« Ça va Burgas ? On est là pour vous thrasher la gueule jusqu’au sang, et voir le mosh-pit grouiller comme une fourmilière gazée !! »

Oui, certes, ça n’est pas l’accroche la plus fine que j’ai pu trouver depuis mes débuts de chroniqueur. Mais que voulez-vous, parfois l’instinct prend le dessus sur la logique du destin, et les images sur la prose qu’on apprivoise de phrases alambiquées histoire de jouer au plus futé.

Ce petit jeu, les Bulgares de MOSH PIT JUSTICE le refusent, et préfèrent la franchise et la simplicité. Comment leur en vouloir puisque cette ligne de conduite respectable gère leur parcours de carrière depuis leurs débuts ? Du Thrash, du vrai, celui qu’on écoutait il y a trente ans et qu’on prend toujours plaisir à retrouver animé de nouvelles/anciennes intentions entre les mains passionnées de jeunes (plus ou moins) furieux qui n’ont, comme nous, pas la mémoire du headbanging courte.

Burgas donc, pour un trio (Mariyan Georgiev – basse et chœurs, Staffa – guitare et batterie, mais pas en même temps, et George « Peich » - chant) rassemblé en 2012 dans un élan commun pour retrouver l’essence même de la brutalité US des cadors du Thrash de la côte Ouest.

Des références évidemment, toujours les mêmes à peu de choses près, et l’énumération des immanquables FORBIDDEN, OVERKILL, DARK ANGEL, METAL CHURCH et autres HEATHEN ou SANCTUARY pour le côté exotique qui louche un peu…Un terrain connu, celui de l’hommage velu, qui vient grossir les rangs du revival qui finalement, n’en est plus vraiment puisqu’il semblerait que le style n’ait jamais connu de vrai trou de mémoire.

Alors Thrash, OK, mais Heavy aussi, et de petites touches Doom histoire de varier la tambouille, c’est ce que les MOSH PIT JUSTICE proposent sur la carte de leur troisième album, après le EP The Serpent, leur premier LP éponyme en 2013, et sa suite longue durée Justice Is Served il y a deux ans. Ce menu est connu, la recette est d’usage, mais encore faut-il faire bouillir les marmites avec rage pour ne pas tomber dans la complaisance du plagiat à peine démarqué de quelques notes personnelles, plus ou moins bien dosées.

Le dosage justement, c’est une des marques indéniables du savoir-faire des Bulgares qui parviennent avec ce troisième effort à obtenir l’équilibre parfait entre grosses goulées poivrées rapidement avalées, et mises en bouche plus diluées d’un Heavy/Power assez relevé. D’ailleurs, si on devait les rapprocher d’un chef de cuisine honoré, nul doute que le nom de FORBIDDEN serait le premier à être cité. Même emphase faussement lyrique dans les intonations de George (qui parfois frise le falsetto un peu trop chaud sur « Mosh-Pit Justice »), même alternance de plans furieusement Thrash et d’insistances Heavy de résistance, et mêmes dérives parfois vers des horizons plus mélodiques que la moyenne sans tomber dans la rengaine dite « à l’Allemande » difficile à digérer. En gros, un juste milieu entre le radicalisme des DARK ANGEL, les variations harmoniques de FORBIDDEN, et les humeurs changeantes mais pesantes d’un METAL CHURCH.

Le tout lié par une sauce bien amalgamée à la HEATHEN, avec cette petite touche Punky OVERKILL qu’on retrouve dans le claquage de la basse maligne de Mariyan. 

Alors pas mal de tueries, pas beaucoup de remplissage, mais surtout un enthousiasme doublé d’une réelle capacité de composition, ce qui ne gâche en rien le goût des rognons.

Pas de bas morceaux toutefois sur ce Stop Believing Lies et sa conscience sociale de circonstance. Si la pochette au trait ludique pourrait aiguiller sur la voie d’un gros Mosh à tendance Crossover, la réalité est toute autre, et le morceau désossé par les Bulgares est costaud, mais surtout dépecé avec précision et sérieux. Si les musiciens ne cachent rien de leur bonne humeur, ils traitent les genres qu’ils abordent avec tout le sérieux qu’ils méritent, et alignent les hymnes à la gastronomie de violence sans marquer la moindre pause de créativité.

Certes, le tout est classique, mais tellement bien joué et débordant d’énergie qu’on en oublie que l’on connaît tout ça déjà par cœur.

Pardonnons une fois de plus les tics suraigus qui nous hérissent les poils (« Stop Believing Lies », enlevez votre pied de la porte s’il vous plaît), pour nous concentrer sur une rythmique qui abat des troncs à une vitesse de bucheron, et sur un guitariste qui sait riffer et soloiser sans jamais s’essouffler.

Mais surtout, sur une variété de plats qui s’ils sont riches, ne sont jamais trop gras, et privilégient la digestion facile et l’ingestion utile.

Si l’emphase st clairement mise sur les denrées qu’on met peu de temps à avaler, le Thrash des MOSH-PIT JUSTICE est franc du collier, et ne cache pas ses velléités de violence débridée.

Entre l’ouverture tonitruante et éclairée de « Burn To Live », à mi-chemin entre un early HELLOWEEN vraiment énervé et un DARK ANGEL plutôt stressé, un « Mosh Pit Justice » à la folie contagieuse et à la rythmique violemment joyeuse (sans parler de ce refrain à reprendre en cœur autour de la tablée), et un « Rest In Flames » qui ne fait pas dans le détail et cisaille le cartilage à grands coups de hachoir de ménage, les sensations sont épidermiques, mais savamment complétées par quelques nuances qui font des ravages.

Le schéma assez simple propose souvent de longues intros mélodiques qui dégénèrent vite en travaux Thrash pratiques, mais le Heavy harmonique sait aussi se tailler une place de choix sur les doigts, et dans ces moments-là, il est certain que les yaourts bulgares retrouvent la saveur crémeuse du FORBIDDEN le plus onctueux. Prenez pour exemple une grosse louchée de « Till Death », qui oppose un up tempo syncopé à des lignes vocales enflammées, ou une petite flambée acoustique de « Left For Dead », qui trafique des cordes classiques à la TESTAMENT/SANCTUARY pour les accorder d’un gros mi à la METAL CHURCH/NEVERMORE. C’est malin, mais surtout très fin, et loin des clichés les plus usés du passé.

Un final en reflet suffisamment intelligent pour laisser la porte des cuisines ouvertes sur un futur nuancé (« The Battle Within »), et des speederies assez modérées pour ne pas effrayer le consommateur un peu timoré (« To Hear My Name », archétype de construction à la SLAYER sur des fondations OVERKILL).

Mine de rien, et avec de telles références, les MOSH PIT JUSTICE honorent la violence qu’ils mâtinent d’un peu de déférence envers l’empathie musicale sans tomber dans la mièvrerie fatale.

 Un troisième album parfaitement bien travaillé, qui sait se montrer féroce en gorge tout en laissant l’estomac sans aigreur atroce.


Titres de l'album:

  1. Burn To Live
  2. To Hear My Name
  3. rest In Flames
  4. Till Death
  5. Mosh-Pit Justice
  6. Left For Dead
  7. Stop Believing Lies
  8. The Battle Within

Bandcamp officiel



par mortne2001 le 08/11/2016 à 15:42
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