Grind Against Trump

Various Artists

02/09/2017

Posers Inc.

Un album de Grind qui dépasse les quarante minutes ? Diantre, le style aurait-il changé au point de s’éterniser ? Pas de crainte à avoir, puisqu’il s’agit là d’une compilation, assemblée par un passionné, qui célèbre là la première sortie de son label, que je vais m’empresser de vous présenter. Ben, vingt-deux ans, vivant dans l’Iowa et l’Illinois, collectionneur et nerd ultime, qui amasse cassettes, compiles, disques, jouets, VHS et tout autre artefact, et accessoirement leader Metalcore d’ARTORIAS. Mais cette propension à accumuler n’a rien à voir avec le but de cette entreprise, qui au travers de ses trente-trois pistes se veut saine réaction de haine vouée à l’administration Trump, qui n’en finira donc pas de déclencher des réactions hostiles à son sujet.

Et quel choix plus pertinent que celui du Grind, style qui contient un nombre non négligeable d’activistes, toujours prêts à se fendre d’une implication pour exposer leurs convictions. Ils sont sur tous les fronts, du véganisme à l’écologie, en passant par la défense des droits des citoyens, alors pas étonnant de retrouver leur nom au sein d’un collectif bien décidé à prendre les instruments pour lutter contre l’émergence évidente de cette faction « nouvelle droite », qui, décomplexée par les agissements d’un président favorable à leur sens de la ségrégation silencieuse, se montrent à visage découvert, persuadés d’avoir été adoubés…

L’histoire se répète ? Inévitablement, et c’est pour cette raison que l’expression et la dénonciation restent des actions indispensables, pour ne pas retomber dans le piège tendu il y a quelques décennies, et qui avait privé des millions de citoyens américains de leurs droits les plus fondamentaux. Et quel meilleur vecteur que le Grind pour faire un maximum de bruit histoire d’éveiller les consciences ?

C’est exactement ce que Ben s’est dit en proposant cette cassette faite maison, dont soixante-dix pour cent des bénéfices seront reversés au SPLC (Southern Poverty Law Center), histoire de montrer à Trump et à ses alliés que le peuple n’est pas décidé à se courber et obéir sans broncher. Les récents évènements tragiques de Charlottesville prouvent qu’une telle entreprise se justifie d’elle-même, d’autant plus qu’elle a été particulièrement soignée, et se présente sous forme de sampler bourré ras la gueule de cris et de blasts, permettant à la crème de l’underground bruitiste US de jouer sa carte, au service de la communauté. Avec un ou plusieurs titres chacun, les groupes présents sur ce tract bénéficient donc d’une exposition non négligeable, et se présentent armés de violence jusqu’aux dents, pour témoigner de la bonne santé de la scène Hardcore/Grind d’outre Atlantique. Les initiés et les habitués ne manqueront pas de remarquer quelques ensembles bien connus, dont mes petits chéris de CLOSET WITCH, les inévitables CLOUD RAT, ACxDC bien évidemment, DEAD CHURCH incontestablement, les BEAR BONG, WVRM, et tant d’autres dont j’ai abordé les cas dans les colonnes de Metalnews. A leurs côtés, d’autres habitués, comme les PIZZAHIFIVE qui bénéficient d’une tribune de quatre morceaux, les SICK-TIRED avec trois segments, mais aussi FALSE LIGHT, LIVID, FALTER, NOXIOUS GHOUL, STOIC, WAKE, SUNLIGHT’S BANE, VERMIN WOMB, VAN HAGAR, THE CAMBODIAN HEAT, CRYSTAL METHODIST, GOOLAGOON, TERMINAL NATION, TRIAC, TO THE POINT, et le groupe de Ben himself, ARTORIAS.

Je vous laisserai vous orienter vers les pages officielles de chacun des groupes cités, sinon, cette chronique finira par ressembler à une synthèse des pages plus ou moins déclarées de chaque faction. Mais outre le caractère engagé et philanthropique de cette compilation Grind Against Trump, c’est sa qualité qui force l’admiration, puisque outre un son à décoiffer le postiché pastiché, chaque groupe se donne de toute ses forces pour vous inciter à acquérir le produit en question, qui n’en est pas un, mais plutôt un acte de rébellion assez sain. Dès lors, chacun décidera de sa tranche de violence préférée, mais il est utile de préciser que toutes les facettes du Hardcore le plus virulent sont présentées, ce qui confère à cette réalisation la variété dont elle avait besoin pour fédérer.

Inutile donc de s’appesantir au cas par cas, chacun des ensembles possédant déjà un catalogue assez fourni qui sera plus représentatif qu’un morceau ou deux isolés. Mais ce panachage de références vous permettra sans doute de vous tenir à la page, et de rester en phase avec une des scènes extrêmes les plus productives, sans avoir besoin d’une bouée pour surnager. Mais en tant que spécialiste de la chose, je ne doute pas de votre curiosité, qui vous attirera sans doute dans les filets des combos les plus méritants et emblématiques, qui loin de se vautrer dans la facilité d’un bruit sourd et soutenu, proposent des pistes vraiment novatrices qui méritent votre attention. De plus, un pdf joint vous permettra de glaner quelques tuyaux pour en savoir plus, et même de dévorer quelques textes pas piqués des vers.

Une compilation dont l’intensité sur la durée se veut exutoire d’une rage non dissimulée, et orientée vers une gouvernance qui n’en est que de nom, mais qui a permis de constater que la lutte est loin d’être terminée. La version dématérialisée est disponible en NYP, ce qui vous permettra de la télécharger en offrant ce que vous voulez, alors que la version tape est vendue au prix très modique de six dollars sur le site du label, et soyez sûrs qu’elle les vaut amplement. Beaucoup de violence, mais aussi de l’assurance, et de la conscience, un cocktail haut en brutalité qui replacera les choses dans leur contexte, de la consistance, pour un assaut sonique de plus de quarante minutes qui accompagnera à merveille des manifestations anti-Trump, qui fleurissent de chaque cote du pays, mais aussi sur la toile, qui commence à en avoir vraiment ras-le-bol de cet enfant gâté, qui confond politique et télé-réalité, et qui aimerait bien rendre l’Amérique « grande à nouveau », sous-entendu riche et blanche, et débarrassée de ses « immigrés » qui pourtant constituent l’essence même de sa pluralité culturelle.

Alors, allez-y, gueulez, hurlez, vitupérez, l’occasion vous en est donnée. Et remercions Ben pour sa lucidité, son engagement, et son bon goût en termes de groupes beuglant. Mais quelle plus belle façon de le remercier que d’acheter cette cassette que votre lecteur va dévorer. Du Grind, du bon, bien tassé, et bien corsé. C’est toujours ça balancé dans la gueule d’un abruti qui n’a pas fini de nous faire trembler.

Bandcamp album

Bandcamp label



par mortne2001 le 26/09/2017 à 14:02
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