Non, aucune faute de frappe dans la typographie du nom de ce groupe, puisqu’il s’agit bien de TERROIR X VIOLENCE, et non d’un plus logique TERROR X VIOLENCE, qui toutefois aurait parfaitement convenu à la musique proposée. Mais plusieurs éléments laissent à penser que ce choix initial répond à une logique toute personnelle aussi, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, les gus viennent de Marseille, et pour connaître les tarés qui sévissent là-bas (BAD TRIPES n’étant pas l’un des exemples les moins probant), il n’y a rien de surprenant à rencontrer une nouvelle caste digne de ses contemporains. Ensuite, il y a cette fabuleuse pochette, flanquée de la silhouette pleine de bonhomie à lunettes de feu Jean-Pierre Coffe, que vous aurez tous reconnu, même si vous mangez du jambon sous vide (et ça, c’est vraiment de la merde, ne l’oubliez pas). De trois, il y a cette configuration en solo, précisée sur une page Facebook qui ne verse pourtant pas dans l’abondance de détails. On peut donc supposer à juste titre que derrière ce nom en boutade se cache un seul homme, responsable du barouf qui s’apprête à garnir votre platine et à ruiner vos oreilles. De porc évidemment. Et après vérifications d’usage sur la toile, pas facile de trouver des éléments à décharge, puisque l’identité du bonhomme est difficile voire impossible à cerner.

Mais il est toujours possible d’apprendre que ce trublion culinaro-bruitiste a déjà sévi dans le cadre d’un premier LP, reprenant avec bonheur et malice la formule culte de son influence gastronomique, C’est d’la Merde. Et rien que l’énoncé des titres parsemant cette entrée en matière assez grasse dans le fond et crasse dans la forme suffisait à piger que le responsable de tout ce bordel n’était pas homme à se prendre au sérieux près de l’évier. Jugez-donc, « Succulent Poireau », « Sauté de Mamelon d’Autruche », « Blanquette de Veau Mort-Né » (merci pour la référence, enfin un homme de goût), « Kebab Swag », en gros, la quintessence du jeu de mot qui sent le viandox et le roux un peu trop cramé pour cacher le faisandé. Sauf que la musique de cet olibrius dérangé, c’est tout sauf de la merde. Il a beau être tout seul et rigoler dans son coin, le mec sait jouer, et composer. Dans un registre multiple qui lui sied à merveille et qui lui permet de varier sa carte à loisir. Sans jamais jeter les bas-morceaux.

De retour trois ans plus tard avec une nouvelle table, TERROIR X VIOLENCE n’a pas forcément changé ses recettes, mais les applique maintenant avec un indéniable savoir-faire qui pourrait bien lui rapporter quelques étoiles au guide Micheline. Toujours cette façon d’appréhender le Death sous ses aspects les plus traditionnels et modernes, histoire de dresser un couvert d’actualité qui respecte l’étiquette de la tradition, et toujours ces variations sur plusieurs thèmes qui lui font arranger quelques tripes à la mode Beatdown, sans tomber dans l’opportunisme de fast-food à peine digérée une fois emballée. Mais finalement, la question en suspens concerne surtout la qualité des morceaux que vous allez ingurgiter il me semble ? Alors de ce côté-là, attendez-vous à du roboratif, qui coule avec violence sur le palais et dans la gorge, et qui laisse l’estomac en feu en digressant sur la liberté d’incruster des ingrédients Gore dans un plat typiquement Death. Pour autant, l’homme n’est pas un animal, et ne se veut pas John Merrick de l’outrance, puisqu’il sait aussi ménager nos papilles de nombreuses créations élaborées, qui satisfont notre variété de plaisir, et qui taquinent le Grind, le Death, le Hardcore, avec une maestria instrumentale qui laisse parfois pantois. De plus, l’homme s’est concentré sur des versions plus classiques de ses obsessions, ce qui est remarquable dès la lecture des intitulés des morceaux. Sa musique ne s’en est pas pour autant assagie, et dénonce toujours les mêmes travers de tiédeur de ses contemporains. Et il est certain que l’homme a dû pas mal épuiser les recueils de SUFFOCATION, d’IMMOLATION, de CANNIBAL CORPSE, et de toute la vague Deathcore qui sévit depuis quelques années dans les restaurants auditifs des Etats-Unis.

