Cela faisait longtemps que notre rédaction ne s'était pas penché à deux têtes sur un même album pour vous apporter deux avis. C'est l'inénarable Mortne2001 et le petit nouveau Albert_Bathory qui ont réuni leur plume pour cet album de NOCTURNAL GRAVES.

L'avis d'Albert_Batory : 90%

 Enfin la nouvelle engeance de NOCTURNAL GRAVES ! Après "Satan’s Cross" et "… from the Bloodline of Cairns" respectivement  leurs deux premiers albums sortis en  2007 et 2013, les Australiens reviennent à l’assaut cinq ans plus tard avec un album tinté d’un esprit old school et maîtrisé avec brio.

Un premier passage en Europe très remarqué  puisque NOCTURNAL GRAVES occasionna d’une part la sortie du split “The Gravespirit Sessions" mais d’autre part la rencontre avec Shrapnel (ex-DESTRÖYER 666, ex-RAZOR OF OCCAM) et  L.Wilson (DENOUNCMENT PYRE, FUNERARY  PIT)  qui les rejoignirent en 2012. S’en suit différentes tournées avec notamment un passage très remarqué au Maryland Deathfest en 2016 (invitation résultant de la sortie de "… from the Bloodline of Cairns" magnifiquement accueilli par leur fan base et la presse).

Ce nouvel « ode aux charniers »  sorti chez Season of Mist et intitulé très simplement "Titan" nous montre dès les premiers riffs comment une descente dans l’antre putride du death et black old school doit se passer sans accroc. "Resistance" pose en effet l’ambiance en quelques secondes puis, vous glace le sang avec un chant malaisant produit par Nuclear Exterminator et des arrangements intelligemment parsemés. Au bout de quelques minutes, tu commences à te dire que tu ne peux descendre plus bas… Et pourtant si ! À 4’ 30’’, on ralenti le tempo et on repart de plus belle pour une transition qui m’a étonnement fait pensé au premier album de PARADISE LOST. C’est génial ! J’en veux encore! Pour le deuxième morceau, "Roar of the wild" on ne rigole plus. Directement on arrive dans le death metal pur tinté à la MORBID ANGEL. Des breaks de batterie magnifiquement placés et des arrangements toujours à la hauteur de la réputation des Australiens. "Ecdysis, Shedding Weak Flesh" s’enchaîne parfaitement avec "Road of the wild" , présentant une couleur  différente dès la première écoute: une impression d’écouter ce bon vieux morceau Empty words de DEATH mais pas seulement. Pour le moment, un pur dilemme entre : « Diantre ! Dois-je maudire la terre entière du fin fond de ma cave ou faire un bon feu de tous ces mécréants ? ». "Souls tribulation" fait preuve d’efficacité en montrant des riffs acérés qui remettent la pêche en plein milieu d’album : simple, efficace c’est exactement ce qu’il faut. Nous voici déjà au cinquième morceau : "And Hell Followed Them". Depuis le début, « Titan » me remémore des morceaux que j’écoutais il y a quelques années et là, c’est encore le cas. Grandiose !  Des influences à la ENTOMBED ! On termine avec trois titres qui pour moi sont extrêmement reliés et t’annonce l’amour du groupe pour l’oraison non-silencieuse du bon vieux death. J’irai même jusqu’à dire que "Bow Before None", "Silence the Martyrs" et "Titan" sont une synthèse de l’album. On y retrouve les influences citées précédemment, des breaks assez similaires aux précédents morceaux et toujours ce doux parfum morbide des années 80 qui danse avec toi dans la fosse commune. On termine cet album sur un joli ralenti pour un atterrissage sans bobo et qui te fait travailler le ciboulot : « Mais oui ça me rappelle quand j’ai vu tel groupe à tel endroit ! ». Le métalleux a aussi son remède contre Alzheimer, et il s’appelle NOCTURNAL GRAVES.

En conclusion, un sacré concentré de musique old school des années 80-90 que N.G. a su adapter à sa sauce pour produire ce monstrueux "Titan", qui ravira vos cages à miels après une dure semaine.  Foncez l’acheter: effet de Catharsis garantie !  


