Si vous êtes fan d’extrême, si vous avez connu les glorieuses années 80, ou pas d’ailleurs, mais que vous n’avez pas la mémoire courte, alors je peux supposer que vous êtes fan de CELTIC FROST.

Si vous êtes fan de CELTIC FROST, vous n’êtes pas sans savoir que leur maison de disques d’origine, Noise, a lancé une campagne de financement pour rééditer (presque) tous leurs albums, campagne qui s’est soldée par un succès franc et massif. Du coup, ce mois de juin 2017 aura vu la ressortie de tous les LP de Warrior & co. Vous aurez donc le plaisir de pouvoir acheter de nouveau Morbid Tales, To Mega Therion, Into The Pandemonium et Vanity/Nemesis, en version remasterisée, et proposés en digibooks de luxe, avec force photos, infos, crédits, et tout ce qui peut agrémenter une nouvelle salve d’albums que tout le monde (ou presque) connaît déjà par cœur.

De l’intérêt d’une telle entreprise ?

Rafraîchir la mémoire de la plus jeune génération, et offrir de nouvelles ténèbres à un groupe qui n’aura eu de cesse d’expérimenter dans l’occulte, et qui n’a jamais vu son travail bénéficier de la noirceur qu’il méritait pourtant amplement. Certes, certains des disques officiels bénéficiaient déjà d’une production qui leur convenait à merveille (notamment To Mega Therion, grave et glauque), mais nous sommes nombreux à avoir toujours regretté le mixage un peu fluet du chef d’œuvre Into The Pandemonium, dont les aigus et médiums avaient tendance à étouffer le reste des fréquences.

Dès lors, que faire pour honorer un tel évènement, ou tout du moins, en parler ? Sachant que votre serviteur a déjà chroniqué la discographie intégrale du groupe dans d’autres colonnes, la tâche exhaustive lui apparût alors un brin superfétatoire. Du coup, j’ai donc profité de la parution en « bonus », d’une nouvelle compilation du groupe, quelques années après Parched with Thirst Am I and Dying, pour évoquer la vague Noise d’hommage au FROST, hommage qui couvrira la période 84/90, et qui évidemment, occultera une fois de plus l’année 1988.

Oui, on le sait, Tom abhorre Cold Lake, donc pour ceux qui souhaitaient se le procurer à un tarif raisonnable, vous pouvez encore faire une croix renversée dessus.

Mais revenons à nos moutons, noirs évidemment, et à ce nouveau best-of de CELTIC FROST, très intelligemment nommé d’un de leurs morceaux cultes, Innocence and Wrath. Au-delà du témoignage global qu’il représente, force est d’avouer que c’est un très bel objet, proposé dans une édition deluxe avec packaging en dur, style petit libretto d’un opéra maudit que le temps nous chante à intervalles réguliers.

Vous y trouverez donc des anecdotes, des crédits, des informations, et quelques photos, mais surtout, une blinde de morceaux qui se veulent résumés d’une carrière sans égal, et à juste titre.

Bien évidemment, choisir de chroniquer un tel disque n’est pas chose facile, et surtout, n’a pas vraiment d’intérêt en soi. Difficile de convaincre les réfractaires du caractère essentiel de la musique de Thomas Gabriel Fischer, et inutile de rappeler aux addicts à quel point son œuvre est gigantesque et a influencé des générations entières de musiciens, assertion qui ne sera certainement pas contredite par les membres d’OBITUARY, de PARADISE LOST, ou d’OPETH…

Alors finalement, que dire à propos d’un double CD qui vous offrira presque tout le FROST dont vous avez besoin pour vous replonger dans votre passion, ou pour découvrir un groupe dont on a si souvent chanté l’oraison ? Dire qu’il contient vingt-sept morceaux provenant des albums officiels du groupe, que le travail de remasterisation a porté ses fruits sur une grosse partie du répertoire, et que grâce à ses deux rondelles, vous allez passer presque deux heures en bonne compagnie, dans les enfers du Thrash d’avant-garde, et beaucoup plus encore ?

