« Le Hardcore, c’est plus qu’une musique ».

C’est ce genre de leitmotiv qui me pousse à aimer un groupe, et par extension, à le chroniquer pour lui offrir l’exposition qu’il mérite. Parce que cette philosophie résume à merveille un mouvement basé sur le DIY, l’entraide, et surtout, des convictions qui vont bien au-delà d’une expression artistique simplement brutale. Souvenez-vous, les scènes de NY, celle de Boston, de Californie, ont toutes commencé par un mouvement de rejet de la société, par une simple réflexion, « et pourquoi pas nous, contre eux ? ». Cette attitude consistant à ne pas tenir compte d’une méfiance externe est toujours valable aujourd’hui, et se trouve peut-être encore plus pertinente, dans une époque où le fossé entre les plus aisés et les plus défavorisés n’a de cesse de se creuser…

Alors, MESECINA, groupe de Milan qui nous propose en ce mois de juin, version tape, quelques constatations sur le Powerviolence, le Fastcore et le Hardcore, à sa façon bien sûr, lapidaire, extrême, mais hautement accrocheuse.

Ce trio (Achi – guitare/chant, Fede – basse/chant, et Max – batterie/chant), qui se veut rapide, antifasciste et complètement DIY, revendique les influences de CHARLES BRONSON, INFEST ou YACOPSAE, ne fait pas dans le détail, et n’édulcore pas sa violence pour asséner son message avec plus d’emphase. On se retrouve donc face à un EP d’une rare intensité, qui n’hésite pas à enfoncer le clou de la rébellion en trempant son Hardcore dans une bonne dose de haine, qui fricote parfois avec une certaine forme de BM inaboutie (« Atertagrande »).

L’objectif avoué des milanais est de faire évoluer les consciences, mais surtout de fédérer un public hétéroclite, sans distinction de race, d’âge, de genre ou de religion. Ils jouent là où ils peuvent comme un concept agit-prop, et investissent n’importe quelle scène montée à la hâte, n’importe quel champ disponible, pour utiliser le Core comme le haut-parleur d’une saine révolte, qui se matérialise dans une combinaison de textes revendicateurs et d’instrumental ravageur.

En neuf pistes pour à peine douze minutes de jeu, ils laissent une empreinte profonde dans votre subconscient, grâce à une variété dans la brutalité, qui leur fait utiliser des tempi médiums et des riffs très sombres et presque Darkcore (« Beograd Gori u Ocima Sase », long final en tourbillon qui nous fait vriller dans un cauchemar lucide sans fin, la réalité en somme).

Avec une bordée de morceaux qui ne dépassent que très rarement la minute Mesecina se veut épitomé d’un style qui ne tolère pas le juste milieu, et qui assène de grands coups de pied dans la fourmilière du conformisme. Et d’ailleurs, après une intro bon enfant, « Giullari », déchaîne les foudres d’un Powerviolence à tendance Grind, qui ne ménage ni les blasts ni les hurlements.

« Rinascita Revoluzionaria » calme un peu la vitesse mais pas l’intensité, et ne souffre même pas d’un son assez rachitique et strident, qui propulse des guitares dans un univers un peu Death, tandis que la rythmique doit s’accommoder tant bien que mal d’un manque d’écho qui rend sa frappe assez sèche et éphémère. Basse qui s’impose en multipliant les notes et descentes, hystérie vocale à plusieurs, le ballet est étourdissant, et seuls quelques samples vous laissent le temps de reprendre votre souffle.

 

« Nos objectifs sont de donner à l’art et la musique une identité, celle des années dans lesquelles nous vivons, mais aussi de vous raconter ce que nous voyons et ce que nous vivons, et non ce que vous voyez à la télé ou lisez dans les journaux.

Alors crudité, ultraviolence et ultra rapidité. Et cet EP enregistré au Sesto S.G par Sarta et Simo se veut donc prise de conscience en forme de gigantesque beigne assénée sans méchanceté, mais avec rudesse pour vous faire revenir les pieds sur terre et affronter le quotidien d’une lutte interminable qui ne connaitra pas de fin. Celle des exploités contre les exploitants, des opprimés contre les oppresseurs, de la tolérance face à l’obscurantisme. Et un message ne passe jamais mieux que lorsqu’il est martelé avec force et conviction, ce que des morceaux aussi lapidaires que « 750.000 Anni Dopo... L'amore » ou « Como Macacos Enjaulados » ont bien compris.

Riffs obscurcis, parfois un peu bouffés par une production limite (« Atertagrande »), mais densité instrumentale et vocale qui permet aux milanais de s’imposer non sur la durée, mais sur l’intensité.

