Si je vous dis THE RIPPER, immédiatement, des images vont affluer de votre inconscient pour vous guider sur des pistes différentes…Certains penseront derechef au hit des BLUE OYSTER CULT, « Don’t Fear the Reaper », analogie phonétique oblige, mais la plupart d’entre vous se replongeront illico dans la discographie d’un des plus illustres défenseurs du Heavy Metal, JUDAS PRIEST, pour en exhumer l’un de ses titres les plus emblématiques. D’ailleurs, et par extension, le nom de Tim Owens risque aussi de faire son apparition dans les interprétations possibles, et ça n’est certainement pas un hasard si ce combo a opté pour un nom aussi connoté, au vu de son allégeance à un Metal fier et corsé. Et sans avoir à s’afficher en casquette cloutée ou débouler on stage en Harley, les mexicains de THE RIPPER défendent une certaine vision du Heavy Metal des années 80, genre qu’ils prônent avec une fierté sans failles et une bière sans paille. Bingo, c’est donc à un nouveau combo vintage que nous avons affaire, et autant dire que celui-ci ne se distingue pas vraiment des autres par son originalité, mais émerge de la masse de son intégrité. Impossible de remettre en cause la foi de ces preux chevaliers à l’écoute de ce premier palier, qui fait la part belle aux guitares acérées, aux refrains désoxydés, et aux soli incendiés, sans vraiment chercher à remettre en cause les fondements de ses croyances et en s’affiliant de fait à la vague vintage mondiale actuelle. Doit-on pour autant les mépriser, les conchier, ou pire, les snober ? Non, car leur musique, aussi classique soit-elle, s’écoute avec grand plaisir, et se déguste comme un hommage à peine déguisé à la mouvance Power Metal de la charnière 83/85. Nous retrouvons donc tous les ingrédients d’un Heavy tirant sur le Speed, qui ne refuse pas des moments d’émotions épars pour retrouver la motivation, et avouons qu’une fois l’effet de non-surprise passé, on se prend à déguster des morceaux taillés dans le fer et solides comme le Rock.

Alors, le nom, le logo, la pochette et les intitulés des morceaux, tout est fait pour nous rassurer et nous indiquer que nous sommes en terre connue, et que les amateurs de sensations fortes ou d’inédit passent leur chemin, puisque celui que je vous propose d’emprunter est du genre balisé, style piste verte pour novices encore un peu tendres. Ne voyez aucune condescendance dans ces propos, mais juste un avertissement, puisque le but de ces originaires de Mexico City n’est pas de déstabiliser, mais bien de conforter, en utilisant des principes éprouvés et des recettes classiques. Formé en 2012, ce quatuor aux pseudos chantants (Mr Banshee - chant, Diego Bassburner - basse, Moy Hellripper - guitare et Gus HellDrums - batterie) a donc pris son temps pour se jeter dans le grand bain du premier long, et a développé son style en convergence avant d’oser en livrer une interprétation personnelle. Pas grand-chose à déclarer à leur propos, puisque leur bio est aussi succincte que leur prise de risques, et en se basant sur la musique pratiquée, il n’est pas présomptueux d’affirmer que ces quatre-là ont grandi en écoutant les sempiternels PRIEST, MAIDEN, HELLOWEEN, et tous les autres chantres d’un Metal de tradition tel qu’on le pratiquait il y a trente ans et plus. Si l’influence de Rob et les siens semble la plus probante, on retrouve aussi des traces de Power Metal à l’allemande dans leur approche, mais aussi des réminiscences de la mode crossover Belge du début des années 80, ainsi que quelques allusions Boogie symptomatiques de la NWOBHM (« Carroñero », plus redondant que ce riff, c’est du KROKUS repris par ZZ TOP). En substance, de la nostalgie à outrance, mais de la nostalgie respectée et peaufinée, puisque loin d’une démo améliorée, cet album sonne, et dispose d’une production adaptée aux standards de l’époque remis au goût d’un jour qui finalement, se satisfait très bien des exigences du passé. Partant de ce principe simple, difficile de gloser des heures sur un album qui vous évite les heurts, et qui navigue entre Heavy appuyé et Speed enlevé, pour le plus grand bonheur de ceux qui regrettent la pureté des eighties et qui condamnent l’opportunisme actuel.

