Balayons d’un revers de clavier le débat inhérent à telle chronique. Les albums de reprises sont pour la plupart des cas hautement dispensables, et uniquement destinés à combler un trou ou amener plus ou moins subtilement une tournée à venir. De là, les cas d’école sont nombreux et les exceptions plutôt rares, les cover albums avec un réel intérêt artistique se comptant sur les doigts d’une main, dont deux sont déjà levés pour Bowie et Tori Amos. Alors une fois cette fausse problématique réglée, abordons le cas de JORN LANDE qui pour la seconde fois de sa carrière nous fait le coup de la pause d’appropriation, quatre ans après le premier tome de Heavy Rock Radio qui le voyait reprendre DIO, Kate BUSH ou Frida. Toujours sur Frontiers, le preux vocaliste norvégien reprend donc du service, avec la radio de son adolescence à la main pour nous offrir une nouvelle palette d’appropriations, qui selon lui l’ont aidé à forger sa propre identité musicale. Le souci avec cette sortie, c’est que son jugement est biaisé dès le départ. Jorn fait en effet partie de cette caste élitiste de vocalistes à qui on pardonne à peu près tout, même des albums faibles et des collaborations hasardeuses. Pourquoi ? Parce qu’il possède l’une des plus belles voix du Heavy Metal de ces vingt dernières années, et qu’à l’instar d’un Coverdale, d’un Kiske, d’un Scott Soto ou d’un Turner, il peut tout se permettre, restant digne même dans les catastrophes les moins pardonnables. Alors, évidemment, écouter une fois encore sa voix sur des morceaux plus ou moins connus est toujours un plaisir qu’on ne peut refuser, même si le contenu de ce second LP de reprises n’est pas des plus inoubliables en termes d’originalité et de démarcation.

Avec une équipe montée de toute pièce par Frontiers, inutile donc de s’attendre à une quelconque forme de nuance, d’autant plus que tout est avoué dans le titre de l’album. JORN est ici pour se la jouer Heavy, et qu’importent les versions d’origine, puisque les reprises sont là pour dépoter et faire encore une fois preuve d’allégeance au Metal le moins compromis. Dès lors, que l’artiste se fasse plaisir avec CHIC ou DEEP PURPLE, le résultat sera le même et emballé dans une énorme production maison gommant toutes les aspérités éventuelles. En même temps, avec un lieutenant de la trempe d’Alessandro Del Vecchio (qui évidemment s’occupe également des claviers), il ne fallait pas s’attendre à un son intimiste et c’est donc en toute logique que Heavy Rock Radio II - Executing The Classics sonne comme l’album de Heavy Metal qu’il est. La pochette signé du talentueux Stan W Decker se permet même une allusion au « No More Mr Nice Guy » de MEGADETH, histoire de renforcer les accointances entre potes de reprises, ce qui permet à ce nouvel effort de rester cohérent jusqu’au bout. Je n’irai pas discuter le choix des morceaux qu’on retrouve sur cette nouvelle récréation, ce choix appartenant à l’artiste qui une fois encore, à brouillé les pistes et mélangé du Rock et du moins, histoire de prouver son éclectisme. Ce qui frappe évidemment au prime abord et sans rentrer dans les détails, c’est la bonne humeur et l’énergie qui drivent ce projet. Sans entrer dans les détails individuels, on peut déjà affirmer que le chanteur est en grande forme et a vraiment pris son pied à incarner ces versions personnelles d’une éducation musicale ne l’étant pas moins. Et comme dans la majorité des cas d’albums de covers, ce sont toujours les chansons les moins attachées au patrimoine Hard ou Rock qui se distinguent, un peu comme dans le cas de METALLICA et son Garage Inc.

