« En ces temps reculés, les habitants de Enchanted Lands vivent en harmonie. Un puissant guerrier, armé de son épée d'émeraude maintient cette paix, grâce à la puissance de la flamme du dragon. Mais un sombre pouvoir venu de la tour sombre des abysses menace de faire trembler cette terre.
C'est dans ce contexte incertain que Tathor, le chevalier, vit sa vie.

Mais tout ça il s'en fout. Ce qui l'intéresse vraiment c'est son Grind, qui fait tout son sex-appeal et qui lui a été volé. Son unique objectif est désormais de le retrouver à n'importe quel prix pour assouvir de nouveau sa libido. C'est ainsi que sa quête rocambolesque commença.

Ses aventures nous sont racontées par Bard le barde dans son œuvre sur la quête du Saint Grind : Un Gobelin Par Satellite, des pirates en dèche de succès, un sorcier africain, et même un ogre joueur de poker. Ce n'est qu'une partie des rencontres fabuleuses que Tathor fera... »

Voilà, vous commencez par lire le synopsis d’un album, vous louchez un peu sur le pedigree des musiciens, et vous commencez à sentir du bout de vos naseaux un énième album de Grind parodique à la ULTRA VOMIT. Sauf qu’en regardant plus attentivement, vous remarquez que l’artwork de l’album en question a été signé par le talentueux Nicolas Dubuisson (oui, le même qui a illustré le phénoménal Ball-Trap de MALEMORT), et vous réalisez que l’homme n’est pas du genre à confier son graphisme à la première bande de trublions décérébrés. D’ailleurs, son crayon a une fois de plus fait des merveilles (dans un pastiche savoureux de l’œuvre de Géricault), mais pour ça, je vous laisser admirer la pochette en question version grande taille. C’est le moins que vous puissiez faire.

Alors vous vous posez des questions. L’affaire serait-elle plus sérieuse que prévue ? Plus créative, moins potache ? La seule façon d’en être sûr est de coller vos oreilles sur les fichiers aimablement envoyés par l’agence de promo, et là…le drame, la claque, la révélation.

Car si les ETHMEBB sont effectivement de joyeux drilles, adeptes d’un humour potache et bon enfant, ce sont surtout des putains de musiciens, et des compositeurs brillants qui emballent leur histoire d’Heroic-Fantasy burlesque dans un joli paquet cadeau musical d’une qualité gigantesque.

Selon leurs propres dires, les originaires de Tournan-en-Brie joueraient sans complexe un Epileptic Power Death Progressive Black Doom for children, ce qui, croyez-le ou non, est assez proche de la réalité. On trouve en effet dans leur musique des traces d’un peu toutes les nuances du Metal moderne, de l’épique au Grind, en passant par le Power Metal mélodique et hargneux, un brin de Pagan Folk, du Heavy bien dosé, du Progressif ludique, pas mal de Death envoutant mais bon enfant, enfin en gros, de quoi illustrer musicalement leur conte pour fans d’extrême et de Tolkien sans prendre leurs chalands potentiels pour de gentils crétins prêts à s’enthousiasmer pour n’importe quel bordel un tant soit peu agencé.

Car les morceaux présents sur ce premier album La Quête Du Saint Grind sont d’une richesse extraordinaire. Moi qui suis d’ordinaire complètement réfractaire à la chose « épique et power et colégram » y ait trouvé mon compte, et me suis pleinement satisfait de ces arrangements solides, de ces chœurs grandiloquents, de ces parties de guitare emphatiques, et de ces rythmiques qui n’ont de cesse de virevolter pour nous entraîner dans un tourbillon d’aventures hautes en couleurs.

Qui plus est, ce premier longue durée est formidablement bien agencé, et offre une progression sur la durée et la richesse, avec des morceaux de plus en plus longs et complexes, qui pourtant s’écoutent comme dans un rêve, peuplé de chevaliers lubriques ayant perdu leur mojo Grind et dont la libido en pâtit grave. Ce qui, au petit matin, peut-être gênant au bras de sa belle qui attend un petit coup de main…ou d’autre chose d’ailleurs.

Alors ce bon vieux Tathor (hommage à Thor et à une fameuse série Allemande ? Hum ?) s’en va sur les routes et croise des personnages tous plus barrés les uns que les autres, rencontres qui sont autant de prétextes à trousser des morceaux génialement inventifs, que même de grands enfants comme nous sauront apprécier à leur juste valeur.

Il faut dire que les conteurs n’ont peur de rien. Ils abordent le Death, le Grind et le Funk de front, rappellent autant CARNIVAL IN COAL que SUFFOCATION ou RHAPSODY, titillent les biceps de MANOWAR en bandant l’arc des SKYCLAD, se permettent même quelques blagues allusives au Progressif alambiqués des PERIPHERY, et manient le tout avec une dextérité à l’épée remarquable.

Chœurs grandiloquents, longues montées symphoniques et accélérations dramatiquement Grind, pour une démonstration de force et d’inventivité qui laisse l’écume aux lèvres.