Speed, Ok, mais lequel ? Un peu générique dans le fond, et assez caractéristique de l’école allemande des années 85/86, avec parfois un regain de férocité assez similaire aux attaques du LIVING DEATH des deux premiers albums, la folie Thrash en moins, mais l’application Heavy en plus (« Hellripper », que DESTRUCTION aurait pu caser sur son premier EP), ou plus caractéristique des poussées de fièvre des groupes Heavy qui de temps à autres, avaient envie d’emballer un peu la machine (« Royal Death », RESTLESS, GRAVESTONE, mais aussi le PRIEST de Painkiller en plus rapide). Lorsque la cadence retombe, les travers apparaissent, et le Heavy le plus formel se glisse dans les interstices, non édulcoré, mais basique comme un poignet clouté (« Rock n' Roll y Heavy Metal » au tempo pas toujours carré et costaud, et au slogan pas très finaud, mais avec des vocaux bien arrachés à la GRAVESTONE/LIVING DEATH), qui nous renvoie aux heures les moins inspirées d’ACCEPT ou de l’école espagnole de 87/88. Version médium, version courte ou version longue, vous avez le choix, et un morceau gentiment évolutif comme « Demon Road » vous offrira un visage un peu différent, même si le fond reste le même, et ne décolle jamais du sol Hard-Rock dans lequel il est fermement planté. Mais concédons au groupe une conviction, une envie d’action, et un certain flair pour trousser des plans sinon ahurissants, du moins efficaces, en maniant la double grosse caisse avec efficience et en laissant parler la lead avec insistance.

Une fois ces éléments précisés, le reste coule de source, ou de lave en fusion selon les opinions, même si le Metal des mexicains ne dépasse jamais les limites de la décence en matière de puissance. Tout au plus pourra-t-on remarquer quelques mises en place parfois hasardeuses (« Bloody Soul »), ou des clins d’œil un peu plus appuyés en direction de la NWOBHM (« Reborn from the Ashes »), et même, avec un peu d’imagination, des mélanges fameux, dont celui unissant le PRIEST et MAIDEN sur le final « Epic Death (Epicness) », que messieurs Steve Harris et Rob Halford auraient pu entonner lors d’une tournée partagée. Une moyenne de qualité donc largement atteinte par THE RIPPER avec cet introductif Hell Rising, qui sans se démarquer de ses origines parvient quand même à se faire remarquer. Les plus cyniques en parleront comme d’un ajout pas forcément indispensable à la vague old-school actuelle, tandis que les plus enthousiastes y verront une contribution pas toujours personnelle, mais appréciable et plurielle.    

 

Titres de l’album :

                        1.Royal Death

                        2.Carroñero

                        3.Hellripper

                        4.Rock n' Roll y Heavy Metal

                        5.Demon Road

                        6.Bloody Soul

                        7.Reborn from the Ashes

                        8.Epic Death (Epicness)

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par mortne2001 le 02/02/2019 à 17:33
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Jamais été à ce fest, mais toujours entendu de bonnes critiques. Bravo à l'équipe, et c'est classe de partir comme ça sur une dernière édition !


"Pas très bon", ce qu'il ne faut pas lire comme âneries ici...


En effet, ce n'est vraiment rien de transcendant pour du Nile. Mais le groupe est tellement au-dessus de la mêlée pour moi que même avec un titre passable ils restent en lévitation.


Pas très bon, mais tout de même au dessus de tout ce qu'ils ont sorti depuis qu'ils sont chez Nuclear Blast.