Un jour ancien, dans un passé révoqué, un ami de lycée me sortit tout de go :

NAPALM DEATH, c’est chouette. 

Il faut dire que le pauvre avait un patch VIXEN cousu sur sa braguette pour que l’esprit de Janet Gardner puisse être le plus proche de son chibre possible. Sur le coup, cette annonce lénifiante de méconnaissance et de naïveté m’avait laissé pantois, et légèrement dubitatif sur le réel investissement Grind du pote en question, mais à postériori, et des années dans la gueule, je me sens frappé au coin du bon sens par tant de lucidité. Car si l’individu en question avait abusé d’une maladroite métonymie pour exprimer son élan, il convenait de prendre cette accroche dans le bon sens. Car par « NAPALM DEATH », il entendait « Grind » dans son ensemble, et illustrait une catégorie par l’un de ses rares représentants, et ne pointait donc pas du doigt le représentant en question (quoique NAPALM DEATH finalement, c’est vrai que c’est…bref.), et avait donc complètement raison. Car le Grind, oui c’est chouette. Mais c’est chouette quand c’est joué par de vrais et bons musiciens, et surtout des passionnés, et non pas des branleurs fouteurs de merde qui sont incapables de jouer juste et de frapper fort sans faire un maximum de boucan. Et autant dire que le genre est encombré d’incapables qui confondent vitesse et précipitation, et borborygmes et flots de gerbe. Et la traque d’un véritable album de Grind devient donc une quête presque vaine, puisque entre les débordements Gore et les agressions inaudibles, on passe de Charybde en Scylla, et on finit les esgourdes pleines de merde et la mine dépitée. Mais rassurez-vous, avec les marsouins du jour, ce genre de déconvenue ne risque pas de vous arriver, puisque sans se prendre au sérieux, ces cousins-là savent manier le blast et le riff éclair à consommer de suite.

Formé d’anciens membres de KARVACUL, LOVGUN, MICHEL ANOIA, MENTAL HYGIENE, WHORESNATION et NELSON MONTFORT ORCHESTRA, HØRDÜR, outre son patronyme plein de poésie nous propose donc son premier (pas si) longue-durée (que ça) via ce mystérieux Húbris, à la pochette faite main dans le style primesautier des premiers CARCASS, les tumeurs et autres déformations en moins. Car ici, point de Gore à l’horizon, mais bien du Grind fait maison, analogique comme une console Stoner récupérée dans un vieux dépôt meubles, et viscéral comme un paquet de tripes qui vibrent à l’unisson d’un bon calembour au marmiton. Et les calembours, croyez-moi, les HØRDÜR en connaissent un rayon, et pour s’en rendre compte, il suffit de recenser tous les jeux de mots que leurs titres cachent (pas très bien d’ailleurs), sauf que la pantalonnade de fin de banquet n’est pas leur seule obsession. Non, la principale, c’est le boucan qu’ils font, avec ces vingt morceaux mis en boîte par Giles Davenport de façon nocturne au Mikrokosm studio, mixés et masterisés par Le Commissaire (Maigret ou Moulin, je vous laisse choisir bande de malins), et qui résument trois décennies d’agencement bordélique à l’anglaise, le tout trempé dans une sauce de pus bien ricaine et transposée dans un vocable frenchy, à savoir une accumulation de plans, une dualité vocale à rendre les ANAL CUNT fous de jalousie, et affichant une efficacité à transformer les DISCORDANCE AXIS en rois du Blues en boyaux de saucisses. D’humeur badine, le trio (Ben - guitare/chant, Ugo - batterie et Chris - chant) affiche donc ses prétentions comme un étendard, et nous sert la soupe bien chaude, avec un maximum de croutons, et quelques ongles de pied qui traînent. Et si les réfractaires au genre le seront toujours, les fanatiques n’en démordront pas, et sauront reconnaître les leurs dans cet étalage de heurts, de contradictions rythmiques, et de tambouille à base de Fastcore, de Thrashcore, de Powerviolence, de Grind et de Funcore, pour un résultat qui éclabousse les murs de sa maturité infantile et qui nous enivre de son charme viril.

