She's got speed my babe, got what I need my babe, she's got the ability, to make a man outta me. But most important of all, let me tell you, my lady's got balls 

C'est ainsi que ce cher Bon Scott présentait à ses fans sa petite amie, réelle ou pas, ou une simple connaissance qui lui aurait inspiré ce texte qui reste parmi les plus emblématiques de son auteur. Oui, les filles en ont aussi, mais réduire leur force de caractère à une simple paire d'attributs masculins serait tellement réducteur que je vous prie de prendre cette référence comme une simple formule pour entamer une chronique qui elle, ne manquera pas de burnes. Certes, Beth Blade est du genre haute en couleur, déterminée, prête à mettre le monde à ses genoux, mais si elle y parvient - ce qui est bien parti – elle ne le devra qu'à son talent, à sa détermination, et à sa façon de concevoir un Rock sans chichis, mais suffisamment élaboré pour ne pas en appeler qu'à l’appétit de greasers en mal d'huile. Nous en venant de Cardiff, sud du pays de Galles, BETH BLADE AND THE BEAUTIFUL DISASTERS font beaucoup parler d'eux depuis des années, et pas uniquement à cause de leur chanteuse, pourtant point de focalisation de ce combo. Si la légende raconte que la belle Beth est un jour entrée au Fuel, bar de Cardiff, pour dire qu'elle voulait monter un groupe, avant de tomber pile sur le batteur Sam Brain, ce sont surtout les faits qui nous intéressent aujourd'hui, musicaux évidemment, mais aussi ceux qui permettent d'appréhender le phénomène. Et le mot n'est pas trop fort pour décrire le raz-de-marée que BETH BLADE AND THE BEAUTIFUL DISASTERS déclenche sur son passage depuis sa création il y a quelques années, puisque le groupe s'est permis de tourner avec quelques valeurs sûres, dont Dan REED, Ricky WARWICK, les BLACK STAR RIDERS, mais aussi Kee MARCELLO, TYKETTO, et de faire partie de la KISS Kruise, ce qui en dit assez long sur leur potentiel...Oui, les gallois peuvent en effet vous aider à vendre quelques tickets de plus, mais méritent surtout leur place sur l'affiche, et ce, depuis leur premier album. Et pour la seconde fois, ce Show Me Your Teeth a été financé par une campagne participative, qui a largement atteint son but, permettant aux musiciens de donner un successeur à l'acclamé Bad Habit. 

En guise de mauvaises habitudes, ce premier LP avait plutôt tendance à faire preuve de nombreuses qualités, qui ne se démentent pas aujourd'hui. Et si les moues boudeuses et les photos provocantes de Beth pourrait vous induire en erreur quant à ses orientations, la musique rétablit l'équilibre, et démontre que le trio (Beth – guitare/chant/basse, Sam Brain – batterie, et Luke Gilmore - guitare) n’a rien perdu de sa capacité à aborder le Rock en tant que généralité pour se laisser aller à d’étonnantes spécificités. Il faut dire qu’à l’écoute de l’entrée en matière tonitruante de « Secrets », on se laisse vite aller à des conclusions hâtives, affiliant de fait les gallois à un énième rejeton européen d’AC/DC, ce que ces riffs survoltés et cette rythmique pilonnée laissent à penser. Mais BETH BLADE AND THE BEAUTIFUL DISASTERS c’est beaucoup plus qu’une simple resucée binaire d’un Hard Rock traditionnel, et si l’artiste insiste sur l’emphase mélodique de son art, c’est parce qu’elle est consciente de la portée des mélodies qu’elle emploie et de la pluralité harmonique de son optique. Nous sommes donc loin d’un groupe de trublions bas du front incapables de faire la différence entre MOTORHEAD et les FLAMIN’ GROOVIES, et ce deuxième longue-durée vient prouver que le groupe l’est pour, en alignant pas moins de douze compositions qui sont autant de hits potentiels. On retrouve certes la hargne et la niaque des rockeurs originaux, celle des frères Young, de Lemmy, mais aussi ce petit feeling Punk qui fait la différence. Et au-delà de ces apparences qui sont plus que trompeuses, l’ombre des ROCK GODDESS, BETH HART, des PRETENDERS et même des ANGELS plane bas au-dessus de cette réalisation, qui une fois encore taille des couplets dans le gras pour nous caviarder de refrains entêtants. Et ils sont toujours aussi doués pour nous faire chanter à tue-tête, nous suggérant une affection particulière pour le KISS des années 70, mais ils n’en demeurent pas moins des enfants du binaire austral, comme le démontre le riff très Angus Y. de « Give It All You've Got », qui tâte quand même du Frehley de la même époque, pour nous secouer les puces à la façon du POISON de Look What The Cat Dragged In. Glam, Rock, Punk, Pop, le groupe ose tout, et à raison, puisqu’il réussit tout ce qu’il entreprend, que l’ambiance soit moite et dégoulinante, ou plus intimiste et touchante. D’ailleurs, la voix de Beth, très versatile, lui autorise toutes les incartades, et « You and I » de se parer d’atours plus romantiques, sans pour autant sombrer dans le sentimentalisme mièvre.