  

Pour bien nous immerger dans l’histoire qu’ils nous content, les ETHMEBB nous envoutent d’une intro superbe, digne du score d’un James Horner ou d’un Howard Shore, et « Tathor, l'Echalote de ses Morts » de sonner comme l’arrivée dans un paysage à la Game Of Thrones…La barre est donc placée haute d’entrée, et « Lost My Grind » de la faire monter d’un cran de ses multiples allusions à un Power Death ultra mélodique qui ne néglige ni les grandes envolées lyriques, ni les soli flamboyants. Festival de riffs changeants et de rythmiques évoluant, ce premier « vrai » morceau est une démonstration de force qui ne cache en rien son inclinaison cocasse, mais la traite avec tout le sérieux musical qu’elle mérite. Et c’est bien ça qui rend la blague si crédible et si respectable…Arrangements pompiers, chant d’outre-tombe à la CREMATORY, pour une ambiance prenante et des thèmes vraiment accrocheurs, c’est une recette imparable que ces musiciens plus que doués manient à merveille.

Les clins d’œil sont évidemment nombreux et savoureux (« Orlango Blum », « Pirates of the Caribou », « GPS - Gobelin Par Satellite »), ce qui n’empêche pas la cohésion globale qui évoque en plus d’une occurrence une collision entre les mondes du SABBAT Anglais et des SKYCLAD Irlandais, le tout chapeauté par une narration instrumentale digne des meilleurs efforts de la vague Power Progressif Italienne.

Mais nous avons aussi droit à quelques déhanchements terriblement Funky (« A la Recherche de la Découverte de la Quête pour Trouver le Saint Grind »), découlant sur un énorme effort Death symphonique, avec chœurs chatoyants et dramatiques, et surtout, à deux longues suites finales qui poussent l’héroïsme à son paroxysme avec en mise en bouche un « Pirates of the Caribou », maelstrom de Grind, de Death, de Heavy symphonique, et de Power Metal.

« Bruce Lee mena l'Amour », chapitre final, ose l’exagération totale et vogue vers les dix-sept minutes de pastiche en tous genres, en osant en intro massacrer version Death Symphonique l’intouchable « Hymne à l’Amour »…avant de dériver vers tous les horizons possibles, bonne humeur en étendard, et minutie de composition en bandoulière.

Ce dernier morceau prouve d’ailleurs s’il en était encore besoin tout le génie de cette horde de barbares Metal avec foi mais sans lois, qui ne refusent aucun défi qu’ils relèvent tous avec panache. Interludes contés dramatiques et/ou comiques, accords à la Spinal Tap, délire intégral à la HELLOWEEN de début de carrière, déviation MANILLA ROAD sur une route SUFFOCATION en forme de coupe-gorge…Et puis…Les superlatifs me manquent.

Outre ses qualités intrinsèques indéniables, La Quête Du Saint Grind prouve surtout que l’on peut se vouloir comique sans occulter le pouvoir de la musique. Les ETHMEBB démontrent qu’on peut rester incroyablement drôle (lisez les textes, franchement ça vaut largement le détour en calembour) tout en offrant une musique de premier plan, aux détails soignés et à la technique affûtée, tout sauf bâclée.

Un album qui dépasse le strict cadre du Metal et qui devient une œuvre à part entière. Une légende loufoque qu’on suit le sourire aux lèvres et le cheveu en bataille, gagnée d’avance par ces trublions du bouclier Death et de l’épée Power.

De la fantaisie puissante qui réveillera l’enfant qui sommeille en vous, et le métalleux qui ne dit pas forcément oui à tout.

Et un combat gagné d’avance.

Je ne sais pas si ce Saint Grind leur accordera la vie éternelle, mais il leur offrira au moins notre reconnaissance. Un disque qui fait travailler les zygomatiques sans jamais tomber dans le pathétique.

 Et puis cette pochette bordel…


Titres de l'album:

  1. Tathor, l'Echalote de ses Morts
  2. Lost My Grind
  3. Orlango Blum
  4. GPS - Gobelin Par Satellite
  5. A la recherche de la découverte de la quête pour trouver le Saint Grind
  6. Pirates of the Caribou
  7. Bruce Lee mena l'Amour

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par mortne2001 le 15/01/2017 à 16:02
95 %    737

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vriament pas mal
@192.196.142.97
18/01/2017 à 14:43:43
Adepte de death power, je me suis retrouvé dans ce groupe qui sort de nulle part qui mele les genre avec subtilité et beaucoup d'humour.
Etant proche proche de sucide, ce groupe m'a permis de me remettre en question et de découvrir que l'on peut faire plein de choses sans son Grind ( qui semble d'ailleurs manquer à beaucoup de velus) et vivre d'incroyables aventures. Je viens d'ailleurs de l'encoder pour le mettre dans le poste de ma clio pour en faire profiter tous mes covoituriers, avec ça ,mon grind va être fabuleux





JTDP
membre enregistré
19/01/2017 à 00:41:31
Je confirme, un excellent album !!! Et si vous voulez en savoir un peu plus, interview du chanteur/guitariste demain dans Plum' de Metal sur www.plumfm.net, à partir de 20h. ;-)

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Très belle pochette.


Machine Head a quand meme m'y un bon coup de pied au cul a pas mal de monde sur Burn My eyes.

Le reste n'a rien d'extraordinaire, sauf le second et the blackening qui sont de bon défouloir.

Les deux albums Neo c'est du pompage pour surfer sur la vague.