Northwalk was born in early 2014. Five pieces band from Shawinigan, QC trying to keep it simple and bringing hardcore back to its roots.

Difficile de faire plus concis en termes de présentation, et gageons que les québécois de NORTHWALK n'ont pas du réfléchir longtemps avant de lâcher pareille bio. Enfin bio...disons plutôt une déclaration d'intention, puisque ces quelques mots à la résonance lapidaire résument fort bien leur démarche, sans qu'ils aient besoin d'en rajouter. Pas évident dès lors de broder un long discours sur un groupe qui m'était inconnu jusqu'à lors...Disons pour le principe que les originaires de Shawinigan Falls s'obstinent en effet depuis quatre ans à retrouver l'essence originelle du Hardcore, sans fioritures ni chichis, et qu'ils y parviennent sans difficulté. Déjà dotés d'un premier LP éponyme publié en 2015, et d'un EP, Sins, édité l'année dernière, nos cousins du grand froid ont donc largement eu le temps de se tailler bonne réputation dans et hors de leurs frontières, réputation qu'ils confirment via ce second longue-durée qui ne fait pas grand mystère de son affiliation Core. Disponible depuis le 20 avril, Jaded est aussi cru qu'un digne pamphlet de Hardcore puisse l'être, aussi concis aussi, mais développe de sérieux arguments de violence qui font du bien à la rage. Sans chercher à révolutionner le petit Landerneau dans lequel ils évoluent, les canadiens jouent leur carte, leurs cartes même, et nous proposent l'un des albums les plus revigorants de ce début d'année, en restant assez classiques dans la forme et le fond. Évidemment, les détracteurs éventuels argueront du fait que tout ceci reste désespérément dans la norme, mais l'énergie dégagée par le quintette est si énorme que je ne peux me résoudre à les bloquer dans une petite case bien cloisonnée.

Ghislain (batterie), Benjamin & J.P (guitares), Simon (basse) et David (chant) se servent donc des enseignements des grands anciens, mais aussi de ceux des générations intermédiaires pour illustrer leur saine colère, qui prend des allures de règlement de compte. Accumulant les coups de poing, les bourre-pif et autres joyeusetés de violence urbaine, NORTHWALK ne fait pas ni la dentelle ni dans le motif ouvragé, mais fait montre de plus de finesse qu'on aurait cru détecter après une écoute survolée. Se calant sur la ligne du parti NYHC que personne ne semble digne de remettre en cause, mais adaptant leur véhémence à un siècle qui en a cruellement besoin, les cinq musiciens jouent sans trop se poser de question, et nous présentent un bel éventail de Hardcore classique et moderne, alternant les tempi, lâchant des riffs trapus et velus, et laissent s'exprimer en toute latitude une grosse basse ronflante, typique de ce son si claquant. On pense bien sûr à beaucoup de choses à l'écoute de leurs morceaux, de la première vague new-yorkaise à la seconde génération, tout en comprenant assez vite que le combo se sent très bien dans son époque troublée. Alors, ça joue vite, ça joue en rangs serrés, ça laisse des chœurs revanchards prendre le dessus, et surtout, ça ne marque aucun temps mort. Le seul reproche éventuellement formulable à leur égard vient du chant vociféré par un David véritablement possédé, mais dont le timbre très aigu et éraillé pourra rebuter ceux qui attendent un peu plus de variété et qui préfèrent la gravité à l'hystérie. Mais en dehors de ces récriminations somme toute assez minimes, la bande instrumentale assure dans les grandes largeurs, et ne nous laisse jamais le temps de nous installer confortablement. Et ça, dans le Hardcore, c'est quand même assez primordial.

