Satanik Küntkvlt

Hoeverlord

29/01/2018

Throats Productions

« Un matin comme celui-là, il y a juste un an déjà, la ville avait ce teint blafard, lorsque je sortis de la gare. Nantes m´était encore inconnue, je n´y étais jamais venue, il avait fallu ce message, pour que je fasse le voyage… »

(Message en question. « Ramène ton cul Barbara, la ville est en passe d’être détruite par une bande de bruitistes paillards qui comptent la mettre à sodomie et à sang ». Et elle est venue quand même l’inconsciente….).

J’espère que l’esprit de feu la grande dame en noir ne m’en voudra pas d’avoir emprunté ces quelques vers d’une de ses plus belles chansons pour introduire la chronique d’un groupe qui lui, ne donne ni dans la finesse des rimes, ni dans la délicatesse de ton. Mais gageons que la dame, qui était connue pour son sens de l’humour inversement proportionnel à l’intensité des couleurs qu’elle portait aurait apprécié ce clin d’œil un peu déviant. Pas évident par contre qu’on l’eut retrouvée dans son salon en train de headbanguer comme une folle au son paillard du premier LP des HOEVERLORD, qui habitent pourtant celle ville qu’elle a si joliment chantée…Pourtant, elle aurait pu s’adonner aux joies déviantes du Black N’Roll de cette horde de maniaques de l’agression systématique, qui à la fin du mois de janvier vont partager avec nous leur conception d’un certain enfer sur terre, qui a un petit quelque chose en commun avec les Hadès décrits par les DARKTHRONE dans leur période la plus groovy et souillée. Ces furieux qui ont certainement dû avaler à grandes lampées les jets de bile fielleux des IMPALED NAZARENE sans pour autant être plus heureux, jouent donc le jeu de l’outrance mélangeant l’abrasivité du Black Metal, l’attitude frondeuse du Punk, agrémentant le tout d’une ambiance délicieusement Thrash glauque, pour obtenir un cocktail assez relevé, suffisamment en tout cas pour vous extirper de votre lit en pleine nuit pour tenter d’identifier le barouf qui vous empêche de vous reposer.

Pas de repos du guerrier à attendre de Satanik Küntkvlt, qui de sa finesse de thèmes (le diable, le bondage, le porno, la torture et autres joyeuseté de luxure) nous embarque dans une orgie sonore à l’enthousiasme débridé, et aux riffs magnifiquement torchés. Antar (Guitare), Puneesher (chant), Sado Romeo (chant aussi), qui sur leurs photos promo semble nous indiquer qu’ils traitent la gent féminine avec toute la douceur qu’elle mérite (ironie, quand tu nous tiens…) sont donc les nouveaux héros de l’ombre, qui ont décidé d’en sortir pour nous exposer leur théories sur le BDSM physique et musical, en nous proposant un genre de gymkhana de l’extrême, pas si bruyant qu’il n’y parait en regardant cette pochette au trait grossier (comme les propos qu’elle est censée dissimuler). Il n’est pas question de chaos ni de nihilisme ici, mais plutôt d’exubérance, de déviances, parfaitement assumées et régurgitées pour tenter de nous rallier à la cause d’un Metal primitif, mais suffisamment agencé pour ne pas trop nous rebuter. Evidemment, aucune originalité à attendre d’un disque que l’on connaîtra parfaitement avant même de l’avoir écouté, mais une bonne bordée de morceaux qui ont tendance à gicler, en plein dans la face d’une pauvre victime opprimée, certainement honorée d’être le centre d’attention lubrique de ces chiens de l’enfer.

Riffs qui osent quand même la lourdeur et la puissance du BM le plus simpliste, chant qui n’a d’autre but que de renvoyer feu Quorthon à ses chères études baroques, rythmique compacte et sans fioritures, la séance ne vous mettra peut-être pas en transe, mais vous chatouillera les tétons pour les faire durcir au son d’un Black rock n’rollé de très bonne facture, et suffisamment blasphématoire pour vous pénétrer sous toutes les coutures. Créature de Frankenstein de l’extrême, HOEVERLORD se la joue donc aspirateur de complexes, et navigue au gré de ses humeurs entre vitesse raisonnable, lourdeur conviviale, et ose même en seconde partie de parcours nous offrir des hymnes au long cours, dont « Virgin Ritual » semble être l’un des plus probants, de ses conseils prodigués à l’attention de pervers destinés à priver de pauvres nymphettes de leur pureté. Mais la pureté n’a jamais été bon marché, alors que la luxure a toujours su nous fédérer, ce que les nantais ont très bien compris. Ils exposent d’ailleurs leurs théories dès le jouissif introductif (mais avec vaseline) « Nekro Patriarch », qui en trois minutes et quelques résume l’entreprise à merveille, et pourrait même se vouloir encart publicitaire auditif pour une énième digression amatrice de Jacquie et Michel en pleine transe bruitiste. Morceau très heurté, mais pas forcément révélateur de l’intégralité des perversions auxquelles le trio a depuis longtemps adhéré, c’est une mise en jambes bien écartées, qui place en avant une vilénie somme toute assez sympathique, amplifiée par une production de toute beauté, concoctée dans la sueur des Spearhead Sounds studios.

Mais il est incontestable que nos héros du jour savent faire parler la poudre, et la puissance dégagée par des morceaux comme « Bondage For Satan », en dépit d’une inspiration somme toute assez sommaire, est incontestable, et nous convainc de ses vices comme autant de travers que nous pourrions apprécier pour ce qu’ils sont. La seconde partie de l’album, pas plus posée mais plus conséquente nous révèle un groupe aux aspirations un peu plus ambitieuses, flirtant même avec la période Viking Black la plus imposante (« In Chastity »), tout en multipliant les clins d’œil à CRADLE, en adaptant leur perversion morbide à des obsessions beaucoup plus torrides (« Gagged Girls Don’t Say No », plus Mika Luttinen en latex que Dani Filth en playtex). Et si le rythme garde presque toujours la même cadence enlevée, les fessées sont de plus en plus corsées, au point d’atteindre une apogée lors du final « Infernal Whipping Invocation », faisant la jonction entre DARKTHRONE et DESTRUCTION, dans un orgasme Thrash N’Black aux chœurs collégiaux en pleine ascension.

Il est donc plus qu’évident que Satanik Küntkvlt, en traquant les pauvres minous esseulés pour les caresser, se laisse encore un peu trop domestiquer par des influences prononcées, mais la bonne humeur sauvage dont il fait preuve suffit à nous faire accepter les règles figées. Il faudra à l’avenir réserver un peu plus de surprises pour mettre le feu au donjon, puisque le cul est déjà bien brulant, mais les coups de fouet aux fessiers que les nantais proposent seront susceptibles de leur attirer un public friand de sensations débridées. Difficile toutefois d’imaginer la Nantes chantée par Barbara sous le joug d’une bande de pervers lubriques, mais parfois, en descendant du train, on fait d’étranges découvertes. Comme celle qui vous fera croiser le chemin de ces trois marsouins qui en tant que maîtres es-punitions, auront de quoi vous faire mal pour de bon.


Titres de l'album:

  1. Nekro Patriarch
  2. Satanik Küntkvlt
  3. Bondage For Satan
  4. Whore Flesh
  5. The Lashing Of Whips
  6. Virgin Ritual
  7. Ahriman's Tail
  8. In Chastity
  9. Gagged Girls Don't Say No
  10. Infernal Whipping Invocation

Bandcamp officiel


par mortne2001 le 27/01/2018 à 14:32
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Humungus

Humungus = Asocial.

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