Alors, chaos et envie, mais le plaisir est-il garanti ? Pas forcément, même si le musicien se cachant derrière ce projet tente parfois de finasser, et de s’éloigner de ses propres préparations. On note parfois quelques dissensions, éparses il faut l’avouer, et toujours hautement épicées, comme lorsqu’on avale d’un trait le magique « Grotesque Dissident », qui se rapproche plus d’un Death technique et gras que d’un Deathcore épais et indigeste. Les assiettes les plus légères sont aussi souvent les plus appréciables, comme celle qui débarque remplie d’un « Inherently Hateful », à la présentation élaborée et à la débauche de sauce qui dégouline sur les dents. Mais nonobstant ces quelques intermèdes assez plaisants, il faut reconnaitre qu’avec près de cinquante minute de station à la tablée, le système digestif finit par montrer des signes de lassitude, voire d’écœurement, et il eut été préférable que l’homme fasse l’impasse sur les plans réchauffés pour vraiment nous maintenir en haleine. Celle-ci se trouve un peu fétide et chargée en fin de festivités, subissant le trop-plein d’un menu qui s’avère un peu trop opulent, et les dernières plâtrées restent presque intouchées, surtout qu’en guise de dessert avant digestif, nous subissons une énorme pièce montée de presque neuf minutes qu’on voit arriver l’écume aux lèvres séchées. Heureusement pour nous, le sucré en question est débarrassé de toute prétention, et se concentre plus volontiers sur l’efficacité que la démonstration violente, ce qui nous permet d’ingérer quelques lampées plus légères de mélodies amères, qui confèrent au feu d’artifice un petit air de digestif appréciable. Ainsi, « Death Zone » permet de quitter l’établissement le cœur et le colon plus léger, avant que « Liberating Death » ne nous en colle un dernier coup dans les roustons de ses dissonances de glouton.

Alors oui, tout ça sent le terroir, mais plus le restauroute express que la bouillabaisse. Saluons quand même les qualités de chef de ce musicien qui refuse tout compromis, et qui nous distrait de ses blagues entonnées d’une schizophrénie vocale grognon/hystérique, un peu systématique, mais assez cocasse par moments. Le travail accompli mérite toutefois d’être applaudi, mais je ne saurai que trop conseiller à ce cuistot presque étoilé de revoir sa copie, et de ne plus céder à la complaisance préparée. Un peu plus de concision et de brièveté ne pourra lui nuire, et espérons que le prochain banquet se voudra plus léger qu’un parpaing sur l’estomac balancé.


Titres de l'album:

  1. Ascension
  2. Salad Supremacy
  3. Cannibal Country Club
  4. Divine Judgment
  5. Grotesque Dissident
  6. Inherently Hateful
  7. Nemesis
  8. Nuclear Extermination
  9. Death Zone
  10. Liberating Death

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 30/01/2018 à 14:38
70 %    513

Commentaires (0) | Ajouter un commentaire

pas de commentaire enregistré

Ajouter un commentaire


Black Swan

Shake the World

Ævangelist

Nightmarecatcher

Darkult

Darkult

Sons Of Morpheus

The Wooden House Session

Seven Spires

Emerald Seas

The Dues

Ghosts Of The Past

Quiet Riot

Hollywood Cowboys

Angel Witch

Angel Of Light

Vastum

Orificial Purge

Divide

From Seed to Dust

Soul Grinder

The Prophecy of Blight

Silverstage

Heart n’Balls

Surgical Strike

Part of a Sick World

Annihilator

Ballistic, Sadistic

Scratches

Rundown

Mass Worship

Mass Worship

King Legba

Back From The Dead

Liturgy

H.A.Q.Q.

