Scorched Promised Land

Dies Holocaustum

10/01/2020

Autoproduction

DIES HOLOCAUSTUM fut à la base un projet solo initié par Jón Alcover, chanteur/guitariste, qui rassembla toutes ses sessions d’enregistrement en démos, pour rencontrer des musiciens susceptibles de l’épauler. Il décida finalement de graver ces démos sur CD et de les distribuer sur la scène locale, tout en utilisant les réseaux sociaux en illustrant ses morceaux de diaporamas pour les diffuser sur la toile. Malgré tous ses efforts le musicien n’obtint pas le résultat escompté, et le projet resta dans l’ombre pendant quelques années, jusqu’à ce que Jon rencontre deux comparses après avoir tenté quelques auditions infructueuses. Comme le veulent la tradition et la légende, ce fut lors d’un concert que le noyau du groupe se forma, avec l’adjonction de Will Pearson à la batterie (BODY HARVEST) et Jaime à la guitare (NOISEAXE). Avec l’arrivée de Rob Innell à la basse, le quatuor se trouva donc au complet, et le quatuor occupa le terrain virtuel pour asseoir sa réputation. Après un premier concert au succès rassurant, DIES HOLOCAUSTUM passa directement à la case studio, mais le départ de son second guitariste freina quelque peu son projet. Ce n’est qu’après l’intégration de K-lum Schmidt (VOLUNTAS) que le combo put enfin prendre son envol, lâcher un premier single (Glories of Hell), avant de s’attaquer à son premier longue-durée, qui aujourd’hui se formalise enfin autour de onze morceaux inédits faisant montre d’un talent certain pour la diversité. Et après six ans d’essais divers, de balbutiements, de contretemps, Scorched Promised Land vient à point nommé exploser en pleine figure d’un public européen amateur de sensations fortes, avec son Crossover géant qui reprend plus ou moins toutes les qualités des genres extrêmes les plus modulés et aérés.

Death mais résolument Thrash, mélodique mais radical, le groupe de Bristol n’est pas du genre à se laisser cerner aussi facilement. Si la voix de Jon, les riffs qu’il distille avec son compère K-lum, la rythmique bombardée, et l’ambiance générale suggèrent un Death à cheval entre la tradition rude anglaise et les aspirations mélodiques suédoises, le fond de l’air n’en reste pas moins torride, et évoque une liaison entre le CARCASS le plus formellement harmonique et le AT THE GATES le plus franchement atomique, ce qui a le don de séduire immédiatement des oreilles rompues à l’exercice de la brutalité harmonique. Mais plus qu’un simple hybride classique de plus, DIES HOLOCAUSTUM est une créature protéiforme, qui n’hésite pas à emprunter au Thrash ses astuces les plus catchy, et au Grind ses soudains affolements de blasts. On peut d’ailleurs prendre acte de ce melting-pot avec un seul morceau, l’introductif et fatal « Death Rides Shrouded », qui expose tous les arguments en un peu plus de quatre minutes. Pas fous les anglais, ils ont choisi de placer aux avant-postes le titre le plus représentatif de leur répertoire, qui après un intro grandiloquente explose d’une colère énorme. Up tempo martelé comme à la grande époque du Thrash germain, accélérations soudaines qui concassent encore plus les tympans, jeu de batterie preste, lourdeurs bienvenues, le savoir-faire est connu et reconnu, et le professionnalisme est dans la place. Impossible évidemment dans les passages rapides de ne pas penser à l’AT THE GATES de Slaughter of the Soul, le timbre de voix des deux chanteurs présentant des similitudes flagrantes. Mais l’adjonction de mélodies prononcées dans un contexte de violence poussée est aussi un parallèle viable, et tout en restant formel, Scorched Promised Land se montre déjà diablement efficace.

