir le sien pour ne pas être en reste. Mais l’honnêteté prime toujours, même si elle ne rapporte pas forcément. Il y a de quoi avoir quelques sérieux doutes quant à la sincérité des musiciens se réclamant d’une nostalgie appuyée. Après tout, ils utilisent des recettes et des options ayant largement fait leurs preuves dans le passé, sans forcément chercher à les réactualiser, tout ça pour profiter d’un regain d’intérêt pour les années 70 ou 80. Mais même dans ce cas, avec un peu de pratique, il est facile de séparer les petits malins qui pompent uniquement pour faire les malins, et les vrais compositeurs au cœur d’airain, qui ne sauraient jouer une autre musique. Et nul n’a dit qu’un style se devait de perpétuellement évoluer d’ailleurs. C’est certainement en embrassant cette philosophie que le quintet scandinavo-canadien d’ASSASSIN'S BLADE a vu le jour, il y a cinq ans, bien décidé à pratiquer un Heavy solide à tendance Speed, sans aller plus loin que le chemin parcouru il y a trente ans ou plus. C’est en tout ce cas ce qui ressort comme impression après écoute de leur deuxième album, ce franc et massif Gather Darkness qui nous rappelle bien des souvenirs à nous les metalheads des années 80, élevés au biberon DIO et au sein JUDAS PRIEST.

La bande ne cache en rien ses influences, mieux, elle les assume. Depuis 2014 et la composition d’une démo par Peter Svensson et David Stranderud, ASSASSIN'S BLADE a toujours été un concept voué à la révérence d’un Heavy Metal d’hier, avec tous les tics que cela comporte et les attitudes fières qui en découlent. Et après avoir réussi à enrôler Jacques Bélanger, ex-chanteur d’EXCITER, justement excité par ces morceaux et cette idée, puis Marcus Rosenqvist après la parution d’un premier longue-durée en 2016 (Agents of Mystification), le duo devenu quatuor a pu se lancer corps et âme dans sa passion, durcissant un Metal de tradition d’inflexions purement Speed et Thrash, tenant certainement compte de leur parcours et de celui de leur illustre vocaliste. Et il en a fallu pour convaincre Bélanger de reprendre du service après huit ans de silence sans groupe, car on n’attire pas ce genre de chanteur avec du vinaigre à crédit. En l’occurrence, des chansons simples et directes, jouées avec les tripes, s’adressant directement à l’amour que peuvent porter certains fans à la musique d’ICED EARTH, de DIO, d’OMEN, et bien sûr d’EXCITER. Après trois ans et un enrôlement supplémentaire (Bruno Buneck à la guitare), le quatuor est donc devenu quintet et reste fidèle à Pure Steel Records, certainement le label le plus à même de croire en eux et de leur offrir la promotion qu’ils méritent. Ce sont donc dix nouveaux morceaux qui viennent nous chatouiller les tympans, composés selon une éthique qui n’a pas changé. Prendre exemple sur les cadors sans avoir l’ambition d’en devenir un, mais d’offrir une grosse dose de plaisir aux aficionados d’un Metal sans concession, articulé autour de riffs pleins et puissants, d’une rythmique pleine d’allant, et d’un chant lyrique qui permet presque de rattacher notre assemblée de canadiens et suédois aux héros anciens de METAL CHURCH.

Ce que j’affirmais plus en amont se vérifie donc à l’écoute de ce Gather Darkness. De sa pochette au trait un peu grossier et à l’artwork symptomatique des glorieuses 80’s, en passant par ses compositions qui ne cherchent pas la petite bête Néo dans un univers Heavy, jusqu’à cette interprétation flamboyante et guerrière, tout respire la sincérité et le bonheur de jouer une musique certes éprouvée, mais toujours aussi convaincante. La sincérité certes, l’une des composantes les plus importantes, qui n’évite toutefois pas la linéarité, l’un des principaux écueils de ce genre de réalisation. Et ne pas en parler serait redoutablement injuste, puisqu’au moment de juger de la pertinence de l’œuvre, l’objectivité est de mise. Et ce second album n’échappe à aucune règle puisqu’il les respecte toutes, et se complait parfois dans une routine de créativité qui montre des signes de faiblesse à mi-parcours, malgré des tentatives d’incursion en terrain Power Metal à l’allemande (« The Thaumaturge »), et des allègements plus caractéristique d’un Hard-Rock mordant, tel qu’on le pratiquait dans la seconde moitié des années 80 (« Soil Of The Dead »). Si les riffs sont toujours majestueux, ils ne peuvent s’empêcher de répéter les mêmes saccades et mélodies, ce qui a tendance à niveler la puissance, mais ces quelques moments de baisse de dynamisme ne doivent pas occulter les nombreuses qualités d’un LP qui affiche ses intentions dès le départ. Et si « Tempt Not (The Blade Of The Assassin) » joue sur tous les poncifs du Speed d’antan, il en adopte la vitalité, avec son tempo échevelé et ses lignes de chant emphatiques. Et immédiatement suivi du burner « Call Of The Watch », complètement Thrash, il forme un diptyque qui met les choses au point et fait se lever les poings. La voix de Jacques fait d’ailleurs merveille sur ces inserts plus violents, rappelant son implication dans EXCITER, l’un des groupes les plus mésestimés de la scène canadienne.

Moins convaincante sur les chapitres plus empesés, car tirant un peu trop sur la fibre dramatique (« The City That Waits »), elle n’en reste pas moins le point de focalisation principal, ayant été mixée très en avant. D’ailleurs, ce passage presque Doom et faux hommage à CANDLEMASS et BLACK SABBATH est assurément l’un des points forts de l’album, tout comme l’est aussi le plus light « The Ghost Of Orion », tant ils apportent du sang frais au massacre Heavy organisé. Et sans remettre en question l’intégrité des musiciens, leur foi est encore un peu trop indéfectible pour s’autoriser des incursions hors-sujet, ce qui pose le problème d’un album encore un peu trop monolithique et unidirectionnel.         

   

Titres de l’album :

                          01. Tempt Not (The Blade Of The Assassin)

                          02. Call Of The Watch

                          03. Gather, Darkness!

                          04. The City That Waits

                          05. Dream Savant

                          06. Gods

                          07. The Ghost Of Orion

                          08. The Thaumaturge

                          09. I, Of The Storm

                          10. Soil Of The Dead

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par mortne2001 le 19/01/2020 à 14:02
75 %    81

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