Obscure

Darkness Must Prevail

Beyond The Void

Ex Nihilo Nihil

Stolearm

RBD / 17/02/2020
New Wave

Pastor of Muppets

RBD / 12/02/2020
Brass Band

J'irais Mosher chez vous ! Episode 2 : Indonésie

Jus de cadavre / 08/02/2020
Asie

Incite + Skaphos

RBD / 04/02/2020
Black Death Metal

Concerts à 7 jours

Depraved + Adx + Factor Hate

01/03 : Salle Des Fêtes, Fismes (51)

Napalm Death + Rotten Sound + Eyehategod

03/03 : La Machine Du Moulin Rouge, Paris (75)

Deadline + Iron Kingdom + Jades

04/03 : Le Klub, Paris (75)

Visions Of Atlantis + Chaos Magic + Morlas Memoria

27/02 : Le Grillen, Colmar (68)

+ Putrid Offal + Sublime Cadaveric Decomposition

28/02 : Le Bistrot De St So, Lille (59)

Photo Stream

Derniers coms

L'info vous avez du la lire sur le scribe du rock il me semble qu'il y a une interview.
https://www.webzinelescribedurock.com/2020/02/ultime-eclat-glaciation-entretien.html

Après franchement suis vraiment pas fan du groupe ...


Bon…
Alors je l'ai donc enfin gouté ce nouvel album.
C'est très bien fait... Bien construit… La prod est effectivement au petit oignon… ... ...
Mais est-ce que cela ne l'ait pas trop justement ? Car putain, y'a vraiment rien là-dedans qui me fasse frémir un tant soit peu (...)


Oh là là Blind... Faut pas prendre la mouche comme ça…
Ma réponse ne se voulait absolument pas acerbe : Cf. "Ton intervention (très gentille au demeurant...)".
Putain… Pour une fois que j'étais tout aimable… Cela m'apprendra tiens !


J'en attendais rien, et c'est vraiment très bon. Le chant est toujours aussi puissant.


Merci pour vos réponses les amis.


@Humungus: Désolé d'avoir voulu te renseigner et d'ignorer que tu sais ce qu'est un patch. La prochaine fois, t'inquiète, je m'abstiendrai.


@Sinii : en effet, c'est ce que j'ai pu lire également (malheureusement je ne sais plus où...)


Tu m'étonnes. Je note la cover réussie de cet album en attendant d'en entendre un premier extrait.


C'est pas le gars de Deathcode Society qui a composé le nouvel album?
Je crois avoir lu ça quelque part...


Grande nouvelle. 2020 sera scène extrême française ou ne sera pas !


Rose Hreidmarr au chant comme pour le précédent album. Pour le reste je sais pas... Pas de line-up annoncé sur Metal Archives (pour l'instant).


Ben voila, il n'y a pas de raison que le metal français n'ai pas le droit à son mélodrame de nom ;). Bon pour le moment nous avons qu'une seule version de l'histoire...

Pour parler musique, j'avais beaucoup aimé "Sur les falaises de marbre", surement un de mes albums préféré de 2(...)


Mmm, musicalement, les deux derniers albums étaient intéressants, pas faciles en terme de composition, mais plutôt ambitieux et instrumentalement réussis, même parfois brillants. Rien à dire sur le parti-pris et la prise de risque. C'est la voix de Greene qui ne me séduit pas au point d'achet(...)


A noter qu'a priori il y a baleine sous gravier avec ce retour de GLACIATION, au vu du post publié par Valnoir sur sa page fb => https://www.facebook.com/jean.simoulin.7/posts/651167092299009?__tn__=K-R
Pour ceux qui ont la flemme de lire en anglais, les collègues de Scholomance Webzine ont (...)


Bon, j'ai pas encore écouté ce dernier album, mais le peu que je m'en suis fourré dans les esgourdes pour l'instant ne me fait pas changer d'avis sur ce groupe que j'ai tant vénéré dans les 90's.
De fait, Yoloman + 1 000 000 !!!


Un des dieux de mon petit panthéon personnel.
Quand on sait que j'ai débuté ma carrière Métallique en me plongeant corps et âmes dans AC/DC, c'est donc à mon sens tout bonnement indispensable.


Tellement mauvais et tellement drôle à la fois qu'on leur accorde l'indifférence avec mansuétude.


"quand on veut écouter du vieux Death Metal qui schlingue la gerbe et la bile, on se coltine un vieil INCANTATION, un des premiers BOLT THROWER, et vogue la gerbe le long du canapé"
:D !


Ah et puis Sieur Simony, je n'ai pas pu attendre votre fameux crédit à si faible taux...
Ma pré-commande est déjà passée.


Titre plus que prometteur en effet !