C’est d’ailleurs le but je pense de cet exercice de style qui ne prétend pas révolutionner l’extrême. En optant pour une approche simple mais riche, le groupe honore ses influences revendiquées (SADUS, RAZOR, FORBIDDEN, SEPULTURA, AUTOPSY, PESTILENCE, SLAYER, SUFFOCATION, CORONER), mais aussi ses pairs appréciés (DEICIDE, OPETH, CHILDREN OF BODOM, BELPHEGOR, MORBID ANGEL, POSSESSED, CANNIBAL CORPSE). Il est d’ailleurs assez étonnant de ne retrouver que les BODOM en clin d’œil du froid, tant la musique des anglais se rapproche méchamment du renouveau Néo-Death nineties des pays nordiques, mais après tout, chacun sa vision, et celle des DIES HOLOCAUSTUM est la bonne. Mais la comparaison en fusion CARCASS/AT THE GATES est décidément la plus adaptée, avec ce mélange de tempo Thrash et de blasts témoins d’un passé Grind, et un « The Corpses Store » qui pilonne tout ce qui ose encore bouger. Certes, les breaks sont attendus et tombent pile au bon moment, les soli se veulent historiques, mais l’énergie dont fait preuve le quatuor comble aisément son manque d’audace, et les titres s’enchaînent sans temps mort. Tous sont plus ou moins construits sur le même moule, avec cette alternance d’ultra-brutalité et ces concessions harmoniques prononcées, mais l’imagination des musiciens leur permet de mélanger les éléments pour les agencer un peu différemment, et certains segments font montre d’une intensité particulière (« Glories Of Hell »). En restant concis et constamment sous la barre des cinq minutes, les anglais nous évitent l’écueil de la redite un peu trop longuette, et si certaines intro font preuve d’une naïveté un peu trop évidente (celle de « Macabre Rebirth » sonne comme une démo élaborée), d’autres se dispensent très bien de mise en jambes pour foncer dans le tas (le terriblement Thrash « Burial Ground »).

Rien qui ne bouscule le nouvel ordre mondial vintage, mais largement de quoi se taper un headbanging furieux et sérieux, avec des bousculades viriles (« Let Them Hang And Rot », le hit que CARCASS n’arrive plus à écrire depuis sa reformation), des œillades au patrimoine horrifique (« Leatherface »), et un final plus ambitieux et presque progressif, qui n’oublie pas la bestialité en route (« In Your Death Bed... See My Face » aux longs passages blastés parfaitement délicieux). Plusieurs années furent donc nécessaire à la concrétisation de la vision de Jón Alcover, mais autant dire qu’avec ce premier album, l’anglais prouve que patience et longueur de temps n’entament ni la force ni la rage.

                                    

Titres de l’album :

                      01. Death Rides Shrouded

                      02. The Corpses Store

                      03. Glories Of Hell

                      04. Macabre Rebirth

                      05. Funeral Dawn

                      06. Burial Ground

                      07. Let Them Hang And Rot

                      08. Terms Of The Coven

                      09. They Never Left These Boundaries

                      10. Leatherface

                      11. In Your Death Bed... See My Face

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par mortne2001 le 21/06/2021 à 17:31
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Achat prévu !

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Je trouve les idées "zombie truc" affreusement rincées mais le morceau est effectivement très bon et appétissant. 

01/07/2022, 09:48

LeMoustre

Parfait ça. Achat direct comme prévu 

01/07/2022, 09:39

Simony

Commande faite, je ne sais pas si notre cher Mortne2001 connait ça... C'est le Thrash que j'aime !

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Jus de cadavre

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30/06/2022, 14:55

Simony

Totalement d'accord avec toi Jus de cadavre, c'est du tout bon avec cet esprit simple et efficace que j'aime beaucoup dans ce groupe.

30/06/2022, 14:43

Jus de cadavre

Simple, basique, efficace. 

30/06/2022, 11:53

Jus de cadavre

Cette prod encore ! Un petit côté Thrash de bâtard ce titre, avec un son de tronçonneuse. Le pied.Super nouvelle en tout cas, ça sent un top de fin d'année cet album... 

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Le petit clin d'oeil sur la police de caractères

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M\'Z

Merci beaucoup pour le repartage, je mets le lien d'écoute sur toutes les plateformes digitales :

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Je préfère quand même les clips qui se passent dans un hangar, bien plus original.Sinon, je m'en lasse pas de ce morceau. Si le reste de l'album est du même niveau, ils vont enterrer la "concurrence". 

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Mauvaise traduction très certainement.Conseil à tous : utilisez DeepL au lieu de Google traduction quand vous avez besoin d'une traduction correcte.

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Orphan

On ne peut que saluer le travail de cette vidéo, qui à la mérite de raconter qqchose. A l'image de ce morceau, au moins il se passe un truc dans ce clip.

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musicalement ignoble, hyper formaté et ultra prévisible. 

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