Car Beth et ses acolytes sont des gens très intelligents, et très talentueux. Ils savent qu’un album de Rock qui tient la route et les années doit être agencé, comme un concert, et ont donc construit ce second chapitre comme une histoire qu’on suit, et dont les nuances permettent de garder son attention optimale. Pas le genre de cramés qui foncent sans réfléchir ni regarder, les BETH BLADE AND THE BEAUTIFUL DISASTERS refusent de se cantonner au rôle de gentils furieux qu’on aimerait bien les voir assumer, et citent Alanis dans le texte via le très subtil et acoustique « Crazy » qui aurait largement eu sa place sur Jagged Little Pill, tout en nous chopant par les burnes avec franchise via « Show Me Your Teeth » au refrain une fois encore très malin. Dignes représentants de la scène galloise, ils n’en oublient pas l’énergie pour autant, mais adoptent le binaire pour le transcender Pop, se targuant d’une adrénaline légèrement Punk symptomatique de leur région, et « I Ain’t Got Nothing (If I Ain’t Got Rock And Roll) » d’unir les MAID OF ACE et BON JOVI pour une démonstration musclée mais largement amadouée. A vrai dire, on reste assez époustouflé par leur capacité à soigner des compositions variées, qui butinent toutes les fleurs du bien, et si la voix de Beth nous captive, la basse ose se montrer incisive, reprenant sa place fondamentale de ciment entre la guitare et la batterie, et abandonnant son cachet de simple seconde ligne rythmique. Sans se compliquer la vie, mais sans verser dans le simplisme à outrance, le groupe ose des harmonies mémorisables sur fond de riffs easy mais jumpy, et signe une farandole de tubes aux chorus étincelants dont « Lost In You » n’est pas le moindre. Ne dépassant qu’en une seule occurrence le format imposé par la Pop, Show Me Your Teeth se paie le luxe d’une nostalgie active, se souvenant de seventies incroyablement créatives et libres, celle des RAMONES, des RUNUWAYS, et celle de « 1974 ». Bien sûr, et en toute objectivité, l’ensemble reste assez classique et très proche de ce que Bad Habit avait déjà prôné, mais les gallois perfectionnent leur formule, au point de friser le sans-faute dans un genre qui n’en est pas vraiment un, et restent passionnants de bout en bout, sans passage à vide ou remplissage intempestif.

Les tournées avec les plus grands les ont donc inspirés, et « Jack And Coke » de conclure sur une note plus métallique que le reste, lâchant un lick grave et gras, histoire de frapper le point final avec fermeté. Et si sans boule de cristal, il est impossible de savoir ce que le futur leur réserve, nous avons l’assurance qu’ils ont leur destin en main, eux qui n’ont jamais eu besoin de personne pour décrocher leurs rêves. Un rêve de grandeur Rock pour une sincérité Roll, et surtout, la satisfaction de procurer encore plus de plaisir qu’ils n’en retirent eux-mêmes.   

     

Titres de l'album :

                         01. Secrets

                         02. Give It All You’ve Got

                         03. On And On

                         04. You And I

                         05. Crazy

                         06. Show Me Your Teeth

                         07. I Ain’t Got Nothing (If I Ain’t Got Rock And Roll)

                         08. Lost In You

                         09. Into The Light

                         10. 1974

                         11. Who Do You Love Now?

                         12. Jack And Coke

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par mortne2001 le 23/03/2019 à 18:57
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Entity

Slipknot

Slipknot

Warrior Soul

Rock n’ Roll Disease

Hammerfall

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Caligula

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Rewind, Replay, Rebound

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Sinon, je vends une Logan break de 2013.
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Et bien messieurs, merci pour cette explication qui me permettra d'aller me coucher moins con ce soir...


@Humungus : une résidence (residency en anglais) désigne le fait pour un musicien ou un artiste de se produire pendant une certaine période au même endroit. On parle alors d'artiste en résidence.


La résidence c'est lorsqu'un artiste loue une salle pour y répéter son concert en vue d'une tournée. C'est une répétition en grandeur nature en quelques sortes


1) ManOfShadows + 1 !
2) C'est quoi "la résidence" ?


Bonne nouvelle. Je n'attendais pas un nouvel album de leur part si tôt.


J'ai eu peur ! En lisant les deux premières lignes et en voyant la photo, c'est mon cœur qui a faillit s’arrêter de battre. Murphy est un vocaliste unique et légendaire. Bon courage et bon rétablissement à lui.


C’est pas trop tot


Pas un petit passage par chez nous, dommage...


A noter qu'il s'agit d'un EP (5 titres) et non du 3ème album des chiliens à proprement parler.


Oui le morceau en écoute est... éprouvant ! Bien plus violent que certains groupes de métal. Je suis pas sur que ce soit pour moi par contre...
PS: Elle donne une interview dans le dernier New noise.


Ouch... je n'ai écouté qu'un seul morceau et pourtant je suis sur les rotules. C'est d'une intensité rare. Cathartique. Quand elle hurle, on a juste envie de hurler avec elle, encore plus fort pour... je ne sais pas vraiment en fait ! Tout bonnement impressionnant. Et éprouvant !
Merci mec(...)


Enjoy The Violence !