Oui, c’est une option, même si la musique du FROST a toujours parlé pour elle-même, et qu’elle n’a nul besoin d’un promoteur pour la mettre en avant…

Des raretés peut-être ?

Rien qui ne surprendra le fan hardcore, mais quelques petites surprises pour les néophytes, qui pourront de fait revisiter un pan plus intime de la carrière des suisses, au travers de titres un peu plus rares provenant de maxis ou de versions limitées.

Comme pour Parched with Thirst Am I and Dying, l’ordre chronologique n’a pas été respecté, et vous naviguerez donc entre les époques, passant du coq satanique « Morbid Tales » au bouc misanthropique « The Inevitable Factor ». Pour certains, la gêne sera toujours aussi tangible, mais l’expérience n’est pas forcément déplaisante, et permet de constater toute l’étendue du registre d’un trio/quatuor qui n’a eu de cesse d’expérimenter et d’avancer, au mépris des critiques et de la logique.

Du Death/Thrash sourd et approximatif du Morbid Tales des débuts, jusqu’au Heavy un peu bancal des années 90 de Vanity/Nemesis, en passant par l’imperfectible et malsain To Mega Therion, et par l’avant-gardiste en diable Into The Pandemonium, tout est là, condensé pour survoler, compacté pour remplir un double CD qui se présente comme une friandise empoisonnée qu’on avale comme une ciguë mentale.

Dès lors, si vous n’êtes malheureusement pas assez riches pour vous offrir l’intégrale des rééditions, ou si vous jugez que ça n’est pas indispensable, Innocence and Wrath représentera sans doute le seul choix possible à cette nouvelle brouette de résurrections, que Noise a soignées aux petits oignons.

Un packaging léché, des prix très modestes (les albums sont généralement en vente pour une dizaine d’euros, ce qui est quasiment donné vu la qualité), et le regret de devoir une fois de plus passer à côté d’une exhumation de la Némésis de vanité Cold Lake, que Tom conchiera jusqu’à sa mort, en gros, une entreprise de salubrité publique pour tous les admirateurs de Warrior le guerrier de la nuit et ses différentes troupes.

J’espère en tout cas vous avoir donné envie de vous jeter sur cette compilation qui vaut largement les deniers qu’elle vous coutera, et qui vous rendra le plaisir au centuple de chaque centime investi.

Et puis, des groupes de l’envergure de CELTIC FROST, vous en connaissez beaucoup sincèrement ? Non, moi non plus.

Alors on achète, et on apprécie.

Et on dit merci Noise mon ami.  

Titres de l’album:

        1. Human (Intro)

        2. Into the Crypts of Rays

        3. Morbid Tales

        4. Procreation (Of the Wicked)

        5. Return to the Eve

        6. Nocturnal Fear

        7. Innocence and Wrath

        8. The Usurper

        9. Dawn of Meggido

        10. Circle of the Tyrants

        11. Fainted Eyes

        12. Necromantical Screams

        13. Jewel Throne

        14. Eternal Summer

        15. Suicidal Winds (Emperor's Return EP)

        16. Visual Aggression (Emperor's Return EP)

        17. Mexican Radio

        18. Inner Sanctum

        19. Tristesses de la Lune

        20. I Won't Dance (The Elders' Orient)

        21. In the Chapel In the Moonlight

        22. The Inevitable Factor (Alternate Vox)

        23. The Heart Beneath

        24. Wine in My Hand (Third from the Sun)

        25. Wings of Solitude

        26. Nemesis

        27. Journey Into Fear (Emperor's Return EP Recording Sessions)

Site officiel



par mortne2001 le 28/07/2017 à 18:09
99 %    466

Commentaires (1) | Ajouter un commentaire


Humungus
membre enregistré
06/08/2017 à 16:52:53
"Et puis, des groupes de l’envergure de CELTIC FROST, vous en connaissez beaucoup sincèrement ?"
Bah oui...
Même s'il est vrai que c'est un putain de groupe comme on en fait plus... ... ...

PS : Et merci NOISE.

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