L'avis de Mortne2001 : 80%

En Australie, on ne fait pas vraiment les choses comme tout le monde. Sans doute un problème de climat, mais autant dire que depuis quelques années, ce pays aux confins du monde semble vouloir ravir aux Etats-Unis, au Brésil et à la Colombie leur place sur le podium de la brutalité non raffinée. Rythmique en chien de fusil, panachage de styles tous plus extrêmes les uns que les autres, et tableau d’horreur qui se remplit de noms tous plus notables les uns que les autres, histoire de faire les malins au conseil de déclasse. De là, vous pouvez toujours tenter le coup de la liste exhaustive, mais vous risquez de vous en tirer avec un mal de tête carabiné au moment de mettre un ou deux groupes en avant. Pensez-donc, DESTRÖYER 666, GOSPEL OF THE HORNS, RAZOR OF OCCAM, DENOUNCEMENT PYRE, VOMITOR, IMPIOUS BAPTISM, DESTRUKTOR, BESTAIL WARLUST, MONGREL'S CROSS, ATOMIZER, BASTARDIZER, HOBBS' ANGEL OF DEATH, IMPETUOUS RITUAL, HELLBRINGER, HUNTERS MOON, et le recensement est loin d’être complet, puisque de nombreux combos peuvent s’ajouter à l’énumération, sans qu’il ne paraisse possible de les mentionner tous. Mais à cette suite pourrait sans conteste s’ajouter le patronyme de NOCTURNAL GRAVES, qui depuis 2004 et de son Melbourne natal s’obstine à racler le fond de l’underground pour en accommoder les détritus les plus immondes et les agencer de façon à construire une symphonie de l’outrance sur fond de Black Thrash ou de Death Black, selon l’angle par lequel vous abordez le problème.

Autant dire que nous n’avons pas affaire à des bleus, encore moins à des amateurs de bluettes pour adolescents en mal d’émoi. Mais en jetant un simple coup d’œil au line-up de la créature, on comprend assez vite pourquoi ces olibrius s’enorgueillissent d’un parcours aussi impeccable, eux qui ont au préalable répandu les effluves les plus putrides sur leur passage. Et loin de représenter une exception aux règles que les NOCTURNAL GRAVES foulent du pied, Titan représente plutôt une jolie preuve de changement dans la continuité, spécialement depuis que son leader a découvert le pouvoir de la mélodie, qui lorsqu’elle est intégrée de force ou non dans un cadre parfaitement violent, permet à des compositions cruelles de déborder sur une autre dimension. Nous retrouvons donc dans les rangs de la faction australienne l’inamovible Nuclear Exterminator aka Jarro Raphael, seul survivant des premiers jours, et toujours aussi fermement accroché à son micro, à sa batterie, sa basse et ses guitares. Le multi-instrumentiste au passé chargé (COFFIN LUST, IMPIOUS BAPTISM, SITHLORD, DESTRÖYER 666, ex-HOBBS' ANGEL OF DEATH et encore un bon paquet de Pop-bands en mal de groupies et de laque croupie) est toujours entouré des comparses avec lesquels il avait mis en boîte le séminal ...From the Bloodline of Cain, qui lui-même faisait suite aux relativement peu complaisant Satan’s Cross en 2007. Trois LP donc, pour un virage qui s’annonçait serré, mais nous pouvions compter sur l’enthousiasme bestial de la troupe pour aller de l’avant sans oublier de regarder vers l’arrière, et il est certain que Titan mérite son titre à bien des égards, colosse aux pieds de fonte qui avance et pulvérise tout sur son passage, en prenant un malin plaisir à moduler quelques idées brutales pour nous offrir une vilénie fatale.