De là, inutile de tourner en rond et de chercher des réponses à nos questions. Le tout est Grind comme une démo des ELECTRO HIPPIES, bourrin comme un pet des ASSUCK, et sec comme la bite des mecs de GETS WORSE. Et si ces olibrius ont accompagné les UHL sur scène, et sans Hank s’il vous plaît, dites-vous qu’il n’y a pas de hasard, et qu’en plus du son, ces mecs ont l’attitude. Celle qui consiste à envoyer la sauce intelligemment en agençant les plans, et sans considérer le tout comme un foutoir dans lequel on range ses chaussettes sales sans les trier. Les riffs sont efficaces et frappent fort, la section rythmique est inventive et volubile, et les cris de belette/ours brun sont partagés avec beaucoup de flair, ce qui permet aux morceaux de dégager une sorte d’hystérie collective contagieuse, qui vous prend dès « Dixcrix » et ne vous lâche qu’à l’occasion de « Veau d'Or Dur ». Avec un peu de pratique et une connaissance encyclopédique du style on parvient à différencier les segments sans trop de peine, mais pas suffisamment pour en mettre un en avant, quoiqu’on remarque évidemment les plus cocasses de la trempe de « Speed Herman (No Speed, No Herman) » (qui fait la nique au « Mange ta soupe, Herman » des Charlots niveau calembour foireux), « Église Cathodique » et son riff presque Death dans le fond et giron dans les formes, « Justice des Fossés » parce que c’est le plus long (quatre-vingt-dix secondes) et le plus lourd du lot (mais pas longtemps), « Skidüu Giluú » parce que c’est le plus court (quarante-trois secondes) et l’un des plus fous, et « Shit de Tension », parce que l’intitulé n’est pas bidon. Sinon, rien à signaler sur le front, nos héros du jour sont compétents, et peuvent être contents d’avoir accompli leur mission. A noter que ce premier LP se voit distribué par une petite douzaine de labels dont je n’ai pas pris la peine de dresser la liste ici, me contentant de choisir celui qui m’a le plus séduit.

Alors oui, le Grind, c’est chouette. Il était pas si bête ce crétin finalement.      

 

Titres de l’album :

                         1.Dixcrix

                         2.La Cité des Truites

                         3.La Veille des Vierges

                         4.Les Pérédis

                         5.Église Cathodique

                         6.Skidüu Giluú

                         7.Famine Nombreuse

                         8.Speed Herman (No Speed, No Herman)

                         9.Peinard et Mouillé

                        10.Face à la Merde

                        11.Justice des Fossés

                        12.Renard des Surfaces

                        13.Soleil Mort

                        14.Civières

                        15.100 Permis (Manu Manoeuvre)

                        16.Sobre et Minable

                        17.My Mate is a Club Mate

                        18.Shit de tension

                        19.Sale Ambiance

                        20.Veau d'Or Dur

Site officiel

Facebook officiel

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 29/12/2018 à 17:59
80 %    237

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Thornbridge

Theatrical Masterpiece

Spectrum Orchestrum

It's About Time

Ares Kingdom

By The Light Of Their Destruction

The End Machine

The End Machine

Vitriol

Chrysalis

Altar Of Oblivion

The Seven Spirits

Inculter

Fatal Visions

Venom Prison

Samsara

Sammy Hagar

Space Between

Final Cut

Jackhammer

Eivør

Live In Tórshavn

Burning Rain

Face The Music

Sisters Of Suffocation

Humans Are Broken

Jack Slamer

Jack Slamer

Misery Index

Rituals of Power

Black Oak County

Theatre of the Mind

Helium Horse Fly

Hollowed

Bergraven

Det Framlidna Minnet

Mgła - Revenge - Doombringer // Paris

Mold_Putrefaction / 19/05/2019
Death Metal

Dead can Dance

RBD / 19/05/2019
Darkwave

NETHERLANDS DEATHFEST IV / Tilburg, Pays-Bas

Jus de cadavre / 16/05/2019
Death Metal

Tour-Report ACOD (support Cradle Of Filth / Avril 2019)