Les MESECINA avec cet EP éponyme se taillent donc une place de choix sur la scène Core italienne, qui n’a de cesse de remuer des bras pour prouver qu’elle est bien vivante et déterminée. Certes, le propos est convenu, mais l’investissement dont font preuve ces trois musiciens est assez bluffant, et on espère un LP pour bientôt, histoire de constater l’impact de leur pensée sur un format plus développé.


Titres de l'album:

  1. Jedni Veceni na Mesecini - Giullari
  2. Rinascita Revoluzionaria
  3. Raporti Forzati
  4. Luchando
  5. Como Macacos Enjaulados
  6. Punx e La Metropoli
  7. 750.000 Anni Dopo... L'amore
  8. Atertagrande
  9. Beograd Gori u Ocima Sase

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 26/07/2017 à 14:53
72 %    300

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Sangue

Culś

Wormwitch

Heaven That Dwells Within

Wings Of Decay

Crossroads

Ares Kingdom

By the Light of Their Destruction

Mosh-pit Justice

Fighting The Poison

East Of The Wall

NP-Complete

Spirits Of Fire

Spirits Of Fire

Brutal Sphincter

Analhu Akbar

Darkthrone

Old Star

Makkmat

Beina Brenner

Jess By The Lake

Under The Red Light Shine

Rammstein

Rammstein

D.a.d

A Prayer for the Loud

Death Angel

Humanicide

First Signal

Line of Fire

Find Me

Angels In Blue

Royal Republic

Club Majesty

The Morganatics

Love Riot Squad Vs The F-world

The Brink

Nowhere to Run

Crazy Lixx

Forever Wild

Pitfest

Mold_Putrefaction / 08/06/2019
Crust

Warm-Up Hellfest

JTDP / 07/06/2019
Hellfest

Ad Patres / Iron Flesh / Origin'Hell - Live-report Rennes

Jus de cadavre / 28/05/2019
Death Metal

Mgła - Revenge - Doombringer // Paris

Mold_Putrefaction / 19/05/2019
Death Metal

Concerts à 7 jours

+ Ministry

18/06 : La Laiterie, Strasbourg (67)

Photo Stream

Derniers coms

Ils ont enfin sorti un album potable depuis 1988 ? Ah non après vérif ' leur dernière crotte reste Hardwired.


Ils ont morflé les Mets, c'est l'age c'est normal mais tant que l'envie et là !

C'est surtout le père Hetfield, Lars est un peut plus boudiner qu'avant. Rob ça va par contre c'est celui qui a le moins bougé, il a la même dégaine qu'il y a 10 ans.


Buck Dancer + 1 putain !!!
A l'instar (dans une moindre mesure tout de même) d'un "Fear, emptiness, despair", deux albums totalement décriés à l'époque...
Allez savoir pourquoi putain ?!?!
Aaaahhhlala ! Les fameux critiques-pisse-vinaigre... … ...


Une belle chro qui m'a donné envie d'en écouter davantage


En parlant de Napalm, j'ai une période Diatribes en ce moment. Album que j'ai négligé à l'époque mais... quel putain de tuerie !!! Un de mes préférés.


Monstrueux ! C'est la saison des baffes en ce moment !


Mitch Harris est bloqué à cause de raisons familiales (et parentales, une histoire de maladie, il me semble). Aux USA.


Billet en poche. Ca va chier. Je les ai vus au moins 12 fois sur scène. Pas grave, j'en serai encore.


Mais il n'a rien écrit pour le prochain album. Juste enregistré ses parties de guitare.


Il est toujours là mais pas sur scène


Et sinon Mitch Harris, il revient quand dans le groupe ?


Enormissime ce titre !! J'adore. Terrible !


Boucherie absolue !!! Oh la vache ! Trop pressé d'écouter ça en entier !


et le sujet *


Tu m'étonnes mec !!!
Et oser "Marc Dutroux national hero" pour un groupe belge… Quand tu sais le drame national que cela a été à l'époque (est le sujet "taboo" que c'est encore désormais), au delà de l'outrage, faut limite avoir de sacrées couilles au cul pour pondre un titre pareil(...)


Tel père tel fils bordel ! C'est marrant, en à peine 5 secondes tu sais que tu es dans la Bay Area...


Pas mal ce truc, connaissais pas du tout ! Merci pour la découverte, mais du coup fait chier de pas avoir été les voir au ND !
Joli titres de morceaux en tout cas :,D !


Only Theater of Pain, l'ultime chef d'oeuvre.


Merci, oui c'est souvent ça.


ah cool ! j'y croyait plus !