« L’utilisation de la mélodie nous a permis de mieux nous exprimer, et de donner à nos morceaux une profondeur, d’acquérir une nouvelle dimension. Car la musique doit suggérer des émotions, ce qui permet aux parties brutales d’avoir un plus grand impact. C’est ce que nous recherchions […] et quand j’écoute des groupes qui abusent des blasts, ça finit par sonner assez monotone, et je ne suis pas vraiment intéressé par le fait de jouer une musique monotone »

C’est Jarro lui-même qui assume ces propos, et reconnaissons au bonhomme à la biographie chargée d’avoir su tirer le meilleur de lui-même et de ses acolytes. Bien que la férocité et la crudité soient toujours des valeurs auxquelles NOCTURNAL GRAVES croit dur comme terre, Titan est bien plus qu’un simple Golem qui écrase tout sur son passage, même si la créature fait pas mal de dégâts. S’inscrivant dans la plus droite lignée des travaux les plus lapidaires d’AURA NOIR, ce troisième LP chercher constamment l’équilibre entre nuance et démence, et multiplie les signatures rythmiques, module ses riffs, tout en gardant le cap sur une violence omniprésente. A tel point que lorsque les idées s’entrechoquent dans un tourbillon de méchanceté instrumentale, on pense à un gigantesque amalgame entre les imbrications de MORBID ANGEL, le radicalisme de VADER, et l’occultisme gentiment underground de toutes les références situées en amont (« Bow Before None », un aveu qui place le groupe parmi les précurseurs et non les simples suiveurs). Sans hésiter ou tergiverser, les australiens foncent bille en tête, en ayant au préalable agencé leurs idées pour ne pas dériver, et risquer de se perdre dans un déferlement de plans qu’ils auraient du mal à gérer et garder sous contrôle. Nous en avons une preuve tangible dès l’entame grandiose de « Resistance », qui loin de se contenter d’un Black Thrash de bonne facture mais au rayonnement limité, provoque le BM le plus ambitieux pour le confronter à l’immédiateté d’un Thrash à connotation Death renforcé. On comprend mieux dès lors pourquoi le tempétueux leader décida il y a quelques années d’inclure des mélodies plus prononcées dans sa débauche de violence, tant le résultat crève les oreilles et la démonstration se montre probante.

En tant qu’intro, ce morceau résume à lui seul le désir intrinsèque de la formation de ne pas se laisser enfermer dans le rôle de brute épaisse (ce que la piste DESTRÖYER 666 aurait pu impliquer), en alternant, combinant, transgressant, et brisant net l’élan de plans pour les faire adopter une forme moins rectiligne sans pour autant sacrifier ce caractère foncièrement outrancier. « Titan », final éponyme grandiose valide encore plus ce postulat, et joue la lourdeur sans se frotter au Doom, même si l’ombre des BOLT THROWER peut titiller la mémoire. Riffs millimétrés, intelligence d’agencement, mélodies amères qui effleurent la bestialité, pour une dimension privilégiant l’efficacité, sans le sacrifier à l’imagination débridée. En explosant les conventions d’une intro évolutive par des blasts impitoyables et des licks tournoyant, les australiens se montrent sous leur vrai jour, plus complexe qu’une assemblée d’hérétiques sans roi ni toit, mais collant au plus près d’un réalisme national. Je vous le disais, l’Australie est en passe de devenir le havre de guerre des groupes refusant de se complaire dans un style unique. Et les NOCTURNAL GRAVES pourraient bien avec Titan assumer le rôle de chef de meute.

Track-list

1. Resistance (6:44)

2. Roar of the Wild (3:41)

3. Ecdysis, Shedding Weak Flesh (6:13)

4. Souls Tribulation (3:42)

5. And Hell Followed Them (4:15)

6. Bow before None (6:07)

7. Silence the Martyrs (3:34)

8. Titan (5:27)

Temps Total: 39:43

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par Albert_Bathory le 07/06/2018 à 21:34
85 %    301

Commentaires (6) | Ajouter un commentaire


Jus de cadavre
membre enregistré
25/05/2018 à 07:37:13
Bienvenu mec ;)
Pas encore écouté celui ci, mais je vais corriger ça ! Satan's Cross est juste parfait dans le genre pour moi...

