The Opaque and the Divine

Kill Ritual

27/03/2020

Dissonance Productions

Projet fondé en 2010 par Steve Rice, guitariste d’IMAGIKA, KILL RITUAL est né d’un désir de jouer le Heavy Metal sous sa forme la plus pure mais aussi la plus brute. En s’appuyant sur ses racines de la Bay Area, Steve a imaginé une musique qui reprendrait à son compte les plus grandes recettes du genre, tout en les corsant d’une touche de Thrash typique de sa région d’origine. On connaît déjà l’hybridation entre Heavy et Thrash, les années 80 ayant donné naissance au genre, au travers de représentants directs (METAL CHURCH/ANNIHILATOR/SANCTUARY), ou d’autres moins fondateurs ayant tenté de durcir leur son (JUDAS PRIEST). KILL RITUAL se situe justement en convergence de ces deux influences, mais n’allez pas croire pour autant que le concept se contente d’une nostalgie cheap et easy, puisque outre ces quelques noms, celui de NEVERMORE peut aussi être employé, ce qui prouve que les années 90 et 2000 ne sont pas passées au travers du tamis de l’inspiration. Depuis 2010, le groupe n’a pas chômé, et ce ne sont pas moins de cinq albums en dix ans qui ont vu le jour, avec en point de départ The Serpentine Ritual, posant les bases, très rapidement suivi par The Eyes of Medusa, Karma Machine, All Men Shall Fall, et donc The Opaque and the Divine aujourd’hui, qui non seulement pérennise l’approche, mais la perfectionne, en intronisant un nouveau vocaliste absolument parfait pour l’effet recherché. Et c’est donc Brian Betterton (DIRT) qui depuis l’année dernière pose sa voix sur les morceaux composés par Steve Rice, trop heureux d’avoir trouvé un chanteur d’exception. Et après quelques écoutes de ce cinquième album, autant dire que le guitariste n’a pas fait le mauvais choix, tant les capacités de son nouveau hurleur sont énormes, et parfaitement en adéquation avec un Heavy Metal mélodique, puissant, et terrassant.

The Opaque and the Divine n’est donc pas forcément opaque, mais ses relents dont divins, et la recette exploitée par le projet depuis ses origines semble aujourd’hui arrivée à totale maturation. Produit conjointement en Suède et en Californie aux studios Sonic Train de Varberg et Fossil Sound de San Jose, ce nouvel opus propose huit titres largement développés, mis en relief par l’enregistrement plein de flair d’Andy La Rocque (conjointement avec Steve), complice du groupe depuis quelques années. Andy ne s’est d‘ailleurs pas contenté de l’enregistrement, puisqu’il en a profité aussi pour lâcher un solo sur « King of Fools », de même que Chris Lotesto (TOUCH THE DARK) et Joey Concepcion (THE VEIL OF THE BETRAYER). Mais pas de méprise, ce ne sont pas ces quelques guests qui assurent la qualité de l’album, mais bien les compositions et leur interprétation, le tout sentant le Metal inoxydable à cent bornes à la ronde. « Rest In Pain » met d’ailleurs tout de suite les tympans au diapason, avec son démarquage diabolique d’ANNIHILATOR et JUDAS PRIEST et son Metal dopé au Thrash le plus classique, avec chœurs pugnaces, chant à la Dickinson/Midnight, et ses riffs sans pitié pour la compromission. Pris à la gorge l’auditeur dépose immédiatement les armes et se laisse embarquer dans cette croisade traditionnaliste ne négligeant pas les techniques modernes, et avec un tempo pur Jeff Waters et un chant lyrique réconciliant Geoff Tate et David Wayne, le résultat est impeccable, légèrement teinté d’occultisme à la MERCYFUL FATE (une des références les plus utilisées ces dernières années), mais surtout, incroyable de puissance, d’ampleur et de fraîcheur, malgré la méthode d’usage.

Et là réside bien le secret de l’art KILL RITUAL qui sans prétendre avoir inventé quoi que ce soit recycle à sa façon et avec un panache incroyable, osant le côté progressif sans laisser de côté l’efficacité et la violence, ce qui n’est pas le moindre des défis. C’est ainsi que sur les inserts les plus longs, les californiens réconcilient dans un même creuset d’inspiration SANCTUARY, METAL CHURCH, NEVERMORE, IRON MAIDEN et JUDAS PRIEST, nous abreuvant de plans emphatiques et de lignes vocales lyriques, à l’image du processionnel « Praise The Dead », lourd comme un tempo martelé sur une enclume, mais aux mélodies à la DIO qui confèrent un aspect encore plus noble à l’ensemble. Et avec des parties de double grosse caisse éparses et donc plus efficaces, des soli vraiment pertinents et pas placés pour combler un quelconque besoin de reconnaissance, et surtout, des guitares qui semblent avoir été enregistrées sur soixante-douze pistes, le son est si épais qu’il colle aux oreilles. Dans la même optique, « Veil Of The Betrayer » joue la nuance, et ose une intro plus posée qui permet à la clarté de se faire une place, avant que l’inspiration ne s’enflamme pour redonner ses lettres de noblesse au Heavy Thrash, genre un peu trop mal considéré à une époque, trop bâtard pour fédérer l’un ou l’autre des deux camps. Avec l’adjonction de Brian Betterton au chant, le groupe a vraiment trouvé une nouvelle unité, et lorsque les breaks harmoniques s’imposent, on pense à une version très musclée du QUEENSRYCHE le plus racé, compliment employé à dessein. Steve ose d’ailleurs tout, les cassures incongrues et impromptues qui permettent aux cordes de se débarrasser de la distorsion et à la basse de rouler au premier plan, les reprises féroces à la ANNIHILATOR de ces dix dernières années, pour nous brosser un tableau du Heavy déformé par le prisme de la Bay Area.

Mais le quatuor n’est pas moins convaincant en version concise, et même si les morceaux atteignent tous au moins les cinq minutes, ils ne manquent jamais d’idées. Un riff en écho par ci (« Touch The Dark », un pan intelligent qui permet de débouler sur un pur couplet KING DIAMOND/METAL CHURCH), une sifflante de gorge de Brian qui tutoie les cimes de Halford et Dane, une touche de classicisme qui nous renvoie au meilleur des années 80, une ambiance bucolique avec flûte et guitare acoustique (« A Child To Die For Again »), et plus généralement, tout ce qui distingue une franche réussite d’un album lambda perdu dans les bacs. Rien à jeter donc sur cette cinquième livraison de KILL RITUAL, qui signe potentiellement son meilleur album à ce jour, et en tout cas le plus probant et homogène. Souhaitons sincèrement que ce line up perdure et que Steve continue de composer de tels hymnes.              

                                                      

Titres de l’album :

                         01. Rest In Pain

                         02. Dead God

                         03. King Of Fools

                         04. World Gone Mad

                         05. Praise The Dead

                         06. Veil Of The Betrayer

                         07. Touch The Dark

                         08. A Child To Die For Again

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par mortne2001 le 11/08/2020 à 17:27
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