Jus de cadavre / 14/05/2019
Death Black Metal

Concerts à 7 jours

Photo Stream

Derniers coms

Pour l'anecdote en sortant de la salle (opération qui prend un certain temps lorsqu'on a eu la bonne idée de se mettre un peu devant dans un Petit Bain plein comme un œuf) mes voisins s'émerveillaient de n'avoir "jamais vu'" un concert de Black qui bouge autant...

Enfin ça m'a fait(...)


Ça fait belle lurette qu'on se fait chier en concert de "Black Metal"...
En bon suceur de Deathlike Silence, tout le monde se la joue trop sérieux avec la mentalité no mosh et oublie le côté no trend. Et MGŁA s'est l'archétype du très bon groupe de studio qui ne sert à rien sur scène(...)


ouais c'est clair ça tabasse toujours autant, et comme a chaque sortie je me demande si un jour ils vont revenir en europe...


C'est sûr qu'avec une pochette comme cela, on a tout de suite envie d'acheter l'album...


Très sympa, j'aime beaucoup !


C'est pas tous les jours qu'un aussi bon album est chroniqué sur Metalnews, ne boudons pas notre plaisir. Un bon 8.5/10 pour ce thrash war metal.


On ne peut plus classique, mais toujours aussi efficace...


Merci pour le report, vieux Jus, ça donne presque envie :)
On se retrouve à DisneyHell en Juin


Exactement le même avis que toi concernant REVENGE et MGLA sur scène !
Pour le public amorphe, à mon avis il devait y avoir pas mal de Hollandais dans la salle :D !


La reprise Autumn Sun est de Deleyaman...le nom du groupe est mal écrit dans l'article ;)


Je te rassure : le "désormais" n'existe pas pour moi puisque je n'ai jamais aimé Korn et consorts (hormis durant ma prime adolescence... donc au temps jadis).


Par contre, Lisa, elle est malade ou quoi ? A la vue des vidéos sur YT, on dirait qu'elle a pris 30 kilos.


Merci pour ce papier, DCD fait partie des grands, et j'imagine les poils se hérisser aux sons de "Xavier" ou l'intemporel "Anywhere...". Ca a dû être de grands moments.


Ce qu'il faudra donc retenir de cette discussion de bon aloi entre Satan et JDTP, c'est que le terme Néo Metal (qui est effectivement une des influences flagrantes de ce groupe) est désormais perçu de façon totalement péjorative...
Intéressant non ?


Autant pour moi !
Ce que j'aime bien dans le projet, c'est qu'on a un peu l'impression de déconner entre potes de longue date.


Alors dans mon esprit ce n'était pas du tout du second degré en fait. C'est une des influences principales du groupe (parmi de nombreuses autres), c'est pourquoi j'ai choisi cette dénomination.
Quoiqu'il en soit je suis absolument d'accord avec toi, c'est carrément bien fichu et d'une inc(...)


"La voix, sa voix, est là, toujours hostile, semblant parvenir du plus profond des enfers. Elle est intacte, unique"
Tout est dit mec !


Je trouve ça un peu sévère de qualifier ça de "néo métal". Car même si le côté humoristique ferait penser à un truc sans prétention, ça reste quand même plutôt bien fait.


https://necrokosmos.blogspot.com/2019/05/le-groupe-americain-sort-son-premier.html


"Autre phénomène à la mode bien ridicule est à mon sens le « Ghost bashing »"...
Bah excuses moi gars, mais si je n'aime pas GHOST et surtout ce qu'ils sont devenus désormais, crois moi bien que je ne vais certainement pas me faire prier pour le dire.
Je les ai vu pour la toute pr(...)