Simony
membre enregistré
25/05/2018 à 08:33:18
De mon côté je ne l'ai écouté qu'une seule fois donc pas d'avis définitif bien entendu, mais je le trouve extrêmement intéressant malgré les ficelles du style.

Albert_Bathory
@193.49.108.219
25/05/2018 à 14:00:10
Bonjour messieurs !
Ouais j'ai pris mon pied en l'écoutant. C'est vrai qu'on peut vite se dire :"tiens encore du old school vu et revu" mais au final c'est bien branlé et tu t'ennuies pas.

tylo
@78.192.38.132
01/06/2018 à 19:27:13
plutot plat et chiant

JérémBVL
membre enregistré
11/06/2018 à 17:52:52
Bienvenue à toi Album_Bathory!

JérémBVL
membre enregistré
11/06/2018 à 17:53:25
Albert pardon...

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ouais c'est clair ça tabasse toujours autant, et comme a chaque sortie je me demande si un jour ils vont revenir en europe...


C'est sûr qu'avec une pochette comme cela, on a tout de suite envie d'acheter l'album...


Très sympa, j'aime beaucoup !


C'est pas tous les jours qu'un aussi bon album est chroniqué sur Metalnews, ne boudons pas notre plaisir. Un bon 8.5/10 pour ce thrash war metal.


On ne peut plus classique, mais toujours aussi efficace...


Merci pour le report, vieux Jus, ça donne presque envie :)
On se retrouve à DisneyHell en Juin


Exactement le même avis que toi concernant REVENGE et MGLA sur scène !
Pour le public amorphe, à mon avis il devait y avoir pas mal de Hollandais dans la salle :D !


La reprise Autumn Sun est de Deleyaman...le nom du groupe est mal écrit dans l'article ;)


Je te rassure : le "désormais" n'existe pas pour moi puisque je n'ai jamais aimé Korn et consorts (hormis durant ma prime adolescence... donc au temps jadis).


Par contre, Lisa, elle est malade ou quoi ? A la vue des vidéos sur YT, on dirait qu'elle a pris 30 kilos.


Merci pour ce papier, DCD fait partie des grands, et j'imagine les poils se hérisser aux sons de "Xavier" ou l'intemporel "Anywhere...". Ca a dû être de grands moments.


Ce qu'il faudra donc retenir de cette discussion de bon aloi entre Satan et JDTP, c'est que le terme Néo Metal (qui est effectivement une des influences flagrantes de ce groupe) est désormais perçu de façon totalement péjorative...
Intéressant non ?


Autant pour moi !
Ce que j'aime bien dans le projet, c'est qu'on a un peu l'impression de déconner entre potes de longue date.


Alors dans mon esprit ce n'était pas du tout du second degré en fait. C'est une des influences principales du groupe (parmi de nombreuses autres), c'est pourquoi j'ai choisi cette dénomination.
Quoiqu'il en soit je suis absolument d'accord avec toi, c'est carrément bien fichu et d'une inc(...)


"La voix, sa voix, est là, toujours hostile, semblant parvenir du plus profond des enfers. Elle est intacte, unique"
Tout est dit mec !


Je trouve ça un peu sévère de qualifier ça de "néo métal". Car même si le côté humoristique ferait penser à un truc sans prétention, ça reste quand même plutôt bien fait.


https://necrokosmos.blogspot.com/2019/05/le-groupe-americain-sort-son-premier.html


"Autre phénomène à la mode bien ridicule est à mon sens le « Ghost bashing »"...
Bah excuses moi gars, mais si je n'aime pas GHOST et surtout ce qu'ils sont devenus désormais, crois moi bien que je ne vais certainement pas me faire prier pour le dire.
Je les ai vu pour la toute pr(...)


cool report !

peut etre aussi moins de monde car affiche avec au final tres peu de black comparé aux précédentes éditions j'ai l'impression,mais ca reste plutot bien fat comme affiche ! il va bien falloir que je me deicide a bouger mon boule en Hollande.


ca faisait longtemps que je n'avais pas ecouté Hate, et merdum ? c quoi c'truc tout mou