Pourtant JORN n’a pas manqué de nous rappeler une fois encore s’il était besoin son amour de DEEP PURPLE et DIO, puisqu’un titre de chacun de ces groupes s’est frayé un chemin dans le tracklisting. C’est classique, attendu, mais toujours efficace, puisque le grand chanteur norvégien connaît la partition par cœur. Son timbre de voix se rapproche d’ailleurs d’une façon assez impressionnante de celui de Gillan sur « Bad Attitude », tellement proche de l’original qu’on en est troublé. Même traitement fidèle pour le « Mystery » du regretté Ronnie James, qui se voit respecté et traduit à la croche près, sans que l’on s’ennuie. Mais là où le chanteur nous surprend le plus, c’est lorsqu’il sort de sa zone de confort Metal en taquinant le répertoire des légendes US du Rock le plus traditionnel…Et lorsque résonnent les premières notes du « New York Minute » de Don « EAGLES » HENLEY, on sait qu’on va se prendre une bonne claque à la « Turn de Page » de Bob SEGER chapardé par METALLICA. Ce morceau, emphatique au possible et traité façon gros Hard Rock ne perd aucunement de sa portée émotionnelle, et représente vraiment le pinacle de la justification d’une telle entreprise. Avec son tempo lourd, ses modulations vocales et son ambiance dramatique, ce morceau justifie à lui seul l’écoute de Heavy Rock Radio II - Executing The Classics tant il parvient à traduire dans un langage amplifié le vocable de Henley, sans trahir sa fragilité. Tout aussi surprenant et ludique, le « Quinn the Eskimo (The Mighty Quinn) » du Dieu Dylan et popularisé par MANFRED MANN tressaillit des claviers 70’s de Del Vecchio, et nous offre une jolie bouffée d’air frais dans une ambiance survoltée.

Avec un line-up de premier choix (outre JORN et Alessandro on retrouve Sid Ringsby à la basse, Tore Moren, Jgor Gianola qui n’a rien à voir avec David à la guitare, et Francesco Jovino à la batterie), et quelques sidekicks de luxe aux soli dont Trond Holter (avec qui JORN a participé à l'opera-rock METAL Dracula en 2015), Jgor Gianola (CORELEONI, ex-U.D.O) ainsi que Luca Princiotta (BLAZE BAYLEY) et Andrea ''Girtuga'' Seveso (assistant d'Alessandro Del Vecchio), Heavy Rock Radio II - Executing The Classics évite donc la redondance et la vacuité. Et on aimera plus particulièrement « The Rhythm of the Heat » de Peter GABRIEL transformé en machine à swing Hard, « Winning » de BALLARD, sorte de surprise sucrée sortie des coffres de souvenirs, tout en admettant que la scie radiophonique « Needles and Pins » n’avait pas forcément besoin d’une énième version. L’album se présente dans une élégante version CD+DVD, comprend quelques bonus dispensables (des versions edit de « Hotel California » des EAGLES, de « The Final Frontier » de MAIDEN ou de « Die Young » de BLACK SABBATH), mais reste en définitive un plaisir mineur pour un chanteur majeur, qui depuis des années sait contenter ses nombreux fans.      

                                   

Titres de l’album :

                       01. Lonely Nights (Bryan ADAMS)

                       02. Winning (Russ BALLARD)

                       03. New York Minute (Don HENLEY)

                       04. Needles and Pins (THE NEW SEEKERS)

                       05. Love

                       06. I Do Believe In You (PAGES)

                       07. Night Life (FOREIGNER)

                       08. Bad Attitude (DEEP PURPLE)

                       09. Quinn the Eskimo (The Mighty Quinn) (Bob DYLAN)

                       10. Mystery (DIO)

                       11. The Rhythm of the Heat (Peter GABRIEL)

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par mortne2001 le 10/02/2020 à 18:09
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De fait, Yoloman + 1 000 000 !!!


Un des dieux de mon petit panthéon personnel.
Quand on sait que j'ai débuté ma carrière Métallique en me plongeant corps et âmes dans AC/DC, c'est donc à mon sens tout bonnement indispensable.


Tellement mauvais et tellement drôle à la fois qu'on leur accorde l'indifférence avec mansuétude.


"quand on veut écouter du vieux Death Metal qui schlingue la gerbe et la bile, on se coltine un vieil INCANTATION, un des premiers BOLT THROWER, et vogue la gerbe le long du canapé"
:D !


Ah et puis Sieur Simony, je n'ai pas pu attendre votre fameux crédit à si faible taux...
Ma pré-commande est déjà passée.


Titre plus que prometteur en effet !


Après quelques minutes de recherche sur la toile, voici ce qu'il y a réellement dans cette fameuse box :
"Vinyl Features:
+ Mud-Green / Black Marbled Vinyl
+ Gatefold Jacket
+ A1 Size Poster (~23.4" x 33.1")

Box Set Includes:
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(...)