De là, on pourrait partir sur le leitmotiv simple et clair suivant. No Beatdown, no Deathcore, no bullshit, just Hardcore, qui sied en effet admirablement bien à la troupe. Tout à fait conscients de ne pas bousculer l'ordre établi, les québécois jouent au petit jeu du rentre-dedans permanent, se voulant hargneux comme des teignes en version mid tempo (« Hopeless » belle intro sans détresse, « Exterminate », entonné de concert avec l'invité Jean-Philippe Lagacé, qui paraît vraiment l'être), et complètement affolés sur les bourrasques speed, qui laissent quand même s'incruster quelques soli typiquement Metal, dans une veine Rocky George et SUICIDAL (« Blindside », l'hymne de l'album selon votre humble serviteur). Pas d'abus de feedback, pas de gimmicks pour séduire les adolescents, mais plutôt une jolie collection de roustes servies bien chaudes dans la gueule (« My Prison », sur lequel le chant semble enfin tendre vers une gravité pas tendre), mais qui font montre d'un potentiel technique assez probant (« Trapped » et son intro de batterie plus fine qu'il n'y paraît). Se montrant aussi volubiles que puissants, les NORTHWALK alternent vitesse et adresse, et un uppercut de la trempe de « Yesterday » nous démontre que la rage d'aujourd'hui n'a rien à envier à la véhémence d'hier. Fast and raw, appuyant sur la pédale d'accélérateur à bon escient, le quintette navigue à vue, et en profite pour laisser cette basse rutilante et ronflante aux avant-postes lorsque l'ambiance le réclame. De l'épaisseur donc, mais aussi de la légèreté dans le ton et le fond, pour proposer des chansons qui cognent, mais qui le font proprement. Empiétant parfois sur la frontière d'un Metal sans enjamber la ligne rouge, Jaded n'ose pas vraiment le Crossover, mais nous rappelle quand même certaines de ses saveurs («Sins », un peu barré sur les bords, mais surtout Speedcore), et se satisfait même en clôture d'une dernière crise de folie dépassant à peine la minute mais jouant l'hystérie d'un Thrashcore en furie (« D.M.C. », avec quand même un bon tapis de riffs bien saisis).

Rester simple, et ramener le Hardcore à ses racines. C'est la mission que s'étaient confiés les NORTHWALK, et elle est accomplie avec brio. On attendra évidemment un effort plus sur la longueur la prochaine fois, mais en tant que second LP, Jaded tient la barre haute et garde le front fier.            


Titres de l'album:

  1. Hopeless
  2. Exterminate (feat. Jean-Philippe Lagacé)
  3. Blindside
  4. My prison
  5. Trapped
  6. Yesterday
  7. Sins
  8. Pulling Strings
  9. D.M.C

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par mortne2001 le 14/05/2018 à 14:28
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chro séduisante, bon morceau également, merci pour la découverte


Franchement meilleur que les dernières prod de Death Fr...


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Ben oui, normal. Déjà assimiler "vegan" et "antifa" est hors sujet.
Soutenons UADA !


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Cet album est absolument fantastique !!!


Ravi de lire un report sur Aura Noir


J'ai jamais vraiment écouté Cancer, pourtant je fais partie de cette génération des 90's qui a découvert( le death metal avec ces sorties majeures. Très efficace ce titre , va falloir que je rattrape quelques lacunes.


commandé


Le metal selon les Grammys... Vaste blague.


Candlemass c'est pourris depuis la première séparation des années 90...Avant c'était génial et sombre.


Rien d'autre a faire que d'aller au Botswana ?


Donc Ici on ne peut pas être anti-fa, et vegan sans être aussi une cible...


Les antifas sont effectivement aussi fascistes que ceux qu'ils dénoncent. Pitoyable histoire...


Si Jeff est aussi insipide dans MDB qu'il ne le fut dans Paradise Lost, ça promet de sombres catastrophes. Je me souviens encore de la manière dont il détruisait "As I die" sur scène...


Très très curieux d'entendre ça, surtout avec le retour de Langqvist.


Faut voir le résultat, je suis très méfiant avec CANDLEMASS qui n'a rien proposé de bandant depuis fort longtemps ! Mais sur le papier... oui c'est la classe ultime !


C'est exactement ce que je me disais... La classe !